‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme]Chapitre 19 sur 121 · LE CATHOLICIS · texte numérisé non relu

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LE CATHOLICISME PRODUIT DE SAINTS PERSONNAGES ET DE SAINTES ŒUVRES EN AMÉRIQUE ET EN ESPAGNE.

Sous plus d'un rapport, l'Amérique était plus heureuse que la Chine et le Japon : dans l’ile de Cuba, dans l'empire du Mexique et qdans celui du Pérou, elle avait une hiérarchie canoniquement in- #lituée, tenant des conciles et des synodes et s'appliquant avec sucdès les règlements du concile de Trente, Parmi les premiers martyrs Au Japon, nous avons vu Philippe de Jésus, né à Mexico. Lima, caitale du Pérou, avait au même temps un saint pour archevêque.

4 Saint Toribio ou Turibe, second fils du seigneur de Mogrobeyo, Miocèse de Léon, en Espagne, naquit le 16 novembre 1538. Il fit Æonnaitre dès sun enfance un goût décidé pour la vertu et une Æxtrême horreur du péché. Ayant un jour rencontré une pauvre demme transportée de colère à l’occasion d'une perte qu'elle venait @e faire, il lui parla de la manière la plus touchante sur la faute œu'elle commettait, et lui donna, pour l'apaiser, la valeur de la chose qu'elle avait perdue. Il avait une tendre dévotion à la sainte Vierge ; Æhaque jour il récitait son office avec le rosaire, et il jeünait tous les Bamedis en son honneur. Pendant qu’il fréquentait les écoles publiques, il se retranchait une partie de son diner, quoique très-frugal, pour en assister les pauvres. Il portait si loin les austérités de la Mmorlitication qu’on était obligé de modérer son zèle. Il commença #es hautes études à Valladolid, et alla les achever à Salamanque. Le Woi Philippe I, qui le connut de bonne heure, en faisait un cas par- Æiculier. Il récompensa son mérite par des places distinguées, et le fit président ou premier magistrat de Grenade. Le saint remplit cette Charge durant l’espace de cinq ans avec une intégrité, une prudence Ætune vertu qui lui acquirent une estime générale. C'était ainsi que Dieu préparait les voies à son élévation dans l'Église.

Le Pérou avait été conquis par des aventuriers d'Espagne, d’au- Mres aventuriers étaient venus s’y établir : de Ià bien des maux, à pu la religion devait porter remède. L'archevéché de Lima était acant ; saint Turibe y fut nommé par le roi. Jamais peut-être on Me vit de choix plus universellement approuvé. On regardait Turibe

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comme le seul homme capable de guérir les maux de cette église, Le saint fut consterné en apprenant la nouvelle de sa nomination :! * se jeta au pied de son crucifix, et là, fondant en larmes, il pra Dieu de ne pas permettre qu’on lui imposât un fardeau qui ne pou! vait manquer de l’écraser. Il écrivit au conseil du roi des lettres ol! il représentait son incapacité avec les couleurs les plus fortes; il passait ensuite aux canons de l'Église, qui défendent expressémen)| d'élever des laïques à l'épiscopat. Mais on n'eut point égard às! Meur opposa qu lettre, et il fallut qu'il donnât son consentement. Son humilité, toute! “cher de la sainte fois, ne resta pas sans récompense; elle fut pour lui la source de @} Monnaient à la l

grâces abondantes dont l'effet se manifesta depuis dans l’exercice de son ministère.

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| que Jésus-Christ Turibe voulut recevoir les quatre ordres mineurs en quatre di! on tribunai nos

manekss différents, afin d’avoir le temps d'en faire les fonction; du monde, mais il reçu: ensuite les autres ordres, puis fut sacré évêque. Il s’embar! “duite, le saint ar que sans délai pour Je Pérou, et prit terre près de Lima, en 1581.1 des plus invétér était à la quarante-troisième année de son âge. Le diocèse de Lin! Mnaximes de l'Év a cent trente lieues d’étendue le long des côtes, et comprend, out! Mrveur digne de plusieurs villes, une multitude innombrable de villages et dehamean « Turibe, pour dispersés sur la double chaîne des Andes, qui passent pour les pli Æconforma en tot hautes montagnes de l’univers. Le saint archevêque ne désespér Mnaires, des églis point à la vue de cette immense région, qu'embarrassaient bien dé éré dans les act ronces et des épines. Une prudence consommée, jointe à un 2! es jours les pau actif et vigoureux, lui aplanit toutes les difficultés. Peu à peu il vi! bonté paternelle à boui d’extirper les scandales publics et d'établir le règne de | “peste ayant atta piété sur les ruines du vice. Immédiatement après son arrivée, 4 essaire, afin de entreprit la visite de son vaste diocèse. Il ne serait pas possible à Amanda la pénite donner une juste idée des fatigues et des dangers qu’il eut à essuye assista aux proc! On le voyait gravir sur des montagnes escarpées, couvertes de glat! crucifix, il s’offr ou de neige, afin de porter des paroles de consolation et de vie da ! ces actes de reli, les pauvres cabanes des Indiens. Presque toujours il voyageait à piel “extraordinaires, et comme les travaax apostoliques ne fructifient qu’antant que Dia Il affrontait le les seconde, il priait et jeûnait sans cesse pour attirer la miséricork dcurer à une âm divine sur les âmes confiées à ses soins. Il mettait partout des par {ner sa vie pour s

teurs savants et zélés, et procurait le secours de l'instruction et de À de tout souffrir | sacrements à ceux qui habitaient les rochers les plus inaccessibles \r effusion de son Persuadé que le maintien de la discipline influe beaucoup sur ls “erraient sur les mœurs, il en fit un des objets les plus importants de sa sollicitude timents du bon

Conformément au concile de Trente et à un bref de Grégoire Xill À pérance de les r il régla qu’à l'avenir on tiendrait tous les deux ans des synodes di et des dangers césains, et des conciles provinciaux tous les sept ans. Il était inflexibi } sans crainte d'af Par rapport aux scandales du ciergé, surtout lorsqu'il s'agissait & ! Ü fittrois fois la

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varice. Dès que les droits de Dieu ou du prochain étaient lésés, il n prenait la défense sans avoir égard à la qualité des personnes : il ‘se montrait tout à la fois et le fléau des pécheurs publics et le pro- Mecteur des opprimés. La fermeté de son zèle lui suscita des perséfcutions de la part des gouverneurs du Pérou, gens qui, avant l’artrivéo du vertueux vice-roi François de Tolède, ne rougissaient pas “de tout sacrifier à leurs passions et à leurs intérêts particuliers. II ne Jeur opposa que la douceur et la patience, sans toutefois rien relà- “cher de la sainteté des règles ; et comme quelques mauvais Chrétiens donnaient à la loi de Dieu une interprétation qui favorisait les pen- “chants déréglés de la nature, il leur représenta, d'après Tertullien, “que Jésus-Christ s'appelait la vérité et non pas la coutume, et qu’à fson tribunal nos actions seraient pesées, non dans la fausse balance ‘du monde, mais dans la balance du sanctuaire. Avec une telle con- Muite, le saint archevêque ne pouvait manquer d’extirper les abus des plus invétérés : aussi les vit-on disparaître presque tous. Les Mmaximes de l'Évangile prirent le dessus, et on les pratiquait avec une “ferveur digne des premiers siècles du édstianiane “ Turibe, pour étendre et pour perpétuer l’ouvrage de son zèle, se conforma en tout aux règles du concile de Trente, fonda des sémi- “naires, des églises, des hôpitaux, sans vouloir que son nom fût in- Kéré dans les actes de fondation. Lorsqu'il était à Lima, il visitait tous des jours les pauvres malades des hôpitaux ; il les consolait avec une Honté paternelle et leur administrait lui-même les sacrements. La “peste ayant attaqué une partie de son diocèse, il se priva de son nécessaire, afin de pourvoir aux besoins des malheureux. li recomimanda f: pénitence comme le seul moyen d’apaiser le ciel ivrité; il lassista aux processions fondant en larmes, et, les yeux fixés sur un fr il s’offrit à Dieu pour la conservation de son troupeau. A ces actes (le religion il joignit des prières, des veilles et des jeûnes extraordinaires, qu’il continua tant que la peste fit sentir ses ravages. Il'affrontait les plus grands périls quand il était question de produrer à une âme le plus petit avantage spirituel. Il eût voulu donner sa vie pour son troupeau, et il était sans cesse dans la disposition de tout souffrir pour l'amour de celui qui a racheté les hommes par |effusion de son sang. Lorsqu'il apprenait que de pauvres Indiens 2 crraient sur les montagnes et dans les déserts, il entrait dans les sen- .timents du bon pasteur et allait chercher ces brebis égarées. L’espérance de les ramener au bercail le soutenait au miliu des fatigues »et des dangers qu’il était obligé d’essuyer. On le voyait parcourir » sans crainte d’affreuses solitudes, habitées par les lions et les tigres. 1 1 fittrois fois la visite de son diocèse. La première de ses visites dura

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sept ans, la seconde cinq, et la troisième un peu moins. La conver.

sion d’une multitude innombrable d’infidèles en fut le fruit. Le saint, 4 nisation rappor

étant en route, s’occupait ou à prier ou à s’entretenir de choses spiri. | 1 plusieurs malac tuelles. Son premier soin, en arrivant quelque part, était d'aller . la vertu de son l’église répandre son cœur au pied des autels. L'instruction des pau! ! cent XI, et canc vres le retenait quelquefois deux ou trois jours dans le même endroit, | Dans son épis quoiqu'il y manquât des choses les plus nécessaires à la vie. Les lieux} # tint trois concile les plus inaccessibles étaient honorés de sa présence. En vain lui re! € inérique, et tre présentait-on les dangers auxquels il exposait sa vie, il répondait quel paux ecclésiasti. Jésus-Christ étant descendu du ciel pour le salut des hommes, un px! © du Nouveau-Mc teur devait être disposé à tout souffrir pour sa gloire. Il préchait a} d ribe de Lima, c catéchisait avec un zèle infatigable, et ce fut pour se mettre en éta * au clergé et au | de mieux remplir cette importante fonction qu’il apprit, dans un el ‘ et cela dans l'es fort avancé, les différentes langues que parlaient les sauvages di} © Le concile œcur Pérou. fi disait tous les jours la messe avec une piété angélique, fa! “les trois ans, c sant une longue méditation avant et après cette grande action. Ilw! * distance des lier confessait ordinairement tous les matins, pour se purifier plus par. ‘ne tenir celui d faitement des moindres souillures. La gloire de Dieu était la fin del Æ province tous le toutes ses paroles et de toutes ses actions, ce qui rendait sa prièr! ” provincial à Lin continuelle. Néanmoins il avait encore des heures marquées pou! “Trente : le prem prier ; alors il se retirait en son particulier et traitait avec Dieu de sa Lnière session eu besoins, ainsi que de ceux de son troupeau. Dans ces moments, un er! Wsomption de la s tain éclat extérieur brillait sur son visage. Son humilité ne le cédai .nière, le dix-hui point à ses autres vertus : de là ce soin extrême à cacher ses mortif.. {Dans la premièr cations et ses autres bonnes œuvres. Sa charité pour les pauvres étai Antoine de Sain immense : sa libéralité les embrassait tous indistinctement. Il s’inté Mévèque de Cuscc ressait cependant d'une manière particulière aux besoins des pauvre … Alphonse Guerra honteux. première sessioi Saint Turibe tomba malade à Santa, ville qui est à cent dix lieues { Pegna, qui prit s de Lima : il était alors occupé à faire la visite de son diocèse. Il pré! maladie et de vie dit sa mort, et promit une récompense à qui lui apprendrait quel “arrivèrent Fran médecins désespéraient de sa vie. Il donna à ses domestiques tout "nierde Avalos, é qui servait à son usage ; le reste de ses biens fut légué aux pauvres /}e quinze août 1! Il voulut être porté à l'église pour y recevoir le saint viatique ; mas la même année.

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Foi

il fut obligé de recevoir l'extrême-onction dans son lit, Il répétat! © Dans la premi continuellement ces paroles de saint Paul : Je désire d'être affranch} !de Trente touch des liens du corps, pour me réunir à Jésus-Christ, Dans ses dernien! rent leur profes moments, il fit chanter par ceux qui étaient autour de son lit cs! ‘de Tolède sur la

autres paroles : Je me suis réjoui à cause Ce ce qui m'a été dit : Now! D: cette premièr irons dans la maison du Seigneur, Il mourut le 23 mars 1606, 1! ‘deux congrégatic disant avec le prophète : Seigneur, je remets mon âme entre vos

mains, L'année suivante, on transporta son corps à Lima, et il fut réchens

.vOGescard, 23 n

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