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à 1650 de l’ère
rence. Ce pré déclare qu'il de Notre-Seis leine, l'aman de Provence; bienheureuse martyre du fe consumée pa ayant mis su âme à Dieu 1 béatification L'évêque d de l’année 16 point de clers d’une persécu lui donna bie qui ne dépas:
Japon. A lan rent en désac Jésuites se po apostolique ; :
à métropolitain
de son côté; | tres, finit par blia un manc ce que l’arch provincial des trateurs de l’é cant: cette se par Urbain V] puis soixante
créer un clerg ans de prospé sept prêtres se torité en cas d rendu coupab] Cette négliger ment les insin:
que les missio
1 Hist. du Jap
VII, — De 160$ | es douleurs, # s à consom-M tré jusque-
> tomba elle. M
ie en même *
> martyr, li de son côté ls debout, et, M le vie et dei vers le ciel M
ne profonde M
sque tout i 4 , les portait M ue, sentani vant, de son A mais à me se ranimer A lu Seigneur 4 colonne, M qu’elle ei
qu’on aval s Chrétiens A ‘ent trouvé LA ons sur les A nes où elles ine fut d'a aient assisté furent mi en dedans, e du Japon de témoins 1ouveau le s prescrite ines étaient e fit rendre. A . Il envoyi!
même aval
n de saint A tes de Flo:
à 1650 de l’ère chr.] DE L'EGLISE CATHOLIQUE. 57
rence. Ce présent était accompagné d'un bref, dans lequel le Pontife déclare qu'il a mis au haut de la croix une parcelle de la vraie croix de Notre-Seigneur ; au bras droit, des reliques de sainte Marie-Madeleine, l'amante de Jésus-Christ, lesquelles lui avaient été envoyées de Provence; et au bras gauche, « un ossement de la main de la bieuheureuse Marie-Madeleine, vierge japonaise, qui a souffert le martyre du feu pour la foi de Jésus-Christ, et qui, tandis qu’elle était consumée par les flammes, ayant pris des charbons ardents et les ayant mis sur sa tête, les yeux élevés vers le ciel, rendit ainsi son âme à Dieu 1, » Dans ces paroles d'Urbain VII, il y a une espèce de
} béatification de la vierge japonaise.
L'évêque du Japon, Louis Serqueyra, mourut au commencement de l’année 1614. Comme il n’avait point de coadjuteur sur les lieux, point de clergé indigène fortement organisé, et qu'on était à la veille d’une persécution générale, sa mort fut "n grand malheur. Le Pape lui donna bien pour successeur un autre Jésuite, Diégo Valens, mais qui ne dépassa point Macao, et ne put jamais visiter son église du Japon. A la mort de son prédécesseur, les missionnaires se trouvèrent en désaccord sur la juridiction ecclésiastique. Le provincial des Jésuites se porta pour administrateur de l’évêché, en vertu d’un bref apostolique ; le supérieur des Franciscains envoyés au Japon par le
4 métropolitain, l'archevêque de Manille, se prétendit administrateur
de son côté ; le clergé séculier, qui n’était composé que de sept prétres, finit par se déclarer pour le supérieur des Franciscains, et publia un mandement en conséquence 2. Cette division dura jusqu’à ce que l'archevêque de C5a, en sa qualité de primat, eût déclaré le provincial des Jésuites et ses successeurs à l’avenir seuls administrateurs de l’évêché du Japon, toutes les fois que le siége serait vacant : cette sentence fut confirmée en 1618 par Paul V, et en 1632 par Urbain VIIT. Un remède plus simp'e et plus radical eût été, depuis soixante ans de christianisme, d’exécuter franchement les ordres du Siége apostolique, de fonder au Japon de vrais séminaires, d'y créer un clergé indigène, canoniquement organisé. Qu'après soixante ans de prospérité religieuse, le clergé indigène du Japon : . borne à
sept prêtres séculiers, sans aucun titre ecclésiastique pour faire autorité en cas de besoin, c’est là une faute énorme. Quiconque s’en est rendu coupable, peut s’attribuer la ruine du christianisme au Japon. Cette négligence à former un clergé indigène accrédita singulière ment les insinuations des marchands hollandais auprès du cubosama, que les missionnaires étrangers n'étaient que des émissaires du roi
1 Hist. du Japon, t, 4, p. 334, —? Ibid., 1. 13, p. 314
58 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXXX VII, — De 160 d'Espagne, pour lui préparer la conquête du Japon, comme de tant $
d'autres pays.
Le cubosama publia donc, en 1614, un édit qui bannissait tous 1 les missionnaires, prescrivait la démolition de toutes les églises, or. M
donnait à tous les Japonais qui avaient embrassé le christianisme d'y
renoncer sous peine de mort. Un grand nombre des plus considé. des rables familles Chrétiennes de Méaco, de Sacai et d'Ozaca sont exi. "Me prince Thc lées dans le nord du Japon, avec soixante-treize seigneurs ou gentils. M Huantité d'aut ans l'empire Honner de l'o Œouverneur d
hommes, parmi lesquels on trouve un frère du martyr Paul Miki et un roi d’Ava, Dans la suite, le nombre des bannis augmenta considérablement, et tout un canton, nommé Tsugaru, jusqu'alors entiè. rement désert, en fut peuplé. On y voyait des personnes du plus haut rang habiter dans les cabanes qu’elles étaient obligées de se bâtir
elles-mêmes, défricher à force de bras un terrain stérile, et n'avoir M
our soutenir une vie languissante que ce qu’une terre in rate, cul- ?
tivée par des mains peu accoutumées à ce pénible travail, pouvait "KL Peigneur, nou otre sang po itôt, et je m uclque part à ation de marc loire de l'Égli eur sang. Pri Aout bien de n eût cru que n es martyrs à.
ous, dussion:
4 ette seule per erser des larn "à mon égard. :
leur fournir, Tsugaru devint une autre Thébaïde, mais habitée par des confesseurs, dont plusieurs versèrent leur sang pour la foi. Elle se peuplait de jour en jour de Chrétiens de tout âge et de tout sexe, qu'on y envoyait de toutes les provinces de l'empire ; et leur ferveur croissait avec leur nombre. Ils étaient presque nus, et seraient bientôt morts de froid, de faim et des autres misères qu'ils enduraient, sans les secours que leurs frères du Japon avaient soin de leur faire tenir de temps en temps. Les missionnaires, notamment les Jésuites Jé. rôme de Angelis, Diégo Carvailho et Jacques Yuki, qui ont été tous trois martyrs, les secouraient spirituellement avec des dangers et des fatigues extrêmes, mais dont ils se croyaient bien dédommagés par la consolation qu'ils ressentaient à la vue de ces véritables Chrétiens, dont la patience et la sainteté faisaient l'admiration des infidèles mêmes et le plus bel ornement de cette église. Tout 1» temps que leur laissait libre la nécessité où ils étaient de pourvoir par eux-mêmes à leur subsistance, ils le donnaient à la prière, et ils ajoutaient des jeûnes très-rigoureux et de rudes pénitences aux incommodités d'une vie si pénible d'elle-même. On voyait des personnes élevées dans l'opulence, des femmes délicatement nourvies, des enfants et des vieillards caducs, à qui la feveur inspirait une force que le plus bel âge ne donne pas toujours ; «es courtisans et des guerriers, qui n'avaient conservé de leur premier état que la noblesse des sentiments, qu’ils savaient parfaitement allier avec l'humilité et l’abnégation que prescrit l'Évangile, tous occupés sans relâche ou à bénir et remercier le Seigneur de leur avoir fait part de sa croix, ou à fertiliser par un travail opiniâtre une terre sauvage et stérile, plutôt pour avoir de
1650 de l'ère
uoi prolonge onserver la x
La même a église du Ja} a plus haute ueux Tacaya
quinda, un
uite embarqu On connaît e saint roi de La persécuti
Deux lettes
où que le fils
1es très-chers
Æulion avait fai
ombre me co ‘ils ont le bon erseraient pou
!Hist, du Jap
VII. — De 1605 M 1650 de l'ère chr.] DE L'EGLISE CATHOLIQUE. £9 quoi prolonger leurs souffrances que pour se procurer de quoi se onserver la vie !,
La même année 1614 parut un autre édit du cubosama, qui priva ‘église du Japon de presque tout ce qui lui restait de personnes de a plus haute noblesse, Il portait que Juste Ucundono, fils du verueux Tacayama, ainsi que l'ancien roi de T amba, Jean Naytadono, ca sont exi. 8e prince Thomas, son fils, la princesse Julie, sa sœur, Thomas ou gentils. M quinda, un des plus grands seigneurs du royaume de Buygen, et ’aul Miki et euantité d'autres personnes qualifiées, en un mot tout ce qu'il y avait enta consi. "flans l'empire de Chrétiens qui fissent quelque figure ou pussent alors entiè. "Monner de l'ombrage, seraient conduits à Méaco, et livrés par le nes du plus "MBouverneur de cette capitale à celui de Nangazaqui, pour être ende se bâtir "uite embarqués et transportés hors des terres du Japon.
, et n'avoir On connaît les dispositions de ces confesseurs de la foi par ce que ngrate, cul. Me saint roi de Tamba écrivit à un père de la compagnie de Jésus. ail, pouvait La persécution va toujours croissant, et, par la miséricorde du habitée par MPelëneur, nous sommes en fort grand nombre disposés à donner tout la foi. Elle "otre sang pour la cause de Dieu. Je crois que ceci ne finira pas e tout sexe, MBitÔt, et je me flatte que le divin Sauveur veut que nous ayons eur ferveur “uelque part à ses souffrances. Si cela arrive, nous aurons la coñsoient bienttt tion de marcher sur les pas de ces anciens martyrs qui ont fait la raient, sans loire de l’Église dans ses plus beaux jours, et qui l’ont cimentée de
faire tenir “Meur sang. Priez pour nous, mon cher père, et conjurez l’auteur de
ésuites Jé. "out bien de nous accorder la grâce de persévérer jusqu'à la fin. Qui
nt été tous eût cru que notre chère patrie dût être assez heureuse pour donner
dangers et "es martyrs à Jésus-Christ, et que de misérables pécheurs, comme
dommagés ous, dussions être choisis pour entrer des premiers dans la lice!
ables Chré- MEette seule pensée me remplit d’une joie inexprimable, et me fait
es infidèle erser des larmes en abondance, dans le souvenir des bontés de Dieu
ps que leur mon égard. »
x-mêmes À Deux lett'es, qu'on nous a conservées du prince Thomas, font
utaient des #01 que le fils ne le cédait pas à son père pour le zèle et les senti-
dités d’une ments. Voici la seconde, qu'il écrivit aux fidèles de Cumamoto,
nme de tant M
nissait tous M églises, or. M ianisme d'y us considé-
ovées dans andis qu'il était enfermé dans une forteresse du Fingo, où l’on its et des "éllait sa foi aux plus rudes épreuves. « J'eus bien du chagrin, le plus bel fes très-chers frères, lorsque j'appris dernièrement que la persés, qui n'a: AulOn avait fait quelques infidèles:; mais la fidélité du plus grand entiments, ombre me console. Ah! que j'aurais de joie d'être auprès d'eux
gation que | remercier ser par un r avoir de
à ils ont le bonheur de mourir martyrs! Je baïiserais le sang qu’ils erseraient pour Jésus-Christ, et je les conjurerais de demander à
1 Hist, du Japon, t, 4, p. 357 et 452; t. 5, p. 38.
6 ad ré
ge
60 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVII, — De 100$
mon divin Sauveur la même grâce pour moi. Je vous fais à tous cette même prière, mes très-chers frères, et c'est avec d'autant plus del confiance, que je reconnais plus visiblement mon indignité. Je sui 3 ravi que ces généreux confesseurs aient renoncé à tout ce qu'ils pos MA sédaient sur la terre, mais je n’en suis nullement surpris. Peut-il M avoir des hommes assez insensés pour préférer de vaines richesse "de me gagner à un Dieu dont les trésors sont inépuisables, et qui ne se laisMfque nous som jamais vaincre en générosité? Que ceux qui les dépouillent de cg Md'ètre sorti un faux biens leur rendent un grand service. Car, enfin, que peuvent. mmfn'est donnée 6 ils leur ôter, qu'il ne leur faille quitter un jour? D'ailleurs, n’est-MMpoint de dema pas constant que ce sont ces biens périssables qui sont le plus gran" lels étaient obstacle à notre salut ? J'ai toujours regardé ceux qui les sacrifier "le même espr pour acquérir les trésors du ciel comme de sages usuriers qui don-Mmde saint Ignace nent de la boue pour recevoir de l'or. Autrefois je tâchais de m'exer. fPerpétue de C cer dans cesaint trafic, en m'occupant tout entier de la prière et dMmest toujours la la fréquentation des sacrements; mais j'ai tout gâté depuis par mment.
tiédeur. Aujourd’hui j'ai quelque espérance de suppléer à ce défuM La troupe s: par le martyre. Quelques-uns disent que vous n'êtes pas assez ferMnille, y compr vents pour mériter que Dieu vous fasse la grâce de confesser son sainMleurs familles, nom au péril de votre vie ; que sera-ce donc de moi, qui suis bia nique et de Sa plus lâche que vous dans son service? J'ai néanmoins un secret pres Manille, capita sentiment que le Seigneur ne rejettera point mes désirs, et que j'aurai et par le gouve l'honneur de verser mon sang pour lui. fesseurs de la
« Ce n’est pas à moi à vous donner des avis, mais je vous conjure "Sion, avec la c
comme mes frères et nos chers fils en la foi, de mettre sous les pie "joie durait enc
tout ce qui est terrestre. Vous pouvez bien vous souvenir de ce qu Ucundono, to nous avons souvent dit dans nos conférences spirituelles, que de né: son confesseur gliger les biens du ciel pour courir après ceux de la terre, c’est ren- de HIQUEIE exil verser l’ordre naturel des choses. Songez aussi que nous voici a ma famille ap temps de l'épreuve : c'est à coups de ciseau q: à d’une pierre brut! A proscrits pour on en fait une pierre propre à bâtir, et c’est par le moyen du feu 4 sur le même to du marteau qu'on donne au fer la forme qu’on veut lui faire pren "8 ervice des hot dre ; Jésus-Christ, pour construire l'édifice spirituel de son Église A Mon premier | en a usé de la même manière : il a commencé par lui-même, quialM"eurs. Pendan devait être la pierre angulaire; et c'est par le feu des tribulations quil M due Je n'ai vêt a éprouvé et sanctifié ceux qu'il a voulu y faire servir de base et à #8 ne est part fondement. Montrons-nous dignes d’être traités de la même manièt 4 de 1 nas au que l'ont été ses disciples les plus chéris : il n’aurait point permis qu 4 on au l nous fussions attaqués s’il n’avait eu dessein de nous couronne ea leu Quant à ce qui me regarde, on ne peut avoir plus d’assauts à essuye… Fe dutts que je n’en ai eu depuis que je suis ici. On me représentait ma je. * ondance de nesse, ma naissance, mes services, ce que je devais à mes enfants, là
à 1650 de l'ère «
affreux périls € moi pour m'a tance toute pa temps on me |
cou
prospérité pas ù ciel ? Que je n
VII, — De 1604
à tous cetkA ant plus del nité. Je suis M e qu'ils pos is. Peut-il M es richesse; M ne se laisse #2
à 1650 de l’ère chr,] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 61
affreux périls auxquels je m'exposais : jugez si, n'ayant personne avec moi pour m'animer et me fortifier, je n'ai pas eu besoin d'une assistance toute particulière du ciel pour me soutenir. Depuis quelque temps on me laisse un peu en repos, et je vois bien qu'on désespère de me gagner. Aussi ne tient-il qu’à nous d’être invincibles, assistés que nous sommes du bras du Tout-Puissant. Mais ce n'est pas assez lent de c#d'être sorti une ou deux fois victorieux du combat; la récompense ue peuvent. M n'est donnée qu’à celui qui persévérera jusqu'à la fin : ne vous lassez urs, n’est-| point de demander pour vous et pour moi une grâce si nécessaire. » > plus grani * Tels étaient les sentiments des confesseurs du Japon. On y respire es sacrifier "le même esprit que dans les épitres des apôtres, que dans les lettres rs qui don. “de saint Ignace d’Antioche, de saint Polycarpe de Smyrne, de sainte Perpétue de Carthage, des saints martyrs de Lyon. L'Église de Dieu est toujours la même : l'esprit de Dieu demeure avec elle éternellement.
La troupe sainte des confesseurs japonais, qui montait à plus de mille, y compris Ucundono, le roi et le prince de Tamba, avec toutes leurs familles, tous les religieux de Saint-Augustin, de Saint-Dominique et de Saint-François, et vingt-trois Jésuites, furent déportés à secret pres Manille, capitale des Philippines. Ils y furent reçus par l'archevêque L que j’auni et par le gouverneur, par le clergé et par le peuple, comme des confesseurs de la foi, au bruit du canon, au son des cloches, en procesjus conjure M sion, avec la croix et les bannières : ce fut une joie publique. Cette us les pied A joie durait encore, lorsque le plus illustre de ces confesseurs, Juste r de ce qui Ucundono, tomba dangereusement malade. Aussitôt il fit appeler que de né son confesseur, et, après lui avoir témoigné le plaisir qu'il ressentait +, c’est rer. "de mourir exilé pour Jésus-Christ, il lui ajouta : Je ne recommande us voici a ma famille à personne : ils ont l'honneur, aussi bien que moi, d'être ierre brutproscrits pour la religion : cela leur doit tenir lieu de tout. Il parla n du feu d sur le même ton à ses enfants : « Quelle comparaison, leur dit-il, du faire pren. L service des hommes au service de Dieu ! J'ai, dès l'enfance et jusqu’à son Église Amon premier exil, fait la guerre pour mes seigneurs et mes empeême, quiel 4 reurs. Pendant tout cetemps-AÀ, j'ai plus souvent endossé la cuirasse lations qu nue je n'ai vêtu la robe de soie; j'ai blanchi sous le casque, et mon , base et d "M épée n’est pas demeurée dans le fourreau tant que j'ai eu les ennemis de l'État à combattre ; j'ai cent fois risqué ma vie pour mes souve-
de m'exer.
prière et de puis par nm.
à ce défaut A s assez fer. M ser sOn sain M qui suis bier M
ee
deu rains : quel fruit en ai-je retiré ? Vous le voyez. Mais, au défaut des couronne. hommes, Dieu ne m'a point manqué. Dans le temps de ma plus bril- {s à essuyt lante fortune, me suis-je vu plus honoré et dans une plus grande ait ma je < abondance de tout que je le suis ici ? Et qu'est-ce encore que cette enfants, ER prospérité passagère, au prix de la récompense que j'attends au
ciel ? Que je ne voie donc point couler de larmes, si ce n’est de joie ;
vous avez bien plus de raison de me féliciter que de me plaindre: e
quant à ce qui vous touche, je ne saurais vous croire m alheureux, À
puisque je vous laisse à la garde de Dieu, dont la bonté et là puis: M
sance n'ont point de bornes. Continuez à lui être fidèles, et soyez assurés qu'il ne vous aban@onnera point. »
Le malade fit ensuite son testament, qui fut assez semblable À
celui du saint homme Tobie ; aussi n’avait-il, comme cet autre chef! * d'une famille exilée, que des vertus et de grands exemples à laisser à |” ses héritiers. Il conclut tout ce qu’il avait à leur dire par déclare |. qu'il désavouait pour son sang quiconque d’entre eux se démentirai |\ :
dans la suite de ce qu’ils avaient fait paraître ; jusqu ‘alors de piété et de religion. Il mourut dans ces sentiments le cinquième de février | 1615, après avoir reçu les sacrements de l’Église avec une dévotion | et dans des transports de ferveur dignes d’un héros Chrétien et d’un
confesseur de Jésus-Christ. Sa mort, qui fut annoncée par le son des} 4 | en coûter la vie
Espagnols : il semblait que chaque particulier eût perdu son père, et} M dont ils avaient
cloches de toute la ville, mit également en deuil les Japonais et les |
l’on n’entendait de tous côtés que des gens qui se disaient les uns aux autres en gémissant : Le saint est donc mort! Ah! nous n’étions ! pas dignes de le posséder !,
Au Japon, le cubosama Gixasu suivait toujours son premier plan, qui était de ne point répandre le sang des fidèles, mais de les priver des plus considérables d’entre eux, surtont de leurs pasteurs, et puis de les anéantir par des vexations de détail. À Méaco, un officier fi tourmenter cruellement plusieurs confesseurs de la foi : l’un d’eux étant près de rendre l'âme, il le fit jeter à la voirie. Les Chrétiens l'enlevèrent, et, l'ayant trouvé qui respirait encore, ils le firent panser avec tant de soin et de bonheur, qu'il guérit parfaitement. Les confesseurs étant sortis victorieux de ce premier combat, on songea à leur en livrer un seconc beaucoup plus dangereux. On choisit parmi leurs femmes douze des plus jeunes et des plus belles, et on les envoya à ceux qui tenaient des lieux publics de débauche, Ceux-ci firent d'abord quelque difficulté de les recevoir, disant qu’elles se tueraient | plutôt que de se laisser déshonorer; mais on leur répondit que la! religion chrétienne, dont elles faisaient profession, défendait d’at- | tenter à sa vie sous quelque prétexte que ce fût ; et sur cette assurance ils les acceptèrent. A peine ces ferventes chrétiennes se virent-elles À
enfermées dans ce lieu d'horreur, qu'elles demandèrent la permission
de se couper les cheveux : on la leur accorda sans peine, et on leur donna des ciseaux ; mais, au lieu d'en faire l'usage qu’elles avaient
1 Hist, du Japon, t. 4, 1. 13, sub fine.
fiche
Ée PUÉ st GATE
à 1650 de l’ère c
dit, elles s’en t que de jeunes retirèrent d’ab.
des Chrétiens, « en qui leur dif taient, et qui le:
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Le stratagèm leurs femmes e plusieurs apost:
sait le plus faib] le roi leur fit d dieux de l’empi qui leur serait « point contraire
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qu'on ne prit le
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+ trouva digne de repos !,
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« probablement e … l'empire son an « voyait sans dou … tiens se déclarer + nouvel usurpate les Japonais, sui qu'il valait lui s
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le cubosama Qu … mourut vers le c dant à son fils
: de ses États; Jusq de tenir surtout
: péen 2,
1Hist, du Japon,
| DE (d à 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 63 . — Le 5
dit, elles s’en tailladèrent tout le visage et se défigurèrent tellement, heureux A 1° de jeunes débauchés qui les attendaient en furent effrayés et se £ là ne FA retirèrent d abord. Ceux qui les avaient achetées appelèrent aussitôt soyez as- | des Chrétiens, et les prièrent dereconduire ces femmes à leurs maris, | en qui leur difformité ne fit qu'’augmenter l'amour qu'ils leur por- , LME taient, et qui les firent si bien panser, qu'aux cicatrices près, qblable à À glorieuses de leur vertu, elles furent très-bien guéries, que cher] “ Le stratagème diabolique de tenter les fidèles par la prostitution de à laisserà | € leurs femmes eut plus de succès dans le royaume de Buygen; il y fit déclarer | plusieurs apostats, dont la lâcheté se vit confondue par ce qui paraisentra] + sait le plus faible. Il y avait près de la Capitale un hôpital de lépreux : S soie ; le roi leur fit dire qu’il prétendait que désormais ils adorassent les s Ha 1 dieux de l'empire. Ils répondirent tous unanimement qu'en tout ce dévotion 1
aindre ; et |
marques
(is
qui leur serait ordonné de la part de leur souverain, et qui ne serait
À F. l É point contraire à la loi de Dieu, ils obéiraient sans peine, dût-il leur nie dt es | {en coùter la vie; mais qu'ils devaient encore plus de fidélité à celui à père, a! «© dont ils avaient reçu l'être et iout ce qu ils étaient. On les menaça t les. uns LE de les brûler dans leur hôpital, et l'on fit même semblant d'en venir s n’étions LE À l'exécution : ils protestèrent qu’ils n’en sortiraient point, de peur
+ qu'on ne prit leur fuite pour un signe d’apostasie, On rendit compte | au roi de leur résistance, et ce prince, bien loin d'en être irrité, la
ir A 4 trouva digne des plus grands éloges et voulut qu'on les laissât en
les priver. 4 s, à puis LI repos ”. de je ifficier ft |" Dans sa politique envers les Chrétiens, le cubosama Gixasu avait un d'eux probablement encore autre chose en vue : c'était de dépouiller de Chrétiens LA l'empire son ancien pupille, l’empereur séculier Fide Jory. Il pré- NE pans 4 voyait sans doute que, dans le cas d’une guerre, les seigneurs chré- Les con- FA tiens se déclareraient plutôt pour le fils de Taïcosama que pour un ,: @ nouvel usurpateur. Ilexila donc prudemment les plus braves d’entre
"OPBER © LA Les Ja onais, surtout le fameux Ucundono, dont il disait lui-même sit parmi, 4”. "PODAIS, £ € ?
EEnvON à qu'il valait lui seul une armée entière, firent VA La guerre éclata effectivement entre le tuteur et le pupille; après = JS {LS quelques combats, il y eut une paix simulée, suivie d’une bataille an j sanglante, à la suite de laquelle l'empereur Fide Jory disparut, et ait d’at- | | le cubosama Quixasu se trouva le seul maitre du Japon. Ce dernier ans j à Mourut vers le commencement du mois de Juin 1615, en recommansnalll H dant à son fils et successeur, par-dessus toutes choses, d’arracher
nn: . de ses États jusqu’à la dernière racine de la religion chrétienne, et CSSIOE EE de tenir surtout | in à u'il n'y restât aucun docteur euroon leur MR ut la main à ce q y u
k . péen 2,
avaient h :
1ist, du Japon, t, 4,1. 13, sub fine, — ? Ibid., t. 4,1, 14,
Parmi les missionnaires, plusieurs étaient demeurés au Japon, d’autres y rentraient sous divers déguisements ; la position des Chrétiens y devenait de jour en jour plus périlleuse ; le nouvel empereur, Xogun-Sama, fils et successeur de Quixasu, publia, lan 1616, un nouvel édit de persécution. Une multitude considérable de Chrétiens, dont plusieurs missionnaires, endurèrent le martyre, les uns par le glaive, les autres par le feu. Le nouvel empereur, arrivant à Méaco l'an 1619, apprit que les prisons étaient pleines de Chrétiens ; il ordonna sur-le-champ que, sans aucune distinction d'âge ni de sexe, ils fussent tous brûlés vifs; il ne voulut pas même permettre de différer le supplice d’une dame de qualité qui était tout près d’accoucher. Le jour marqué pour l’exécution étant venu, on fit entrer les confesseurs, au nombre de cinquante, dans une cour, où ils furent liés ; on les conduisit ensuite dans la place publique, où ils trouvèrent neuf charrettes, sur lequelles on les fit monter, les hommes dans la première et la dernière, les femmes et les enfants, dont quelquesuns étaient encore à la mamelle, dans celles du milieu. Un trompette allait devant, et, à chaque bout de rue, publiait que l'empereur avait condamné ces gens-là au feu, parce qu’ils étaient Chrétiens, Les martyrs, de leur côté, ajoutaient : Z/ est vrat, nous allons mourir pour celui qui a lui-même donné sa vie pour nous, et de temps en temps ils s’écriaient tous ensemble : Vive Jésus ! Ils disaient ensuite des choses si tendres, et témoignaient un contentement si parfait que les assistants ne pouvaient retenir leurs larmes. Les bûchers étaient dressés dans la place d’un faubourg ; les confesseurs y étant arrivés, aperçurent des croix plantées, autour desquelles on avai fait de grands amas de bois : leur joie redoubla à cette vue, et ils la firent paraître par leur promptitude à sauter en bas des charrettes. On les lia deux à deux à chaque croix par le milieu du corps, et la face tournée l’un contre l’autre. Les hommes étaient ensemble, et les femmes de même; mais les plus petits enfants étaient à côté de leurs mères. La fumée devait d'abord étouffer les patients. Mais quand elle fut dissipée et la nuit survenue, on vit distinctement les martyrs, qui, les yeux élevés vers le ciel et le corps immobile, semblaient goûter au milieu de cette fournaise ardente toutes les joies du paradis. Quelque temps après, on les entendit qui chantaient tous ensemble les louanges du Seigneur : ce qui, joint aux cris des assistants et aux hurlements des bourreaux, formait un bruit confus qui inspirait tantôt la terreur et tantôt la compassion. Mais ce qui aitendrit jusqu'aux plus insensibles, ce fut de voir les pauvres mères, qui, toutes occupées de leurs enfants, semblaient oublier leurs propres douleurs pour soulager celles de ces petits innocents, leur pas-
(Liv. LXXXVIL. —De1(05 *
1650 de l’ère chr
sant continueller entiment du feu touffant leurs c “res à souffrir q eur procurerait Ænfin tous les un:
des soupirs et les + Les plus con:
Lonfesseurs étaie pe de la co œruel empereur da faire mourir. | malgré le père el enter devant la Ætaient deux fille “Me huit et de six :
de tels parents. | tellement collée blaient n'en faire ! Ce que l'inqu aient les mission d'Europe, elle tre Hans les Anglais.
Elisabeth, captur iens, entre lesq:
Œhands : l'un ét:
Aautre était un P Ætait Espagnol, le Villa Manrique, :
êt aux poursuite Année entière, les Avec le capitaine | Chée, On offrit la Le du Japon :
! Parmi les missi fut le père Chark fhi Jésuite à Nole flat évêque de c
our la foi lui fit € faires du Japon :
Ed
, ! Histoire du Japoi
|, — De 1605
u Japon, des Chrémpereur, 1616, un hrétiens, ns par le à Méaco ns ; il orde sexe, mettre de >rès d’acfit entrer ils furent rouvèrent mes dans quelques- Un tromempereur >hrétiens, ns mourir temps en nt ensuite si parfait, s bûchers rs y étant
on avait >, et ils la harrettes, rps, et la ble, et les à côté de nts. Mais ment les ile, sem-
les joies hantaient cris des it confus ais ce qui es mères,
urs pro leur pas-
1650 de l’ère chr.] ‘ DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 65
ant continuellement la main sur le visage, afin de leur diminuer le fentiment du feu ; les caressant, les baisant, essuyant leurs larmes,
touffant leurs cris, et les encourageant par les paroles les plus ten-
“res à souffrir quelques moments un supplice qui allait finir, et qui eur procurerait un bonheur sans bornes et sans fin. Ils expirèrent “enfin tous les uns après les autres, et à mesure qu’ils rendaient l'âme, des soupirs et les sanglots redoublaient dans l'assemblée.
Les plus considérables de cette illustre et nombreuse troupe de boufesseurs étaient Jean Faximoto Tafioye, un des plus grands seipneurs de la cour impériale, et sa femme : celle-là même dont le ; uel empereur n'avait pas voulu qu’on attendit les couches pour Ja faire mourir. Ils avaient six enfants ; l'aîné des garçons fut sauvé algré le père et la mère, qui avaient fort souhaité pouvoir sé préenter devant la cour céleste avec toute leur famille. Les cinq autres £taient deux filles de douze et de trois ans, et trois garçons de onze, He huit et de six ; tous se montrèrent jusqu’au dernier soupir dignes Le tels parents. Après leur mort, on trouva la plus petite des filles “element collée contre le sein de sa mère, que ces deux corps sem- Dlaient n'en faire qu’un 1.
+ Ce que l’inquisition japonaise traquait avec le plus de soin, c'élient les missionnaires. Dans cette chasse aux prêtres de la religion ‘Europe, elle trouva d'empressés auxiliaires dans les Hollandais et Hans les Anglais. L'an 1621, un navire hollandais ou anglais, nommé Llisabeth, captura un petit bâtiment japonais monté par des Chré-
Mens, entre lesquels se trouvaient deux religieux déguisés en mar- Æhands : l’un était un Père Augustin, nommé Pierre de Zugnica ; dautre était un Père Dominicain, nommé Louis Florèz : le premier
Ælait Espagnol, le second Flamand; le père du premier, marquis de d'illa Manrique, avait été vice-roi du Mexique. Grâce à l’inquisition êt aux poursuites des Anglais et des Hollandais, continuées une Année entière, les deux religieux furent brûlés vifs, le dix août 1622, Avec le capitaine du navire; le reste de l'équipage eut la tête tran- . On offrit la vie à tous s’ils voulaient adorer les divinités impédu Japon : il n’y eut pas un seul apostat ?, À Parmi les missionnaires qui souffrirent le martyre, le plus illustre l' le père Charles Spinola, d'une noble famille de Gênes. Il s'était fit Jésuite à Nole, dans le temps que le cardinal Spinola, son oncle, Éluit évêque de cette ville, Le désir qu'il avait de verser son sang out la foi lui fit demander d'être associé aux travaux des missionfaires du Japon : ce qui lui fut accordé. IL partit donc, et arriva LA
FT. ! Histoire du Japon, t, 4, L. 14, p. 472 et seqq. — 2 T, 5, |, 15.
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l'an 4602. Il travailla au salut des âmes avec une ardeur infatigable, et convertit un grand nombre d'infidèles, surtout par sa douceur, Les fatigues qu’il avait à essuyer ne l’empêchaient pas de mener une vie très-austère. Les Japonais l’enfermèrent dans une Dry où il eut beaucoup à souffrir de l’inhumanité de ses gardes, qui hi refusaient jusqu’à un verre d’eau pour étancher sa soif, peaux par une fièvre brûlante; mais Dieu, qui r res es siens, adoucissait les maux de son serviteur par 1 onction de + ge ce, et lui faisait trouver des consolations ineffables au au es i i > Su) e qu'il écrivit de Voici comme il s'explique à ce sujet dans une lettre q sa prison :
. Qu'il m'est doux de souffrir pour Jésus-Christ! Je ne peur R ; ns trouver des paroles assez énergiques pour a tout ce que Fe a | ù nou Ù s sommes dans ces cachots, o surtout depuis que nous Dane ] i Les forces de mon corps m'a dans un jeûne continuel. L | rocher la mort, Ï joi nte à mesure que je vois app mais ma joie augme mesure AL Quel bonheur pour moi s’il m'était permis, à Pâques Ma L chanter dans le ciel, avec les bienheureux, le cantique d al ss Si vous aviez goûté, dit-il dans une lettre à Maximilien Spino à sol i dans les âmes de sa ans les âme i i s douceurs que Dieu verse cousin, les ineffable a VE ina i } ’auriez plus que du mépris pour to rviteurs, VOUS n aurlez p ou ps ie C d monde Je commence à être disciple de Jésus-Christ sept q ( : is trouvé amplemei i 1 amour. Je me suis trouvé a | en prison pour Soi sans are Ï i la douceur des consolation : 3 rs de la faim par la dédommagé des rigueu l so dents té comme inondé ; et quand ] Ù dont mon cœur a été PRE Se $ ai ant je desire SOL | Ù temps me paraîtrait court, années en prison, CE arail re i 3 ‘alement de mes peines.
i ompense si libéralem à our celui qui me réc as y ie maladies, j'ai eu une fièvre qui a duré cent jours, “ fe fût possible d'avoir aucun remède convenable à 7 situation de j'ai i joi je té is nie Durant tout ce temps-là, j'ai ressenti une Joie dont je Fe AE La tilement de vous donner une idée. Je ne me possédais plus, et} is déjà aradis. » .
royais déjà dans le p > — :
: L père Spinola ayant été condamné à être ee - en app 2 a joi lus vive. Dès ce momeil ntiments de la joie la p euh nouvelle avec les se | Sen à i srande grace i #mercier Dieu d'une si g on il ne cessa plus de rer France gl ..
i ; \ il était en prison, jugeait indi » conduisit d'Omura, où | ugeait indigne. On le es ss Il fut exécuté sur une montagne es He ls Ï neuf étaler - itres Chrétiens, dont 1 sui avec quarante-neuf at neue er andre ions et six Dominicains; tous ge se :
Ï i ’on décapita le reste.
iques Û ngt-cinq, et l'on dé laïques. On en brûla ving A ne ce dit le père Spinola reconnut tout près de lui Isa À ;
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à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
quatre ans auparavant, et dont il avait baptisé un nouveau-né sous
ière sa mère, et le saint homme ne le voyait point ; il craignit qu'on ne l’eût caché pour le soustraire À à la mort. Où est mon petit Ignace ? s'écria-t-il en s'adressant à Isa-
belle ; qu’en avez-vous fait ? — Le voici , l'épondit la mère, le prenant entre ses bras ; je n’ai eu garde de le priver du seul bonheur que je sois en état de lui procurer. — Puis elle dit à l'enfant : Mon fils, voilà votre père; priez-le qu'il vous bénisse, — Aussitôt ce petit innocent se mit à genoux, joignit ses mains, et demanda au Père sa bénédiction. Il fit cela d’un air si touchant, que, comme l’action de 4 la mère avait attiré de ce côté-là les yeux des spectateurs, il s'éleva : tout à coup un bruit confus de cris et de gémissements dont on ap- . préhenda les suites. On se hâta donc de finir cette première exécu- . tion, et dans l'instant on vit voler deux ou trois têtes, qui allèrent « tomber aux pieds du petit Ignace. Il n’en fut pas étonné ; on vint à , Sa mère : il en vit aussi tomber la tête sans changer de couleur; enfin,
+ avec une intrépidité que cet âge ne peut feindre et dont il n’est pas + capable naturellement, il reçut le coup de la mort,
“ Dès que cette première b: .:de eut consommé À les têtes vis-à-vis de ceux qui devaient être br * feu. Il était éloigné de vingt-cinq pieds des poteaux, et le bois telle 4 ment disposé, que le feu ne pouvait gagner que lentement ; On eut même soin de l’éteindre toutes les fois qu’on s’aperçut qu'il gagnait trop vite. Tout étant ainsi disposé, le père Spinola donna une der % nière absolution à Lucie Fraïtèz, qui + comme elle l'avait désiré, Puis se tournant vers le président, il lui dit d'une voix assez ferme qu’il voyait bien ce que les religieux d'Europe venaient chercher au Japon, et que leur joie au milieu d'un si affreux + Supplice devait lever pour toujours les soupçons dont on s'était laissé : prévenir contre eux. Il fit ensuite une courte exhortation à l’assem- …blée : « Ce feu qui va nous brûler, dit-il, n’est que l'ombre de celui . dont le vrai Dieu punira éternellement ceux qui auront refusé de le dreconnaitre, ou qui, après l'avoir reconnu et adoré, n’auront pas vécu «d'une manière conforme à la sainteté de sa loi. » Le père Spinola <nexpira qu’après deux heures de martyre, à l'âge de cinquante-huit dans : c'était le deux septembre 16922 1,
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aponaise, allumés ou attisés par la € protestantes, ne s’éteindront que quand il ny aura plus de Chrétiens à brûler au Japon. C’est une Marque, une “trissure que ces deux nations porteront dans l'histoire, jusqu’à
1 Hist, du Japon, t, 5, 1, 15, — Godescard, 5 février,
se trouva attachée à côté de lui,
ce que, revenues de leurs égarements, elles l’aient noblement effacée, et devant Dieu et devant les hommes, par leur zèle à propager la civilisation véritable, le christianisme total, et au Japon et ailleurs.
En attendant, la Providence ouvrait aux missionnaires catholiques les portes de la Chine, où une armée anglaise viendra dans le dixneuvième siècle leur faciliter leurs travaux. Quelques personnes ont pensé que la conversion des Chinois au christianisme avait été commencée par saint Thomas. On s’est fondé, pour ce fait, sur la mention qu’on en trouve dans le bréviaire chaldéen de l’église du Malabar. Le canon du patriarche Théodose parle du métropolitain de la Chine: et cette qualité faisait partie du titre du patriarche qui gouvernait les Chrétiens de Cochin quand les Portugais abordèrent à la côte de Malabar. Arnobe, auteur du troisième siècle, compte les Sères où Chinoïs parmi les peuples qui, de son temps, avaient embrassé la foi. Enfin, on pourrait faire remonter l'introduction du christianisme à la Chine jusqu’au milieu du premier siècle de notre ère, si l’on voulait croire, comme de Guignes, que les Chinoïs ont confondu Fo avec Jésus-Christ, et les prêtres syriens avec les religieux de l’Indostan. Mais le premier fait de ce genre, attesté par les monuments, c’est l’arrivée d’Olopen à Siganfou, en 635, avec d’autres missionnaires de Syrie, et l’histoire du christianisme en Chine depuis cette époque jusqu’en 781. Plus tard, grâce à l'impulsion universelle donnée par les croisades, nous avons vu des prédicateurs, des envoyés apostoliques pénétrer dans la Perse, dans la Tartarie, dans l'Inde, dans la Chine; nous avons vu les ambassadeurs des Tartares au concile général de Lyon, les empereurs de la Tartarie et de k Chine en relation amicale avec les Pontifes de Rome, un archevêque catholique à Péking au commencement du quatorzième siècle. Grâce à cette même impulsion des croisades, on découvrit le Nouveau Monde, avec la route maritime de l'Inde, de la Chine et du Japon Nous avons vu l’apôtre de l’Inde, saint François Xavier, mourir à k vue de la Chine, où il aspirait.
Le premier qui y pénètre vers la fin du seizième siècle est un ses frères de la compagnie de Jésus 1,
Le père Matthieu Riccinaquit à Macerata, dans la Marche d’Ancôn en 1552. On l'avait destiné à l’étude du droit; il préféra la vie relr gieuse, et entra dans la compagnie de Jésus en 1571. Celui qui le dirigea dans son noviciat était le père Alexandre Valignan, missio naire célèbre qu’un prince de Portugal appelait l’apôtre de l'Orient
(Liv. LXXXVIT. — De 1605
1 Abel Rémusat, Nouv. Mélanges asiat., t. 2, Ricci,
x SES Ce Re
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