‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme]Chapitre 15 sur 121 · TS CR · texte numérisé non relu

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Ricci conçut bientôt l'idée de le suivre aux Indes, et ne s'arrêta en Europe que le temps qu'il fallait pour faire les études nécessaires à une semblable entreprise. Il vint même achever son cours de théologie à Goa, où il arriva l'an 1578. Le père Valignan s’était déjà rendu à Macao, où il prenait des mesures pour ouvrir à ses collègues les portes de la Chine. Le choix de ceux qui se lanceraient les premiers dans cette nouvelle carrière était d’une grande importance. Il tomba sur les pères Roger, Pasio et Ricci, tous trois Italiens. Le premier devoir qu’ils eurent à remplir fut d'apprendre la langue du pays ; et l’on doit convenir qu'à cette époque, et avec le peu de secours qu'on avait alors, ce n’était pas une entreprise facile. Après quelque temps d’études, les missionnaires profitèrent de la faculté que les Portugais de Macao avaient obtenue de se rendre à Canton pour trafiquer, et ils les y accompagnèrent chacun à leur tour. Ricci y alla le dernier, et ses premiers efforts ne parurent pas d’abord plus efficaces que n'avaient été ceux du père Roger. Tous deux se virent obligés de revenir à Macao. Ce ne fut qu’en 1583 que, le gouvernement de là province de Canton ayant été confié à un nouveau vice-roi, les Pères eurent la permission de s'établir à Tchao-king-fou.

Ricci, qui avait eu le temps de connaître le génie de la nation qu’il voulait convertir, sentit dès lors que le meilleur moyen de s'assurer l'estime des Chinois était de montrer, dans les prédicateurs de l'Évangile, des hommes éclairés, voués à l'étude des sciences, et bien différents en cela des bonzes, avec lesquels ces peuples ont toujours été disposés à les confondre. Ce fut dès ce temps que Ricci, qui avait appris la géographie à Rome sous le célèbre Clavius, fit pour les Chinois une mappemonde, dans laquelle il se conforma aux habitudes de ces peuples, en plaçant la Chine dans le centre de la carte, et en disposant les autres pays autour du royaume du milieu. I] composa aussi un petit catéchisme en langue chinoise, lequel fut, dit-on, reçu avec de grands applaudissements par les gens du pays. Depuis 1589, il était chargé seul de la mission du Tchao-King, ses compagnons ayant été conduits ailleurs par le désir de multiplier les moyens de convertir les Chinois au christianisme, Il eut souvent à souffrir des difficultés que lui suscitaient les gouverneurs dela province, et même il se vit forcé de quitter établissement qu'il avait formé à grand'peine dans la ville de Tchao-King, et de venir résider à Tchao-tcheou. Dans ce dernier lieu, un Chinois, nommé Thin-taï-s0, pria le père Ricci de lui apprendre la chimie et les mathématiques, Le missionnaire se prêta volontiers à ce désir, et son disciple devint par la suite l’un de ses premiers catéchumènes

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Ricci avait formé depuis longtemps le projet de se rendre à la cour,

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