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autres, que dans l’ordre 1l y avait un point si singulier et tellement secret, qu'il aimerait autant qu'on lui coupât la tête que de le révéler; que, de plus, il y avait dans le chapitre général un autre point d’un secret si important, que, si par malheur son ami de Prêles ou le roi même le voyaient, nul motif n’empêcherait les frères assemblés de les tuer, s'ils le pouvaient !.
Jean de Saint-Benoît, prieur de l'Isle-Bouchard, fut obligé de renier le Seigneur et de cracher sur la croix; il disait qu'il n’avai reçu personne de cette manière dans l'ordre, mais il mentait, comme le prouve l'interrogatoire ?. Guichard de Marziac, chevalier séculier, raconte que son ami, Hugues de Marchant, entra à la réception bien portant et plein de joie, mais qu'il en sortit pâle comme la mort et avec l'expression d’un trouble et d’une stupeur extrêmes, disant qu'il lui était impossible d’être plus jamais content au fond de son cœur:;il fut accablé d’une mélancolie incurable, et y mourut après deux ans?,
Beaucoup de témoins confessèrent qu’ils avaient été contraints de renier le Christ par la menace d’être mis en un lieu où ils ne verraient jamais ni leurs mains ni leurs”pieds #. À Gérard de Passage, on montra une croix de bois, en lui demandant s’il croyait que ce fût le Seigneur Dieu. Il répondit que c'était l’image du Crucifié. Ne le croyez pas, fut la réponse, ce n’est qu’un morceau de bois. Notre- Seigneur est dans le ciel 5. Raymond Vassiniac avait renié, conspué et foulé aux pieds la croix sur son manteau, et cela en mépris du Crucifié ; il dut le faire, parce que c'était un usage de l’ordre 6. Bau-
douin de Saint-Just dut renier Dieu 7. Guillaume de Cardaillac fut requis de renier Dieu et de cracher sur la croix : comme il ne voulait, un chevalier du Temple, Dominique de Linac, le saisit d’une main à la poitrine, et, brandissant de l’autre un poignard, lui cria avec plusieurs des assistants : Obéis, ou tu es mort! Il cracha sur la croix, mais il fut dispensé du reniement par l'entremise de celui qui le recevait 8. Gilles de Rotangi, clerc de l'ordre, ne voulait pas renier le Christ, parce qu'il était et voulait demeurer bon chrétien ; on lui répliqua : Nous te connaissons pour tel et nous voulons l'être nous-mêmes, mais il faut que tu renies, parce que c’est un point de l’oräre 9,
A Albert de Canelles on dit, en lui montrant la croix du manteau : Ce crucifié-là était un faux prophète, ne croyez pas en lui; n’espérez ni ne vous confiez en lui; en mépris de lui crachez sur cette croix ! Comme Albert ne le voulait pas, on l'y contraignit l'é-
1 Moldenhawer, p. 152 et 154. — 2 Ibid., p. 156 et 193. — 3 P, 160-163. — * P. 164, 180, 284, etc. — 5 P, 185.— 6 P, 202,— 7 P, 209.— 8P, 628.— 9 P. 318,
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i singulier et tellement a tête que de le révéler; ‘al un autre point d’un ami de Prêles ou le roi es frères assemblés de
uchard, fut obligé de 3 il disait qu'il n’avaii mais il mentait, comme iac, chevalier séculier, ntra à la réception bien pâle comme la mort et r extrêmes, disant qu'il au fond de son cœur:il ourut après deux ans?, aient été contraints de un lieu où ils ne ver- À Gérard de Passage, ant s’il croyait que ce l’image du Crucifié. Ne orceau de bois. Notreac avait renié, conspué » et cela en mépris du sage de l’ordre 5. Bauaume de Cardaillac fut Jix : comme il ne vou- Linac, le saisit d’une > un poignard, lui cria ;s mort! Il cracha sur la ’entremise de celui qui dre, ne voulait pas reeurer bon chrétien ; on
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pée à la main; il s'y prêta par la crainte de la mort et hors de luimême f,
Lorsque le Templier Bosco de Masvalier de prieur pourquoi on faisait renier aux frères Jésus, le fils de la sainte Vierge, qu’un cantique si souvent chanté par eux célébrait comme le Sauveur du monde, on lui répondit de se garder de toutes recherches curieuses, qui ne lui attireraient que le mécontentement des supérieurs, et d'aller tranquillement à table, attendu qu’il n’était pas le premier qui eût renié, et qu'il ne serait pas le dernier; qu’on entendait un certain prophète dont l’histoire serait trop longue. Bosco croit avoir entendu parler d’un prophète qui s'appelait Josué 2. A Jean de Pont-l'Évêque on montra un crucifix, avec la demande s’il croyait que ce fût l'image de Dieu. Il répondit : Non, mais cela représente Dieu et le Crucifié, Celui qui le recevait lui dit : Quoi qu'il en soit, ne croyez plus jamais en celui que doit représenter cette image ! Il n'était pas Dieu, mais faux prophète. Reniez-le ! Il le fit3. Presque tous les témoins furent de même reçus d’une manière blàmable; c'est pourquoi les récéptions se faisaient si lès parents mêmes du novice ne pouvaient y assister #, Les chapitres se tenaient de même en secret, d'ordinaire vers la pointe du jour ; nul n'osait approcher la porte de la salle capitulaire 5,
Quant aux baisers obscènes dans les réceptions, on en dispensait les uns, on les exigeait des autres. La tête ou l'idole qu’on adorait n'avait été vue que du petit nombre des témoins. Du cordon mystérieux, les applications variaient. Beaucoup de témoins rappellent la Permission de sodomie. Le prieur Raymond de Vassiniac n’en parlait point aux récipiendaires âgés, mais aux plus jeunes 6,
Sur l’omission des paroles de la consécration au saint sacrifice de là messe, On trouve ce qui suit : Le prêtre Gui de la Roche-Talhat était demeuré fidèle aux règles de l'Église, le président de sa récepion s'étant borné à dire que l'omission de ces paroles était un usage habituel dans l’ordre, sans y joindre un commandement formel 7. Le Prêtre Jean de Braulis fut extrêmement effrayé de l’injonction d'omeltre à l'avenir les quatre paroles de la consécration en disant la messe ; il s’abstint de célébrer jusqu’à ce qu'il eût reçu l’absolution d'un frère Mineur 8. Gautier de Buris devait omettre désormais à la messe les quatre paroles mystérieuses du canon ; comme le président de sa réception ne les avait pas nommées expressément, le
manda à un vieux
secrètemert, que
! Moldenhawer, D. 365, — 3% P, GiT. — 5 P. 507, 342, 428, 598, — # P, 54e, 513, 568. — 5 P, 174, — 6 P, 204 et 205. Wilcke, t. 1, p, 306-315, — 7 D, 55, — 6 P, 280.
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