‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme]Chapitre 100 sur 121 · RE EE · texte numérisé non relu

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608 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv LXAXVII. — De 1605 n

son fils Boris, occupé contre les Cosaques. Mais son autre fils Suen- l

topolk fait assassiner, poignarder son frère Boris, son frère Gleb, son n

frère Wenceslas, est battu par son frère laroslaf, se rétablit par L

le secours des Polonais qu'il fait ensuite massacrer, est de nouveau l

: chassé par laroslof t meurt en fuyant. laroslaf eut encore à com- s

4) battre un autre fisre et un neveu, et fit la guerre aux Grecs et aux F

A Polonais. Il acquit une telle puissance et renommée, que sa sœur a

He épousa Casimir roi de Pologne, sa fille aînée le roi de Norwége, la g

ï troisième le roi de Hongrie, et la seconde le roi de France Henri Ier: :

elle se nommait Anne ou Agnès, et nous l'avons vu louer pour sa l

piété par le pape Nicolas IL. laroslaf ayant partagé ses États entre u

ses enfants, son fils aîné et successeur Isiaslaf, nommé Demétrius Î

au baptême, se vit attaqué par ses frères, chassé de Kiow, ensuite le rétabli. C'est lui dont le fils demanda au pape saint Grégoire VII à

tenir le royaume paternel de la part de saint Pierre. Démétrius est à

tué l'an 1078, en allant secourir un de ses frères, Vesevolod, qui al

pourtant avait aidé à le détrôner. Ce prince, plus célèbre par ses U

malheurs que par les actions de son règne, fut doux, courageux, ma- Le

gnanime, toujours clément, quoique grièvement offensé, La bonté à

avec laquelle il traita son peuple, dont il avait été deux fois trahi, à

les secours qu’il donna à son frère, qui avait aidé à le renverser du à

trône, sont plus glorieuses que des conquêtes. Ses sujets, qui l’a- pe

vaient lâchement trahi ou abandonné pendant sa vie, lui donnèrent &Æ

des larmes après sa mort. À sa pompe funèbre, leurs cris interrom- ÆE

paient les chants funéraires 1. Isiaslaf ou Démétrius laissait deux à

fils en âge de régner, Sviatoplk et laropolk : cependant son frère Ve-

sevolod lui succéda sans aucun trouble, sans aucune opposition, à,

sans même aucune rupture avec ses neveux. Ce qui montre qu'ilny à

avait pas encore de règle certaine et inviolable pour la succession au ph

trône. Le pape Urbain Il envoya un ambassadeur à Vesevolod, sans à,

doute pour l’engager à la première croisade, à la défense armée de à,

l'Europe chrétienne contre l'invasion de la barbarie mahométane. & | :

Pour le malheur de la Russie, ses nobles et ses princes ne prirent au- po

cune part à ses glorieuses expéditions, qui ont sauvé la civilisation à,

chrétienne en Europe et dans l'univers entier. C'est un malheur dont .

la Russie se ressent encore. Tel est le jugement d’un prince russe, pa

de l’ancienne noblesse des Varégues, compagnons de Rurik, le pre- Æ';,

mier fondateur de la Russie politique, Ce price disait donc, l'an ;

4839, à un gentilhomme français : niv

« Les Russes n’ont point été formés à cette brillante école del WE,

déf

1 Lévesque, t. i.

(Liv, LXXXVIL. — De 1605

s son autre fils Suenis, son frère Gleb, son oslaf, se rétablit par acrer, est de nouveau af eut encore à comrre aux Grecs et aux ommée, que sa sœur le roi de Norwége, la i de France Henri Ier:

ons vu louer pour sa iwtagé ses États entre f, nommé Demétrius assé de Kiow, ensuite e saint Grégoire VII à Pierre. Démétrius est frères, Vesevolod, qui , plus célèbre par ses doux, courageux, maent offensé. La bonté it été deux fois trahi, aidé à le renverser du s. Ses sujets, qui l’a- | sa vie, lui donnèrent e, leurs cris interrom- :métrius laissait deux pendant son frère Ve- Is aucune opposition, e qui montre qu'il n'y pour la succession au leur à Vesevolod, sans à la défense armée de barbarie mahométane, princes ne prirent auit sauvé la civilisation C'est un malheur dont ent d’un prince russe, nons de Rurik, le preri..ce disait donc, l'an

te brillante école dela

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bonne foi dont l'Europe chevaleresque a su si bien profiter l mot konneur fut longtemps synonyme de fidélité à la ee : la parole d'honneur est encore une chose sacrée, même en France ka x lon à oublié tant de choses! La noble influence des chevaliers és s'est arrêtée en Pologne avec celle du catholicisme. Les Russes ur guerriers ; mais, pour conquérir, ils se battent par obéissance et par avidité ; les chevaliers polonais guerroyaient par pur amour de la gloire : ainsi, quoique dans l’origine ces deux nations, sorties de la ième souche, eussent entre elles de grandes affinités, le résultat de l'histoire, qui est l'éducation des peuples, les a sépsrées si profondénent, qu'il faudra plus de siècles à la politique russe pour les conlondre de nouveau qu'il n’en à fallu à la religion et à la société

ks séparer. .

< Tandis que l'Europe respirait à peine des efforts qu'elle avait hits pendant des siècles pour arracher le tombeau de Jésus-Christ aux mécréants, les Russes payaient tribut aux Mahométans sous Usbeck, et continuaient cependant à recevoir de l'empire grec selon leur première habitude, ses arts, ses mœurs, ses sciences is religion, sa politique, avec ses traditions d’astuce et de fraude et son aversion pour les croisés latins. Si vous réfléchissez à toutes des données religieuses, civiles et politiques, vous ne vous étonnerez plus du peu de fond qu’on peut faire sur la parole d’un Russe (c’est le prince russe qui parle), ni de l'esprit de ruse qui s'accorde avec la fausse culture byzantine, et qui préside même à la vie sociale sous l'empire des czars, heureux successeurs des lieutenants de Bati (Batou).

«Le despotisme complet, tel qu’il règne chez nous, s’est fondé au moment où le servage s’abolissait dans le reste de l'Europe. Depuis l'invasion des Mongois, les Slaves, jusqu'alors l’un des peuples les plus libres du monde, sont devenus esclaves des vainqueurs d'abord et ensuite de leurs propres princes. Le servage s'établit alors chez eux non-seulement comme un fait, mais comme une loi constitulonnelle de la société. Il a dégradé la parole humaine en Russie, au point qu’elle n’y est plus considérée qre comme un piége : notre souvernement vit de mensonge, car la vérité fait peur au tyran mme à l’esclave. Aussi, quelque peu qu’on parle en Russie, \ parle-t-on toujours trop, puisque dans ce pays tout discours est l'expression d’une hypocrisie religieuse ou politique. € L'autocratie, qui n'est qu’une démocratie idolâtre, produit le tivellement chez nous, tout comme la démocratie absolue le produit dans les républiques simples. Nos autocrates ont fait jadis à leurs

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