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I, — De 160$ à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
les hom. M recours à un autre moyen pour gagner des âmes. Ils avaient remarée, et que PM qué que les Sauvages de ces bords étaient fort sensibles à la musique: ar ceux de PA on dit même que les eaux du Paraguay rendent la voix plus belle. 4, 5 à Les missionnaires s’embarquèrent donc sur des pirogues avec les ar ressem. BE nouveaux catéchumènes ; ils remontèrent les fleuves en chantant des éroce, ellk PM cantiques. Les néophytes répétaient les airs, comme des oiseaux r sa chute, A privés chantent pour attirer dans les rets de l’oiseleur les oiseaux saumaine que PA vages. Les Indiens ne manquèrent point de se venir prendre au doux LA piége. Ils descendaient de leurs montagnes et accouraient au bord Rio de 1 PA des fleuves pour mieux écouter ces accents : plusieurs d’entre eux se èrent dans 4 jetaient dans les ondes, et suivaient à la nage la nacelle enchantée. 2 un bré. M8 L'arc et la flèche échappaient de la main du Seuvage : l’avant-goût ite, et sans JE des vertus sociales et les premières douceurs de l'humanité entraient s peignent PA dans son âme confuse ; il voyait sa femme et son enfant pleurer d’une es marécr PA joie inconnue; bientôt, subjugué par un attrait irrésistible, il tomissant de PM bait au pied de la croix, et mélait des torrents de larmes aux eaux ipices, a PSrégénératrices qui coulaient sur sa tête. u lieu dPÆ Ainsi la religion chrétienne réalisait dans les forêts de l'Amérique MU ce que la fable raconte des Amphion et des Orphée ; réflexion si naiturelle, qu’elle s’est présentée même aux missionnaires : tant il est certain qu'on ne dit ici que la vérité, en ayant l’air de raconter une fiction.
Les premiers Sauvages qui se rassemblèrent à la voix des Jésuites
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is, il s'en PAfurent les Guaranis, peuples répandus sur les bords du Paranapané, ne grand PAdu Pirapé et de l’Uraguay. Ils composèrent une bourgade sous la nartyr. direction des Pères Maceta et Catald ino, dont il est juste de conserver inaient ls PAMES noms parmi ceux des bienfaiteurs des hommes. Cette bourgade prêtre in AAIut appelée Lorette ; et, dans la suite, à mesure que les églises in- 1 que l'a Példiennes s’élevèrent, elles furent comprises sous le nom général de n enchar MHiéduction. On en compta jusqu’à trente en peu d'années, et elles ligieux le PCformèrent entre elles cette république chrétienne qui semblait un reste st. S'il nPde l'antiquité découverte au Nouveau-Monde. Elles ont confirmé ouvert, el ous nos yeux cette vérité connue de Rome et de la Grèce, que c’est peu à pa B'Aavec la religion, et non avec des principes abstraits de philosophie, un aimant PMSqu'on civilise les hommes et qu’on fonde les empires. > mission Chaque bourgade était gouvernée par deux missionnaires, qui dide la sur- BMrigeaient les affaires spirituelles et temporelles des petites républipour jouit EMiques. Aucun étranger ne pouvait y demeurer plus de trois jours ; et ° D pour éviter toute intimité qui eût pu corrompre les mœurs des nouils eurent PAveaux Chrétiens, il était défendu d'apprendre à parler la langue
Spagnole ; mais les néophytes savaient la lire et l'écrire correctepment, — Dans chaque Réduction il y avait deux écoles : l’une pour
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94 HISTOIRE UNIVERSELLE ![Liv.LXXXVEL. — De 1605
les premiers éléments des lettres, l'autre pour la danse et la musique, Ce dernier art, qui servait aussi de fondement aux lois des anciennes républiques, était particulièrement: cultivé par les Guaranis. Ils sa. vaient faire eux-mêmes des orgues, des’ harpes, des flûtes, des guitares et nos instruments guerriers.
: Dès qu'un enfant avait atteint l’âge de sept ans, les deux solglèns étudiaient son caractère. S'il paraissait propre aux emplois mécaniques, on le fixait dans un des ateliers de la Réduction, et dans celuilà même où son inclination le portait. Il devenait orfévre, doreur, B* horloger, serrurier, charpentier, menuisier, tisserand, fundeur, Ces EN ateliersavaient eu pour instituteurs les Jésuites eux-mêmes. Ces Pères Bi avaient appris exprès les arts utiles pour les enseigner à leurs Indiens, Sans être obligés de recourir à des étrangers. Les jeunes gens qui préféraient l’agriculture étaient enrôlés dans la tribu des laboureurs, et ceux qui retenaient quelque humeur vagabonde de leur première vie erraient avec les troupeaux. Les femmes travaillaient, séparées des hommes, dans l’intérieur de leurs ménages. Au commencement de Ba chaque semaine, on leur distribuait une certaine quantité de laine e
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de coton, qu’elles devaient rendre le samedi au soir, toute prête à B&
être mise en œuvre; elles s’employaient aussi à des soins champêtres, BA y qui occupaient leurs loisirs sans surpasser leurs forces.
tains jours fixes, on donnait à chaque famille les choses nécessaires i b” la vie. Un des deux missionnaires veillait à ce que les parts fussen proportionnées au nombre d’individus qui se trouvaient dans chaque cabane. Les travaux commençaient et cessaient au son de la cloche Elle se faisait entendre au premier rayon de l'aurore. Aussitôt le enfants s’assemblaient à l'église, où leur concert matinal dura comme celui des petits oiseaux, jusqu’au lever du soleil. Les homme et les femmes assistaient ensuite à la messe, d’où ils se rendaienti leurs travaux. Au baisser du jour, la cloche rappelait les nauveau citoyens à l’autel, et l'on chantait la prière du soir à deux parties 4 en grande musique.
. La terre était divisée en phare lots, et chaque famille cultivatk un de ces lots pour ses besoins. Il y avait en outre un champ publi appelé la Possession de Dieu. Les fruits de ces terres communal: B étaient destinés à suppléer aux mauvaises récoltes et à entretenir ls veuves, les orphelins et les infirmes. Ils servaient encore de fond pour la guerre. S'il restait quelque chose du trésor public au bout dt l’année, on appliquait ce superflu aux dépenses du culte et à la dé charge du tribut de l’écu d'or que chaque famille payait au roi d’ pagne.
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L — De 1605 à 1650 de l'ère chr.}] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 95
musique, Un cacique ou chef de guerre, un corrégidor pour l'administration anciennes PA de la justice, des régidores et des alcades pour la police et la direc- 8. Îls sa. DS tion des travaux publics formaient le corps militaire, civil et politique des gui ES des Réductions. Ces magistrats étaient nommés par l'assemblée générale des citoyens; mais il paraît qu’on ne pouvait choisir qu'entre religieux PA les sujets proposés par les missionnaires : c'était une loi empruntée s mécani. PM Qu sénat et du peuple romains. Il y avait en outre un chef nommé ans celui- Pi fiscal, espèce de censeur public élu par les vieillards. Il tenait un re- , doreur, PA gistre des hommes en âge de porter les armes. Un feniente veillait sur deur. Ces PA les enfants ; il les conduisait à l’église et les accompagnait aux écoles, Ces Pères BE en tenant une longue baguette à la main ;ilrendait compte aux mis- 8 Indiens, PE sionnaires des observations qu'il avait faites sur les mœurs, le caracgens qui PA tère, les qualités et les défauts de ses élèves. boureurs, : Enfin la bourgade était divisée en plusieurs quartiers, et chaque | première à quartier avait un surveillant. Comme les Indiens sont naturellement parées des PE indolents et sans prévoyance, un chef d'agriculture était chargé de cement de PME visiter les charrues et d’obliger les chefs de famille à ensemencer de laine à BA leurs terres. | ite préteiBf En cas d'infraction aux lois, la première faute était punie par une ampêtres, M réprimande secrète des missionnaires ; la seconde, par une péni- DA tence publique à la porte de l'église, comme chez les premiers fidèles : à cer PA les; la troisième, par la peine du fouet. Mais pendant un siècle et demi cessairesi PA qu'a duré cette république, on trouve à peine un exemple d’un Inrts fussent Le dien qui ait mérité ce dernier châtiment, « Toutes leurs fautes sont ns chaque PE des fautes d'enfants, dit le père Charlevoix : ils le sont toute leur vie en bien des choses, et ils en ont d’ailleurs toutes les bonnes qualités.» Les paresseux étaient condamnés à cultiver une plus grande portion du champ commun ; ainsi une sage économie avait fait tourner les défauts mêmes de ces hommes innocents au profit de la prospérité publique.
On avait soin de marier les jeunes gens de bonne heure, pour éviter le libertinage. Les femmes qui n'avaient pas d'enfants se retiraient, pendant l'absence de leurs maris, à une maison particulière, appelée Maison de refuge. Les deux sexes étaient à peu près séparés, comme dans les républiques grecques ; ils avaient des bancs distincts à l'église, et des portes différentes par où ils sortaient sans se confondre. Tout était réglé, jusqu’à l'habillement, qui convenait à la [modestie sans nuire aux grâces. Les femmes portaient une tunique blanche, rattachée par une ceinture ; leurs bras et leurs jambes étaient nus; elles laissaient flotter leurs cheveux, qui leur servaient de voile, Les hommes étaient vêtus comme les anciens Castillans. Lorsqu'ils allaient au travail, ils couvraient ce noble habit d'un sarrau
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96 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVII, — De 160$
de toile blanche. Ceux qui s'étaient distingués par des traits de cou. rage ou de vertu portaient un sarrau couleur de pourpre. k Les Espagnols et surtout les Portugais du Brésil faisaient des BA courses sur les terres de la République chrétienne, et enlevaient souvent des malheureux qu'ils réduisaient en servitude. Résolus de mettre fin à ce brigandage, les Jésuites, à force d’habileté, obtinrent de la cour de Madrid la permission d’armer leurs néophytes. Ils se procurèrent des matières premières, établirent des fonderies de ca. nons, des manufactures de poud:e, et dressèrent à la guerre ceux qu’on ne voulait pas laisser en paix. Une milice régulière s'assembl tous les lundis pour manœuvrer et vasser la revue devant un c cique. Il y avait des prix pour les archers, les porte-lances, les fron. deurs, les artilleurs, les mousquetaires. Quand les Portugais revinrent, au lieu de quelques laboureurs timides et dispersés, ils trou. B vèrent des bataillons qui les taillèrent en pièces et les chassèrent R jusqu’au pied de leurs forts. On remarqua que la nouvelle troupe R ne reculait jamais, et qu’elle se ralliait, sans confusion, sous le feu B de l'ennemi. Elle avait même une telle ardeur, qu’elle s’emportai dans ses exercices militaires, et l’on était souvent obligé de les in- Pa terrompre de peur de quelque malheur. FA On voyait ainsi au Paraguay un état qui n'avait ni les danger Li d’une constitution toute guerrière, comme celle des Lacédémoniens, P# ni les inconvénients d'une société toute pacifique, comme la frater. nité des Quakers. Le problème politique était résolu : l’agricultux b: qui fonde et les armes qui conservent se trouvaient réunies. Le PA Guaranis étaient cultivateurs sans avoir d'esclaves, et guerriers sans LM être féroces : immenses et sublimes avantages qu'ils devaient à la re- PA ligion chrétienne, et dont n'avaient pu jouir, sous le polythéisme, ni Ba les Grecs ni les Romains. # Ce sage milieu était partout observé : la République chrétienne n'+ tait point absolument agricole, ni tout à fait tournée à la guerre, nl privée entièrement des lettres et du commerce ; elle avait un peu de tout, mais surtout des fêtes en abondance. Elle n'était ni moros comme Sparte, ni frivole comme Athènes; le citoyen n’était ni accablé par le travail ni enchanté par le plaisir. Enfin les missionnaires, en bornant la foule aux premières nécessités de la vie, avaient sl distinguer dans le troupeau les enfants que la nature avait marqué E pour de plus hautes destinées. Ils avaient, ainsi que le conseille Platon, E mis à part ceux qui annonçaient du génie, afin de les initier dansls sciences et les lettres. Ces enfants choisis s’appelaient /a Congréqution; ils étaient élevés dans une espèce de séminaire, et soumis à l rigidité du silence, de la retraite et des études des disciples de Pythæ
à 1650 de l’êre ch
gore. Il régnait nace d’être re désespoir. C’ét jour les prêtre:
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Le cimetière vironné de mur régnait tout au allées de citron chapelle où lo:
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