‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme]Chapitre 99 sur 121 · TA 2 DE · texte numérisé non relu

TA 2 DE

rt

DE

588 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXX VII. — De 1605

cane. 11 mourut à Rome l’an 1661, renommé par une foule incroyable de travaux d’érudition, mais dont il ne publia qu’un petit nombre de sox vivant.

Son neveu, Pierre Lambeck ou Lambécius revint à l'Église catholique par une voie semblable. Né pareillement à Hambourg l'an 1628, il montra de bonne heure une grande inclination et aptitude pour les recherches savantes. Holstein, son oncle maternel, lui écrivit de Rome pour le détourner de fréquenter les universités allemandes, à cause des tavernes et des lieux de débauche qui ruinaient l'esprit et la pudeur, et à cause du pédantisme qui y régnait ; il lui recommanda, au contraire, les académies de Néerlande, de France et d'Italie. Conformément à ce conseil, Lambécius fit ses études en France, visita son oncle à Rome, retourna l’an 1660 à Hambourg, sa ville natale, y accepta le rectorat du gymnase, mais le quitta deux ans après et se déclara catholique à Venise. Il mourut en 4680, bibliothécaire impérial à Vienne, où l’empereur Léopold l'honorait de ses bonnes grâces. Son principal ouvrage sont des commentaires ou mé-

moires sur les manuscrits de la bibliothèque de Vienne, en huit vo- |

lumes in-folio !,

En 1653, se convertit également à Breslau le poëte chansonnier Jean Schefller, connu sous le nom d'Ange de Silésie. I fut médecin du duc de Wurtemberg-Oels, et auteur du Voyageur chérubinique. Il témoigna la sincérité de sa conversion par un grand nombre d'écrits contre le protestantisme, et mourut prêtre l’an 1677, dans le monastère de Saint-Mathias, à Breslau ?.

Une des causes qui contribuaient à ces conversions et à d'autres était le bon exemple de la maison d'Autriche. La piété et les bonnes mœurs y éinient héréditaires. L'empereur Ferdinand HE, dont le fils aîné, Ferdinand IV, élu roi des Romains, était morten 1654, mourut lui-même le 2 avril 1647. Il eut pour successeur son second fils, l’archiduc Léopold, déjà couronné roi de Hongrie et de Bohème, et qui jusqu’à la mort de son frère se destinait à l’état ecclésiastique. Dès sa première enfance, il montrait une piété extraordinaire. Son plus cher, ou plutôt son unique amusement, était de dresser des autels, de célébrer l'office divin, d'orner les saintes images. Lorsque plus tard son gouverneur voulut mettre des bornes à cette iaclination et r’accorder que des demi-heures pour la prière, le jeune archidue ne cessa de faire des instances que quand on lui eut accordé de nouveau des heures entières. Le père était d'avis qu’il fallait laisser Léopold suivre sa voie, et qu'un jour il serait un excellent prince

1 Menzel, t, 8, ce. 1%.- Biogr, univ., t. 23, — ? Ibid,

à 1654 d'Ég gues mor!

de sc ment dix-s et de et so mont Mais poitri femir point Ce cher prote le dos chrét:

dns dans mais catho dynas gieuse calam ruine concil

Laues,

dissid ‘y po hthér ft di, dislas le coll 1ère j

{[Liv. LXXX VII. — De 1605

r une foule incroyable qu’un petit nombre

11650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 589

d'Église. Cependant le prince fut si solidement instruit dans les lan

gues et les sciences par les Jésuites Muller et Neidhart, que quand la mort de son frère aîné changea sa vocation, difficilement ui prince de son siècle le surpassait-il en connaissances; avec cela, un iu ement sensé lui manquait aussi peu qu’un bon cœur. I d'avalt " dix-sept ans à la mort de son père. Malgré les intrigues de la Finés et de la Suède, il fut élu empereur le 17 juillet 1638 1. Son conseil et son principal ministre était son oncle Léopold-Guillaume qui se montra tout ensemble pieux pontife et excellent général d'armée, Mais il mourut en 1662, à l’âge de quarante-neuf ans, d’un nial de poitrine. Les médecins assuraient pouvoir le guérir avec du lait de femme ; mais le prince, qui était d'une pudeur virginale, ne voulut point user de ce remède, même pour sauver sa vie 2,

Ce qui donnait encore lieu à bien des protestants de se rapprocher de l'Église catholique, c'était une nouvelle école de théologie protestante à l’université de Helmstadt. Le chef de cette école était k docteur Georges Calixt : il en:2ignait que les trois confessions chrétiennes, catholiques, luthériens, calvinistes, étaient d'accord dns les vérités nécessaires, et qu’on pouvait se sauver dans l’une ou dans l’autre. Quelques luthériens rigides le combattirent vivement mais son opinion n’en fit que plus de bruit et de prosélytes. Le roi atholique de Pologne, Ladislas IV, chef de la branche atnée de la dynastie suédoise de Wasa, voyait avec douleur les dissidences religeuses des Polonais, car il y prévoyait dès lors le germe d’une grande ulamité pour la Pologne entière : c’est en effet ce qui a causé la nine de la nation et du royaume. Ayant donc appris les opinions

ponciliantes de Calixt, il procura, l’an 1644, de concert avec les évêques, un colloque dans la ville de Thorn, entre les catholiques et les lisidents de Pologne : le colloque ne se tint que l'an 1645. Calixt ‘y posa comme le juste milieu entre les extrêmes ; il mécontenta les hthériens et les catholiques ; mais surtout les premiers. Le colloque it dissous sans autre résultat. Les tristes pressentiments de Lalilas IV se réalisèrent sous ses successeurs. Q' atre-vingts ans après k colloque pacifique, les catholiques de Pologne exercèrent une sétre Justice contre les dissidents de Thorn, pour avoir fait cause tinmune avec l'étranger, les Suédois, contre la patrie. Soixante ans lus tard, la Russie et la Prusse, sous couleur de remettre ces nèmes dissidents en possession de leurs droits, amenèrent le preler partage de ia Pologne 3,

En attendant, l'opinion que Calixt avait soutenue à Thorn : « Tous

vint à l'Église catho- Hambourg l'an 1628, on et aptitude pour aternel, lui écrivit de ersités allemandes, à ji ruinaient l'esprit et égnait ; il lui recomde, de France et d'Ises études en France, à Hambourg, sa ville | is le quitta deux ans arut en 4680, bibliopold l’honorait de ses commentaires Où mée Vienne, en huit vo-

le poëte chansonnier ilésie. Il fut médecin yageur chérubinique.

n grand nombre d'ére l’an 1677, dans le

ersions et à d’autres a piété et les bonnes inand HE, dont le fils norten 1654, mourut seur son second fils, rie et de Bohème, et : l’état ecclésiastique.

extraordinaire. Son ait de dresser des autes images. Lorsque ornes à cette iaclinaa prière, le jeune ar- 1d on lui eut accordé avis qu’il fallait laisser t un excellent prince |

Se it

re

san }

!Menzel, L. 8, c. 18, — ? Ibid, ©. 19, p. 333, — 3 Ibid., t, 8,c. 8,

59) HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVIL. — De 1605

ceux qui confessent les trois articles principaux de la foi chrétienne doivent être tenus pour citoyens du royaume de Dieu et du Christ, et cette confession suflit pour le salut, » celte opinion, quoique combattue par les luthériens rigides, ne laissait pas de faire des progrès et de refroidir le zèle des protestants pour leur église, qu'ils avaient regardée jusqu'alors comme la seule où l'on püt se sauver. Ces dispositions amenèrent plusieurs têtes réfléchies à l'Église catholique. De ce nombre fut le baron Jean-Christian de Boinebourg, né à Eisenach l'an 1622, et qui avait fait ses études à Iéna, Marbourg et Helmstadt. Le landgrave de Hesse l'employa dans diverses négociations, et. il y réussit si bien, que le roi de Suède et le duc de Saxe- Gotha voulurent l'attirer à leur service; mais il embrassa la religion catholique et se rendit à la cour de l'électeur de Mayence, qui l'établit président. de son conseil, Son savant ami, Conring, ayant blâmé de sa conversion, Boinebourg lui répondit entre autres choses : Vous reconnaissez que mon grand-père à eu le droit de sortir de l'Église catholique; eh bien! j'ai le même droit d'y rentrer après de mûre réflexions 1.

Ce retour des protestants à la modération, au calme, et, par suite, vers le catholicisme, fut encore secondé par les écrits du protestant le plus savant de cette époque, Hugues Grotius, né à Delft en Hollande, le dix avril 1583, et mort à Rostock en 1645, après avoir été proscrit deux fois par sa patrie et avoir séjourné longtemps en France. Ses ouvrages théologiques présentent une sorte d'ensemble, mais vague et flottant. La base en est son traité De Ja vérilé de lai religion chrétienne, en six livres, où il établit, principalement par l'érudition et l'autorité : dans le premier livre, l'existence, l'unité et les principaux attributs de Dieu; dans le deuxième, que la vraie religion, c’est la religion chrétienne; dans le troisième, que les livres du nouveau Testament sont authentiques, et par suite ceux de l'ancien; et dans les trois derniers, que la vraie religion n’est ni le paganisme, ni le judaïsme, ni le mahométisme. Cet ouvrage fut reçi avec beaucoup de faveur et traduit en plusieurs langues.

Un savant du quinzième siècle, Raymond S bonde, né à Barcelone et mort à Toulouse en 1432, avait composé un ouvrage du même genre, la Théologie naturelle ou le Livre des créatures Miche de Montaigne, né en 1533 et mort en 1592, le traduisit en français et en prit même la défense dans un chapitre de ses £'ssais : ouvrage comme son auteur, vif, sautillant, divers, libre de pensées et d'ex

pressions, sans plan arrêté, sans objet suivi, où il ne faut pas cher]

1 Menzel, t. 8, c. 17. - Biogr. univ, t. 5.

[Liv LXXXVIT, — De 1605

aux de la foi chrétienne > de Dieu et du Christ, opinion, quoique compas de faire des progrès ur église, qu'ils avaient pût se sauver. Ces dises à l'Église catholique.

e Boinebourg, né à Eies à Iéna, Marbourg et dans diverses négociaiède et le duc de Saxeil embrassa la religion de Mayence, qui l'établit mring, l'ayant blâmé de re autres choses : Vous roit de sortir de l'Église rentrer après de mûres

, au calme, et, par suite, les écrits du protestant otius, né à Delft en Holen 1645, après avoir été séjourné longtemps en nt une sorte d’ensemble, traité De la vérité de la blit, principalement par re, l'existence, l'unité et uxième, que la vraie retroisième, que les livres t par suite ceux de l'anje religion n’est ni le pame. Cet ouvrage fut reçi ars langues.

nd S bonde, né à Barce composé un ouvrage dl ivre des créatures. Miche >, le traduisit en français » de ses L'ssais : ouvrage libre de pensées et d'ex i, où il ne faut pas cher

à 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 94

cher d'ensemble et qu’on ne peut pas juger à la rigueur. Montaigne, dans son voyage d'Italie, laissa un ex-voto d'argent à Notre-Dame de Lorette, baisa dévotement les pieds de Grégoire XII, et en reçut avec reconnaissance le titre de citoyen romain. Lui-même nous apprend qu'étant malade, son premier soin était d'appeler non le médecin, mais son curé, et de s'acquitter de ses devoirs religieux. Quand il sentit sa fin approcher, il pria sa femme d’avertir quelques gentilshommes, ses voisins, afin de prendre congé d'eux. Quand ils furent arrivés, il fit dire la messe dans sa chambre, ét au moment de l'élévation, s'étant soulevé comme il put sur son lit, les mains jointes, il expira dans cet acte de piété, le treize septembre 1592; ce qui fut, dit un auteur du temps, Pasquier, un beau miroir de l’intérieur de son âme 1,

L'ouvrage de Grotius était plus complet que celui de Sebonde, traduit par Montaigne. Cependant il ÿ manquait encore quelque chose. Avec la vérité du christianisme en général, il fallait savoir laquelle des sociétés chrétiennes avait été instituée par le Christ pour propager sa doctrine jusqu’à la fin du monde. Là-dessus Grotius n’a que des idées éparses, mais toujours bien remarquables. Il se convainquit de bonne heure que les dissidences religieuses entre les communions protestantes n'étaient point assez graves pour justifier une séparation éternelle. Plus tard, il acquit la même conviction touchant les rapports des protestants avec l'Église romaine, lorsque, par son séjour en France, il prit de cette Eglise une idée bien diffé-

| rente de celle qu’il avait apportée de Hollande; surtout lorsque,

parmi les Jésuites français, il apprit à connaître des hommes d’une grande science, d’une conduite exemplaire et d’un jugement indépendant. Dès lors sa pensée favorite fut de contribuer à faire disparaître cette division contre nature de la famille chrétienne en deux moitiés hostiles, et d'y ramener l'union par une foi commune, suivant l'intention de son fondateur, Dans cette vue, il réimprima l’ouvrage d’un célèbre théologien catholique du seizième siècle, Georges Cassandre, ayant pour titre : Consultation sur les articles de foi controversés entre les papistes et les protestants : consultation rédigée à la demande de l’empereur Ferdinand I, et dans laquelle Cassandre exposait les points litigieux de la confession d’Augsbourg, et marquait ceux sur lesquels on pouvait parvenir à un accommodement. Grotius y joignit des remarques, où il expose ses propres sentiments ; ces remarques ayant été attaquées par le ministre Rivet, il les défendit par d’autres, et aussi par son Vœu pour la paix de l Eglise. Dans

1 Biogr. untiv., t, 29.

ces divers opuscules, voici comme Grotius s'exprime sur le septième article de la confession d'Augsbourg, concernant le Puntife romaia :

« La confession d'Augsbourg dit fort bien que, pour distinguer l'Église d'avec les assemblées hérétiques, il y a dans l'Église la pure et saine doctrine de l'Évangile, avec l'usage des sacrements ; mais, pour discerner cette même Église d'avec les schismatiques, Cassandre n'ajoute pas moins bien l'unité d’après les paroles du Christ luimême. (Joan., 43, 35.) Cette unité doit être gardée, non-seulement dans l'esprit, mais encore dans la communion des sacrements, autant que possible. Or, cela ne se peut, à moins que le peuple n’obéisse à des préposés ; car l'Église est un certain corps, lié ensemble par certaines jointures. (Éph., 4, 16.) Ces jointures sont, à divers degrés, les évêques, les métropolitain, les patriarches, et, sur tout le corps, celui qui est le prince des patriarches, l'évêque de Rome : et tout cela est conforme au modèle de cette principauté, que, par l'institution du Christ, Pierre a eue sur les apôtres ; car l'unité du Pontife est le meilleur remède contre les schismes, comme le Christ l’a montré et comme l'expérience l’a prouvé. Cette utilité de la principauté dans le Pontife romain a été ingénument reconnue par Mélanchton en bien des endroits; par Jacques, roi d'Angleterre, et par beaucoup de doctes protestants. — Et de ce que cette souveraineté a été placée à Rome, cela vient du consentement de l'Égiise universelle, qui honore la mémoire des deux principaux apôtres, et qui a compris par leur exemple qu'il n'y a pas de lieu plus propre pour propager l'Évangile par toute la terre, ni pour mieux conserver l’unité de l’ensemble !. »

Le docteur Rivet ayant critiqué ces remarques, Grotius répondit en ces termes à la critique : « Come une armée, non plus qu'un navire, ne peut être régie, si ce n’est par une gradation de préposés, se terminant par un seul, de même en est-il de l'Église. Quand même tous ceux qui sont dans l'Église seraient doués de la souveraine dilection, un tel ordre serait encore nécessaire. Dieu n'aime pas à faire toujours des miracles; mais, pour les meilleures choses, il montre

les meilleures voies, tel qu'est pour l'unité de l'Église un ordre certain. Quel dévait être cet ordre, le Christ l’a montré dans Pierre; car il lui a donné les clefs du royaume des cieux pour tout le collége, comme en étant le prince. Or, dans tout collége, c'est au prince à diriger les consultations et à exécuter les décrets. Le passage de Cryprien, dont Rivet cite une parcelle, dit ouvertement ce que nous VOu-

1 Grotii Opera theolog., À. 4, in-fol. Basileæ Annotata in consult. Cassand., art, 7,p. 617.

lons et q ne L et ce que

veau seul

quoi sanc voie

ils l tenu que,

gant

doué comr mont ici Le puis:

M tient

mod instil asset Mala d'au divir C'esl ainsi ala| Et b celui eux, trèsavec c'est soier nous Victc spec l'avis l'évê ville

iv. LXXXVII, — De 1605

ime sur le septième ant le Pontife ro-

ue, pour distinguer lans l'Église la pure sacrements ; Mais, matiques, Cassandre roles du Christ lui- ‘dée, non-seulement s sacrements, autant e peuple n’obéisse à ié ensemble par cer- ,, à divers degrés, les sur tout le corps, ce- Rome : et tout cela que, par l'institution nité du Pontife est le Christ l’a montré et la principauté dans

r Mélanchton en bien #. es : ; tient pas de l'empire romain, mais du Christ, qui en a présenté le

r beaucoup de doctes a été placée à Rome, le, qui honore la ménpris par leur exemypager l'Évangile par de l’ensemble 1, »

es, Grotius répondit mée, non plus qu'un radation de préposés, Église. Quand même s de la souveraine diieu n'aime pas à faire res choses, il montre l'Église un ordre cerntré dans Pierre; car pour tout le collége, ge, c'est au prince à ts. Le passage de Cynent ce que nous vou-

ata in consult. Cassand,,

à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 593

lons : Le Seigneur parle ainsi à Pierre : Je te dis que tu es Pi

el que sur cette pierre j'édifierai mon Église, et les portes de Pme ne la vaincront point. Et je te donnerai Les clefs du royaume des Mes et ce que tu lieras sur la terre sera aussi lié dans Les cieux, et 4 pr que lu délieras sur la terre sera aussi délié dans les cieux Et "+ . se veau, aprés sa résurrection, il lui dit : Pais mes brebis, C'est d. ja seul qu il édifie son Eglise, à lui qu'il confie ses brebis à paître. Et quoique, après sa résurrection, il accorde à tous les apôtres une ” Ê sance égale, et qu'il dise : Comme le Père m'a envoyé, ainsi Je nos 4 wie : recevez le Saint-Esprit; si vous remettez les péchés à quelqu’ ils lui seront remis; si vous Les retenez à quelqu'un, ils lui pe Fe nus : cependant, pour manifester l'unité, il constitue une chaire “hs que, el, par son autorité, il dispose l'origine de celte unité de sant par un seul. Les autres apôtres étaient bien ce qu'était Pi . doués d’une égale participation d'honneur et de puissance : Kg commencement part de l'unité. La primauté est donnée à His ë montrer que l'Eglise du Christ est une, ainsi que La chaire M ici la primauté, nom qui, dans tout collége, emporte ire RAA puissance. Ce merveilleux assemblage qui tient ensemble l'Église, ne

modèle, des apôtres qui l'ont suivi. C'est ainsi que les apôtre institué dans les églises des préposés, souverains ae fs assemblée, que l’Apocalypse appelle anges, à l'exemple du pro hète lalachie. Tel était Polycarpe à Smyrne, tels étaient dut à : d'autres églises d'Asie. Il y avait à Éphèse plusieurs prêtres ; da la divine épitre s'adresse à un seul, comme au prince de De Cest ainsi qu’en Crète, Titus remplit l'office de métropolitain C'est ansi que, sous les plus cruelles persécutions, l’exarque de Cartha e ala première place en Afrique, et une soilicitude conforme à la de Et bien auparavant, sous le nom de patriarches, l’évêque de Rome, celui d’Antioche et d'Alexandrie, par des conseils communiqués cuite eux, gouvernaient le corps de l'Église. Mais entre ces trois Églises tès-éminentes, la plus puissante principauté est à l’Église romaine vec laquelle il est nécessaire que toute église s'accorde, parce ne cest dans cette Église romaine que les fidèles, de quelque pays qu'ils lent, ont toujours conservé la tradition qui vient des apôtres, comme nous l'enseigne saint Irénée (1. 3, ce. 3), lequel Irénée, lorsqu'il avertit Victor du bon usage de la puissance, reconnaît par à même son inspection sur les églises d'Asie. L’évêque de Rome est le prince de laristocratie chrétienne, comme l’a appelé, il n'y a pas longtemps l'évêque de Fossembrone; l'autorité par laquelle les coques de 4 tille éternelle l'emportent sur les autres, écrivait Ammien Marcellin, XXY. 38

594 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVI. — De 1605

auteur païen, en parlant d'une affaire de l’évêque d'Alexandrie (ou plutôt d'Antioche) !.

Dans son Vœu pour la paix ecclésiastique, Grotins revient encore sur ce sujet, et dit : « Que dans l'Église il y ait une gradation de magistratures, et que Îles diverses parties de l'Église soient liées entre elles par cette gradation, saint Paul nous l'enseigne. (Éph., 4, 11.) L'ordre, soit partiel, soit général, est contenu par une certaine principauté, ou l'unité du préposé. Et c’est ce que le Christ nous a enseigné dans Pierre. C'est ce que Cyprien a appris du Christ, et avec Cyprien Jérôme, qui dit contre Jovinien : « L'Eglise est fondée sur Pierre, quoiqu'elle le soit ailleurs sur tous les apôtres, que tous regoivent Les clefs du royaume des cieux, el que la force de l'Eglise soit également consolidée sur eux; cependant un seul est élu entre les douze, afin que l'établissement d'un chef otàt l'occasion des schismes. Tel chef est l'évêque entre les prêtres, le métropolitain entre les évêques, et l'évêque de Rome entre tous. Cet ordre doit toujours demeurer dans l'Église, parce que la cause en subsiste toujours, savoir, le péril du schisme. Diotrèphes s'est arrogé méchamment ce qui appartenait à d’autres, ainsi que plus tard Novat et Novatien. Que de l'épiscopat, qui est un, chacun tienne une partie, qu’à chaque pasteur soit assignée une portion du troupeau, qu’en un certain sens le soin de l'Église universelle soit confié à tous, cela est vrai; car l'Église se régit par le commun conseil des évêques; mais, et la liaison de plusieurs portions entre elles, et l'union de tout le corps, exigent l’unité de chef : en sorte qu'il y a tout ensemble et égalité de puissance, et une certaine puissance hors de ligne, comme parle saint Jérôme ; car ils sont égaux comme collègues, mais non quant au droit de la principauté, »

C'est ainsi que le plus docte protestant du dix-septième siècle s’explique sur la principale controverse entre les protestants et les catholiques, sur la primauté du Pontife romain. Ce n'est pas tout : Grotius a fait des commentaires sur les endroits de l'Écriture où il est parlé de l’antechrist, pour faire voir en détail que cet antechrist ou adversaire n’est pas du tout le Pape, comme Luther et Calvin l'avaient soutenu dans leur emportement. Il dit entre autres : « Ceux qui veulent que le schisme soit perpétuel, qui tremblent au seul mot d'unité de l'Église et de concorde, ceux-là ont intérêt à faire croire

que le Pape est l'antechrist, et qu'il est nécessairement tel jusqu'à l'avénement du Seigneur. S'il n'y avait pas de schisme, beaucoup

1 Grotii Opera theolog., t. 4, in-foi. Basileæ Annotata in consult. Cassañü; art. 1,p. 641. —? Ibid., p. 658.

à {( n'a ils 1 tres de | des mêr sact pou «Q tout à ce pen dan:

j'ai soit célèl cher des «

Ce divet et bi du P oppe rain Suiva princ donn naiss mier pour que | NE mort

roles core 6 de sa peu a

Liv, LXXXVIL. — De 1605 ue d'Alexandrie (ou

otius revient encore ne gradation de maise soient liées entre igne. (Éph., 4, 11.) ar une certaine prinle Christ nous a enis du Christ, et avec Église est fondée sur jôtres, que tous regoi- » de l'Église soit égat élu entre les douze, les schismes. Tel chef entre les évêques, et jours demeurer dans s, savoir, le péril du ce qui appartenait à . Que de l'épiscopat, que pasteur soit assin sens le soin de l'É- ; car l'Église se régit à liaison de plusieurs »s, exigent l'unité de de puissance, et une saint Jérôme ; car ils au droit de la princi-

-septième siècle s’exprotestants et les ca- . Ce n'est pas tout :

its de l'Écriture où il ail que cet antechrist me Luther et Calvin entre autres : « Ceux remblent au seul mot ‘intérêt à faire croire ssairement tel jusqu'à e schisme, beaucoup

ia in consult. Cassand;

M7, p. 475, col. 1. — ? Cité par Menzel, t. 8. p. 295. — 3 Ibid., p. 206,

à 1650 de l'ère chr,| DK L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 595

ha pas de quoi vivre, et comme, sans l'espoir d'un ou: ù S Ï i ns he Le même aux saintes lettres, ils mesurent les au- Grotius s'explique avec la même modération, et toujours en f: de l'Eglise romaine, sur les autres points de controverse : le tot des sacrements, leur opus operatum ou leur divine efficacité té # mêmes, quand on n’y met pas d'obstacle; la tranestibianifutièt Le sacrifice de la messe; la gloire et l’invocation des saints, la rib ‘ pour les morts, le célibat religieux. Il dit du concile de Trent Ÿ « Quiconque en lira les actes avec un esprit pacifique, trouvera “ tout y est exposé avec beaucoup de sagesse, et parfaitement conf ie à ce qu'enseignent l'Écriture et les Pères 2,» Au Rptone ai pensé différemment dans ses premiers écrits, Grotius répond ! “Si, dans ma Jeunesse, où j'avais moins d'intelligence qu’à cette née ; J'ai outrepassé les bornes de la vérité, soit par préjugé de SP soit parce que je m'en rapportais sans preuve à d’autres not célèbres, ne me sera-t-il pas permis pour cela, après de lon date cherches, et après que j'ai renoncé à tout esprit de parti de ire des convictions plus droites 3? » FARIAUR Cette observation de Grotius nous fait comprendre pourquoi divers écrits ne présentent point un ensemble de doctrine bien nié et bien précise. Ainsi, ses belles idées sur la nécessité de la prim té du Pape pour l'unité et l'union de l'Église universelle se Data opposition avec celui de ses ouvrages où il accorde à chaque sou Rain temporel un droit à peu près absolu sur la religion de ses sat: suivant le nouveau principe du protestantisme : que c’est à cha à : prince ou bourgmestre à réglementer la conscience de ses Pr donnés. En outre, sur plus d'un point, il ignorait encore où méconraissait la doctrine de l'Église ; comme quand il suppose que le prenier homme fut créé uniquement pour un bonheur terrestre to pour le bonheur céleste, auquel il pense que l’homme n’a été destiné que par Jésus-Christ, Tout cela explique peut-être aussi pourquoi ï HUILE ne se déclara point formellement catholique avant sa Il écrivait cependant à son frère ces sincères et remarquables patoles : « L'Église romaine n’est pas seulement catholique, mais entore elle préside à l'Eglise catholique, comme il paraît par la lettre îe saint Jérôme au pape Damase. Tout le monde la connait: et un jeu après : Tout ce que reçoit universellement en commun l'église

Î af .. , Groiii Opera theolog., t. 4, in-fol. Basileæ Annotata in consult, Cassand.,

d'Occident, qui est unie à l'Église romaine, je le trouve unanimement enseigné par les Pères grecs et latins, dont peu de gens oseront nier qu'il faille embrasser la communion ; en sorte que, pour établir l'unité de l'Église, le principal est de ne rien changer dans la doctrine reçue, dans les mœurs et dans le régime !, »

Il dit dans une autre lettre à son frère : « Qu'il faut réformer l'Église sans schisme, et que si quelqu'un voulait corriger ce qu’il croirait digne de correction, sans rien changer de l'ancienne doctrine, et sans déroger à la révérence qui est justement due à l'Église roinaine, il trouverait de quoi se défendre devant Dieu et devant des juges équitables. » Enfin Grotius vient à reconnaitre ce qu'il y a de plus essentiel : « Que l'Église de Jésus-Christ consiste dans la succession des évêques par l'imposition des mains, et que cet ordre de la succession doit demeurer jusqu'à la fin des siècles, en vertu de cette promesse de Jésus-Christ : Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde, dans saint Matthieu, 28, 18. Par où, ajoute-t-il, l'on peut entendre, avec saint Cyprien, quel crime c’est dans l'Église de suivre an adultérin (qui ne vienne pas d’une succession légitime), et dereconnaître pour églises celles qui ne peuvent pas rapporter la suite de leurs pasteurs aux apôtres, comme à leurs ordinateurs 2. » Voilà ce que Grotius écrivait en l'an 1643, deux ans avant sa mort : ce qui contient toute la substance de l'Église catholique.

D'autres profitèrent mieux que lui de ses aveux en faveur de l'Église romaine, et s'y réunirent publiquement. De ce nombre furent plusieurs princes d'Allemagne. Des voyages dans les pays catholiques, particulièrement en Italie, devenus bien plus fréquents depuis la conclusion de la paix, leur donnèrent oceasion de connaitre les membres et les institutions de cette Église, et de revenir de bien des pré-

ventions qu’on leur avait inoculées dans leur éducation première. Ce fut le cas du prince Jean-Frédéric de Brunswick, troisième fils du duc George, et l’un des jeunes hommes les plus distingués. L'an 1649, on manda d'Italie à ses frères, les ducs régnants, qu'il avait pris de l'inclination pour l'Église catholique, et qu'il pensait s'y réunir publiquement. Aussitôt on lui envoya le lieutenant-colonel de Goertz, avec Henri-Jules Blume, professeur de Helmstadt, pour le ramener à d’autres sentiments. Mais on n’atteignit point le but : an contraire, le professeur Blume embrassa lui-même le catholicisme à Ratisbonne en 1653, demanda sa démission, entra au service de l'électeur de Mayence, puis de l'empereur, qui l’anoblit et le tit baron. Le duc Jean-Frédéric lui avait déjà donné l'exemple. Dès le 29 décem-

1 Opera, t. 3, append., ep. 611. -? 1bid., ep. 613.

bre app des selle del Père sain gran saier Ilne dans fut r qui « duc | du E Sc arriè ther ile | prier enter et à:

cents Ïois « cons.

autet sur | Dans des li gran les p ans, celle chef Fran ment que | lie, à comn allem natur giens

Liv, LXXX VIE, — De 1605

rouve unanimement de gens oseront nier ue, pour établir l'uger dans la doctrine

il faut réformer l'Ériger ce qu’il croirait nne doctrine, et sans à l'Église roinaine, il vant des juges équi- ‘ily a de plus essenans la succession des rdre de la succession u de cette promesse rs jusqu'à la fin du te-t-il, l'on peut enns l'Église de suivre n légitime), et dereas rapporter la suite rdinateurs ?, » Voilà vant sa mort : ce qui e.

«en faveur de l'Église nombre furent plules pays catholiques, fréquents depuis la le connaître les memenir de bien des préucation première. Ce ck, troisième fils du listingués. L'an 1649, its, qu'il avait pris de Jensait s'y réunir puint-colonel de Goertz, adt, pour le ramener le but : au contraire, olicisme à Ratisbonne rvice de l’électeur de , le”fit baron. Le duc e. Dès le 29 décem-

à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 597

bre 1651, il écrivit de Rome à ses frères, qu'après des examens bien approfondis, de ferventes prières qui lui avaient obteuu des dons et des grâces de l'Esprit-Saint, il était entré au sein de l'Église universelle. Ce qui lui en avait fait naître la première idée, c'était l'union de l'Église catholique, s'accordant avec la doctrine primitive des saints Pères de la sainte Écriture, dans la morale, les coutumes et les saints sacrements, sous un chef visible ; tandis qu'ailleurs règne une grande désunion et tous les jours des divisions nouvelles, d'où naissaient la perdition et la ruine de la chère patrie et nation allemande, llne demandait à ses frères que de pouvoir exercer le culte catholique dans une chapelle particulière du château de Celle : cette grâce lui fut refusée, d'après l'avis des théologiens de Helmstadt, les mêmes qui convenaient qu'on pouvait se sauver dans l'Église romaine, Le duc resta donc à l'étranger jusqu’en 1665, où il hérita d'une partie du Hanovre.

Son exemple fut suivi par le landgrave Ernest de Hesse-Rhinfels, arière-petit-fils du fameux landgrave Philippe de Hesse, à qui Luther permit d’avoir à la fois deux femmes, en récompense de son ile pour la réforme. Ernest, né en 1623, fut obligé par sa mère à prier, à chanter des cantiques et à lire la Bible trois fois le jour ; à entendre deux sermons le dimanche, un le mercredi et le vendredi, et à apprendre par cœur tout le catéchisme de Heidelberg, avec deux cents passages de la Bible. Il assura d'avoir lu la Bible plus de trente iis d’un bout à l’autre. Tous les soirs il examinait sévèrement sa conscience ; il regardait le dimanche comme trop saint pour y lire un aiteur profane ou écrire une lettre ; il ne l'employait qu'à méditer sur les sermons qu'il avait entendus ou à lire des livres édifiants. Dans les voyages et dans les expéditions militaires, toujours il avait des livres sur soi. Leibnitz disait de lui que sa science était aussi grande que la pureté de son âme ; un autre l'appelait le savant d’entre ks princes, et le prince d’entre les savants, Dans la guerre de trente ans, il combattit vaillamment pour la cause protestante, qui était «lle de sa maison. Après la paix, dans un voyage qu'il fit en Autriche pour des affaires de famille, et qu’il continua par l'Italie et la France, il eut des rapports avec de savants catholiques, et fut fortement ébranlé dans ses convictions premières, tant par des entretiens que par la lecture des livres. Après ses voyages en France et en Ita le, il professait l'opinion que, dans ces pays, il règne plus de sens tommun qu’en Allemagne ; que le vice de l'ivrognerie rend les têtes alemandes encore plus pauvres en intelligence qu’elles ne le sont naturellement. Avant d'exécuter sa résolution, il invita trois théologens protestants à conférer en sa présence avec trois Capucins sur

SE

EE

598 HISTOIRE UNIVERSELLE |1iv. LXXXVIL — De 1605 cette question : Jésus-Christ a-t-il donné à l’apôtre Pierre la juridiction sur l'Église universelle ; et le Pontife romain, comme successeur de l’apôtre, a-t-il reçu à ce titre une assistance tellement infaillible, que, quand il prononce ex cathedrä, il ne peut pas errer dans les choses de la foi ? La conférence eut lieu vers la fin de l’année 4654, Le 6 janvier de l’année suivante, le landgrave, avec son épouse, fit sa profession de foi catholique à Cologne, entre les mains de l’arcucvt. que électeur, et reçut la confirmation. Il écrivit au Pape Innocent X: « Après que l’ineffable bonté de la divine Providence m'a conduit, avec mon épouse bien-aimée, des abimes de la prétendue réforme À l'admirable et irréformable lumière de la vérité et de l’unité catholi. que, je ne puis exprimer avec quel zèle, prévenu et assisté de l'Esprit-Saint, j’ai reconnu la dignité du Saint-Siége apostolique, etje méprise maintenant les erreurs dont j'élais préoccupé depuis mon | enfance. Tant que le vicaire de Jésus-Christ me resta caché, je suivais 1es prédicateurs de l'erreur, jusqu’à ce que les vestiges de l’ancien troupeau me manifestèrent le sentier de la paix catholique. L'ayant aperçu, je confessai publiquement la foi dont mes pères se sont écartés, je suis retourné à l'Église qu'ils ont abandonnée, et je me redonne au Seigneur qu'ils ont renié 1. »

Un autre arrière-petit -fils du lendgrave Philippe de Hesse s'était converti dès 1636 : c'était le Jandgrave Frédéric de Hesse-Darmstadt, qui devint cardinal et prince-évêque de Breslau, où il mourut en 1682, après avoir bâti dans la cathédrale de cette villo une chapelle en l'honneur de sa glorieuse bisaïeule, sainte Élisabeth de Thuringe ou de Hongrie.

Cependant ces éclatantes conversions n’eurent pas grande influence sur les populations protestantes, attendu que ces populations n'étaient pas maîtresses de changer de religion suivant leur conscience, mais qu'elles étaient asservies sous ce rapport au caprice de leur prince ou bourgmestre, lesquels étaient fort aises de réunir à la fi la puissance spirituelle et la puissance temporelle, et d'être tout ensemble, chacun chez soi, pape et empereur,

Une femme, une reine protestante, étonna singulièrement ke monde à cette époque en quittant un trône, un royaume, pour # déclarer plus librement catholique. Cette femme était la fille, l'enfant unique du héros des protestants, de Gustave-Adolphe, roi de Suède. Née en 1626, Christine avait six ans, lorsque son père mourtt à la bataille de Lutzen : elle fut aussitôt proclamée reine de Suède, et on lui donna pour tuteurs les cinq principaux dignitaires de lh

t Menzel,t, 8, c. 17.

Æ iv. LXNXVIL — De 1605 l’apôtre Pierre la juridicmain, comme successeur ance tellement infaillible,

peut pas errer dans les rs la fin de l’année 4654, e, avec son épouse, fit sa e les mains de l’arcuevé.

ivit au Pape Innocent X:

Providence m'a conduit, e la prétendue réforme À rité et de l’unité catholirévenu et assisté de l'Es- -Siége apostolique, et je s préoccupé depuis mon | me resta caché, je suivais e les vestiges de l’ancien paix catholique. L'ayant t mes pères se sont écarpandonnée, et je mere-

Philippe de Hesse s'était ‘édéric de Hesse-Darmsle Breslau, où il mourut le de cette vills une chasainte Elisabeth de Thu-

rent pas grande influence ue ces populations ni suivant leur conscience, port au caprice de leur aises de réunir à la fois orelle, et d'être tout entonna singulièrement le e, Un royaume, pour & emme était la fille, l'en- Gustave-Adolphe, roi de lorsque son père mourit oclamée reine de Suède, cipaux dignitaires de là

[il habita le palais de Christine pendant une année.

à 1650 da l’êre chr.]

couronne, parmi lesquels le chancelier Oxenstiern, Son père lui a ait Ne fait donner une éducation mâle et savante ; elie fut continuée sur le 1} même plan : Christine en prit et garda toute sa vie le double caractère. Dans sa tendre enfance, au lieu de s’effrayer de la détonation (1: du canon, elle bat des mains et se montre une véritable enfant de |: pu soldat ; elle monte à cheval avec hardiesse et galope, un seul pied dans l’étrier; à la chasse, elle abat le gibie: du premier coup. Étonnante création de la nature ! dit Ranke. Une jeune fille exempte de toute vanité ! Christine ne cherche pas à cacher qu’elle a une épaule plus haute que l'autre; on lui a dit que sa beauté consiste particulièrement dans sa riche chevelure, elle ne lui donne pas même les soins les plus ordinaires : toutes les petites préoccupations de la vie lui sont étrangères ; jamais elle n’a eu de goût pour les plaisirs de la able, elle ne s’est jamais plainte d’un mets, elle ne boit que de l’eau. Le plus grand plaisir de la jeune fille sont les leçons de ses il maîtres. Elle possédait pour les langues une facilité extraordinaire. D Elle dit dans sa vie écrite par elle-même : « Je savais à l'âge de quatorze ans toutes les langues, toutes les sciences et tous les exercices dont on voulait m'instruire. Mais depuis j'en ai appris bien d'autres sans le secours d'aucun maitre ; et il est certain que je n’en | eus jamais pour apprendre ni l'allemand, ni le français, ni l'italien, ni l'espagnol, » Sa passion pour l'étude croissait avec l’âge. Elle avait l'ambition d'attirer auprès d'elle les hommes célèbres, de profiter de leur instruction. Quelques philosophes et historiens allemands vinrent d'abord ; par exemple, F reinshemius, à la sollicitation duquel elle remit à Ulm, ville natale de ce savant, la plus grande partie des contributions de guerre qui lui avaient été imposées. Des savants néerlandais arrivèrent ensuite ; Isaac Vossius mit en vogue l'étude de la langue grecque ; en peu de temps, Christine devint très-habile dans la lecture des auteurs anciens les plus difficiles et les plus importants : elle se familiarisa même avec les Pères de l’Église, En l'année 1650 parut Saumaise : la reine lui avait fait dire que, s’il ne Venail pas auprès d’elle, elle serait obligée d’aller auprès de lui : Descartes aussi fut enfin déterminé à se rendre auprès d'elle ; il avait l'honneur de la voir tous les matins, à cinq heures, dans sa bibliothèque. Elle étonnait tous ces savants par le prodige de sa mémoire et de Sà pénétration. Son esprit est tout à fait extraordinaire, écrivait Naudé, l’un d'eux, à Gassendi ; elle a tout vu , elle a tout lu, elle sait tout.

Ce qu’elle est pour les sciences, êlle l’est pour son royaume. Dès qu'elle se fut emparée de la direction du gouvernement, en l’an-

600 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXX VII. — De 1605

née 1644, elle se consacre avec une ardeur merveilleuse aux affaires. Jamais elle ne néglige d’assister à une seule séance du sénat : ni la fièvre ni la saignée ne l’en empêchent. Elle prend soin de S'y préparer de son mieux, lisant des pièces de plusieurs pages de longueur et s'en appropriant le contenu , méditant les points litigieux le soir avant de s'endormir, le matin de bonne heure à son réveil. Elle sait poser une question avec une grande habileté, ne laissant pas deviner le côté vers lequel elle penche; après avoir entendu tous les membres, elle exprime aussi son opinion, qui se trouve toujours très-bien motivée, et qui est adoptée le plus souvent. Les vieux sénateurs sont tout étonnés de l'autorité qu’elle exerce. Ell: eut personnellement beaucoup de part à la conclusion de la paix de Westphalie : les officiers de l’armée, son ambassadeur au congrès étaient opposés à cette paix; en Suède aussi, il y avait des gens qui n'approuvaient pas les concessions faites aux catholiques, particulièrement au sujet des États héréditaires d'Autriche ; mais elle ne voulut pas tenter de nouveau les chances de la fortune. Jamais la Suède n'avait été si glorieuse ni si puissante ; elle mit son orgueil à maintenir cette situation, et elle désirait y attacher son nom.

Christine étudiait Tacite et Platon, et comprenait quelquefois même ces auteurs mieux que des philologues de profession. Surtout elle est profondément pénétrée de la haute importance que lui donne sa naissance, de la nécessité de ne laisser empiéter d'aucune manière sur son autorité. Jamais elle n’eût consenti à ce qu’un ambassadeur se miît directement en relation avec ses ministres ; elle ne voulait pas souffrir qu'aucun de ses sujets portât la décoration d'un ordre étranger, qu'un membre de son troupeau, comme elle disait, se laissât marquer par une main étrangère ; elle savait prendre une attitude devant laquelle les généraux qui avaient fait trembler l'Allemagne restaient immobiles et muets : si une nouvelle guerre eût éclaté, elle se serait très-certainement mise à la tête de ses troupes.

Le monde fut donc bien étonné quand, le vingt-quatre juin 4654, cette reine, si mâle et si savante, déposa la couronne de Suède et la remit à son oncle le comte palatin Charles-Gustave. Le monde fut étonné bien plus encore, lorsque, l’année suivante, il vit cette reine du Nord, cette fille unique de Gustave-Adolphe, cette papesse luthérienne de la Scandinavie, professer publiquement la foi catholique-romaine, à Inspruck, dans le Tyrol, entre les mains d'un ancien luthérien de Hambourg, Luc Holsténius, alors prélat romain et envoyé au-devant d'elle par le pape Alexandre VII. Ce qui

(Liv. LXXX VII. — De1605

* merveilleuse aux afseule séance du sénat :

Elle prend soin de s’y lusieurs pages de lonant les points litigieux ne heure à son réveil.

le habileté, ne laissant après avoir entendu >pinion, qui se trouve e le plus souvent. Les é qu’elle exerce. El:

nelusion de la paix de bassadeur au congrès si , il y avait des gens aux catholiques, pard'Autriche ; mais elle de la fortune. Jamais nte ; elle mit son orsirait y attacher son

mprenait quelquefois s de profession. Sure importance que lui er empiéter d'aucune isenti à ce qu’un amses ministres ; elle ne tât la décoration d'un Lu, comme elle disait, le savait prendre une avaient fait trembler une nouvelle guerre nise à la tête de ses

ngt-quatre juin 4654, uronne de Suède et -Gustave. Le monde suivante, il vit cette Adolphe, cette papubliquement la foi ‘ol, entre les mains Isténius, alors prélat \lexandre VII. Ce qui

à 1650 de l'ère chr.| DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 601

n'étonnera pas moins, ce sont les principaux motifs qui la ramenèrent au catholicisme ; ce furent précisément ceux qui en éloignent le vulgaire des protestants : le célibat religieux , l'autorité du Pape.

Elle était âgée de neuf ans, lorsqu'on lui donna pour la première fois une exposition des dogmes de l'Église catholique, et qu'on lui apprit entre autres que dans cette Église le célibat était regardé comme méritoire : « Ah! s’écria-t-elle, que cela est beau ! je veux embrasser cette religion ! » On lui reprocha sévèrement cette pen- Ste; Mais elle y persévéra avec d'autant plus de constance. D'autres impressions semblables vinrent plus tard encore la frapper : « Quand on est catholique, dit-elle, on a la consolation de croire œ que tant de nobles esprits ont cru pendant seize siècles ; on possède la gloire d'appartenir à une religion qui est confirmée par un million de miracles et par des millions de martyrs ; une religion enfin, ajoutait-elle, qui a produit tant de vierges admirables qui si triomphé des faiblesses de leur sexe et se sont consacrées à

ieu. »

La constitution de la Suède repose sur le luthéranisme ; la puis-

| sance, la position politique de ce pays étaient fondées sur cette héré-

sie ; le luthéranisme étant imposé à Christine comme une nécessité elle résolut de secouer ce joug, et s’en sépara spontanément ; elle se sentait irrévocablement attirée vers cette autre religion dont elle n'avait encore qu’une connaissance imparfaite. Ce qui lui paraissait surtout une institution admirablement appropriée à la bonté de Dieu, observe le protestant Ranke 1, c’était l'infaillibilité du Pape ; elle S'abandonnait de jour en jour à cette croyance avec plus de résoltion : on eût dit que par là elle satisfaisait à ce besoin de dévouement qui est dans la nature de la femme ; la foi naissait dans son cœur comme l’amour naît dans un autre cœur, un amour pour un dre inconnu, un amour condamné par le monde et qui veut rester ché, mais qui ne s’enracine que plus profondément ; un amour dans lequel se complaît un cœur de femme, et pour lequel il est décidé à tout sacrifier.

Christine employa, pour se rapprocher de l’Église romaine, une ruse mystérieuse. Le premier à qui elle donna connaissance de ses dispositions fut un Jésuite , Antoine Macédo , confesseur de l’ambassadeur portugais Pinto Pereira. Cet ambassadeur, ne parlant d'autre langue que la portugaise, employait son confesseur comme interprète. Un des grands plaisirs de la reine, c'était de faire tomber la

!Hist, de la Papauté pendant les XVIe et XVII: siècles, t. 4, 1, 8, 8 9.

602 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVIL.— De 1605

conversation avec l'interprète sur des controverses religieuses , dans les audiences qu’elle donnait à l'ambassadeur, pendant que celui-ci croyait qu'elle traitait des affaires d'État, et de confier son plus intime secret à un tiers, à Macédo, en présence d’un autre tiers qui n'y comprenait rien.

Macédo disparut subitement de Stockholm. La reine fit semblant de le faire chercher; mais elle-même l'avait envoyé à Rome pour communiquer directement au général des Jésuites ses intentions, et lui demander quelques membres de son ordre. Ceux-ci arrivèrent à Stockholm au mois de février 4652. Ils se firent présenter comme des gentilshommes italiens en voyage, et furent invités à la table de la reine. Elle devina sur-le-champ qui ils étaient. Lorsqu'ils entrèrent devant elle dans la salle à manger, elle dit tout bas à l'un d'eux : Vous avez peut-être des lettres pour moi? Il répondit oui, sans se détourner. Elie lui recomimanda de ne parler avec personne, et envoya après diner le serviteur en qui elle avait le plus confiance

chercher les lettres; et le lendemain elle fit conduire les Jésuites |

eux-mêmes, sous le plus profond secret, dans le palais. — Ainsi, dans le palais royal de Gustave-Adolphe, des envoyés de Rome se réunirent avec la fille de ce monarque, le plus zélé défenseur du protestantisme, vour traiter avec elle de sa conversion à l'Église catholique !

Les bons Jésuites se proposaient, dans le commencement , de suivre l’ordre du catéchisme ; mais Christine souleva bien des questions préliminaires. Y a-t-il une différence entre le bien et le mal, ou tout dépend-il seulement de l'utilité ou du préjudice qui résultent des œuvres? comment peut-on lever les doutes qui se présentent contre l'existence de Dieu ? l'âme de l'homme est-elle réellement immortelle? — Ces questions ne doivent pas surprendre de la part d’une personne élevée dans le luthéranisme, et qui savait réfléchir. Nous l'avons vu, suivant Luther, c’est Dieu qui est l’auteur de nos péchés : c’est Dicu qui opère en nous le mal comme le bien; il nous punit non-seulement du mal que nous n’avons pu éviter, mais encore du bien que nous faisons de notre mieux. — Certes, il est permis à la raison de douter qu’un pareil dieu existe. La meilleure réponse à ces questions était d'exposer d’abord la foi cathoiique, et d'en faire sentir la différence d'avec l’hérésie. Un esprit pénétrant, comme celui de Christine, tirait les conclusions par luimême.

La reine parla aussi à ces bons Pères des obstacles qu'elle rencon-

trerait pour effectuer sa conversion, dans le cas où elle se décide- :

rait. Ces obstacles parurent quelquefois insurmontables ; et un jour,

(Liv. LXXXVIL. — De 1605

verses religieuses , dans r, pendant que celui-ci de confier son plus ind'un autre tiers qui n'y

1. La reine fit semblant : envoyé à Rome pour suites ses intentions, et e. Ceux-ci arrivèrent À rent présenter comme irent invités à la table étaient. Lorsqu'ils enelle dit tout bas à l’un moi? Il répondit oui, à parler avec personne, avait le plus confiance

it conduire les Jésuites |

ns le palais. — Ainsi, s envoyés de Rome çe plus zélé défenseur du à conversion à l'Église

e commencement, de souleva bien des quesntre le bien et le mal, préjudice qui résultent putes qui se présentent ne est-elle réellement surprendre de la part et qui savait réfléchir, qui est l’auteur de nos nal comme le bien ; il avons pu éviter, mais lieux. — Certes, il est u existe. La meilleure ord la foi cathoïique, résie. Un esprit pénés conclusions par lui-

pstacles qu’elle rencon-

cas où elle se décide- k

nontables ; et un jour,

41650 de l'ère ehrl DE L'ÉGLISE 2ATHOLIQUE, 603

lorsqu'elle revit les Jésuites, elle leur d

éclara qu'ils pouvaient s'en retourner, que sa conversion était inexécutable, qu'il lui serait tou

jours bien difficile de devenir complétement catholique de cœur. Les bons Pères furent Stupéfaits : ils employèrent tous les moyens pour la maintenir dans ses résolutions, ils lui représentèrent Dieu et l'éternité, et déclarèrent que ses doutes étaient une tentation de Satan. Ce qui caractérise très-bien Christine, c’est que, dans ce moment-là même , elle était beaucoup plus déterminée que jamais, — Que diriez-vous , repril-elle subitement, si j'étais plus près de devenir catholique que vous ne le pensez? — Je ne puis décrire le sentiment que nous éprouvâmes, dit le Jésuite auteur de cette relation; nous crûmes que nous ressuscitions d’entre les morts, — La reine demanda si le Pape ne pourrait pas lui donner l'autorisation de communier une fois tous les ans selon le rite luthérien, Nous répondîmes : Non. Alors, dit-elle, il n’y à aucun remède ; il faut abdiquer la couronne 1,

Ayant exécuté cette dernière résolution, comme nous avons vu, elle partit pour l'étranger. Passant à Bruxelles, où elle fit quelque séjour, elle abjura le luthéranisme dans une entrevue secrète avec l'archiduc Léopold, les comtes Fuensaldagne et Montécuculli : puis elle fit profession publique de catholicisme à Inspruck. Appelée à venir recevoir la bénédiction du Pape, elle accourut en Italie, se rendit en pèlerinage à Notre-Dame de Lorette, offrit sa couronne et son sceptre à la sainte Vierge, fut reçue à Rome en triomphe, et se P'osterna aux pieds du pape Alexandre VIT, en assurant qu'elle tenait à plus grand honneur d'obéir au Siége apostolique que d'être assise sur le plus beau trône 2,

Pour faire pénétrer dans la masse de ses populations protestantes la tendance des classes supérieures vers le catholicisme, il aurait fallu à l'Allemagne quelques évêques comme Charles Borromée et François de Sales, quelques prêtres comme Philippe de Néri ct Vincent de Paul. Nous ne connaissons dans l’Allemagne qu’un Pauvre prêtre qui rappelle quelques traits de ces hommes apostoliques.

Barthélemi Holzhauser, né à Langnau, près d'Augsbourg, en 1613, quitta, dès ses jeunes ans, la maison et ia profession de son père, simple cordonnier, chargé de onze enfants, pour suivre son goût qui le portait à l'étude et à la piété, Il allait, dans cette vue, sollicilant des secours sur sa route, en chantant des hymes religieuses. Des

! Relatione di Paolo Casati al Papa Alexandre VII. — 3 Ranke, t. 4, 1. 8, 89. - Menzel, t, 8, C. 17e

601 HISTOIRE, UNIVERSELLE [Liv.LXXXVIT. — De 1605

personnes charitables s’intéressèrent à son sort. Il fut admis, comme enfant de chœur, dans une maison fondée pour les pauvres étudiants, à Neubourg, et y suivit ses humanitëés. Ensuite il oûtint la nourriture au collége des Jésuites, à Ingolstadt, où il fit sa philosophie. Là, au lieu de se distraire comme les autres dans les intervalles de ses études, il aimait à se recueillir, et il lisait l'Zmitation de Jésus-Christ, Un jeune homme riche, son condisciple, s'attacha à lui et l'aida à prendre ses degrés en théologie. Holzhauser avait l'esprit tourné à la contemplation, mais ses dispositions étaient bienfaisantes et ac-

tives : avide d'exercer à son tour : :. ’-rité dont on avait usé envers lui, il cherchait à procurer de. Arces aux élèves studieux

et peu aisés. Ayant reçu le sacerdocs en 4639, il forma le projet de rétablir, pour les prêtres, la vie comme des temps apostoliques. Le but était de former des pasteurs. C'est à Titmoning, près de Salzbourg, que Holzhauser, de concert avec quelques zélés ecclésiastiques, fonda cet utile établissement ; en même temps, il érigea un séminaire dans cette dernière ville, afin de préparer les jeunes élèves à suivre l'esprit de son institution. Les soins auxquels il se livrait pour la diriger et l’étendre, l'exercice des vertus qu'il recommandait et pratiquait le firent charger successivement de diverses cures, à Titmoning même, à Léoggenthal, dans le Tyrol, et à Bing, près de Mayence, où il mourut, en 1658, à l’âge de quarante-cinq ans. Nous ignorons quelles suites ont eues ses œuvres et sesinstitutions, et même si elles ont eu des suites. On a de lui quelques opuscules de piété. On lui attribue un recueil de visions prophétiques, mais qui, n'ayant été publié que près d’un siècle après sa mort, n'offre aucune garantie ni authenticité 1,

1 Biogr. univ., t, 20.

[Liv. LXXXVIL. — De 1605

Il fut admis, comme es pauvres étudiants, il ontint la nourriture \ philosophie. Là, au »s intervalles de ses ation de Jésus-Christ, icha à lui et l’aida à vait l'esprit tourné à t bienfaisantes et acdont on avait usé en-

aux élèves studieux

il forma le projet de nps apostoliques. Le oning, près de Salzques zélés ecclésiasti- 2mps, il érigea un séer les jeunes élèves à quels il se livrait pour r'il recommandait et liverses cures, à Tit-

, et à Bing, près de rante-cinq ans. Nous

institutions, et même

s opuscules de piété,

es, mais qui, n'ayant

offre aucune garantie

à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 605

& Vire,

ÉTAT DE LA RELIGION CATHOLIQUE PARMI LES RUSSES , LES GRECS ET LES AUTRES PEUPLES DU LEVANT. — MORT DE SAINT VINCENT DE PAUL.

Après avoir vu de quelle manière les nations de l'Occident ont repoussé ou accueilli les hérésies révolutionnaires de Luther, de Zwingle, autrement de Calvin, et quelles révolutions elles se sont épargnées où incorporées par cette conduite diverse, il reste à jeter un coup d'œil sur les pauvres églises d'Orient, qui ont accepté plus ou moins le schisme de Photius ou quelque chose de semblable. Toutes à mesure qu’elles se dérobent à la houlette de saint Pierre tombent sous le bâton de l’exacteur ; toutes, comme la servante A éllés engendrent pour la servitude. Ainsi la première d’entre elles l'église russe, où plutôt les évêques et les popes russes, qui devraient former cette église, sont gouvernés par le sabre d’un colonel de cavalerie que l'empereur leur a imposé pour chef, en qualité de son vicaire,

Au quinzième siècle, nous avons vu l'archevêque Isidore de Kiow métropolitain et député de toutes les Russies, assister et souscrire ab concile de Florence, devenir patriarche de Constantinople, et cardinal de la sainte Église romaine. A cette époque, les Russes se divisèrent : ceux de Moscou ou de la Russie supérieure restèrent ou retombèrent généralement dans le schisme; ceux de Kiow ou de la Russie inférieure, qui étaient soumis au roi de Pologne, demeurèrent généralement catholiques, à l'exemple de leur métropolitain Isidore et de ses successeurs. Le premier fut Grégoire IL, son fidèle disciple acré l'an 4442 par le pape Nicolas V, et à qui le pape Pie II accorda, l'an 4458, une tulle qui partage sa métropole en deux, celle de Kiow et celle de Moscou. Grégoire étant mort après un épiscopat de trente ens, il eut pour successeur, en 1474, Misaël, auparavant évêque de Smolensk. L'an 1476, de concert avec les princes et ks seigneurs de Lithuanie, il envoya une ambassade solennelle à Rome. Il y reconnaît, au nom de l’église greco-russe, le pape Sixte IV pour le chef de l’Église universelle, le Vicaire de Jésus-Christ et le successeur de Pierre, et lui expose les principaux articles de Ja

“oyance des Russes, Comme en 1475 on avait célébré le jubilé à

‘660 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVIL. — De 160

Rome, il demande que la même grâce soit accordée à la Russie. Il demande enfin qu'on envoie des légats habiles dans les lois ecclésiastiques, qui, marchant sur les traces du concile de Florence, concilient les différends entre le rite grec et le rite latin dans les provinces de Pologne et de Lithuanie. Beaucoup de grands souscrivirent la lettre, et avant eux le métropolitain Misaël 1,

Même l'an 1472, le grand-duc de Moscou, Jean ou Iwan Basilowitz, envoya une ambassade à Rome, qui assura le Pape que le grand-duc adhérait au concile de Florence, qu'il ne voulait plus admettre de métropolitain consacré par le patriarche de Constantinople, mais qu'il demandait un légat pour corriger ce qui serait à corriger en Russie, Sur quoi le Pape consentit au mariage du grandduc avec Sophie, fille de Thomas Paléologue, prince du Péloponèse, laquelle vivait à Rome des libéralités du Pontife. On ne sait jusqu’à quel point cette réconciliation des Russes de Moscou fut sincère et durable ?,

Quant aux métropolitains de Kiow, ils continuèrent à être certainement catholiques jusqu’en 1520. A Misaël succéda Simon en 1477; à Simon, Jonas Ier en 1482. Jonas fut singulièrement aimé de Casimir, roi de Pologne, qu'il assista dans ses derniers moments : il y en a même qui lui donnent le titre de saint. L'an 4499, l’on ordonna métropolitain de Kiow, Macaire, abbé du monastère de la Sainte- Trinité à Vilna, l’un de ceux qui avaient été envoyés en ambassade à Rome par Misaël. A Macaire succéda Joseph Sultan, issu d’une noble famille de Lithuanie. En 1497, il écrivit une lettre à Niphon, patriarche de Constantinople, sur l'union avec l'Église romaine et sur le concile de Florence : la réponse de Niphon est une preuve qu'ils étaient catholiques l’un et l'autre $.

De 1520 à 1594, parmi les métropolitains de Kiow, il y en eut quelques-uns de certainement schismatiques ; mais on peut douter des autres. Dans cet intervalle, les Russes de Moscou envoyèrent plusieurs ambassades aux Pontifes romains, et ceux-ci firent tous leurs efforts pour réunir les Russes de Moscou à l'Église-Mère : ces ambassades et ces efforts furent saus effet.

La Russie, pays plat, marécageux et froid, était connu des anciens sous le nom de Scythie où pays des Scythes ; c’est le grand chemin par où nous avons vu arriver dans les régions plus tempérées de l'Occident ces grandes émigrations de peuples, parties forcément des plaines de Senaar, les Celtes, Gaulois ou Galates, les Teutons, les

1 Acta SS., t. 2, septembre. Dissertatio de conversione et fide Russorum, S 9 —? Ibid., n. 163. — 3 Ibid., n. 108. ;:

[Liv. LXXXVIT, — De 160

ordée à la Russie, Il dans les lois ecclésias- > de Florence, concitin dans les provinces ands souscrivirent la

Jean ou Iwan Basilossura le Pape que le lil ne voulait plus adiarche de Constantirriger ce qui serait à au mariage du grandrince du Péloponèse, fe. On ne sait jusqu'à Moscou fut sincère et

nuèrent à être certai- :céda Simon en 1477; rement aimé de Casirniers moments : il y an 44992, l’on ordonna nastère de la Saintenvoyés en ambassade h Sultan, issu d’une une lettre à Niphon, : l'Église romaine et iphon est une preuve

le Kiow, il y en eut mais on peut douter > Moscou envoyèrent t ceux-ci firent tous à l'Église-Mère : ces

était connu des anthes ; c’est le grand ions plus tempérées S, parties forcément tes, les Teutons, les

> et fide Russorum, S 9,

à à 1650 de l’êre chr.]

UE L'ÉGLISE GATHOLIQUE. 607

Francs, les Goths, les ‘andales, les Lombards, les Huns, les Normands. Les premiers venus ,'étant acclimatés er Espagne, en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, et ayant formé cette grande république de royaumes que nous appelons chrétienté, les derniers venus, les Slaves, dont les Russes sont une tribu, ont dû s'arrêter au loin, et arrêter à leur tour l'irruption des Mongols ou Tartares, La langue des Slaves, pour les mots primitifs, a beaucoup d’affinité avec là langue primitive des Latins et des Allemands 1, et dénote ainsi une origine commune, la race aventureuse de Japhet.

La Russie, comme État politique ou empire, naquit au neuvième siècle vers le temps de Charles le Chauve. Jusqu'à présent elle a été souvernée par trois dynasties, étrangères d'origine toutes les trois. Son premier fondateur, nommé Rurik, était de la tribu des Varègues : c’est le nom qu’on donnait aux pirates de ia mer Baltique. L'an 862, la république de Novogorod, incommodée par ses voisins, appela des étrangers, Rurik et ses deux frères, pour la défendre. Rurik la défendit de manière à s’en rendre le maître, et fit massarer tous les Russes qu'il crut capables de s'opposer à ses vues, Il mourut en 879, laissant un fils de quatre ans nommé Igor, sous la telle d'Oleg, son parent. Oleg se rendit maitre de Smolensk par la bre, de Kiow par la perfidie etlemeurtre. Ayant attiré les deux princes de Kiow à une conférence amicale, il les massacra et s'empara de leur ville. En 907, il marcha sur Constantinople et força l’empereur Léon, dit le Philosophe, à lui payer tribut. À la mort d'Oleg, arrivée l'an 913, les provinces russes se soulèvent et refusent de payer les inpôts : Igor les soumet l'une après l’autre à des impôts encore plus onéreux. Il est attaqué par les Petchenégues ou Cosaques et s’en fait les alliés. Il marche sur Constantinople, et, malgré des revers, force ls empereurs Romain Lécapène et Constant Porphyrogénète à lui Mayer tribut. IL fut tué l'an 945, en voulant forcer une de ses prolnces à lui payer des impôts encore plus lourds que le précédent, X femme Olga gouverna pendant le bas âge de son fils Wenceslas. Au lvre 71 de cette histoire, nous avons vu les actions de cette princesse, son baptême à Constantinople, la mort de son fils tué au pays des losaques, les guerres civiles de ses trois pelits-fils Oleg, Jaropolk et Vladimir, le règne et la conversion de ce dernier, Vladimir partagea ses États entre quatre ou cinq de ses fils, avec une certaine dépendance envers celui qui lui succéderait dans la principauté de Kiow.

Î mourut en 1015, en marchant contre son fils aîné Jaropolk, prince de Novogorod, et après avoir désigné pour son successeur à Kiow

! Lévesque, Histoire de Russie, t, 1. De la langue des Slaves, Paris, 1782,

re

tr

| {Fi 1h |

re : Ed ln),

re eee

Page 1