‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 5)Chapitre 9 sur 97 · TES · texte numérisé non relu

TES

28 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXXV, — De 1210

k à 1276 de l'ère «

avait pu seule le séparer. Il s’appliqua à réparer les maux qu’avaient Mpar son interce

faits au peuple l’hérésie et la rébellion ; ses efforts furent si heureux,

que les Vicentins, charmés de goûter les douceurs de la paix, tandis"

que les villes voisines souffraient encore les maux de la guerre, le

prièrent de se charger du gouvernement civil et de devenir leur sei-

#neur comme il était leur évêque. C'était un hommage public qu'ils

rendaient au zèle de leur pasteur ; mais cet hommage était bien M

mérité, car il mettait tous ses soins à rétablir dans sa pureté la foi

catholique, et à réformer les mœurs du clergé et du peuple. Il apai. M

sait les dissensions, soit publiques, soit particulières, convertissait les hérétiques et montrait pour le salut des Ames un zèle que rien ne pouvait ralentir. Afin d'entretenir la piété des fidèles, il fit bâtir dans sa ville épiscopale une magnifique église qui fut appelée de la Couronne, à cause de la parcelle de la sainte couronne d’épines que Barthélemi avait recue de saint Louis, et qu’il y déposa, ainsi que la portion de la vraie croix qu'il possédait également. A cette église, qu'il enrichit par des présents considérables, il joignit un couvent pour les religieux de son ordre.

C'est ainsi que le bienheureux passa les dix dernières années de sa vie, tout occupé de la sanctification de son peuple, et l’éditiant

autant par ses exemples que par ses discours. En 1267, il eut la con- M solation d'assister, à Bologne, à la seconde translation qu'on y fit M des reliques de saint Dominique, et de voir rendre à son patriarche M

et à son maître dans la vie spirituelle les honneurs réservés illustres des serviteurs de Dieu. On le chargea même d'annoncer la

parole divine en cette circonstance, et de publier les indulgences qui M

étaient accordées aux fidèles. Barthélemi survécut peu à cette tou-

chante cérémonie. Après avoir écrit son testament, que nous avons M

encore, el qui contient un abrégé fidèle de sa vie, il sentit que sa fin approchait ; il reçut les sacrements de l'Église avec une ferveur admirable, et mourut à Vicence en 1270. Les pauvres et les malheureux, dont il était le père, ne furent pas les seuls à pleurer son trépas; toutes les classes de citoyens sentirent vivement sa perte. Barthélemi fut, ainsi qu’il l'avait demandé, mis en terre dans un lieu obscur de l'église de la Couronne ; mais les Vicentins, remplis de vénération pour leur saint pasteur, commencèrent bientôt à lui rendre un culte publie, Ils obtinrent, quatre-vingts ans après sa mort, que l’on fit une translation solennelle de ses reliques ; son corps fut

alors trouvé sans aucune marque de corruption. Les miracles attri- !

bués à ce’saint évêque pendant sa vie, et ceux opérés depuis sa mort

1 Godescard, 23 octobre.

aux plus M

“Malogue des bic

0 La ville de le sainteté, La iée à Galéas M lle résolut de s Jéatrix, et d’et es avantages « ance, sa beaut énéreux desse œésistance. Ell An monastère b mars 1254.

e soumission « Mertus de sa ser iracles opérés loire dont son lément XIV, a de culte qui était Pendant que eux Barthélem talie, un autre ait sa carrière es commencen

hinique, il s’ap æt des infidèles.

Ditée par les Jaz “res un de leurs al de Latran av Méserts qui cor @nnonçant partc Mades orientales eptentrionale d

dra dans la Rus:

æécurent depuis ion. Il inspira a

une province c

d'Actass., et G

— De 19:08 1216 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 29 qu'avaient par son intercession, déterminèrent le pape Pie VI à l'insérer au cai heureux, "talogue des bienheureux À :

aix, tandis #@ La ville de Vicence eut lieu d admirer encore d autres exemples guerre, le ide sainteté. La bienheureuse Béatrix était fille d’Azelino, et fut mar leur sei- ice à Galéas Manfredo, seigneur de Vicence. Ayant perdu son époux, iblic qu'ils “Melle résolut de suivre l'exemple de sa sainte tante, également nommée

était bien Béatrix, et d'embrasser comme elle la vie religieuse, méprisant tous reté la foi "es avantages que pouvaieni lui procurer dans le monde sa naisle. IL apai. MFance, sa beauté et sa fortune, Son père voulut mettre obstacle à son

nvertissait Ménéreux dessein; mais la fermeté de Béatrix finit par vraincre sa ue rien ne Wésistance. Elle fonda à Ferrare, ville dont Azelino était seigneur, bétédré in monastère de religieuses Bénédictines, et elle y prit l’habit le

25 mars 1254. Ses sœurs trouvèrent en elle un modèle d’austérité, un e soumission et d'esprit de pauvreté. Dieu voulut récompenser les 'pines que 4 : x lui! dt 92. Plusi insi que la ertus de sa servante en 1 appelant à lui le 48 janvier 1262, Plusieurs solise, Mniracles opérés par l’intercession de Béatrix furent des preuves de la tte église, 27” : Fe n couvent mMBloire dont son âme jouissait dans le ciel. Le 23 juillet 1774, le pape Llément XIV, ayant pris l'avis de la congrégation des rites, approuva années de Me Culte qui était rendu de temps immémorial à cette sainte femme 1. lé dit 4 Pendant que le bienheureux Ambroise de Sienne et le bienheujé la con "eux Barthélemi de Vicence prêchaient la paix en Allemagne et en CA d Atilie, un autre religieux du même ordre, saint Hyacinthe, termi- Ne ait sa carrière apostolique en Pologne. Nous avons déjà vu ailleurs se lus «fes commencements et ses premiers travaux. Envoyé par saint Dole hinique, il s’appliquait spécialement à la conversion des Barbares noncer la % , ; ; ences qui 6 des infidèles. Il convertit en peu de temps dans la Cumanie, haï ettet je Pitée par les Jazyges, un grand nombre de ces Barbares, entre auus avons "8"es un de leurs princes, qui, en 1245, vint au premier concile généue sa fin Pal de Latran avec plusieurs seigneurs de sa nation. Malgré les vastes Héserts qui coupaient la grande Tartarie, Hyacinthe la parcourut, veur ad- © Le tes - M ; :

malheu- \@nnonçant partout Jésus-Christ. Il pénétra jusqu’au Thibet près des - Qudes orientales, et jusque dans le Kathay, qui est la province la plus

Pre

Pb

re

8 ertentrionale de la Chine. Retournant en Pologne, Hyacinthe rené F li “ui tra dans la Russie-Rouge, y convertit plusieurs schismatiques, entre ; Autres le prince Caloman et Salomé, sa femme, qui l’un et l’autre mplis de :#, ; k L à lui ren- “ftcurent depuis dans la continence et embrassèrent l’état de perfec- + mort 4 On. Îl inspira aussi de vifs sentiments de componction aux habitants se s fut Je la Podolie, de la Volhinie et de la Lithuanie. Il fonda à Vilna, dés Lu né hapitale de cette dernière province, un couvent qui est le chef-lieu

| "une province considérable de Dominieains, s sa mort P 1

1 1 Acta SS., et Godescard, 18 janvier et 10 mai.

30 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXV.— De 1270 8) 1976 de l'ère ch

Après avoir parcouru environ quatre mille lieues , il revint en “quel sens donn: Pologne, et arriva à Cracovie l'an 1257, c'est-à-dire dans la soixante- Mjumière divine, douzième et dernière année de sa vie, Le roi Boleslas V, surnommé mort prochaine le Chaste, et sainte Cunégonde, sa femme, se conduisirent par les à avis d'Hyacinthe, et tendirent tous deux de concert à la perfection passèrent en pr chrétienne. On raconte le miracle suivant, qu'il opéra vers le même Mébares, ayant dè temps. Une femme de qualité lui avait envoyé son fils pour le prier dans le lieu où de venir faire des instructions à ses vassaux. Le jeune homme se Myina, et les mi noya en passant une rivière pour retourner chez lui. La mère, acca- martyrs, autor blée de douleur, fit porter le corps de son fils aux pieds du serviteur Mavaient péri, fut de Dieu, qui, après avoir prié quelque temps, prit le moit par là des Dominicain: main et le rendit à la vie. ! En 1265, deu

Hyacinthe tomba malade le 14 août, et Dieu lui fit connaître qu'il ment leur vie. mourrait le lendemain, fête de l’Assomption de la sainte Vierge, Métait le troisièmi qu'il avait toujours honorée comme sa patrone. Il exhorta ses reli- pre, et l'un des gieux à la pratique de la douceur, de l'humilité et de la pauvreté, Me diocèse de Vi: Le lendemain il assista à matines et à la messe ; il reçut ensuite le l'extrême-onction'et le saint viatique aux pieds de l'autel, et, quelques Mhondit pas d'ab heures après, il expira tranquillement. Sa sainteté fut attestée par un 4 grand nombre de miracles. Il fut canonisé par Clément VIT, en 45941. y abandonna :

Trois ans après saint Hyacinthe, son confrère, saint Sadoc et ses M l'étude de la compagnons terminèrent leur vie par le matyre. Sadoc avait été dé-A hysique et à la signé par saint Dominique pour la mission de Hongrie, dans le cultiver cette de chapitre général de l’ordre tenu à Bologne l'an 1221. Ayant reçu la% bénédiction de son saint patriarche, il se mit en route avec plusieurs de ses compagnons, sous la conduite du bienheureux Paul de Hon: # grie, ainsi nommé parce qu'il fut le fondateur des premiers couvents L de son ordre dans la Hongrie, et qu'il termina son apostolat dans 1 ces contrées par un glorieux martyre. Plusieurs années après, il fut# envoyé à Sandomir , en Pologne, pour y gouverner une maison de Dominicains, et dans ce nouvelemploi, comme dans celui qui l'avait A précédé, il continua de donner à tous ses frères, à tous les fidèles, Mqu'alors, il fit st l'exemple des vertus qu'il leur prèchait. Mais tandis que le saint re-MKères, Il se plais ligieux était tout occupé à s’avancer dans la perfection et à y faire Mplus bas, à soigi marcher les autres, les Tartares ayant fait une irruption à Sandomir,@nilier, pour se le massacrèrent avec quarante de ses compagnons, en haine de la re Memps en temps ligion chrétienne. le vie qu'il avai

On raconte que, la veille de leur mort, celui qui faisait la lectur Mlement de prièz du martyrologe, y trouva et y lut ces mots : « À Sandomir, le sup- 2 produisirent plice de quarante-un martyrs. » Les religieux, étonnés, ne savaien! Æenentir,

t pendant qu’il rénagea l'occas ontré, par hasa iété de ses dise t d'embrasser 1

En changeant 1omme nouveat

1 Acta SS., et Godescard, 16 août. 1 Acta SS., et G

— De1210 M; 1276 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 31

revint en À quel sens donner à ces paroles ; mais leur supérieur, éclairé d’une soixante- Mjumière divine, comprit que le Seigneur voulait les avertir de leur irnommé 4 mort prochaine. En conséquence, ces saints religieux se préparèrent, t par les L par la réception des sacrements, au combat qui les attendait , et erfection passèrent en prière le reste du jour et de la nuit suivante, Les Barle même "Mbares, ayant dès le lendemain emporté la ville d'assaut, entrèrent r le prier Mdans le lieu où les Dominicains chantaient en commun le Sa/ve Reomme se Myina, et les mirent à mort. C'était en 4260. Le culte de ces saints ère, acCa- martyrs, autorisé d'abord par Alexandre IV pour la ville où ils serviteur Mavaient péri, fut ensuite approuvé par Pie VII pour l’ordre entier nt par là des Dominicains !.

{ En 1265, deux religieux de saint Dominique terminèrent sainteaître qu'ilment leur vie. L'un est le bienheureux Gilles de Sainte-lrène. Il le Vierge, Métait le troisième fils du duc Rodrigues Pélage, gouverneur de Coïma ses reli- pre, et l’un des grands ofliciers de la couronne de Portugal. Né dans pauvreté. Me diocèse de Viseu, l'an 1190, il fut destiné par ses parents à l’état it ensuite Mecclésiastique et chargé de bénéfices dès son enfance. Mais il ne réquelques Mpondit pas d’abord à une vocation si sainte. Les biens considérables ée par un qu'il tenait de l'Église ne servirent qu'à alimenter ses passions, et il en 15947. 0%y abandonna sans réserve. D'un autre côté, au lieu de s'appliquer doc et ses M l'étude de la théologie et des saintes Écritures, il s’adonna à la rit été dé- physique et à la médecine avec ardeur. Il vint même à Paris pour e, dans leMlcultiver cette dernière science avec plus de succès, et y reçut le grade nt reçu là de docteur. Cependant la miséricorde divine avait des vues sur lui, plusieurs let pendant qu'il ne songeait qu'à continuer sa vie licencieuse, elle lui il de Hon: Ænénagea l'occasion qui devait le convertir. Gilles, ayant un jour rens couvents Mcontré, par hasard, saint Dominique, fut si touché de sa vertu et de la tolat dans piété de ses discours, qu'il résolut sur-le-champ de quitter le monde près, il futlkt d'embrasser le nouvel institut que ce grand saint venait de fonder. maison def En changeant d'état, il changea aussi de mœurs , et devint un qui l'avait Miomme nouveau. A la vie molle et sensuelle qu’il avait menée juses fidèles, Mqu'alors, il fit succéder la mortification et la pénitence les plus sé- > saint re-Mères, Il se plaisait surtout à rendre aux autres novices les services les Là y fairMplus bas, à soigner les malades, et à chercher des occasions de s’hu- Sandomir,Mnilier, pour se punir de son ancienne vanité et de son orgueil. De 1e de la re éMtemps en temps il éprouvait néanmoins de violents dégoûts du genre de vie qu'il avait embrassé; mais il sut en triompher par un redoula lecturt Mlement de prières et d'austérités, et à la fin les souvenirs du monde

ir, le sup- È + produisirent plus sur lui d'autre impression que celle d’un amer ne savaienl Srepentir,

« ! Acta SS., et Godescard, 2 juin.

ASSET au

tablissement d'un couvent de frères Prècheurs que le roi de Portugal

Dieu.

et fervents.

En 1249, Gilles assista au chapitre général de son ordre, qui seM tenait à Trèves, et s’y fit décharger des fonctions de provincial, qu'il

Ses supérieurs songèrent bientôt à mettre à profit son zèle et ses * talents. Ils l'envoyèrent d'abord en Espagne pour y travailler à l'instruction des jeunes novices, puis à Santarem, pour y travailler à l'é- #

n'avait acceptées que par obéissance et maigré lui. Rendu à lui-h

même et à sa patrie, il continua tout ensemble ses prédications etA ses austérités, ne songeant qu'à procurer la gloire de Dieu et le salut 1 des âmes, mais n'oubliant pas la sienne et travaillant avant tout à sa 4 propre sanclification. Parvenu ainsi à sa soixante-quinzième année, | il s'endormit paisiblement dans le Seigneur, le 15 mai 1265. Honoré 4 bientôt comme saint par tous les peuples du Portugal, son culte 1

été approuvé par Benoit XIV, le 9 mai 1748 1,

Le bienheureux Nicolas Pullia, né à Giovenazzo, dans le royaume de Naples, l'an 1197, fut un enfant de bénédiction qui- pratiqua la 4 vertu dès l’âge le plus tendre, et qui s’exerça à la mortification à 3 une époque de la vie où l’on connaît à peine en quoi elle consiste.M Ses parents, qui, par leur piété sincère, ajoutaient un nouveau lustre” à leur noblesse, lui donnèrent une éducation soignée, après avoir, 1 par leurs exemples et leurs discours, jeté dans son cœur innocent 4 des semences profondes de crainte du Seigneur. Le vertueux jeune À homme étudiait à Bologne, lorsque saint Dominique parut dans cette

1 Acta SS., et Godescard, 14 mai.

jrs

1 1 Godescard, 14 î

à 1276 de l'ère «

: ville pour y a:

Nicolas enten

« clernels, qu’il À alla donc se voulait y fonder, De là il passa à Coïmbre, ville qui avait été autre- M fois le théâtre de ses désordres, mais qu'il édifia alors par l'austé- M rité de ses mœurs et le zèle de ses prédications. Il eut la consolation 4 d'y opérer des conversions nombreuses, On le rappela ensuite en M Espagne, pour y remplir la charge de provincial, dont il se démit 1 en 1242, mais dont il fut obligé de se charger de nouveau quelques M années plus tard, et dont il s'acquitta avec une prudence consommée, M C'est pendant qu’il en remplissait les fonctions pour la seconde fois | qu'il passa dans l'ile de Majorque pour y faire entendre la parole de M

avec affection l'habit de son acquérir les v couronnés d'u lection ; on ac saient aimer d

Saint Domi

: même au min

Après la mor

© vailler au salut

[n'y avait pas plus de dix ans que Majorque était sous la domi- : nation des rois d'Espagne, et la longue habitude qu'avaient eue ses habitants de vivre parmi les Sarrasins les avait rendus extrême- : ment superstitieux et ignorants. Le zélé missionnaire, aidé de quel-M ques-uns de ses frères, donna une nouvelle face à la religion dans M cette terre inculte, et y laissa, en la quittant, des Chrétiens instruits 1

mons produis de cette ville | leurs murs un tard, ses frère louer de la sa, l'ordre un gre sa conduite. / constamment fidèles, ce sair vent de Pérou Le pape Léon l'ordre de sair 14 février 1, La bienheur Béla IV. Ses p vœu dès avant demi, dans le ensuite fondé u Marguerite y f c'est-à-dire à nombre des a

4 lEsprit-Saint,

ses délices de 1.

Siblement mor mieux aimé de nant jusqu’à c

zèle et ses

iller à l'in- 4 ailler à l'é- M

le Portugal

ar l’austé-

onsolation M ensuite en M L se démit M | quelques M nsommée, M

:conde fois

parole de M

s la domi- |

nt eue ses extrême-

é de quel-K gion dans M 1s instruits #

lre, qui se ncial, qu'ilk du à lui-#

cations et"

et le salutm t tout à sa me année, M 5. Honoré w on culte a

ba

> royaume

ratiqua la

fication à 4 > consiste. M

eau lustre

rès avoir, M r innocent « eux jeune4 dans cette 4

à cternels, qu'il ne songea plus qu'à embrasser la vie % alla donc été autre-

à 1276 de l'êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 39

ville pour y annoncer la parole de Dieu, Dès le premier discours que Nicolas entendit, il se sentit tellement enflammé du désir des biens religieuse, 1] se prosterner sans délai aux pieds du saint, qui le reçut avec affection et l’admit au nombre de ses disciples, en lui donnant l'habit de son ordre, Le nouveau novice s'appliqua sans relâche à acquérir les vertus de l’état qu'il avait choisi, et ses efforts furent couronnés d'un tel succès, qu’il devint bientôt un modèle de perlection ; on admirait surtout son innocence et sa candeur, qui le faisaient aimer de tout le monde,

Saint Dominique le prit pour son compagnon et le forma luimême au ministère de la prédication dans ses courses apostoliques. Après la mort de cet illustre patriarche, Nicolas continua de travailler au salut des âmes, et en convertit un grand nombre, Ses sermons produisirent des effets si merveilleux à Trani, que l'archevêque de cette ville et les principaux habitants résolurent d'établir dans leurs murs un couvent de Dominicains dont il fut le fondateur, Plus tard, ses frères l'élurent provincial de Rome, et n’eurent qu'à se louer de la sagesse de son gouvernement. Sa douceur attira dans l'ordre un grend nombre de jeunes gens qui venaient se ranger sous sa conduite. Après avoir, pendant plus de quarante ans, travaillé constamment à procurer la gloire de Dieu et la sanctification des fidèles, ce saint religieux mourut le 41 février 1265, dans le couvent de Pérouse, qu'il avait fondé, et où son corps repose encore. Le pape Léon XII approuva son culte le 22 mars 1828, et permit à l'ordre de saint Dominique d’en faire l'office. Sa fête se célèbre le 14 février 1,

La bienheureuse Marguerite de Hongrie eut pour père le roi Béla IV. Ses parents, qui l'avaient consacrée au Seigneur par un vœu dès avant sa naissance, l'envoyèrent, à l’âge de trois ans et demi, dans le couvent des Dominicaines de Vesprin. Le roi ayant ensuite fondé un monastère du même ordre dans une île du Danube, Marguerite y fut transférée, et elle y fit profession deux ans après, c'est-à-dire à l’âge de douze ans. La ferveur suppléa en elle au nombre des années, et lui mérita les communications intimes de l'Esprit-Saint, qui ne sont que pour les âmes parfaites. Elle faisait ses délices de la pratique de l’abjection la plus entière. On l’eût sensiblement mortifiée en l'entretenant de sa naissance, et elle eût mieux aimé devoir le jour à des pauvres qu'à des rois. Il est étonnant jusqu’à quel point elle portait l'amour de la pénitence ; elle

1 Godescard, 14 février.

Page 1