‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 5)Chapitre 91 sur 97 · PROCESS · texte numérisé non relu

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tique, le pape Clément V, pour contenter le roi, fit un décret portant qu'on ne pourrait jamais inquiéter ce prince ni ses successeurs sur ce qu'il avait fait au sujet du pape Boniface.

Le 21 mars 1313, Clément V promulgua les constitutions approuvées par le concile de Vienne, avec quelques autres qu’il avait fait ranger en un corps d'ouvrage qu'il prétendait nommer le septième des décrétales, pour servir de suite au Sexte de Boniface VII ; mais la mort empêcha qu'il n’envoyât cet ouvrage aux écoles, suivant l'usage, c'est-à-dire qu'il ne le publiât aathentiquement, Ce ne fut qu'en 1317 que Jean XXII, son successeur, rendit public et autorisa, par une bulie adressée aux universités, le recueil et les constitutions promulguées, partie dans le concile de Vienne, partie avant et après. On l'appelle le volume des Clémentines : il est inséré dans le corps du droit.

Pour dresser ces constitutions avec plus de maturité, le pape Clément avait demandé aux évêques des mémoires sur les abus à corriger. Plusieurs en apportèrent au concile, comme des conseils sur les objets que l’on y devait traiter. Les deux seuls mémoires qui nous restent sont de deux évêques de France. Le nom du premier n’a pas passé jusqu'à nous ; mais on assure que c'était un prélat distingué par son zèle et sa science. Il y paraît par l’abrégé de son mémoire.

Son avis sur les Templiers est qu'on abolisse au plus tôt, sans égard aux représentations, un ordre qui déshonore le christianisme chez les Sarrasins. Son avis sur la Terre-Sainte est qu'il y a fort peu à espérer de succès pour cela durant la division des princes chrétiens. Sur la réformation des mœurs, l’évêque allègue des abus à corriger: par exemple, en France, la profanation des dimanches et des principales fêtes, pa la tenue des foires et des tribunaux de plaidoiries, sources de querelles ou de débauches dans les cabarets, l'abus du pouvoir des elés dans les archidiacres, archiprètres, et doyens ruraux soit par eux-mêmes, soit par d'ignorants substituts ; de sorte qu'il y a souvent des excommuniés sans nombre, et très-souvent sans

cause, L'évêque dit qu'il a vu jusqu’à quatre cen!s, pour ne pas dire sept cents excommuniés dans une paroisse. De là le mépris des censures et les scandales. Il remonte aux sources du mal, qu'il attribue aux évêques et au Pape même ; aux évêques, par le mauvais choix des sujets qu'ils ordonnent, et dont plusieurs sont méprisables, faute descience et de bonr. ?s mœurs, et sont, en effet, méprisés par les laïques ; au Pape et à la cour romaine, parce que les ecclésiastiques déréglés y accourent de toutes parts, et obtiennent des bénéfices et des cures que les évêques n’osent refuser, et que ces ecclésiastiques déshonorent par leurs déréglements, tandis que les prélats ne peu-

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fit un décret portant li ses successeurs sur

constitutions approuautres qu'il avait fait

nommer le septième e Boniface VII ; mais ux écoles, suivant l’ument. Ce ne fut qu’en ublic et autorisa, par let les constitutions partie avant et après, | inséré dans le corps

maturité, le pape Clé- >s sur les abus à cormme des conseils sur ls mémoires qui nous m du premier n’a pas in prélat distingué par de son mémoire.

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vent conférer leurs bénéfices aux bons sujets, aux gens de lettr qui se dégoûtent et prennent parti chez les princes ou dans les tribu! naux séculiers, pour devenir les ennemis des libertés de l' lise, qui à paru dédaigner leur service. » cé F Après les prélats, le mémoirs de l'évêque s'occu pv “rs + a Partout il signale sans ménagement les reles es abus. Aussi le médecin guérit-il les plaies, non pas E issimulant, mais en les sondant jusqu'à fond. Le remède u 2 el de garder et faire garder les anciens canons, Pr pi ceux des quatre premiers conciles généraux et du dci fs que les décrets des souverains Pontifes. Si DU ce n k fois, dit-il, étaient observées, tant par le chef de Pi “so ira Re re ar serait sufhommes de Dieu, auteurs heu ar se . % rs al vs pandu Partout la bonne odeur de Ps te Et put ci : un Le parie du chef de l'Église, car quoique le prince ne soit is aux lois, il n’y a rien toutefois qui lui convienne mie ne 7 astreindre à l'observation des lois; et c'est une parole di. on te r , . . . ï we Le Fa d’un souverain : Je suis prince, et les lois me com- Le second imémoire est de l'évêque de Mende, Guillaume Durand si Duranti. Cette église eut successivement deux évêques de ce ins ne le neveu, que l'on a quelquefois confondus. Duranti l'oncle né Puimisson, diocèse de Béziers. I fit à Bologne ses études de droit civil e! canonique sous les plus grands maitres. Docteur lui-même, il y professa, aussi bien qu'à Modène. On l'appelait k pa de la pratique. En cette qualité, il fut employé par les agi. 1 “ment IV lui donna les charges de chapelain et d’auditeur général u sacré palais. Il eut deux canonicats en France, À Beauvais et à Narbonne, et le doyenné de Chartres. Au seco 1d concile de L + cute Grégoire X l'établit son secrétaire pour dresser phase is. 1 I le fit recteur et comte du patrimoine de saint Pièrte ge : ff de gérer d'armée, qu’il exerça plus d’une fois he ss es. En 1286, il fut promu à l'évêché de Mende. En ue oniface VIIL voulut le transférer à l'’archevêché de Ravenne As “ ne put gagner sur lui de l’accepter. En 1296, le même Pape Mmanda pour une affaire à Rome, où il mourut la même année le

der , Ï de novembre, On voit son tombeau et son épitaphe à la Minerve ?

où il fut inhumé, 11 s’ istingué - A sest distingué por plusieurs ücrits, dont jes

pe du clergé in-

1 Raynald, 1311, n. 55 et seqq.

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principaux sont /e Miroir du droit et le Rational des offices divins, qu'il acheva l’an 1286, n'étant encore que doyen de Chartres. On trouve dans ce dernier ouvrage beaucoup de points curieux de l’ancienne discipline en usage de son temps. Son successeur à l'évêché de Mende fut son propre neveu, qui portait le même nom. Il était archidiacre de la même église. Boniface VIII le pourvut de l'évêché par considération pour l'oncle, en le lui proposant pour modèle, comme l'exprime la bulle du 17 de décembre 1296 1,

C'est Duranti le neveu qui présenta au pape Clément V le second mémoire sur les réformes à faire dans l'Église. C’est un traité dans les formes, traité ample et fondé sur de fortes preuves. Il veut, comme le précédent, que l'on rappelle les anciens canons, dont il respecte l’autorité, au point de dire que l’on blasphême contre le Saint-Esprit en les contredisant. Il donne d'étroites bornes aux dispenses et aux exemptions. Il s'opposeaux commendes qui commençaient à s'établir. Il se plaint beaucoup des entreprises des seigneurs temporels, et fait voir aussi jusqu'où l’on étendait la juridiction ecclésiastique, qui n’étaitrien moins que gratuite, tous les officiers se faisant payer fort cher, jusque-là que les prélats mettaient à ferme les revenus de leurs justices.

L'évêque Duranti se déclare en faveur des études et des universités pour bien remplir les bénéfices. Il demande qu'on en réserve le dixième pour l'entretien des écoliers pauvres dans chaque faculté, et que le Pape ne donne aucun bénéfice à d'autres qu'à des docteurs, tant qu’il s’en trouvera qui ne seront pas pourvus dans chaque diocèse. Il veut en même temps qu'on réforme les études et l'éducation des universités ; les études, en ce qu’on y néglige l'essentiel, c'est-àdire la science de l'Écriture sainte et de la vraie théologie, pour courir après des gloses et de vaines subtilités. Afin d’y remédier, il souhaiterait que l'on fit composer par des gens habiles de courts et solides traités, où les hommes destinés à la conduite des âmes pussent apprendre en peu de temps le détail et l’étendue de leurs devoirs. Quant à l'éducation, il voudrait retrancher certains usages ou plutôt certains abus nés dans les universités, comme la vaine gloire, la dépense superflue, les repas de fêtes, les discordes, les brigues, et tout ceïqui détourne l'attention des étudiants ; de sorte que les docteurs, même en titre, ne sont rien moins que doctes à leur retour chez eux.

L'évêque de Mende paraît très-favorable aux religiéux mendiants, qu'il loue du côté des mœurs, de la science, de l’austérité de vie, des talents pour la chaire et du zèle pour le salut des âmes, surtout

1 Gallia Christiana, t. 3, p. 130 et seqq.

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nal des offices divine, loyen de Chartres. On points curieux de l’an- | successeur à l'évêché >» même nom. Il était e pourvut de l'évêché oposant pour modèle, 1296 1,

e Clément V le second e. C’est un traité dans reuves. Îl veut, comme anons, dont il respecte : contre le Saint-Esprit aux dispenses et aux mmencçaient à s'établir, leurs temporels, et fait on ecclésiastique, qui rs se faisant payer fort ne les revenus de leurs

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pour la conversion des infidèles. Il les croit peu de mérite des curés ; il propose de les employer au soin des âmes, en ajoutant deux choses : la première, de faire en sorte qu'ils aient des revenus en commun ou qu'ils subsistent du travail manuel ; la seconde, de réprimer leur curiosité dans des études et les prédications, en les ramenant à la solide manière d'étudier et de raisonner, | p F2 IL voudrait qu’on rédigeat en un livre d’usagé, pour: les curés, les confesseurs et les prêtres, les canons de la pénitence, avec des instructions faciles pour augmenter ou diminüer la peine suivant les cas, et pour faire sentir aux pénitents l'énormité de leurs péchés, I ne peut souffrir l'usage établi en plusieurs lieux d'accepter de l'argent quand on confère des sacrements..Il en rejette l'abus ‘sur l'exemple des évêques. H signalé plusieurs abus dans la cour romaine, et y souhaite une réforme considérable, ainsi que dans les évêques et le clergé. : Au reste; dans tout cet écrit de l'évêque de Mende, il n’est jamais hi question que du rétablissement des mœurs et de l'ancienne discipline. Sur la foi, il n’accuse les Papes, les évêques, le clergé d'aucune prévarication. Pour ce qui est de l'Église romaine, voici comme il en parle : € Quant à la réforme, il paraît qu'il faut. la: commencer ea par la sainte Église romaine, qui préside à toutes les autres, qui est le chef dont tous les membres dépendent, qui est le centre où il faut à tapporter tout ce qui concerne la religion, qui est placée: pour servir d'exemple et de miroir à tous les fidèles. qui est la maîtressé et le juge de toutes les autres églises, qui est gouvernée par un. pasteur que Jésus-Christ a établi son vicaire ét son lieutenant sur la terre 4, » Nous voyons ici une chose qui devrait se faire toujours : le chef de l'Église interrogeant ses frères dans l’épiscopat, les sentinelles du camp de Dieu, sur ce qu'ils remarqüent le jour. ét la nuit, et au dedans-et au dehors ; .et les sentinelles signalant sans aucune réticence | les périls et les abus qui se forment et autour du chef, et auto ur d'eux, et partout. Heureux le camp lorsque le chef tient les gardes éveillés et qu'il profite de leurs avis! mais malheur lorsque les sentinelles ou s’endorinent, ou dissimuleut, ou se taisent ; lorsque le chef néglige de. stimuler leur. vigilance ou dé profiter de leurs avertissements ! L'ennemi, qui profite de tout pour le mal, ne manquera pas de se glisser dans le camp, de gagner unie partie des troupes, comme les Templiers, et de fomenter le relâchement, l'indiscipline, la division parmi les autres.

propres à suppléer au

fGuilt. Dur. De moi. gen. Concil. celebr., part. 3, foi. 52, edit. 1531. Lungduni, n-4.

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Ainsi, vers la fin du treizième siècle, par la négligence ou la mollesse des supérieurs, le relâchement s’était glissé parmi les religieux de Saint-François. On s'écartait de la sainte pauvreté, tant recommandée par le saint patriarche, On recevait de l'argent’'à l'offrande, aux premières messes des nouveaux prêtres; on mettait des troncs dans les églises, on recevait des rétributions pour les mésses ; les frères allaient aux anniversaires pour les morts moyennant un certain salaire, comme les prêtres séculiers ; ils mettaient aux portes leurs églises de petits garçons qui demandaient de l'argent aux pas sants et leur présentaient dans des bassins de petites bougies à acheter, pour les faire brûler en l'honneur des’ saints ; les frères eux mêmes trafiquaient dans les rues et.lés marchés, menant.avec eux ces enfants, qui recevaient l'argent et l'employaient, Ils quittaieni leurs maisons solitaires et pauvres, pour en bâtir à grands frais de kclles et de grandes dans les villes, où ne logeaient que ceux du lieu, à l'exclusion des étrangers; aucun ne voulait plus demeurer loin de son pays et de ses parents {.

Tous ne donnaient pas dans ce relâchement; il ÿ eut un bon nombre de zélateurs pour la stricte observance de la règle ; mais il leur arriva quelquefois de ne pas garder toute la mesure convenable, de quoi les autres profitaient pour s'autoriser dans leur relâchement,

Le plus ardent de ces zélateurs était Pierre-Jean d'Olive, né à Sérignan en Languedoc. I! fut offert par ses parents à saint François, au couvent de Béziers, à l'âge de douze ans, l'année 1259. Il s'y fit aimer de tout le monde par la vivacité de son esprit, la gravité de ses mœurs et l'étendue de sa doctrine. Étant venu à Paris, il fut bachelier en théologie. Son attachement à la rigueur de l’observance et son ardeur contre le relâchement lui attirèrent beaucoup d’ennemnis, et il donna souvent prise sur lui: par les opinions singulières et outrées qu’il répandit dans ses écrits. Dès l’année 1278, il fut accusé devant le général de l’ordre, Jérôme d’Asoli, d’avoir avancé des nouveautés dans quelques petits traités sur la sainte Vierge. Le général les ayant lus, y trouva des propositions si excessives, qu'il commanda à l'auteur de les brûler de sa main, et il obéit sans résistance. Au chapitre général tenu à Strasbourg en 1282, frère d'Olive fut accusé de parler trop librement contre l’observance commune de l’ordre, ainsi que d’avoir composé et répandu des écrits pleins d'erreurs, et même contenant quelque hérésie. L’aceusation vint de la part de ceux dont il blâmait le relâchement, sans épargner les supérieurs, et disant hautement qu'il fallait les corriger ou les chasser, de peur qu'ils ne

4 Wadding, 1278, n, 98.

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négligence ou la moljé parmi les religieux auvreté, tant recon:l'argent’ à l'offrande, on mettait des troncs pour les mésses ; les s moyennant un cerettaient aux portes & ‘de l'argent aux pas.

etites bougies à ucheaints ; les frères eux- ‘és, menant avec eux oyaïient. Ils quittaient âtir à grands frais de ient que ceux du lieu, plus demeurer loin de

ent; il y eut un bon e de la règle ; mais il a mesuré convenable, ans leur relâchement, e-Jean d'Olive, né à rents à saint François, l'année 1259. Il s'y fit sprit, la gravité de ses à Paris, il fut bachede l’observance et son saucoup d’ennemnis, et singulières et outrées 8. il fut accusé devant avancé des nouveautés » Le général les ayant u'il commanda à l'au- ‘ésistance. Au chapitre ve fut accusé de parler » de l’ordre, ainsi que s d'erreurs, et même le la part de ceux dont

supérieurs, et disant sser , de peur qu'ils ne

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gâtassent les autres et n’attirassent tout l'ordre dans ] ment. Il parlait même contre les prélats de l'Église et bi DEEE librement leur vie molle et sensuelle, Leo Chapitre dé a général visiterait la province de France où était reg He re examinerait sa personne et ses écrits 1, FRE AU F sh le chapitre de Strasbourg, le général donc revint en France ais FppAres tous les écrits de frère d'Olive, Il les donna à a k eu hs ! Nik arme role bacheliers de l’ordre, b érent plusieurs propositions, ] unes Comme dangereuses, les autres comme mal a nèrent leur censure par écrit, Le gé ral l’ pu, d pe CA aus désabuser plusieurs de pu PR doi CUI-GIY vint aussi du lieu de sa résidence mais s D pértinb nt de quoi le général, ivrité, convoqua le cha itre dE te AO parla si-bien, qu'il l'apaisa. Mais le gé cu N De M ess Me général l'admonesta d'écrire ml Re Me, A et de rétracter cependant les h AN : n . ns .

+ ; : 3 Ha FAnUe de nouveau sur sa doctrine l'an 1988 : MR 2. St Dien, qu'il n’y eut pas de condamnation #, .. } 1'Uuve mourut le 16 mars 1297, à l'âge de ci ins, après avoir reçu tous les sacrements et ‘déclaré # fais M hi sur l'observance de la règle. Il le fit en fn Pois quil'est essentiel à notre vie évangéli ) nèsr À tou » emporel, et de nous contenter du M Fe à > .

péché mortel de soutenir opiniâtrément les transgression do l ee . et les imperfections contraires à la pauvreté, d'y vouloir cont : id à ls frères et persécuter ceux qui observent la règle dans sa ma #4 : Riu orrminel d'introduire les relâchements dans tout 4 sa L ina que d y induire quelques particuliers, et les réliéhéniente PIUS pernicieux sont ceux qui sont plus durables et plus public el par conséquent les plus scandaleux : comme les grands de qe Et à des quêtes importunes. C'est un grand éloignement à régle de plaider pour des frais funéraires où des legs pi quoique les poursuites se fassent en apparence par des bi ral # pr #4 D ir) à procurer qu'on ge fasse DA c8'1ses, à cause du profit qui en revient , et de s'en ; ; ager à d mai de mg | La pars Fe per à nos Na du Me ‘ertaines tous les ans. Enfin, c'est u Fi # En de prétendre qu’il soit permis à nos frèrés d'être et bien chaussés , d'aller à cheval et de vivre aussi

Wadding, 1282, n.1,— 2 Ibid., 1283,n, 1, = 9 Ibid,, 1285, n.45.

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commodément qu'il est en usage chez les chanoïines réguliers.

A cette déclaration, Pierre-Jean d'Olive ajouta sa profession de foi, en disant : Je proteste devant Dieu et devant vous que je ne m'attache qu'à l'Écriture sainte et à la foi de l'Église catholique et romaine, à. laquelle préside maintenant le pape Boniface. Je ne mattache, comme de foi, à aucune opinion humaine, soit la mienne, soit d’un autre, quelque grand docteur qu'il soit. Je ne mé crois point obligé de convenir qu’une proposition soit de foi si elle n'esf

déclarée telle par le Pape ou le concile général ; mais je ne laisse pas

dé respecter les opinions des théologiens , et je crois qu'il est utile d’en soutenir de contraires , your exercer les esprits et éclaircir la vérité. Pierre-Jean d'Olive mourut à Narbonne, au couvent de son ordre, où il fut enterré, et ses partisans prétendivent qu'il s’y était fait des miracles. Il laissa plusieurs écrits, entre autres des commentaires sur la Bible, eten particulier sur l'Apocalypse.

Sa mort n’éteignit pas l’animosité des frères de Provence, principalement de ceux qui aimaient le relâchement. Ils firent condamner sa mémoire, , COMME d’un hérétique, par Jean de Mur , général de l'ordre ; et il châtia rigoureusement ceux qui gardaient par devers eux quelques-uns de ses ouvrages, s'ils ne les remettaient aux juges commis pour-cette affaire, afin de les brüler. Plusieurs frères furent mis en prison pour ce sujet, et, dans le premier chapitre général qui suivit, on défendit absolument la lecture des livres de Pierre-Jean d'Olive. Il eut toutefois des défenseurs, entre autres frères Urbain de Caëal, son disciple, qni naquit en 1239, et entra dans l’ordre en 1273. Il était grand zélateur de l'observance, et fut encouragi dans ces sentiments par Jean de Parme, ancien général de l'ordre. It écrivit une apologie pour Pierre-Jean d'Olive, où il répond à onze articles d'erreurs dont il était accusé 4,

Sous le pape Célestin V, ceux des frères Mineurs qui se prétendaient les plus zélés pour l'étroite observance ne manquèrent pas de profiter de la disposition favorable de ce Pontife pour l’austérité et la réforme. Ils lui envoyèrent donc frère Libérat et frère Pierre de Macérata, révenus depuis peu d'Arménie et déjà connus du Pape.

Ils vinrent le trouver en 1294, et lui demandèrent que, sous son

autorité, à laquelle personne n’oserait s'opposer, il leur füt permis de vivre selon la pureté de leur règle et l'intention de saint François : ce qu’ils obtinrent facilement. Mais, de plus, Célestin V leur accorda

Ja faculté de demeurer ensemble partout où il leur plairait, pour |

y pratiquer en liberté la rigueur de leur observance. I leur donnt

1 Wadding, 1297, n. 33, 35 ; 1299, n. 4 et 37.

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chanoines réguliers.

ta sa profession de ant vous que je ne l'Église catholique et ape Boniface. Je ne naine, soit la mienne, soit. Je ne me crois it de foi si elle n’est . mais je ne laisse pas je crois qu'il est utile esprits et éclaircir la 6, au couvent de son endivent qu'il s’y était e autres des commenalypse.

es de Provence, print. Ils firent condamner n de Mur , général de | gardaient par devers remettaient aux juges Plusieurs frères furent er chapitre général qui livres de Pierre-Jean » autres frères Urbain et entra dans l’ordre nce, et fut encouragi ien général de l'ordre.

ve, où il répond à onze

Mineurs qui se prétenice ne manquèrent pas Pontife pour l’austérilé e Libérat et frère Pierre t déjà connus du Pape.

indèrent que, sous SON |

oser, il leur fût permis ntion de saint François :

Célestin V leur accorda ù il leur plairait, pour bservance. H leur donnt

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pour supérieur frère Libérat; et, pour les mettre à couvert des supérieu : majeurs de l’ordre, il voulut qu'ils ne s’appelassent plus frères Mineurs, mais les pauvres ermites, et on les appela ensuite les ermites du pape Célestin. I leur donna des lettres de recommanda tion pour Napoléon des Ursins, cardinal de Saini-Adrien, homme libéral et favorable aux. causes pieuses. Les supérieurs. majeurs furent très-mécontents de cette division de l'ordre ; mais ils n’osèrent rien entreprendre contre pendant le pontificat de Célestin 1,

Les pauvres ermites passèrent en Achaïe, où un seigneur, nommé Thomas de Sole, leur ayant donné une petite île , ils y bâtirent une habitation, et pendant quelque temps ÿ servirent Dieu en repos. Les pères de la province de Romanie, l'ayant appris, firent tous leurs efforts pour les ramener à l'unité de l'ordre ; mais les ermites leur résistèrent constamment, s'appuyant sur la concession du pape Célestin. Leurs adversaires, voulant absolument les chasser de leur île, les accusèrent d’être manichéens, car cette secte était encore nombreuse, sous prétexte qu’ils s'abstinaient de viande et de vin, et fuyaient la compagnie des hommes. On les aceusait de plus d’entendre la messe très-rarement, et d’avoir de mauvais sentime: :: touchant le Saint-Sacremernt et l'autorité du Pape.

Ces reproches ayant été portés aux seigneurs et aux évêques latins du pays, ils envoyèrent dans l'ile des hommes savants et pieux pour examiner la vie des ermites. Ils trouvèrent que c'étaient des. mensonges et des calomnies; que les ermites-prêtres disaient la messe tous les jours, qu'ils célébraient dévotement l'office divin et priaient pour le Pape et l'Église romaine ; que leur abstinence et leur solitude n'avaient pour principe que l'esprit de mortification. Les prélats et les eigneurs, satisfaits de ce rapport, firent venir les ermites, et leur conseillèrent de venir dire la messe dans la grande église, de rendre compte de leur foi dans leurs sermons, et, quand ils seraient invités à manger, d’user librement de viande et de vin. Les ermites le firent, et rejetèrent ainsi toute la haine sur leurs calomniateurs. Ceux-ci, n'ayant pas réussi en Grèce, résolurent de les poursuivre en cour de Rome jusqu'à ce qu'ils les eussent ramenés : ce qui se passa vers l'an 1301 ?,

L'année suivante , le chapitre général des frères Mineurs se tint à Gênes, d'où, pendant qu'il se tenait, Jean de Mur, quatorzième général de l’ordre, écrivit une lettre à tous les supérieurs et à tous les frères, dans laquelle il dit : Je trouve que quelques-unes de nos communautés ont des terres, des maisons et des vignes, ou des

!Wadding, 1294, n, 4. Raynald, n. 26, —2 4 adding, 1301, n. 1.

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j ensions perpétuelles à prendre sur'ces fonds ; que quelques-uns de nos frères ont non-seulement des revenus personnels , mais encore se chargent d’exécutions de testaments perpétuelles : ce qui les engage à prendre soin de la culture des terres et de la récolte des fruits, et à poursuivre des procès. Il défend tous ces abus, sous peine d'excommunication par le seul fait, et exhorte tous ses frères à rappeler l'esprit de ieur première pauvreté.

En ce même chapitre, les frères de la province de Romanie firent prendre une conclusion en pleine assemblée, qu'il “allait obvier au schisme dé l’ordre et employer tous les moyens possibles pour y réunir les ermites Célestins. On s’adressa au pape Boniface, et on lui demanda la révocation des priviléges de son prédécesseur ; mais il répondit qu'il fallait laisser ces ermites dans leur observance, et qu'il était bien informé qu'ils gardaient mieux la règle que ceux qui les persécutaient. Alors ceux-ci lui dirent : Les ermites ont toujours été attachés à Célestin et ne vous reconnaissent point pour vrai Pape. C'était frapper Boniface à l'endroit le plus sensibie, principalement dans le fort de ses différends avec Philippe le Bel, et il craignit que ce parti ne se fortifiât en Grèce. Il écrivit donc à Pierre patriarche latin de Constantinople, qui était alors à Venise, et aux archevêques d'Athènes et de Patras, de s'informer exa'ement de cette aï‘aire. L’archevêque d'Athènes ordonna à Thomas de Sole de chasser les ermites de son île ; et ils passèrent sous la domination des Grecs, où ils demeurèrent deux ans. Mais le patriarche Pierre étant venu à Négrepont, et sollicité par les frères de Romanie, publia deux fois excommunication contre les ermites, s'ils ne revenaient à l’obédience de l’ordre.

Pendant ces troubles, frère Libérat, supérieur des ermites, cru que le plus sûr était de retourner en Italie et de se justifier devant le | Pape, lui et ses confrères. Ils abordèrent à un port de la Pouille, l'an 1303, dans le temps de la capture de Boniface VII ©, Un sei- | gneur du pays, nommé André de Ségna, leur donna une pauvre habitation dans un désert où ils s’arrêtèrent. Mais le quinzième général de l’ordre, le Portugais Gonsalve de Balboa, sollicita le roi de Naples, Chares Il, de chasser de son royaume ces schismatiques, qu’il accusait même d'hérésie. Le roi écrivit à Thomas d’Averse, in- À quisiteur de l'ordre des frères Prêcheurs, de s’en informer exacte- à ment et de punir les coupables. L'inquisiteur les ayant fait venir dans à un château du comte de Molisse, les examina et ne trouva point à d'erreur contre la foi. Toutefois, en s’en allant, il leur conseilla de le

4 Wadding, 1302, ne i-8.

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que quelques-uns de sonnels , mais encore Iles : ce qui les engage \ récolte des fruits, et pus, sous peine d’exses frères à rappeler

ace de Romanie firent qu'il allait obvier au yens possibles pour y pape Boniface, et on m prédécesseur ; mais as leur observance, et ux la règle que ceux . Les ermites ont touaissent point pour vrai 18 sens'bie, principalepe le Bel, etil craignit juc à Pierre patriarche se, et aux archevêques ment de cette aïaire.

> Sole de chasser les nination des Grecs, où Pierre étant vent à inie, publia deux fois evenaient à l’obédience

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a et ne trouva point à

t, il Jeur conseilla de le

suivre, pour éviter d'être inquiétés par leurs ennemis. Ceux-ci ne laissèrent pas de les insulter par le chemin, et de redemander frère Libérat comme ayant quitté la communauté sans permission des supérieurs, L’inquisiteur l'avertit de se mettre en sûreté pour ne pas tomber entre leurs mains, et lui conseilla d'aller droit au Pape ; il se mit en chemin avec un compagnon, pour venir en France trouver Clément V ; mais il tomba malade à Viterbe, et inourut en 1307. Ses compagnons voulaient sortir du royaume de Naples, ne s'y trouvant pas en sûreté ; mais l’inquisiteur le leur défendit, et leur ordonna de comparaître encore devant lui. Il joignit avec eux d’autres religieux de mauvaise réputation, nommés de Saint-Onufre, et des hérétiques de la secte dus apostoliques. IL les condamna tous indistinctement par une même sentence, comme hérétiques et schismatiques, notant même comme fauteurs ceux: qui les protégeaient. André de Ségna, qui avait logé les ermites, s'en plaignit à l’inquisiteur, qui n'en fut que plus irrité contre eux, et les fit conduire à Trivento, ville épiscopale du comté de Molisse. Après les avoir mis à la question pour leur faire confesser leur hérésie prétendue, et les avoir tenus cinq mois en prison, il les condamna à être fustigés publiquement à Naples, puis chassés du royaume. Mais il mourut peu de temps après, déclarant qu'il les avait condamnés injustement. Quelques-uns succombèrent aux tourments, et les autres vinrent en France pour se justifier devant le Pape; puis ils se joiguirent aux autres frères Mineurs qu'ils trouvèrent en Provence, qui s'étaient aussi séparés de l’ordre par zèle pour l'observance, comme il était arrivé en d’autres provinces, particulicrement en Toscane: ce qui produisit deux partis dans l’ordre, dont l’un se nommait les spirituels, plus tard observantins ; l’autre les frères de la communauté, plus tard les conventuels ?, Celui-ci était le plus nombreux et le plus puissant, mais l’autre ne laissait pas de se soutenir, principalement en Provence. Raymond de Villeneuve, natif de cette province et médecin du roi Charles IF, l’excita, peu avant sa mort, à interposer son autorité pour garantir d'oppression les frères spirituels où observantins, et écrire au général de l’ordre de leur être favorable. Le roi écrivit non-seulement au général, mais au pape Clément, le priant de faire cesser ce scandale. Suivant la prière et le conseil du roi, le Pape fit venir en 4 ::sence, par des ordres secrets, le général de

à 1311 de l'ère chr.]

l'ordre, Gonsalve, ei ceux qu'il crut les plus capables de l'instruire de cette affaire, savoir : Raymond Goffredi, qui avait été le treizième général de l'ordre, Guillaume de Cornillon, Ubertin de Casal, et quel-

? Wadding, 1304, n, 131307, n, 2-4.

552 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXVXII. — De 1300

ques autres. Il les fit venir à Malause, au diocèse de Vaison, et interrogea secrètement le général Gonsalve, et les autres ensuite, pour savoir la vérité; mais voyant que la multitude des affaires ne lui permettait pas dé vaquer à celle-ci en personne, il'en donna.la commission à trois cardinaux.

Or, comme l'affaire tirait en longueur, les frères spirituels ou observantins, que le Pape avait appelés, craignirent d'être cependant maltraités par les supérieurs de l’ordre; c’est pourquoi le Pape donna une hulle provisionnelle par laquelle il.les exempte, au nombre de huit qu'il nomme, de l’obéissance et de la juridiction du général et des supérieurs pendant le cours de l'affaire. IL défend aussi d'inquiéter ceux qui, e1 diverses provinces, adhèrent à ces huit, auxquels il ne vent point que la poursuite de cette affaire nuise en aucune manière. La bulle esi datée d'Avignon; le 14° d'avril 4310, et l'affaire demeura en cet état pendant deux ans, jusqu'au concile de Vienne. Cependant frère Ubertin de Casal, le plus ardent de tous les spirituels, donna aux commissaires un mémoire contenant trente-cinq chefs de transgression, vingt-cinq contre la règle st dix contre la déclaration de Nicolas IL; à quoiles frères conventuels répondirent par un grand écrit. Les spirituels de la province de Toscane furent les plus emportés ; ils se séparèrent du corps de l’ordre de leur seule autorité, et se donnèrent un général et des supérieurs; mais cette révolte fut désapprouvée en cour de Rome, et aliéna des spirituels ceux qui leur étaient auparavant favorables,

En 4312, au concile de Vienne, le pape Clément V essaya de faire cesser cette division entre les frères Mineurs, et de lever les scrupules de ceux qui se plaignaient que le corps de l’ordre n’observait pas fidèlemnent la règle de saint François. C’est pourquoi il fit une grande constitution dont voici les principaux chefs. Les frères Mineurs, en vertu de leur profession, ne sont pas tenus, plus que tous les autres Chrétiens, à l'observation de tout l'Évangile ; etle Pape détermine en particulier les paroles de la règle qui ont force de précepte. Les frères Mineurs ne doivent aucunement se mettre en peine des biens temporels que leurs novices ont possédés dans le monde. Ils ne doivent pas porter plusieurs tuniques sans nécessité, et c'est aux supérieurs à déterminer, selon les pays, le bas prix de l'étofie et de la chaussure. Ils sont obligés aux joûnes de l'Église qui ne sont pas exprimés dans la règle. Défense à eux de recevoir de l'argent à la quête ou autrement, d’avoir des troncs dans leurs églises, ni de s'adresser à leurs amis spirituels en matière d’argent, sinon aux cas

1 Wadding, 1310, n. 1-7.

Av. LXVXIE — De 1300

e de Vaison, et inautres ensuite, pour s affaires ne lui peren donna.la com-

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à 1311 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 553

exprimés dans la règle ou dans la déclaration de Nicolas HI, Ils sont incapables de successions. Ils ne doivent-point avoir de revenus annuels, ni paraître avec leurs avocats ou procureurs dans les cours de justice, ni être exécuteurs de testaments. Défense d'avoir des jardins excessifs ou des vignes, des celliers et des greniers pour mettre le produit de leur quête, des églises magnitiques ou curieusement ornées ct des parements précieux. Eufinils sont obligés à se contenter de l'usage pauvre des choses nécessairs, selon qu'il est prescrit par la règle, Cette constitution fut approuvée en consistoire secret le 5me de mai, et publiée le lendemain à la troisième et dernière session, du concile. Après quoi le. Pape exhorta les supérieurs de l’ordre qui se trouaient auprès de lui à faire observér la règle selon cette déclaration, à traiter charitablement les frères qui, deux ans auparavant, avaient été exemptés de leur juridiction, et à les promouvoir aux charges indifféremment cômme les autres. Il enjoignit aussi à ceux-ci, c'està-dire aux spirituels ou observantins, de revenir incessamment à l’obéissance des supérieurs, et de vivre en paix et en union avec lesautres. Mais Ubertin de Casal se mit à genoux devant le Pape, criant et disant qu’il était venu par son ordre en cour de Rome, en quoiil avait beaucoup souffert, et craignait de souffrir encore plus s’il était remis entre les mains des supérieurs. C’est pourquoi il priait le Pape de lui permettre, à lui et aux siens, de vivre séparément hors de leur dépendance, pour pratiquer la règle plus commodément, suivant la déclaration du concile. Le Pape le refusa, ne voulant point de division dans l'ordre; plusieurs obéirent; mais plusieurs se séparèrent en diverses provinces, particulièrement dans la Narbonnaise, où ils prirent tellement le dessus, qu'ils chassèrent les autres de Narbonne et de Béziers, étant soutenus par le peuple, qui les nommait les spirituels. Ainsi la constitution de Clément V ne termina point la division entre les frères Mineurs !. Elle ne cessera que par l'autorisation donnée vers l’an 4370 aux zélateurs de la règle de former une congrégation particulière de l’observance sous saint Bernardin de Sienne. Ubertin de Casal, devenu chef des spirituels ou observantins au temps du concile de Vienne, avait été fort attaché à Pierre-Jean 4'0live. Get attachement fut cause qu'on l’observa de plus près sur ses sentiments. On aperçut dans ses écrits des principes erronés ou du moins tels, que ses disciples en tiraient des erreurs qui ressentaient celles de l’abbé Joachim, renouvelées par Pierre Jean d'Olive; par exemple, celles-ci: L'essence divine engendre et est engendrée. L'âme n’est pas la forme substantielle du corps humain. Ubertin

! Wadding, 1312, n, 8, Clem. De Verb, signif.

554 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVII. — D. 1300

était encore accusé d'avoir dit que Jésus-Christ vivait quand on lui perça le côté, et que les enfants ne reçoivent, par le baptême, que la rémission du péché d’origine, non la grâce et les vertus de ce sacrément. Ces erreurs furent condamnées par le premier capitule du concile général de Vienne.

Ce capitule est une profession de foi qui dit: Le Fils de Dieu existe de toute éternité avec le Père et de la même subsistance que le Père ; il s’est revêtu de toute notre nature, qu’il à prise entièrement, savoir, le corps passible et l'âme raisonnable. Celle-ci est essentiellement la forme du corps humain. Le Fils de Dieu, revêtu de la nature humaine, a voulu opérer le salut de tous les hommes, et pour cela être crucifié, mourir sur la croix et ensuite être percé au côté d’une lance. Tel est le récit. de l'évangéliste saint Jean, où nous déclarons, avec l'approbation du concile, que saint Jean a suivi Parrangement des faits. Pierre. Jean d'Olive passait pour soutenir le contraire, et s'appuyait sur un texte corrigé, qu'il prétendait être de saint Mathieu. Le concile décide qu’on doit regarder comme hérétiques ceux qui soutiendront que l'âme n'est pas essentiellement la forme-du corps humain. Il ajoute, quant à l'effet du baptême pour les enfants, que, comme il y a en théologie deux sentiments sur cet effet, il choisit le plus probable, savoir, que !e baptême confère la grâce etles vertus aux enfants comme aux adultes ; et ce choix est fait, dit le concile, par égard à l’eflicacité de la mort de Jésus-Christ, que le bapième applique également à quiconque le reçoit *.

Ce détail d'erreurs condamnées regarde évidemment la doctrine de Pierre-Jean d'Olive, dont plusieurs frères Mineurs révéraient la mémoire, aussi bien que œux qu’on - ypelait Bégards et Béguines, ou même Fratricelles on Bizoques, déjà proscrits par Boniface VIII. Les premiers se disaient frères Pénitents du tiers-ordre de Saint- François, et les autres suivaient une secte d'apostats de l'ordre même. Tous soutenaient qu'il n’y avait rien que de catholique dans la doctrine de Pierre-Jean d'Olive, qu'ils appelaient par respect saint Pierre non canonisé.

La secte des Bégards et des Béguines est notée et censurée par un décret du concile, où le pape Clément dit : Nous avons su qu’en Allemagne il se trouve une secte d'hommes qu'on appelle Bégards et des femmes nommées Béguines, dont voici les erreurs : L'homme peut dans cette vie s'élever à un degré de perfection qui le rend im- -peccabie, sans qu'il puisse avancer en grâce au delà ; autrement, en avançant toujours , il pourrait devenir plus parfait que Jésus-Christ.

1 Clément, 1. 1, tit. 1, De Trinit., c. 1.

Av. LXXVIL. — D. 1300

ivait quand on lui ir le baptême, que les vertus de ce saremier capitule du

: Le Fils de Dieu me subsistance que u’il à prise entièreable. Celle-ci est es- ; de Dieu, revêtu de ous les hommes, et nsuite être percé au saint Jean, où nous int Jean a suivi larour soutenir le conil prétendait être de rder comme hérétixs essentiellement la fet du baptême pour x sentiments sur cet à baptême confère la iltes ; et ce choix est nort de Jésus-Christ, e le reçoit :.

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à 1311 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 566

L'homme arrivé à ce degré de perfection n’a plus besoin de prières et de jeûnes. La concupiscence est soumise à la raison, de sorte qu'il peut accorder aux sens ce qu'il veut. Ila acquis la vraie liberté, parce qu'il a l'esprit de Dieu. Il n’est plus obligé d’obéir aux hommes, pas même aux commandements de l'Église. On peut dès cette vie jouir de la béatitude, ainsi que dans l’autre. Toute nature intelligente porte en soi son bonheur, de sorte que l'âme peut voir Dieu et jouir de lui sans lumière de gloire. L'exercice des vertus est pour les imparfaits. Le parfait leur dit adieu. Il est dispensé de se lever et de marquer son respect à l'élévation du corps de Notre-Seigneur. Ce serait être imparfait que dé descendre des sublimités de la contemplation pour s'occuper de l'eucharistie, de la passion et de l'humanité de Jésus- Christ. Telles étaient les erreurs que le Pape condamna, de l’aveu du concile, avec ordre aux prélats et aux inquisiteurs de châtier les Bégards et les Béguines qui soutenaient cette pernicieuse doctrine.

Nous ajouterons que, selon les apparences, Marguerite Porrète, dont parle un auteur contemporain sous l’an 1310, était 51 nombre de ces Kéguines hérétiques. Elle avançait dans un ouvrage de sa façon, outre quantité d'erreurs, celle-ci en particulier : « Qu’une âme anéantie dans l’amorw du Créateur peut et doit sans remords accorder à la nature tout ce qu’elle veut. » Elle soutint opiniâtrément celte doctrine, et fut brûlée en Grève à Paris, aussi bien qu’un Juif relaps qui crachait sur les images de la sainte Vierge, et un certain Guiard de Cressonessard, qui se disait l'ange de Philadelphie 1.

Outre ces Béguines- évidemment tachées d'erreurs si criminelles, il se trouvait d’autres femmes dévotes, à qui l'on donnait le même nom de Béguines, dont le concile condamne aussi, par un autre décret, la manière de vivre. Elles se disaient religieuses, mais sans liaison d’obéissance, ni renoncement à leurs biens, ni profession d'aucune règle approuvée, ne s’attachant qu’à certains religieux, selon leur caprice. L'écueil de leur piété était qu’elles faisaient les théologiennes , aimant à disputer sur l'essence divine, sur la Trinité, sur les mystères et les sacrements, à pénétrer enfin dans la profondeur des articles de la foi. Curiosité dangereuse, qui était pour elles une source d'erreurs, comme il est arrivé detout temps dans la naissance et le progrès des hérésies anciennes et modernes. Le concile crut devoir prohiber cette manière de vivre. Il défend à ces dévotes de demeurer dans cet état, ou d'y en associer d’autres, et à tous les religieux de les y maintenir ?.

1 Spond., 1310, n. 6, Continuat. Nangis. — ? Clément, !. 8, tit. 2, De Relig. domib., c. 1.

ne Tue th enr ein lies Me. mimi

556 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXXVIL, — De 1800

Ilexcepte pourtant les femmes qui, touchées de l'esprit de pénitence et d'humilité, veulent pratiquer ces vertus si estimables dans leurs maisons. C'est-à-dire qu'il retranche les abus de la dévotion, dont les principes sont la vanité, l'orgueil, la curiosité ; et les effets, quelques nouveautés de mode et la fureur d'être théologiennes, qui avaient infatué tant de dévotes qu'on appelait Béguines, nom rendu odieux par les deux sortes de femmes que le concile condamne, quoique respecté dès son origine et perpétué jusqu'à nos jours en Belgique, dans celles qui suivaient l'esprit de Lambert le Bègue, leur instituteur, depuis un siècle et demi avant le concile de Vienne. Aussi Jean XXII, successeur de Clément, en abrogeant comme lui les Fratricelles, Béguins et Béguines, déclara-t-il, par une lettre à l'évêque de Strasbourg, qu'il n’entendait point comprendre dans sa bulle les vraies Béguines, qui s'étaient conservées sans tache, et dont l’évêque faisait l'éloge !,

Quant aux Bégards et Béguines dont nous avons exposé les erreurs sur la perfection, l'impeccabilité et le reste, il s'en trouva de cette sorte hors de l'Allemague et même én Italie, comme à Spolète et dans les cantons voisins. Ces misérables portaient leur prétendue liberté de l'esprit divin jusqu’à un libertinage monstrueux, de sorte que Clément V, sept mois avant le concile de Vienne, adressa une bulle, datée du der d'avril 4314, à l'évêque de Crémone, Rainier, pour lui donner ordre d'aller lui-même procéder contre cette secte abominable, sans égard ni au rang ni aux priviléges ; ce qui montre qu'ily avait parmi eux des nobles, des ecclésiastiques et des religieux, que l'évangile éternel des Joachimites et les folies de Doucin de Navarre avaient corrompus ?.

Doucin était le chef d'un reste des faux apostoliques condamnés par le pape Nicolas IV en 1290. Voici quelles étaient ses erreurs. L'Église romaine a perdu depuis longtemps toute l'autorité qu'elle avait reçue depuis Jésus-Christ, et l'Église où sont le Pape, les cardinaux, le clergé et les religieux, est une église réprouvée et sans fruit : c'est la grande prostituée de l'Apocalypse ; la puissance que Jésus-Christ lui avait donnée d'abord a passé à notre église, qui est la congrégation spirituelle de l’ordre des apôtres. C'est ainsi qu'ils se

nommaient., Nous seuls, ajoutaient-ils, sommes dans la perfection où étaient les apôtres et dans la liberté qui vient immédiatement de Jésus-Christ ; c'est pourquoi nous ne sommes tenus d'obéir ni au Pape ni à aucun autre homme, et il ne peut nous excommunier. Tous les hommes, de quelque condition qu'ils soient, peuvent libre-

1 Apud Baluz., t. 2, p. 446. —? Raynald, 1311, n. 66 et seqq.

iv, LXXVIL, = De 800

le l'esprit de pénisi estimables dans bus de la dévotion, iosité ; et les effets, théologiennes, qui guines, nom rendu le condamne, quoinos jours en Belgiert le Bègue, leur ile de Vienne. Aussi comme lui les Fraine lettre à l'évêque lre dans sa bulle les he, et dont l'évêque

ons exposé les ere, il s'en trouva de ie, comme à Spolète nt leur prétendue litrueux, de sorte que >, adressa une bulle, re, Rainier, pour lui tte secte abominable, montre qu'ily avait es religieux, que l’é- 3 Doucin de Navarre

stoliques condamnés étaient ses erreurs.

ute l'autorité qu’elle ont le Pape, les carse reprouvée et sans se ; la puissance que notre église, qui est s, C'est ainsi qu'ils se es dans la perfection nt immédiatement de s tenus d’obéir ni au nous excommunier.

soient, peuvent libre-

et seqq.

à 1311 de l'ère | DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,

ment passer à notre congrégation, religieux ou sé uers, même les personnes mariées, sans le consentement l'un de l’autre, Muis p

son peut quitter notre congrégation pour entrer dans un autre se soumettre à l'obéissance d'aucun homme : ce serait dé. w de la perfection ; et hors de notre congrégation il n'y a point

de salut : aussi tous ceux qui nous persécutent sont en état de dur. nation.

Le Pape

ordre, o

ne peut dor n des péchés s'il n'est saint comme était saint Pierre, vivant dans une entière pauvreté et dans l'humilité, sans faire de guerre ni persécuter personne, mais laissant vivre chacun dar: sa liberté, Aussi tous les Papes et les prélats, depuis saint Silvestse, s'étant écartés de cette prenière sainteté, sont des prévaricateurs et des séducteurs, excepté le pape Célestin, Pierre de Mouron. On ne doit donner les dîimes à aucun prêtre ou prélat s'il n'est dans la pauvreté que gardaient les apôtres ; c'est pourquoi on ne doit les donner qu'à no. Les hommes et les femines peuvent indifféremment habiter enscmibie; car la charité veut que toutes choses soient communes. Il est plus parfait de ne point faire de vœu que d'en faire. On pent aussi bien et mieux prier Pieu dans les bois que dans les églises, et la prière ne vaut pas mieux dans une église onsacrée que dans une écurie ou une étable à pourceaux. On ne doit faire aucun serment, si ce n’est pour conserver la foi, C'est que comme ils défendaient de jurer, même en justice, on lesreconnaissait au refus qu'ils en faisaient. Ils permettaient donc de jurer en ce seul Cas pour tromper les prélats et les inquisiteurs : inais ils ne croyaient pas que ce serment les obligeât à dire la vérité, et ils employuient tous les artifices possibles pour deguiser leur créance, si ce n’est lorsqu'ils ne pouvaient éviter la mort ; car ils disaient qu'en cé cas

il la fallait professer ouvertement, sans toutefois découvrir aucun de leurs confrères.

Doucin, enseignant cette doctrine, attira un grand nombre de sectateurs de l’unet de l'autre sexe, la plupart de basse condition, et on en comptait jusqu'à quatre mille, Doucin ayant été réduit à s'enfuir de Milan, ils demeuraient sur les montagnes et dans les bois comme des bêtes, vivant de e: qu'on leur donnait par aumône ou de ce qu'ils pouvaient prendre, car ils disaient que les bièns étaient com muns. Le pape Clément, en etaut averti, envoya des inquisiteurs de l'ordre dé Saint-Dominique pour ramener ces sectaires, où du moins Sinformer exactement de leur conduite et lui en faire le rapport. En étant instruit, il fit précher la croisade contre eux avec de grandes indulgences ; en sorte que les croisés s'engageaient même par leur ‘œu à servir à leurs dépens. Ainsi les inquisiteurs assemblèrent une

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558 HISTOIRE UNIVERSELLE |Liv. LXXVII. — De 1300 armée, et elle fut conduite par l’évêque de Verceil, Rainier de Advo-

calis, qui tenait ce siège depuis l’an 1303. A guet

11 poursuivit les sectaires pendant le carême de l'année 1308, et les serra de’si près, que plusieurs périront de faim et de froid dans leurs montagnes; : caf il était tombé une grande quantité dé neige. Il en mourut près de quatre cents, en comptant, eux qui. furent tués, et l'on en prit environ cent Cinquante, entre autres Doucin et Marguerite, sa concubine. Ayant été déclarés hérétiques par le jugement de l’Églisé, ils furent livrés à la cour séculière, qui fit exécuter l’un ét l'autre. On punit de même quelques-uns de.leurs complices, à proportion dé leurs crimes 1: On voit que ces hérétiques étaient âu fond é que nous appellerions aujourd’hui des anarchistes, des révolutionnaires, prêchant le renversement de toute autorité civile et religieuse; l'abolition du mariage et de la-prapriété, en un mot la ruine de toute société-humaine. ess

On traita encore d’autres articles dans le concile de Vienne. On

y parle surtout des exemptions des religieux. Avant le concile, le

bruit courait qu'on devait réduire au droit commun'tous les réguliers; de sorte, dit un auteur anglais, sur lequel on ‘ne. peut pas compter. beaucoup ?, que l'ordre de Cîteaux députa au Pape pour le prévenir en sa faveur, et le prévint en effet par ses présents : cé qui fit dire à plusieurs que le Pape n'avait assemblé le concile qu’à dessein de tirer des sommes d'argent. La vérité est:que les évêques paraissaient disposés à la révocation des exemptions. Cela-produisit des cris de part et d'autre, pour et contre les exempts.. Gilles de Colonne, archevêque’ de Bourges, quoiqu'il eût été Augustin, attaqua les réguliers, qui furent défendus par Jacques de Therines, abbé de Chaïlli, cistercien, dans le diocèse de Senlis. L'archevêque, en se déclarant contre les exempts, excepte.les religieux mendiants, et par conséquent les Augustins ; mais, en revañche, il n’épargne pas les religieux rentés,. à qui il attribue, généralement parlant, Voisiveté et la fierté, suite des richesses, aussi bien que le peu de soumission aux évêques, dont ils n’ont pas besoin pour vivre, L'abbé répond en faisant remarquer la partialité de l’archevêque, autrefois Augustin, et alléguant, pour la justification des réguliers rentés, leur pauvreté réelle, qui consistait à ne rien pôsséder en propre et à .vivre dans l’austérité des monastères. Il les justifie aussi de l’oisiveté, eh montrant leur occupation tant du.côté du service divin que de l'étude, et quelquefois même du travail des mains. Mais il ne fait cette justi-

1 Baluz., t. 1, p. 26, 66, 605. Cont. Nangis. Joan. Villani, 1. 8, c. 84. 8. Anton, t. 3, p. 210. Fleury, 1. 91, n.23. — ? Valsingham, an 13141, p. 99.

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