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1659 de l’ère chr.]
2 mission. Plusieurs conversions éclatantes furent le fruit de ces soins. Dans le nombre, on cite Lig-Osun, Fumocham et Li, le plus célèbre mandarin de ce siècle. Ils n’embrassèrent pas seulement le christia- À nisme, ils en pratiquaient les préceptes avec une si parfaite docilité, 4 que ce changement de croyance et de mœurs produisit la plus vive % impression sur le peuple. Le peuple voulut à son tour connaître une { religion que ses mandarins se faisaient une gloire de professer, et qui À était si puissante sur leurs cœurs, qu'elle les forçait à devenir chastes, | Un des principaux dignitaires de l'État se chargea de prêcher lui-
même la foi qu'il avait reçue : c’était Paul Sin, dont le nom est aussi «illustre dans les annales de l'empire que dans celles de l'Église. Sin Lo fit missionnaire à Nanking, et, forts de l'appui que le père Ricci + trouvait auprès de Van-Lié, ses compagnons, répandus dans les provinces, virent peu à peu fructifier leur apostolat. Les pères Cataneo, Pantoya, François Martinèz, Emmanuel Diaz et le savant Longobardi 1 jetèrent à Canton et dans d’autres cités les semences de la foi, La {multitude se pressait à leurs discours, elle s'y montrait attentive. 4 Les mandarins virent d'un œil jaloux cette égalité devant Dieu; par Qun bizarre caprice de l'orgueil, ils accusèrent les Jésuites de prêcher dau peuple une Ici que le Seigneur du ciel n’avait réservée qu'aux lettrés et aux chefs du royaume. Les magistrats, se rangeant à l'avis d des doctes, prirent parti contre les classes inférieures, qu'il impor- Atait, selon eux, de tenir dans une dépendance absolue. Le christia- #nisme tendait à les émanciper : la politique conseillait de ne jamais “les initier à de pareils préceptes. Les Jésuites reçurent ordre d’abandonner le peuple à ses passions et à sa superstitieuse ignorance. “Ricci ne cherchait point à briser l'esprit de caste ; mais, dans sa pen- 4sée, le salut d’un enfant du peuple étant aussi précieux que celui d'un mandarin, il tenta d’apaiser l'irritation. Il réussit, et put ainsi continuer à distribuer à tous la parole de vie et de liberté. 4 En 1606, cependant, cette église naissante fut en butte à la per- “sécution ; elle ne vint pas des Chinois, mais de l'autorité ecclésiasftique. Un différend s'était élevé entre le vicaire général de Macao et un religieux de l’ordre de Saint-François. Le recteur des Jésuites Afut choisi pour arbitre : il donna gain de cause au Franciscain, Le pue général, indigné de voir que ses injustices n'étaient pas sanctionnées, lance l’interdit sur les Franciscains, sur les Jésuites ve sur le gouverneur ; la cité elle-même est soumise à cette peine. De graves incidents pouvaient naître d'une pareille complication : les Jésuites les prévinrent. Ils avaient concilié tous les intérêts ; on
! Abel Rémusat, Nouv. Mélanges asiat., t. 2. Ricci, — Biogr. univers, t. 37,
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