‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme]Chapitre 25 sur 121 · FA · texte numérisé non relu

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nière des Grecs, parce qu'il n’y avait rien à craindre pour les mœurs chez des Chrétiens d’une si grande inaocence. Nous ne changerons

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« J'ai dit qu'on ne voyait rien de précieux à cette fête ; toutes les PM 57e “1arlevo beautés de la simple nature sont ménagées avec une variété qui la PS à partager le p représente dans son lustre ; elle y est même, si j'ose ainsi parler, F de pour toute vivante ; car sur les fleurs et les branches des arbres qui com. PM 965 ire posent les arcs de triomphe sous lesquels le Saint-Sacrement passe, Ji Reg Le on voit voltiger des oiseaux de toutes les couleurs, qui sont attachés 2. pe ami re par les pattes à des fils si longs , qu’ils paraissent avoir toute leur ni me bé rer liberté, et être venus d'eux-mêmes pour mêler leur gazouillement BR désert, et les ct au chant des musiciens et de tout le peuple, et bénir à leur manière l tude, ces Indie celui dont la providence ne leur manque jamais. D'espace en D@ " *"ait he et espace, on voit des tigres et des lions bien enchainés, afin qu'ils ne PM pe troublent point la fête, et de très-beaux poissons qui se jouent dans * f 44 û de grands bassins remplis d’eau : en un mot, toutes les espèces de PM "M" UPS au s

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créatures vivantes y assistent, comme par députation, pour y rendre hommage à l'homme-Dieu dans son auguste sacrement.

« On fait entrer'aussi dans cette décoration toutes les choses dont on se régale dans les grandes réjouissances, les prémices de toutes les récoltes pour les offrir au Seigneur, et le grain qu'on doit semer, afin qu’il donne sa bénédiction. Le chant des oiseaux, le rugissement des lions, le frémissement des tigres, tout s'y fait entendre sans confusion et forme un concert unique... Dès que le Saint-Sacrement est rentré dans l’église, on présente aux missionnaires toutes les choses comestibles qui ont été exposées sur son passage. Ils en font porter aux malades tout ce qu'il y a de meilleur ; le reste est partagé à tous les habitants de la bourgade. Le soir , on tire un feu d'artifice, ce qui se pratique dans toutes les grandes solennités et au jour des réjouissances publiques. »

Avec un gouvernement si paternel et si analogue au génie simple et pompeux du Sauvage, il ne faut pas s'étonner que les nouveaux Chrétiens fussent les plus purs et les plus heureux des hommes, Le changement de leurs mœurs était un miracle opéré à la vue du Nouveau-Monde. Cet esprit de cruauté et de vengeance, cet abandon aux vices les plus grossiers, qui caractérisent les hordes indiennes, s'étaient transformés en un esprit de douceur, de patience et de chasteté. On jugera de leurs vertus par l'expression naïve de l'évêque de Buenos-Ayres. « Sire, écrivait-il à Philippe V, dans ces peuplades nombreuses, composées d'Indiens naturellement portés à toutes sortes de vices, il règne une si grande innocence, que je ne crois pas qu'il s’y commette un seul péché mortel, »

de | 1 Châteaubriand, Hist, nat., t. 20 ; de . 2, p. 229. Amster.

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Chez ces Sauvages chrétiens, on a: voyait ni procès ni querelles : Un le tien et le mien n'y étaient pas même connus ; car, ainsi que l'observe Charlevoix, c'est n'avoir rien à soi que d’être toujours disposé à partager le peu qu'on a avec ceux qui sont dans le besoin. Abondamment pourvus des choses nécessaires à la vie ; gouvernés par les mêmes hommes qui les avaient tirés de la barbarie, et qu'ils regardaient, à juste titre, comme des espèces de divinités ; jouissant dans leurs familles et dans leur patrie des plus doux sentiments de la nature, connaissant les avantages de la vie civile sans avoir quitté le désert, et les charmes de la société sans avoir perdu ceux de la solitude, ces Indiens se pouvaient vanter de jouir d'un bonheur qui n'avait point eu d'exemple sur la terre. L'hospitalité, l'amitié, la justice et les tendres vertus découlaient naturellement de leurs cœurs à la parole de la religion, comme les oliviers laissent tomber leurs fruits mûrs au souffle des brises. Muratori a peint d’un seul mot cette @ république chrétienne en intitulant la description qu'il en a faite: | Le Christianisme heureux 1,

Muratori et Châteaubriand ne sont pas les seuls à célébrer les missions du Paraguay et les autres, Buffon écrira : « Les missions ont formé plus d'hommes dans les nations barbares que n'en ont 4 détruit les armées victorieuses des princes qui les ont subjuguées. La douceur, la charité, le bon exemple , l’exercice de la vertu constamment pratiqués chez les Jésuites ont touché les Sauvages et vaincu leur défiance et leur férocité; ils sont venus d'eux-mêmes Ademander à connaître la loi qui rendait les hommes si parfaits, ils se sont soumis à cette loi et réunis en société. Rien n’a fait plus d’hon- DAneur à la religion que d’avoir civilisé ces nations et jeté les fondements d'un empire sans autres armes que celles de la vertu ?, » Le protestant Robertson dira au fond de l'Écosse : « C’est dans le Nouveau-Monde que les Jésuites ont exercé leurs talents avec le plus d'éclat et de la manière la plus utile au bonheur de l'espèce humaine. Les conquéœrants de cette malheureuse partie du globe n'avaient eu d'autre æobjet que de dépouiller, d’enchainer, d'exterminer ses habitants : es Jésuites seuls s’y sont établis dans des vues d'humanité 3. » Enfin, l'oltaire lui-même ne pourra s'empêcher de dire : « L'établissement ans le Paraguay par les seuls Jésuites espagnols paraît à quelques égards le triomphe de l'humanité #, »

Le Nouveau-Monde voyait alors une merveille peut-être plus éton-

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