‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme]Chapitre 16 sur 121 · Ê FE Ë · texte numérisé non relu

Ê FE Ë

HISTOIRE UNIVERSELLE persuadé que les moindres succès qu'il pourrait y obtenir serviraient

qu'on voudraittenter dans les provinces. Jusque-h, les missionnaires avaient porté l'habi des religieux de la Chine, que les relations nomment bonzes; mais, pour se montrer dans la capitale, il fallait renoncer à ce costume, qui n'était propre qu'à les faire mépriser des Chinois. De l'avis du visiteur et de l’évêque du Japon, qui résidait à Macao, Ricci etses compagnons adoptèrent l’habit des gens de lettres, On a fait de ce changement un sujet de reproche aux Jésuites de la Chine ; mais il était indispensable dans un empire où la considération n’est accordée qu’à la culture des lettres. Ricci résolut d'exécuter son dessein l'an 1595, et il partit effectivement à la suite d’un magistrat qui allait à Péking. Mais d‘-«rses circonstances le contraignirent de s'arrêter à Nan-tchang-fou, capitale de la province de Kiang-si. Ce fat là qu'il composa un traité de la mémoire artificielle, et un dialogue sur l'amitié, à l’imitation de celui de Cicéron. On assure que ce livre fut regardé par les Chinois comme un modèle que les plus habiles lettrés auraient peine à surpasser. À cette époque, le bruit s'était répandu à la Chine que Taïkosama, empereur du Japon, projetait une irruption en Corée et jusque dans l'empire. La crainte qu'il inspirait avait encore augmenté la défiance que les Chinois ont naturellement pour les étrangers. Ricci et quelques-uns deses néophytes s'étant rendus successivement à Nanking et à Péking, y furent pris pour des Japonais, et personne ne consentit à se charger de les présenter à la cour. Ils se virent donc obligés de revenir sur leurs pas. Le seul avantage que produisit cette course fut l'assurance acquise par "icci que Péking était bien la célèbre Cambalu de Marc-Pol, & la Chine le royaume de Catai, dont on parlait tant en Europe sans en connaître la véritable situation. Le missionnaire fit ensuite quelque séjour à Nanking, où sa réputation d'homme savant s'accrut considérablement.

Les Portugais lui ayant fait passer des présents destinés à l’empereur, il obtint des magistrats la permission de venir à la cour pour les offrir lui-même en qualité d’ambassadeur. Il se mit en chemin, au mois de mai 1600, accompagné du père Pantoja, Espagnol, et de deux jeunes catéchumènes. Malgré quelques traverses qu’il rencontra dans son voyage, il parvint à être admis dans le palais de l'empereur Chin-tsong ou Van-Lié, qui lui fit faire un bon accueil, et vit avec curiosité plusieurs de ses présents, notamment une horloge et une montre à sonnerie, deux objets encore nouveaux à la Chine dans ce temps-là. La faveur impériale une fois déclarée pour lui, le père Ricci n'eut plus qu'à s'occuper des scins qu’exigeaient les intérêts de la

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