XXVII. —De
> Clément Iler au secour mandes qu'or
1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 37
se d'Avila; il entra jeune en religion, et après y avoir passé par usieurs charges, il fut envoyé aux Philippines : on le fit d'abord stode à Manille, puis commissaire. Il se démit quelque temps après e cet emploi, pour vaquer à la contemplation dans la solitude ; hais on l'engagea à le reprendre pour aller l'exercer au Japon. Parmi usieurs choses merveilleuses que l’on rapporte de ce grand relijeux, on assure qu’un jour de la Pentecôte, il guérit une fille japoaise qui était toute couverte de lèpre, et qu'en même temps il parut pmme des langues de feu sur la tête de tous ceux qui étaient prénts à ce miracle, et dont la plupart eurent depuis l'honneur de
spagnol, alla
it chargé; IN Le roi où gui à se réfugk profit de l’e
mappen: 16 Mbonfesser Jésus-Christ, les uns par la perte de leurs biens ou de leur
emisphère fatrie, les autres par celle de leur vie.
textrêmem Le père de l’Ascension était natif, suivant les uns, de Vergara, la moitié
ans la province de Guipuscoa; suivant d’autres, de Varenguéla, en
ilote de quéiscaye. Il savait assez bien la langue du Japon et préchait avec un archie. « Rand zèle et beaucoup de fruit. Le père Blanco était de Monterey, encent par 4h Galice. Ils étaient tous deux fort jeunes, quoique le premier eût ples à embrscigné la théclogie avant de passer au Japon.
sidérables, 046
Philippe de Jésus était né à Mexico, de parents espagnols ; sa conuite, pendant les premières années de sa jeunesse, ne donna pas deu d'espérer qu’un jour il serait saint. Il les passa dans un si grand bertinage, qu'il s’attira la haine de sa famille. Les marques qu’elle hi en donna le firent rentrer en lui-même, il changea de vie et prit habit de Saint-François. Il ne le porta pas longtemps, et rentra dans siècle. Ses parents, pour n'avoir pas devant les yeux un objet qui ur causait tant de chagrins , l'envoyèrent trafiquer en Chine; mais hilippe ne se vit pas plus tôt abandonné à lui-même, dans un pays Lil pouvait avoir tant d'occasions de satisfaire son penchant pour plaisir, que le danger où était son salut l'effraya. Il se rappela en éme temps les grands exemples de vertu dont il avait été si souent témoin dans le cloître ; et tout cela fit une si vive impression sur Dn cœur, qu'il résolut de reprendre le saint habit qu'il avait si 1âhement quitté. Sur ces entrefaites, il fut obligé de se transporter à anille pour quelques affaires qui regardaient apparemment son com-
rétiens et nt
cains. Lesp Paul Miki, ait avec gré , hé l’an aca, lorsq r : il demant ui fut accon it reçu le hs es, où il fai
1ombre de si
êtres, un CRerce, et il ne les eut pas plus tôt terminées, qu’il entra au monasierre Baptlre des Anges, occupé par les Franciscains réformés de Saint-Pierre co. Le cle Alcantara, Cette nouvelle ayant été portée au Mexique, les parents laïques ave Philippe en conçurent une joie extrême, et prièrent instamment
lès Garcia
Commissaire général de cette congrégation, qui se trouvait alors o, dans led
aus la Nouvelle-Espagne, de leur donner la consolation de voir leur æf, puisqu'il était rentré dans la voie de la sainteté, l'unique chose Auils avaient toujours souhaitée pour lui, Philippe reçut donc ordre
RE re eee EST TS
VII. — De 1605 VS 1650 de l'ère c'r.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 39
xique : il se allait faire main basse sur tous les Chrétiens qu'on trouverait dans qué dans un les églises ou avec un missionnaire: et cette nouvelle excita dans ivait au mo- "ous les cœurs des fidèles une joie et un désir du martyre qui causèrent l'admiration des idolâtres.
ientales , d Æ Le premier qui donna ce merveilleux exemple fut un général d’arn. Dans un Æmée, Juste Ucondono, fils de Tacayama. Queloues mois auparavant, iciscains ré- "fil avait vu son illustre père mourir entre ses bras, en louant le Seire, qu'il re: Moneur jusqu'au dernier soupir et le remerciant de ce qu'il l'avait embrassa la jugé digne de mourir confesseur de Jésus-Christ. Ucondono était tant de fer. Michez son ami, le roi de Canga, lorsque, sur la nouvelle de la persér au Japon, Mcution, il vint à Méaco, auprès du père Gnecchi, Jésuite, afin de que ce qu'il mourir avec ce religieux , dont il respectait fort la vertu. Pendant ent édifié en Mfqu'il y était, il y vit arriver dans le même but les deux fils du viceommerçant, roi de Tense, grand maître de la maison de l'empereur. Un seigneur fort riche et fort puissant, mais baptisé depuis peu, 1 diocèse de fit publier dans ses terres qu'il punirait sévèrement quiconque, étant uels il vécut Ænterrogé par ordre de l'empereur si son maître était Chrétien, dis- + ensuite k Æsimulerait la vérité. Un autre, appréhendant qu’on n’osât point venir ne provine Mlchez lui pour se saisir de sa personne, alla sans suite avec son épouse, > années, le père conduisant un petit garçon de aix ans, et la mère portant inente vertu entre ses bras une petite fille qui ne pouvait encore marcher, se préndienne quisésenter à un de ceux qui commandaient à Méaco. Un parent de Taïne fit aute @tosema, à qui ce prince avait donné trois royaumes, alla s’enfermer à malade, el Mavec quelques Jésuites pour ne pas perdre l’occasion de mourir avec e qu’elle en/Mleux. On trouva un jour l'illustre reine de Tango, nommée Grâce au indien avai Maptème, qui travaillait elle-même avec ses filles à se faire des habits se pour être magnifiques, pour paraître avec plus de pompe au jour de leur plaie, et h=lriomphe, ainsi qu’elles s’exprimaient. Partout on ne rencontrait que tat naturel Mens de tous les ordres, uniquement attentifs à ne pas laisser échapntinuelle et per le moment favorable de confesser Jésus-Christ devant les ofi- Liers de l’empereur. Les femmes de qualité se réunissaient dans les és en vertu Maisons où elles croyaient pouvoir être le plus aisément découvertes, andé qu'on, ft il y eut à Méaco une jeune dame qui pria ses amies que, si elles s églises dé Ma voyaient trembler ou reculer, elles la trainassent par force au lieu le ministre Mu supplice. En un mot, les moyens de se procurer l'honneur du primer, &: martyre étaient la grande Occupation des fidèles de tout âge, de tout er son eni- exe et de toute condition.
nt de puni Æ Ongasayara, gentilhomme du Bungo, ayant su qu’on dressait des uvertement Mistes des Chrétiens, dit publiquement qu’on ne pouvait lui disputer rtout qu'on M'honneur d’y être inscrit des premiers. On fit ce qu’il souhaitait, et a! travailla ensuite à procurer à sa famille le ‘bonheur qu'il croyait Pütre assuré à lui-mêrne. Toutefois, pour son vieux père, âgé de
US
TT DE EE ee RIT ET Tue ide Lot ones se lt ere) 2 IRL L LRS
quatre-vingts ans, et qui n'était baptisé que depuis six mois, il crut plus sage de l’engager à se retirer dans quelque maison de campagne, où l’on ne s’aviserait pas de l’aller chercher. Mais, malgré toutes les représe“tations, jamais le vieillard ne voulut entendre parler de retraite ; il voulait absolument mourir pour Dieu, mais mourir les armes à la main, comme il convenait à un vieux militaire. Il entre ainsi plein d'émotion dans l'appartement de sa bru, et la trouve occupée à se faire des habits fort propres ; ii voit en même temps les domestiques , et jusqu'aux enfants, qui s'emv:essaient à préparer, l’un son reliquaire , l’autre so. et, d’autres leur crucifix ; i! demande la cause de tout ce mo. . ini, et on lui répond que l’on se dispose au combat. — Qeiles armes, et quelle espèce de combat? s'écrie-t-il, — Il s'approche de la jeune femme. Que faites-vous là, ma fille, lui demande-t-il ? — J'ajuste ma robe, répond-elle, pour être plus décemment lorsqu'on me mettra en croix : car on assure qu'on y va mettre tous les Chrétiens. Elle dit cela d’un air si doux, si tranquille, si content, qu’elle déconcerta son beau-père. Il demeura quelque temps à la regarder en silence ; puis, comme s’il fût revenu d’une profonde léthargie, il quitta ses armes, tira son chapelet, et le tenant entre les mains : C'en est fait, dit-il, je veux aussi me laisser crucifier avec vous.
Les premiers martyrs de cette persécution furent deux filles esclaves, que leurs maitres égorgèrent en haine du christianisme. L'âge le plus tendre donna des exemples du courage le plus héroïque,
Un enfant de dix ans avait un père, lequel, après avoir lâchement
abjuré sa foi, entreprit d'engager son fils dans l'apostasie. Il y trouva une résistance, à quoi il ne s'était pas attendu; maisil fut encore bien plus surpris lorsque l'enfant, fatigué de ses discours, lui parla en
ces termes : « Un père qui est homme d'honneur ne doit avoir rien 4
plus à cœur que de porter ses enfants à la pratique de la vertu. Il est bien surprenant, mon cher père, qu'après avoir, par une insigne lcheté, renoncé au culte du vrai Dieu, vous preniez à tâche de rendre votre fils complice d’une si grandeinfidélité. Vous devriez bien plutôt songer à rentrer vous-même dans le sein de l'Église qu'à vouloir m'en faire sortir. Mais vous ferez par rapport à vous tout ce qu'il vous plaira : il n’y a point de loi qui ordonne à un enfant d’être l'imitateur de la perfidie de son père, et j'espère que Dieu me fera la grâce de lui être fidèle jusqu'au bout, malgré tous vos efforts. » Cette déclaration irrita extrêmement le père apostat, et dans le premier mouvement de sa colère, il chassa son fils de chez lui. L'enfant sortit fort content, ct, se regardant comme orphelin, sans aucune ressource de la part de ceux qui lui avaient donné le jour, il se jeta entre
40 HISTOIRE UNIVERSELLE {[Liv. LXXXVIL —be 105 À
à 1650 de l’ère
les bras de | “chargé de lui, meté, et une Je monde dan
Toutefois, { Le nombre de cinq religieux tiques ou caté eurs noms, il “des emplettes ‘oflicier qui c me nomme M:
demandez, me mourir pour le porte, pourvu
“suites, un relig
eur nombre à Parmi ces C dont la ferveur sur toute la tro Louis et n’avai et Thomas, et :
“chez les Pères ( a liste. Il n'av:
refusé d'abord
lirois jusqu'au ] fait entrer.
Le troisième vait couper le n humain, leur fi les promena en
contraire : la wi sieurs se conve Dauto, qui port
rent mis avec e:
H.be1605 a 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 41
ois, il crut Piles bras de l'Église, qui lui servit de mère, un missionnaire s'étant campagne, MMchargé de lui. Quantité d’autres enfants firent paraître la même fer-
toutes les rler de remourir les e. Il entre trouve octemps les préparer, rucifix ; i!
id que l’on e combat?
s-vous là, elle, pour on assure ir si doux, l demeura fût revenu elet, et le me laisser
leux filles stianisme, héroïque, lâchement [l'y trouva
1 parla en
rtu. Il est nsigne làde rendre bien pluà vouloir t ce qu'il d'être l'ime fera la ts. » Cette > premier fant sortit cune resjeta entre
Ameté, et une ardeur, pour être inscrits dans les listes, qui jeta tout
Ale monde dans l'admiration.
Toutefois, grâce à divers incidents, ce grand mouvement s'apaisa, Le nombre des prisonniers fut réduit à quinze, puis porté à dix-sept: “cinq religieux de Saint-François et douze laïques, la plupart domestiques ou catéchistes de ces Pères. Comme on appelait ceux-ci par eurs noms, il se trouva qu’un d’eux, nommé Mathias, était allé faire des emplettes pour la maison. Un bon artisan du voisinage entendant l'oflicier qui criait : Où donc est Mathias ? s’approcha et lui dit : Je ie nomme Mathias ; je ne suis point, apparemment, celui que vous emandez, mais je suis Chrétien aussi bien que lui et fort disposé à
mourir pour le Dieu que j'adore. Cela suffit, dit l'officier; peu m’im- “porte, pourvu que ma liste soit remplie. Le martyr Mathias fut donc
ajouté aux seize, comme l'apôtre saint Mathias fut ajouté aux onze,
«Le 31 décembre, on leur adjoignit encore sept autres : les trois Jé- “suites, un religieux de Saint-François et trois séculiers, ce qui portait
Jeur nombre à vingt-quatre.
Parmi ces Chrétiens condamnés à mourir, il y avait trois enfants,
4 {dont la ferveur et la constance étonnèrent les infidèles et attirèrent “sur toute la troupe la compassion de la multitude, L'un se nommait
Louis et n’avait que douze ans; les deux autres avaient nom Antoine et Thomas, et n’en avaient pas plus de quinze : ils servaient à l’autel
chez les Pères de Saint-François et avaient été mis des premiers sur a liste. Il n'avait tenu qu’à eux de n'y être pas; on avait même ncore bien
refusé d’abord d’y mettre le petit Louis; mais il fit tant par ses pleurs
et per ses prières, qu’on lui donna cette satisfaction. Il refusa dans
avoir rien la suite un moyen qu'on lui suggéra de s'évader, et ils soutinrent tous
rois jusqu’au bout de la carrière ce grand courage qui les y avait
“fait entrer.
Le troisième jour de janvier 1597, sur une place de Méaco, on devait couper le nez et les oreilles aux martyrs. Le gouverneur, qui était humain, leur fit seuleinent couper une partie de l'oreille gauche. On les promena ensuite, couverts de leur sang, sur des charrettes, de ville en ville, jusqu’à Nangazaqui, où ils devaient être crucifiés. Le but de cette exposition était d’intimider les Chrétiens; elle fit un effet contraire : la vue des trois enfants toucha même les infidèles, et plusieurs se convertirent, Deux Chrétiens, Pierre Cosaqui et François Dauto, qui portaient toujours des rafraichissements aux martyrs, furent mis avec eux par les gardes, ce qui porta leur nombre à vingt-
six. Leur martyre eut lieu à Nangazaqui, le 5 février 1597 : ils purent
parounas RE Ts AT 5 ii £
42 HISTOIRE UNIVERSELLE {Liv. LXXX VIL. — De 1605 à 1650 de l’èr se confesser encore tous auparavant. Quand on vint leur dire que le ne lui répor commandant les attendait sur la colline où ils devaient consommer ques instant leur sacrifice, ils s'y rendirent aussitôt, suivis d’un peuple infini. Les ciel avec les | Chrétiens qui se trouvaient sur leur passage se prosternaient devant " le père Bapt | eux, et, les yeux baignés de larmes, se recommandaient à leurs " avec uneélo | prières : ils arrivèrent enfin au pied de la colline, et du plus loin # ses bourreau | qu'ils aperçurent leurs croix, ils coururent les embrasser, ce qui ;, exemples ex | causa un nouvel étonnement aux infidèles. 4 moins une m | Les croix du Japon ont vers le bas une pièce de bois en travers, 4 Dès qu'ils | sur laquelle les patients ont les pieds posés, et au milieu une espèce © et quoiqu'ils | de billot sur lequel ils sont assis. On les attache avec des cordes par coups de bâtc les bras, par le milieu du corps, par les cuisses et par les! pieds, qui 4 quelque tem:
| sont un peu écartés. On y ajouta un collier de fer, qui tenait aux | martyrs le cou fort roide. Quand ils sont ainsi liés, on élève la croix eton la place dans son trou. Ensuite le bourreau prend une manière | de lance et en perce de telle manière le crucifié, qu’il la fait entrer par | le côté et sortir par l'épaule; quelquefois cela se fait en même temps | des deux côtés, et si le patient respire encore, on redouble sur-le- | champ, de sorte qu'on ne languit point dans ce supplice. | | |
# tenter leur d la terre était estime pour 1 étaient les vic spectateurs. { n'avait pas v 1 avec tous les 01 croix. La sair 1 ne cessaient 2 nombre de m décerna les he Japon, et, en :
“ faire l'oflice les trois Jésuit "1 de Saint-Fran © Lamêmear 1 se retirèrent e à rut en retourn ©! au su de l'emj 2 1598: Soldat p 4! De son vivar il se faisait ac 0 nouveau Fachi “japonais qui p tout le même e Nabuchodonos justice, ce n'es!
“ditau Christ :
On allait commencer l'exécution, lorsque le Jésuite Jean de Gotto aperçutson père, qui était venu pour lui dire un dernier adieu, « Vous voyez, mon cher père, lui dit le saint novice, qu’il n’y a rien | qu'on ne doive sacrifier pour son salut. — Je le sais, mon fils, répondit le vertueux père, je remercie Dieu de la grâce qu’il vous a faite, et je le prie de tout mon cœur de vous continuer jusqu'au bout ce sentiment si digne de votre état. Soyez persuadé que votre mère et moi sommes très-disposés à imiter votre exemple, et plût au ciel que nous eussions eu l’occasion de vous le donner! » On attacha ensuite le martyr à la croix, au pied de laquelle, dès qu'elle fut dressée, le père eut le courage de se tenir. Il y reçut une partie du sang de son fils sur lui, et ne se retira que quand il l’eut vu expirer, fai- | sant connaître, par la joie qui éclatait sur son visage, qu'il était bien | plus charmé d’avoir un fils martyr que s’il l’eût vu élever à la plus |
brillante fortune.
Presque tous étaient attachés à leurs croix et prêts à être frappés du coup mortel, lorsque le père franciscain Baptiste, qui se trouva placé au milieu de la troupe rangée sur une même ligne, entonna le Cantique de Zacharie, que tous les autres achevèrent avec un courage et une piété quien inspirèrent aux Chrétiens et attendrirent les infidèles. Quand il eut fini, le petit Antoine, qui était à côté du père, l'invita à chanter avec lui le psaume : Laudate, pueri, Dominum. Le Saint religieux, qui était absorbé dans une profonde contemplation,
l'Hist. du Japo
IL. — De 1605 à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 13
lire que le " ne lui répondant :ien, l'enfant le commença seul ; mais ayant, quelonsommer M ques instants apres, reçu le coup de la mort, il alla l'achever dans le
infini. Les PE ciel avec les anges. Le premier qui mourut fut Philippe de Jésus, et nt devant :Æ le père Baptiste fut le dernier, Paul Miki prêcha de dessus sa croix nt à leurs °Æ avec une éloquence toute divine, et finit par une fervente prière pour
plus loin M ses bourreaux : tous firent éclater leur zèle et leur joie, et ces grands
er, ce qui ÿ exemples excitèrent dans le cœur des fidèles qui en furent les témoins une merveilleuse ardeur pour le martyre. n travers, Æ! Dès qu'ils eurent tous expiré, les gardes ne furent plus les maîtres, ine espèce M et quoiqu'ils sé fussent d’abord mis en devoir d’écarter à grands ordes par © coups de bâton la foule du peuple, ils furent contraints de céder pour pieds, qui # quelque temps et de s’éloigner. Ils laissèrent donc les Chrétiens conenait aux À tenter leur dévotion et recueillir tout ce qu’ils purent du sang dont e la croix la terre était teinte : les idolâtres même témoignèrent une grande e manière M estime pour une religion qui inspirait tant de joie à ceux qui en entrer par 4 étaient les victimes, et une si sainte jalousie à ceux qui en étaient les
me temps spectateurs. Sur le soir, l'évêque du Japon, à qui le commandant le sur-le-
1 avec tous les Jésuites de Nangazaqui sé prosterner au pied de leurs
Jean de 1 croix. La sainte colline devint un lieu de pèlerinage, où les Chrétiens iier adieu, 4 ne cessaient d’afiluer de toutes les provinces. Il s’opéra un grand n'ya rien © nombre de miracles, qui furent constatés juridiquement. Urbain VIII n fils, ré- © décerna les honneurs des saints martyrs à ces vingt-six Chrétiens du ’il vous à à: Japon, et, en attendant une canonisatior plus solennelle, permit d’en u'au bout : # faire l'oftice dans toutes les églises de la compagnie de Jésus pour otre mère M les trois Jésuites, et pour les vingt-trois autres dans celles de l'ordre üt au ciel # de Saint-François, parce que les séculiers étaient du tiers-ordre 1. tacha en- M La même année Taïcosama proscrivit les missionnaires : plusieurs
fut dres- | # se retirèrent effectivement, entre autres l’évêque du Japon, qui moue du sang A ruten retournant aux Indes : plusieurs demeurèrent, même un peu
pirer, fai-
au su de l'empereur, qui tomba malade et mourut l’année suivante était bien
1298. Soldat parvenu à l'empire, il se croyait parvenu à la divinité.
à la plus Æ De son vivant, il se fit bâtir des temples, un principal à Méaco, où (il se faisait adorer sous le nom de Xin-Fachiman, qui veut dire e frappés nouveau Fachiman; c’est le nom que l’on donne à un cami ou dieu
se trouva
japonais qui passe pour le dieu de la guerre. On le voit, c’est parntonna le
tout le même esprit, la même politique ; la politique de Nemrod, de
> UN COU- Nabuchodonosor, de Caligula, de Néron : la divinité, la religion, la [rirent les justice, ce n’est que la force. On dit au christianisme, comme on a du père, Mditau Christ : Je vous donnerai tout cela, si vous vous prosternez inum. Le
nplation, ‘ist. du Japon, t. 4,1 10.
| n'avait pas voulu permettre d'assister les martyrs à la mort, vint
devant moi et m’adorez, et parce que le christianisme ne veut pas se prosterner, non plus que le Christ, on le persécute, on le crucifie, au Japon comme ailleurs, ailleurs comme au Japon. De là cette opposition incessante qu'il rencontre partout.
Le prétendu ?" u Taïcosama laissait un fils âgé de six ans, nommé Fide Jory : il lui donna pour tuteur Gixasu, nommé Daï-su-Sama ou grand-gouverneur, et dont il lui fit épouser la fille, âgée de deux ans. En quoi le prétendu dieu ne montra guère de prévoyance, car la principale sollicitude de Daï-su-Sama fut à dépouiller son pupille et son gendre, pour se mettre à sa place. De là des guerres civiles qui se terminèrent en 1615 par une sanglante bataille à Ozaca, après laquelle on n’entendit plus parler de Fide Jory, et Daï-su-Sama mourut l'année suivante, laissant l'empire à son fils Fide Tadda, qui en fit un dieu suivant ses ordres.
Dans cette période de dix-sept ans, il y eut des persécutions contre les Chrétiens en plusieurs provinces, et les choses se disposaient à une persécution générale. L'empereur du Japon y était excité par de nouveaux venus. Les protestants de Hollande et d'Angleterre, qui avaient renié chez eux la foi de leurs pères pour s'emparer du bien des églises, continuaient leur négoce de Judas par tout le monde. Afin de supplanter mieux les Portugais et les Espagnols catholiques dans leur commerce avec les Japonais, ils pousseront ceux-ci à déclarer une guerre d’extermination à tous les Chrétiens de leur empire. Faudra-t-il, pour gagner quelques pièces d'argent, marcher sur la croix ? eux qui se font gloire de la fouler aux pieds chez eux, n’auront garde de s’en faire scrupule à l'extrémité de l'Orient. Pour les Chrétiens, c’est une marque d'apostasie ; pour les protestants, c’est une profession de leur culte.
En 1599, le roi de Firango commença la persécution dans son royaume : son fils, chargé de l'exécution, trouva la première victime dans sa vertueuse épouse : elle était fille de Sumitanda, le premier des princes du Japon, qui avait embrassé le christianisme, pour lequel il avait souvent risqué sa vie et ses États, le prince d'Omura, que nous avons vu envoyer une ambassade au Pape. Sa fille représenta donc à son époux qu’elle ne pouvait dégénérer de son père, et qu'elle aimerait mieux mendier son pain que de voir tous les jours sa foi exposée à de nouvelles attaques. Elle se retira effectivement chez le prince d'Omura, son frère. Mais son époux, qui l’aimait éperdument, n'eut pas plus tôt connu sa retraite, qu’il courut la chercher, lui protestant avec serment que de sa vie il ne l’inquiétereit sur la religion. Parmi le reste du peuple, six princes avec leurs familles entières el six cents Chrétiens partirent volontairement pour l'exil,
HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXAX VII, — De 1605
à 1650 de |
contre | L'apoti une pom!} ples et au faire conc tant d'infi dix mille roi de Fi tant cont Nobununsg succès da!
Le roi s Daï-su-Sa donné à 1 connaître deux princ Taquenda parmi les moins que sion aux :
femmes de les premiè embrassée les deux CI Cunamoto.
fussent mis Minami :
qu'on le lu vant chez le efforts pou affligea sen le repas, l'e tion, signé l'orage, aj lui répondi sa fidélité à sa vie mêm Dieu, qu’il gardait con dre son san qu'il insiste où il lui fit
li, — De 1605
veut pas se sr'ucifie, au cette oppo-
ns, nommé u-Sama ou e deux ans.
nce, car la 1 pupille et civiles qui 1, après laama mou- Ida, qui en
itions consposaient à excité par leterre, qui “er du bien le monde.
atholiques ix-ci à dée leur emarcher sur eux, n’aut. Pour les tants, c’est
| dans son re victime le premier >, pour led'Omura, fille repréon père, et es jours sa ment chez it éperduchercher, reit sur la rs familles our l'exil,
Le
contre l'attente du roi, qui s’apaisa peu à peu et les fit revenir.
L’apothéose de Taïcosama, qui fut célébrée vers ce temps avec une pompe extraordinaire, ne ecntribua pas peu à inspirer aux peuples et aux grands un retour d'estime pour le christianisme, et à leur faire concevoir du mépris pour les sectes du Japon. Aussi y eut-il tant d'infidèles qui se convertirent alors, qu'on en compta soixantedix mille cette année 1599, et vingt-cinq mille dans les seuls États du roi de Fingo. Ce prince, qui se nommait Augustin, y avait bien autant contribué que les missionnaires. Le roi de Mino, petit-fils de Nobununga, ne travaillait ni avec moins de zèle ni avec moins de succès dans son royaume,
Le roi si chrétien de Fingo ayant péri dans une guerre civile entre Daï-su-Sama et les autres régents de l'empire, son royaume fut donné à un roi idolâtre, qui voulut obliger tous les Chrétiens à reconnaître les mêmes idoles que lui. Sur leur refus, il commença par deux principaux : l’un se nommait Jean Minami, et l’autre Simon Taquenda. Il n’est ien dont les amis que ces deux Chrétiens avaient parmi les idolâtres ne s’avisassent pour les engager à donner au moins quelque légère marque, quelque signe équivoque de soumission aux volontés du roi. Ce qui les choquait le plus, c'est que les femmes de ces deux gentilshommes et la mère de Taquenda étaient les premières à les exhorter à se tenir fermes dans la foi qu'ils avaient embrassée. Ils en informèrent le roi, qui ordonna sur-le-champ que les deux Chrétiens fussent conduits à une bourgade voisine, nommée Cunamoto, pour y avoir la tête tranchée, et que les trois femmes fussent mises en croix.
Minami n’eut pas plus tôt vent de cet ordre, que, sans attendre qu'on le lui signifiât, il partit pour Cunamoto. Il alla droit en arrivant chez le gouverneur, qui était son ami » et qui fit encore bien des efforts pour ébranler sa constance: mais ils furent inutiles : ce qui afigea sensiblement cet officier. Il invita son ami à diner, et, après le repas, l'ayant tiré à quartier, illui montra l'arrêt de sa condamnation, signé de la main du roi même. Vous pouvez encore conjurer l'orage, ajouta-t-il, mais il n’y à pas un moment à perdre. Minami lui répondit qu'il aurait bien souhaité que le roi, son seigneur, mit sa fidélité à une autre épreuve, qu’il était prêt à sacrifier ses biens et sa vie même pour son service ; mais que son premier maître était Dieu, qu’il lui devait l'obéissance préférablement à tous, et qu’il regardait comme le plus grand bonheur qui lui pût arriver, de répandre son sang pour la confession de son nom. Le gouverneur comprit qu'il insisterait en vain ; il fit conduire son ami dans une chambre, où il lui fit couper la tête, Ce généreux Chrétien mourut le 8me de
à 1650 de l’ère chr.]
décembre 1602, n'étant que dans sa trente-cinquième année,
Le même jour, le gouverneur partit pour Jateuxiro, après avoir !
fait savoir à Taquenda qu'il allait le trouver, et qu'il serait bien aise d'avoir avec lui un éntretien en présence de sa mère et de sa femme, Il se rendit en effet chez lui, et dès qu'il l’aperçut, les larmes lui vin. rent aux yeux. Taquenda, attendri, ne put retenir les siennes, et ils demeurèrent quelque temps sans pouvoir se parler. La mère de Taquenda, qui avait reçu au baptême le nom de Jeanne, étant survenue : — Madame, lui dit le gouverneur, je dois aller incessamment trouver le roi, et lui rendre compte de la disposition où j'aurai laissé votre fils ; je compte assez sur votre prudence pour me tenir assuré que vous lui donnerez les avis salutaires dont il a besoin, et que vous viendrez à bout de vaincre son obstination à persister dans des sentiments que le prince réprouve. — Je n'ai rien autre chose à dire à mon fils, reprit la vertueuse dame, sinon qu'on ne peut acheter trop cher un bonheur éternel. — Mais, repartit le gouverneur, s’il n’obéit au roi, vous aurez le chagrin de lui voir trancher la tête. — Plûüt au Dieu que j'adore, répliqua la mère, que je mêle mon sang avec le sien ! Si vous voulez vous employer pour me procurer cet avantage, vous me rendrez le plus grand service que je puisse recevoir du meilleur de mes amis.
Le gouverneur, fort surpris de cette réponse, s’imagina qu’il viendrait plus aisément à bout de réduire son ami s’il le séparait d'avec cette femme ; il le fit conduire chez un païen, où on lui livra les plus violents combats, mais ce fut inutilement. Enfin le gouverneur lui envoya sur le soir un de ses parents, pour lui signifier l'arrêt de sa mort, et pour en être lui-même l’exécateur. Taquenda reçut la sentence en homme qui l’attendait avec la plus vive impatience : il se retira un moment pour prier ; il passa ensuite dans l’appartement de sa mère, puis dans celui de sa femme , qui avait nom Agnès, pour leur faire part de l’heureuse nouvelle qu'il venait de recevoir. Ces deux héroïnes, qui étaient au lit, se levèrent sur l'heure, et, sans qu'il parût sur leur visage la moindre émotion, se mirent à préparer elles: mêmes toutes choses pour l’exécution dont elles devaient être témoins, suivant l'arrêt. Taquenda, de son côté, mettait ordre à ses al: faires domestiques avec la même tranquillité; et ce dont on se serai
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