‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme]Chapitre 24 sur 121 · ENS · texte numérisé non relu

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à 1650 de l’êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 97

gore. Il régnait entre eux une si grande émulation, que la seule menace d'être renvoyé aux écoles communes jetait un élève dans le désespoir. C'était de cette troupe excellente que devaient sortir un jour les prêtres, les magistrats et les héros de la patrie.

Les bourgades des Aéductions occupaient un assez grand terrain, généralement au bord d’un fleuve et sur un beau site. Les maisons étaient uniformes, à un seul étage, et bâties en pierres; les rues étaient larges et tirées au cordeau. Au centre de la bourgade se trouvait la place publique, formée par l’église, la maison des Pères, l’arsenal, le grenier commun, la maison de refuge et l’hospice pour les étrangers. Les églises étaient fort belles et fort ornées; des tableaux, séparés par des festons de verdure naturelle, couvraient les murs. Les jours de fête, on répandait des eaux de senteur dans la nef, et le sanctuaire était jonché de fleurs de lianes effeuillées.

Le cimetière, placé derrière le temple, formait un cucré long environné de murs à hauteur d'appui; une allée de palmiers et de cyprès régnait tout autour, et il était coupé dans sa longueur par d’autres allées de citronniers et d’orangers : celle du milieu conduisait à une chapelle où l’on célébrait tous les lundis une messe pour les morts. Des avenues des plus beaux et des plus grands arbres purtaient de l'extrémité des rues du hameau et allaient aboutir à d’autres chapelles bâties dans la campagne et que l’on voyait en perspective. Ces monuments religieux servaient de termes aux processions les jours

de grandes solennités. Le dimanche, après la messe on faisait les

fiançailles et les mariages, et le soir on baptisait les catéchumènes et les enfants. Ces baptêmes se faisaient, comme dans la primitive Église, par trois immersions, les chants et le vêtement de lin.

Les principales fêtes de la religion s'annonçaient par une pompe extraordinaire. La veille, on allumait des feux de joie ; les rues étaient

4 illuminées, et les enfants dansaient sur la place publique. Le lende-

main, à la pointe du jour, la milice paraissait en armes. Le cacique de guerre, qui la précédait, était monté sur un cheval superbe, et marchait sous un dais que deux cavaliers portaient à ses côtés. A midi, après l’office divin, on faisait un festin aux étrangers, s’il s’en

trouvait quelques-uns dans la république, et l’on avait permission de

boire un peu de yin. Le soir, il y avait des courses de bagues, où les deux pères assistaient pour distribuer les prix aux vainqueurs. À

] l'entrée de la nuit, ils donnaient le signal de la retraite, et les familles, | heureuses et paisibles, allaient goûter les douceurs du sommeil.

Au centre de ces forêts sauvages, au milieu de ce petit peuple

antique, la fête du Saint-Sacrement présentait surtout un spectacle extraordinaire, Les Jésuites y avaient introduit les danses, à la ma-

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