‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme]Chapitre 18 sur 121 · ET CRETE · texte numérisé non relu

ET CRETE

se servit de leur intervention pour persuader aux Chinois résidan à Macao que les Pères étaient des ambitieux et qu'ils n'aspiraient } rien moins qu’à poser sur la tête d’un des leurs le diadème impérial Les Jésuites s'étaient construit des habitations sur les points les plu élevés : ces demie: se transforment en citadelles. Une flotte hol. landaise était à la côte ; cette flotte, à laquelle les Japonai devaient joindre leur armée, louvoie, disait-on, pour leur offrir so concours. Les Chinois de Macao donnent avis de ces nouvelles an magistrats de Canton : elles sèment la consternation dans les pro. vinces; les uns s'empressent de répudier le christianisme, les autre se proposent d'égorger les Pères. François Martinèz arrivait « jour-là même à Canton ; un apostat le dénonce : il est saisi et expi dans les tourments.

Le sang qu'ils ont versé, le courage qu’a déployé Martinèz, pro clamant jusqu'à la mort son innocence et celle de ses frères, pro duisent une heureuse réaction sur ces esprits toujours timides « qui prennent ombrage de la démonstration la plus inoffensive, ll rougissent de l'erreur dans laquelle ils sont tombés, ils la répareni et cette tempête est apaisée par ceux mêmes qui étaient destinés en périr victimes. Ricci fut le conciliateur universel ; son nom aval acquis dans la capitale et au fond des provinces une telle célébrite que les Chinois le ec nparaient à leur Confucius. La gloire lui venai avec la puissance. Mais ce n’était pas pour ces avantages terrestre que le Jésuite avait voué son existence à la propagation de | "Évangik IL n’ambitionnait qu'une chose : c'était d’affermir l'œuvre si péni blement ébauchée. Un noviciat fut établi à Péking; il y reçut la jeunes Chinois, il les forma à la pratique des vertus, à la connai sance des lettres, à l'étude des mathématiques ; puis, comme si tar de travaux n'étaient qu’un jeu pour sa vieillesse, il écrivait la relatio des événements qui se passaient sous ses yeux ; il ne cessait de rec voir les mandarins et les grands que la curiosité ou l'amour del science conduisaient vers lui. En dehors de ces occupations si d: verses, Ricei composait en langue chinoise des ouvrages de mor religieuse, des traités de géométrie ; il expliquait la doctrine de Die et les six premiers livres d'Euclide. La mort le surprit au milieu t ces travaux ; le Père expira le onze mai 1610, à l’âge de cinqua huit ans, laissant aux Chinois le souvenir d’un homme qu’ils re pectent encore, et aux Jésuites un modèle de fermeté et de sagesse! Il avait désigné le père Longobardi pour le remplacer comme supe rieur des missions de la Chine.

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is résidani Le père Ricci avait pris en chinois le nom de Zi, représentant la spiraient i} M première syllabe de son nom de famille, de la seule manière que e impérial. © les Chinois puissent l'articuler, et le surnom de Ma-teou (Matthieu). nts les plus © 11 avait aussi reçu le nom de Si-thaï. Il est ainsi désigné dans les flotte hok! M annales de l'empire sous le nom de Zi-ma .eou. D'après son exemple, es Japonai, © les autres missionnaires ont tous pris des noms chinois, formés génér offrir 501! ! ralement de la même manière, ivelles au Les funérailles de Ricci, le premier étranger qui obtint cet hon- 18 les pro » neur dans la capitale, furent aussi solennelles que le deuil était proles autr 4 fond. Les mandarins et le peuple accoururent dans une douloureuse arrivait & © admiration pour saluer les restes mortels du Jésuite ; puis, escorté sietexpix 4 par les Chrétiens que précédait la croix, le corps de Ricci fut déposé, + selon l’ordre de l'empereur, dans un temple que l’on consacra au tinèz, pro) @ vrai Dieu. — Les Chinois aimaient la morale de l'Évangile ; elle rères, pro i plaisait à leur raison et à leur cœur, mais il répugnait à leurs prétimides 4 4 jugés d'adorer un Dieu mort sur le Calvaire. La croix renfermait un ensive. Ik # mystère d'humilité qui aecablait leur intelligence , qui froissait leur à réparen, 4 orgueil. L’emblème du christianisme n'avait encore paru que sur

destinési # l'autel on dans les cérémonies privées ; la mort du père Matthieu | nom aval le fit sortir de cette obscurité, et, placé pour ainsi dire sous la sauà célébrité € vegarde d’un cadavre vénéré, il lui fut permis de traverser toute

la ville.

Ce trépas inattendu exposait à des variations le bien que Ricci avait eu tant de peine à préparer. Les Jésuites, cependant, ne se découragèrent point. Mais, en 1617, un mandarin idolâtre, nommé Chin, ne crut pas devoir rester spectateur indifférent des progrès que faisait le christianisme. Il commandait dans la ville de Nanking ; il usa de tout son pouvoir pour persécuter les fidèles. Afin de disperser le troupeau, il avait compris qu’il fallait s'attaquer aux pasteurs. Ce fut donc sur les Pères qu'il fit peser son courroux et sa engeance, On les battit de verges, on les exila, on les emprisonna, enfin on les

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de mom # Trois ans après, en 1620, l’empereur Van-Lié mourait, et ses ne de Die ; derniers regards étaie: t attristés par un cruel spectacle. Thienmin, 1 milieu d! À roi des Tartares, avait envahi ses États, vaincu son armée et tiré les cinquan! Chinois de cette immobilité traditionnelle qui semblait être pour eux qu’ils re la condition d'existence. Tien-Ki, petit-fils de Van-} , était appelé e sagesse! à réparer ces désastres. Il prit des mesures pour s'opposer à l’armée

mme sup arlare. Les mandarins chrétiens lui conseillèrent de s'adresser aux

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nula l'édit de bannissement que Van-Lié avait porté, et il rétablit les Pères.

La victoire couronna les efforts de Tien-Ki, comme la foi couronnait alors ceux des missionnaires. Ils avaient affaire à un peuple qui paraissait encore plus attaché à ses idées qu'à ses passions, et qui n'acceptait la doctrine chrétienne qu'après l’avoir discutée et approfondie. Tout était difficile pour les Jésuites, jusqu'à la définition de Dieu. Afin de la présenter claire et précise, une réunion des Pères les plus expérimentés fut indiquée en 1628. Ils étaient disséminés sur l'étendue de l'empire ; il y en eut qui, pour se rendre à la voix de leurs chefs, se virent forcés de faire à pied plus de huit cents lieues. Le doute naissait presque à chaqne pas ; la crainte de se tromper tourmentait les bonnes intentions, car il fallait de longues études pour apprécier ce qu'il importait de tolérer ou de défendre,

Ce fut sur ces entrefaites que le père Adam Schall de Bell , né à Cologne en 1591, arriva à Péking. Profond mathématicien, grand astronome, il avait déjà conquis dans les provinces de la Chine une réputation d'homme universel, lorsque Xum-Chim , successeur de Tien-Ki, le chargea de corriger le calendrier de l'empire. Le Jésuite était en faveur, il en profita pour supprimer les jours fastes et néfastes, comme entachés de superstition, et pour donner plus d'extension au christianisme. A Siganfou, il avait décidé les païens eux-mêmes à construire une église ; à Péking, il sut obtenir de l'empereur un décret par lequel il était permis aux Jésuites d'annonce l'Évangile dans tous ses États. Des hommes d'élite, des savants seuk étaient destinés à cette mission. S'y consacrer, c'était presque de l’héroïsme ; car ces mers lointaines n'avaient pas encore été explorées par les navigateurs , et elles étaient fécondes en naufrages. Aussi le père Diaz écrivait-il, dans le mois d'avril 1635, au général de la compagnie, en demandant vingt missionnaires par année : « Ce ne serait pas trop si tous, par une bénédiction spéciale du ciel, pouvaient arriver vivants à Macao ; mais il n’est pas rare qu’il en meure h moitié en route, plus ou moins. Il convient donc d'en faire partir vingt par an, pour compter sur dix !. »

1 Crétineau-Joly, t, 3, c. 3.

(Liv. LXXXVIT, — De 1605 expulsés, trouvent enfin justice auprès de l'empereur. Tien-Ki an- M

à 1650 de l’ère chr

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