‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme]Chapitre 28 sur 121 · RE ACIER · texte numérisé non relu

RE ACIER

à 1060 de j'âre obr,] DE L'ÉGLINE CATHOLIQUE, 103

Journée ; lan lépreux, les postiférés furent ses enfants de prédilectlon; males ce vieillard, qui avait vu l'humanité sous tant de phases hideusos, no tarda point à ressentir les douleurs qu'il avait st souvont apalsdes, 1 perdit pou à pou l'usage de ses jambes et de ses brun, puis enfin I explra le septembre 1614,

ILavait confondu dans le même amour le colon et l'esclave, le Blanc et le Noir, On les vit so réunir tous dans un même sentiment d'admiration, de deuil ot de piété autour de son tombeau, Les magistrata de Curthagène, ie gouverneur, don Pédro de Zapata, à leur tête, sollicitôrent l'honneur de faire aux frais de ln ville les obsèques de l'apôtre do l'humilité, Les Nôgres, les marrons eux-mêmes ou osclaves fugitifh, 0 joignirent à la pompe funèbre, et de chaque palais ainai que de chaque case il ne #’échappa qu'un cri de vénération et de reconnaisnnnce pour ce déauite qui avait tant gloritié l'humanité, En 4747, Benoît XIV confirme le décret de ln congrégation des ritos, qui déclare suflisantes les preuves du degré d’héroïsme dans lequel Pierre Claver a possédé toutes les vertus. Pie IX vient de le béat fler 4,

Lo bienhoureux Alphonse Rodriguèz, qui fut son maître spirituel, exerça d'abord la profession de marchand drapier dans la ville de Ségovie, en Espagne, où il prit naissance le 25 juillet 45341, Mais Dieu, qui l'appelait à une vie plus parfaite, permit qu'il lui arrivât uno suite d'épreuves qui devaient le détacher entièrement du monde. ILessuya plusieurs pertes considérables dans son commerce, puis la mort vint lui enlever son épouse et une fille qu'il chérissait tendrement, Cependant il lui restait un Als, et c'était une puissante consolation pour un cœur si afigé ; mais il mourut peu de temps

| après sa mère et sa sœur, Alphonse, adorant la main de Dieu qui le

fappait, s'appliqua, dès lors uniquement aux œuvres de la mortification chrétienne, et se livra aux plus grandes austérités. I passa trois ans dans cet état, consultant Dieu et le priant de lui faire connaître sa volonté, C'est alors qu'il fit choix de la compagnie de Jésus, dans laquelle il entra l'an 1569, et prononça ses derniers vœux le à avril 1585, Ses supérieurs lui confièrent la charge de portier au collège de Majorque, et le saint religieux en remplit les humbles fonctions, jusqu'à la fin de sa vie, pendant un très-grand nombre d'années, C'est dans ce poste, en apparence si bas et si méprisable, qu'il S'éleva à la plus haute sainteté, ayant sans cesse la pensée de Dieu présente à l'esprit, vivant dans une mortification continuelle, obéissant avec une humilité parfaite à ses supérieurs, et montrant

!Crétineau-Joly, t, 8, e. 4,

dans ses oraisons; mais les dons de Dieu n’enflaient point son cœur: Alphonse Rodriguèz se regardait comme le plus grand des pécheurs,

et les faveurs dont il était l’objet de la part du Seigneur ne servaient

qu’à lui inspirer des sentiments d’un plus profond abaissement. Ce saint religieux mourut le 31 octobre 1617, âgé de quatre-vingt. six ans, et fut dès lors l’objet d’une vénération toute particulière, tant de la part du peuple de ce pays que de la part de ses frères, Dès l’an 1627, le pape Urbain VIII fit informer sur ses vertus ; mais

il était réservé à Léon XII de l'inscrire sur le catalogue des bienheu- Bi reux : c’est ce qui a eu lieu par un décret du 29 septembre 1824! PA

L'ordre de la Trinité pour la rédemption des captifs continuait à EM donner en Espagne l'exemple de la charité. Le bienheureux Simon 5 de Roxas naquit à Valladolid en 1552. Il reçut une éducation chré. B® tienne, et entra, très-jeune encore, dans l'institut de la sainte Tri Es nité, où il se distingua par sa piété, par sa science et par son habileté là

à manier les affaires les plus difficiles. Il fut nommé confesseur de la reine Élisabeth, épouse de Philippe IL, roi d'Espagne. Ce prine

lui confia le soin de veiller sur ses deux fils, don Carlos et don Fer. L

dinand, lorsqu'il alla prendre possession du trône de Portugal Simon resta toujours le même, au milieu des grandeurs et des sé. ductions de la cour. Une épidémie venait de se déclarer dans la ville où la cour résidait : Simon vole aussitôt au secours des malades,

Alors le roi, qui craignait que le saint ne prit la maladie, lui défendi Be

d'aller aux hôpitaux ; mais Simon fit dire au monarque qu'il préfé

rait les malades à la cour, et continua de donner les soins les plus EN

empressés aux pauvres et aux malheureux. Cette conduite vraiment évangélique lui valut l’approbation des hommes les moins religieux. Il mourut dans des sentiments de piété extraordinaire, le 28 septembre 1624. Il a été béatifié par Clément XIIT, le 143 mai 1766 ?. A l’époque du bienheureux Simon de Roxas, il s’opéra une réforme dans l’ordre de la Trinité, pour reprendre la stricte observance de la règle primitive. Le fondateur en fut le bienheureux Jean-Baptiste de la Conception, né à Almodovar del Campo, près de Calatrava, diocèse de Tolède, le 40 jüin 4561. Son père, Marc Garcia, appartenait à l’une des premières familles du pays et jouissait d’une fortune considérable ; sa mère, Isabelle Lopèz, était distinguée par se vertus, et surtout par une piété fervente et une ardente charité. C&

1 Godescard, 21 octobre. — 2? Jbid., 28 septembre.

(Liv. LXXX VII. = De 1695 M

une charité sans bornes, une complaisance et une douceur inalté. L rables, soit envers ses frères, soit envers les écoliers et les étrangers qui fréquentaient le collége. Plusieurs fois on le vit ravi en extage

À 1650 de l'ère ec

deux époux vir À pays, la réputa que sainte Thé qu'elle passait

Jean-Baptist guait de tous pe Thérèse lerem:

en le lui monir à quelque jour u

| 4 d’âmes et le réf

Dès sa dixièm térités et chercl imitant leur sile Ni les remontra et l'autre craigr railleries de ses duite d’exagérat ces saintes prati

LA de la discipline,

à pierre qui lui s arrivait souvent se retrancha tot:

Jean-Baptiste pe | et la faiblesse de tomba et demeu tombeau, si Die | foi par une subi.

Cependant, au éducation, Ses p

=! quatorze ans il ax

: direction des Ca il fut envoyé par

D. fectionner encore

} Baptiste y contir … chez ses premie | efforts. Mais le j … le soin de son sal = par l’orgueil de 1.

|| de ses condiscipl

D} toujonrs il sut « Æe l'environnaient d à cieuse innocence,

—"De160 M à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 105 ar inalté. LS deux époux vivaient entre eux dans une union parfaite. Dans tout le

trangers PR pays, la réputation de leurs vertus était si répandue et si bien établie, in extas M que sainte Thérèse les avait choisis pour ses hôtes toutes les fois n CŒtir: | qu'elle passait par Almodovar del Campo.

écheurs, D Jean-Baptiste avait sept frères ; mais dès son bas âge il se distinservaient PS guait de tous par une raison précoce et une tendre piété. Aussi sainte nent. 4 Thérèse leremarqua-t-elle, et un jour entre autres elle dit à sa mère, re-vingt- ‘ en le lui monirant : Vous avez à, madame, un fils qui doit devenir ticulière, BMW quelque jour un saint personnage, le directeur d’un grand nombre s frères, BA d’âmes et le réformateur d’une grande œuvre.

as ; mais PA Dès sa dixième année, Jean-Baptiste pratiquait toutes sortes d'ausbienheu- BE térités et cherchait à prendre pour modèles les Pères du désert, en > 48241 BA imitant leur silence, leurs jeûnes et leurs pénitences extraordinaires.

tinuait à Ni les remontrances de son père, ni les larmes de sa mère, qui l’un x Simon 84 et l’autre craignaient pour sa santé dans un âge aussi tendre, ni les on chré- EME railleries de ses frères et de ses condisciples, qui traitaient sa coninte Tri BF duite d’exagération et de folie, ne purent le décider à se relâcher de | habileté ces saintes pratiques. Il portait un cilice, faisait un usage fréquent >sseur de de la discipline, et dormait sur une planche, la tête appuyée sur une € prine BE pierre qui lui servait d'oreiller. Les jours qu’il jeûnait, ce qui lui don Fer- B4 arrivait souvent, il ne prenait guère que du pain sec ; plus tard, il >ortugal se retrancha totalement l’usage du vin. Tel fut le genre de vie de t des sé. B® Jean-Baptiste pendant treize ans; mais c’en était trop pour son âge s la vilk BA et la faiblesse de sa complexion. L'état de souffrance dans lequel il malades, B& tomba et demeura pendant deux ans aurait fini par le conduire au défendit BA tombeau, si Dieu n’eût miraculeusement récompensé sa piété et sa ‘il préft- M foi par une subite et complète guérison. les plus Cependant, au milieu de ses austérités, il n’avait pas négligé son vraiment éducation. Ses progrès même avaient été si rapides, qu’à l’âge de ‘eligieux, BA quatorze ans il avait terminé ses humanités et sa philosophie, sous la + 28 sep: Et direction des Carmes déchaussés, auxquels il avait été confié. De là, 7662, DEN il fut envoyé par ses parents à l'université de Baëza, pour s'y perréforme EX fectionner encore dans la connaissance des sciences humaines. Jeanvance de D Baptiste y continua de s’adonner à l'étude avec ardeur, et, comme -Baptise BA chez ses premiers maîtres, de brillants succès couronnèrent ses alatrava, D efforts. Mais le jeune homme mettait toujours avant tous les autres , appat- Di le soin de son salut et les devoirs de la piété. Il ne se laissa ni enfler ‘une for + par l’orgueil de la science, ni corrompre ».r les exemples contagieux e par se Me de ses condisciples. Toujours il demeura aumble, pur, modeste ; writé. Ces D toujonrs il sut conserver, au milieu des danger‘ de tout genre qui > l'environnaient dans cet Âge des erreurs et des passions, cette pré » cieuse innocence, cette candeur de l'enfance, cet amour de la prière

106 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVII. — De 160$

et des saintes pratiques qui lui avaient valu dès longtemps le surnom PA

de saint enfunt.

Ses études terminées, il retourna chez ses parents, et songea sé. : rieusement à l'affaire la plus importante qui puisse occuper un jeune \ homme, le choix de sa profession ; et après de ferventes prières,

aidé des lumières et soutenu par les encouragements des personne expérimentées dont il rechercha les conseils, il résolut d’entrer dans l'ordre des Trinitaires. Pendant le cours de son noviciat, la conduite de Jean-Baptiste fut si fervente et si régulière, que les supérieurs le citaient pour modèle aux plus anciens religieux. Au bout d'un a, devenu profès et admis à la prétrise, il fut presque aussitôt chois pour remplir les fonctions importantes et difficiles de prédicateur à de directeur des âmes. Bientôt on accourut en foule à ses discours, et l'on vit une multitude de pécheurs, touchés par l'onction eth

rait la matière de ses discours, si fréquents et toujours si pleins de

doctrine et d’onction : Le livre d’où je les tire, répondit-il, c’est Jé-

sus-Christ et l’oraison. < Déjà depuis plusieurs années, la mésintelligence et l'esprit de

discorde, et, à leur suite, le relâchement, l’insubordination et mille

autres désordres s'étaient glissés dans la plupart des couvents de k Trinité. Pour chercher un remède à ces maux, les principaux mem. bres de l’ordre en Castille, en Aragon et en Andalousie, s’assemblè. rent en 1594 et prirent la résolution d'établir dans chaque provine de l’ordre deux ou trois maisons dans lesquelles la stricte observane de la règle serait rigoureusement maintenue. Ces maisons devaient être ouvertes à tous les religieux de l’ordre, et tous même seraient tenus de les habiter pendant un certain temps, au bout duquel, toutefois la faculté leur était accordée de rentrer dans leur monastère primitif

Cette amélioration, tout insuffisante qu’elle était, ne fut exécuté que très-imparfaitement. À peine quelques monastères, parmi lesquels il faut compter au premier rang celui du Val-de-Pégnas, dans le diocèse de Tolède, furent organisés selon cette réforme. Jean-Baptiste de la Conception, c’est le nom que notre saint avai pris à sa profession, ne pouvait être des derniers à l’embrasser. || se bâta d’entrer dans le monastère que nous venons de nommer. I jouissait dès lors dans tout cet ordre, et en particulier dans la communauté dont il faisait partie, de la plus haute considération ; ses talents, ses vertus, son zèle l'y faisaient considérer comme l’un dés plus fermes soutiens de la foi et de la pureté des mœurs. Son exemple produisit donc quelque effet, et des religieux des diverses parties de

à 1650 de l’èrec

l'Espagne, atti vent du Val-d montraient d’:

plir leursdevoi ils n'étaient pli daient plus qu reprendre leur.

refroidissemen considérablem chagrin, et rés

D désordre dont

accorderait au quelle on voul:

pation, il serai

force de ses paroles, venir puiser à son tribunal la grâce du pardon RM 8ré une règle :

et de la réconciliation. Quelqu'un lui demandant un jour d’où ilti. ‘

trouver plus rig Pour exécute une bulle qui dans toute sa la bienveillance homme retourr champ la main obstacles qu’il a calomnièrent, li et parvinrent, p pagne, qui lui s qu’un jour ses e scélérats qui si garrottèrent et 1 pillèrent la mai:

| bitaient.

Cependant ce:

D ses ennemis. Je « el patience une

pour établir en qui fut ensuite a

+ religieux reçure:

vaient aller nu-p

réformateur.

Jean-Baptiste

parut plongé dar

; à voix basse : O

à1650 de l'èrechr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 107

TL. — De 1605

le surnon FR l'Espagne, attirés par la réputation de ses vertus, arrivèrent au cou- 2 vent du Val-de-Pégnas, dont on lui avait confié la direction. Tous

sONgeA sé. MN montraient d'abord beaucoup de ferveur et d'empressement à rem-

“un jeune PE plir leursdevoirs F maisils se lassaient bientôt d’un genre de vie auquel

8 prières, ils n'étaient plus faits, et, au bout de quelques mois, ils ne deman-

personnes L daient plus qu'à retourner dans leur ancienne communauté, pour y

itrer dans BA reprendre leurs habitudes de relâchement. Jean, qui s’aperçut de ce à conduite BR refroidissement de zèle, et qui d’ailleurs ne tarda pas à voir diminuer érieurs le considérablement le nombre de ses néophytes, en conçut un profond , d'un an, chagrin, et résolut d'appliquer un remède énergique et radical au tôt choisi P& désordre dont il était témoin. IL comprit surtout que, tant qu'on licateur « Ai accorderait aux religieux la faculté de quitter la vie austère à ladiscours, M quelle on voulait les habituer, pour retomber dens leur molle dissition et PA pation, il serait impossible de les déterminer à suivre de leur plein lu pardon d. gré une règle qu’une longue habitude de relâchement leur faisait d'où il ti. Pt trouver plus rigoureuse qu’elle n'était en effet. pleins de R Pour exécuterce qu’il méditait, il demanda et obtint de Clément VIIL c'est Je. PA une bulle qui l’autorisait à faire revivre la règle des Trinitaires 7 + JM dans toute sa première austérité : c'était en 1398. Ainsi assuré de ’esprit de R la bienveillance du Saint-Siége et appuyé de son autorité, le saint ncét till homme retourna à son monastère du Val-de-Pégnas et mit sur le pute de L champ la main à l'œuvre. Mais il ne tarda pas à éprouver tous les ux mem. Fe obstacles qu’il avait prévus. Les moines se soulevèrent contre lui, le assembhe. ee Clomnièrent, lui firent plus d'une fois subir de mauvais traitements, » provine PM etparvinrent, par leurs menées, à indisposer contre lui la cour d’Esbservane M Pê8ne, qui lui suscita toutes sortes de difficultés. On raconte même vaient être BA qu'un jour ses ennemis, furieux de sa persévérance, envoyèrent des ent tenus B? Scélérats qui s’introduisirent dans le couvent, se saisirent de lui, le toutefoi, ÊM garrottèrent et le jetèrent dans une fosse pour l'y faire périr, ensuite » primitif, RM pillèrent la maison et chassèrent tous les religieux fervents qui l’haexécutée BA bitaient.

armi les Cependant ces odieuses machinations tournèrent à la confusion de +-Pégnas ses ennemis. Jean-Baptiste de la Conception poursuivit avec calme ré anties et patience une entreprise que Dieu favorisait, et il fut assez heureux aint. avi pour établir en peu de temps, dans huit monastères, cette réforme, srasear: | qui fut ensuite adoptée dans un très-grand nombre de maisons. Les mmer. I Bt religieux reçurent le nom de 7rinitaires déchaussés, parce qu'ils de- 8 laconr vaient aller nu-pieds, d’après le nouveau règlement tracé par le pieux tion ; sé réformateur.

e l'un dés Jean-Baptiste de la Conception, peu d’instants avant de mourir, : exempk Bai Parut plongé dans une profonde méditation, et on l’entendit répéter

parties de En à oix basse : O mon Dieu, vous savez que j'ai fait tout ce que j'ai

108 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVIL, — De 1605 pu faire! — Il mourut à Cordoue, le 14 février 1613. IL s’est opéré

plusieurs miracles sur sa tombe, et le pape Pie VII l'a béatifié],

29 avril 4819 1.

reux Michel des Saints fut prévenu dès son enfance des bénédiction du ciel. Ses parents, Henri Angemit et Marguerite de Mousserads,

qui occupaient un rang distingué dans la ville de Vic, en Catalogne Be des: C'est dns

2 moment, le bie

le firent élever dans la piété, et il n’avait que six ans lorsqu'il lew annonça la résolution qu'il avait formée de quitter le monde pour #

consacrer entièrement à Dieu. Il fit même dès ce moment le vœu de Bi chasteté perpétuelle, et s’astreignit en même temps à pratiquer tou à les jeûnes et les abstinences de l'Église. Saint François d'Assise éti R

pour lui l’objet d’une vénération particulière, et lorsqu'on lui de

mandait pourquoi, si jeune encore, il témoignait tant d’ardeur pou Be la prière et la mortification, il répondait : C'est pour imiter sai BA

François et obtenir l’amour de Dieu.

Seigneur ne l’abandonna nas et prit soin lui-même de le conserver BA au milieu des dangers et des distractions du monde. Un de ses oncls BA fut chargé de sa tutelle et le plaça chez un marchand. C’est là qu Ba cet enfant donna l'exemple des plus admirables vertus, au pont t d’exciter l’étonnement et l'admiration de tous ceux qui pouvaiai B#

être témoins de sa conduite. Fidèle et appliqué à tous les devoirs de

vait le faire, il assistait à l’office divin qui se célébrait à l’église. Son

instant sans élever son cœur à Dieu par de saintes aspirations; 4 lorsqu'il pouvait s’y livrer d’une manière plus particulière, son r+ cueillement et sa dévotion auraient édifié les anges mêmes. Su maître était pénétré de respect pour lui et le donnait pour modèle toute sa famille.

Cependant le jeune Michel crut que le Seigneur l’appelait à BA état plus parfait, et il informa son patron qu’il voulait embrass: En l’état religieux. Dans ce dessein, il se présenta d’abord à Barcelon, ï en secondes no: dans un couvent de Trinitaires, où il fut admis, et, après tnis

ans d'épreuves, il prononça ses vœux dans une autre maison à Rs

i Godescard, 14 février.

à 1650 de l’êre ch l'ordre, à Sarrs

2 encore satisfaite

: : sd 4 la réforme qui Un autre saint a illustré cette réforme des Trinitaires. Le bienheu. Bi À

heureux Jean-1 ses vœux à À envoyé à Baëza

saint ministère, la règle sévère

à ses vertus le fir ! gouvernement :

+ de piété de la ;

père et le respe moins des révél

D miracles qu'il d Il eut le malheur de perdre ses parents de bonne heure ; maisk ES He vertu si pu

2 Le bienheureux

quatre ans et fu L'ordre de N:

| eut la gloire de

gne, une illustre

| MSA Madrid en 1565, son état, respectueux et soumis envers ses maîtres, il donnait à Son père, qui a prière et aux pratiques de piété tout le temps qu'il avait de libre D de Guerava. et «

après avoir satisfait à ses autres obligations. Chaque jour il récital EM le petit office de la sainte Vierge, pieux exercice qui nourrissait « BA

tendre dévotion envers la reine des anges, et toutes les fois qu’il pot: Ré tit de bonne het

ne : : cat trême, et avant goût pour la prière était tel, qu'il ne passait, pour ainsi dire, pas us

traordinaires dè le plus tendre, e

désirait ardemr préparer ; elle 1 de mortification âge de former u ger dans le mar furent inutiles, € cette occasion, :

de la part de so

reux dessein, Ces rigueurs d

1 Godescard, 5 ju

LI, — De 1604 s’est opéré

béatifié} E

À la réforme qui venait d'être établie chez les Trinitaires par le biene bienheu. Æ

nédictions ousseradà Catalogne, squ’il leu de pour & , le vœu de

iquer tous |

\ssise était

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église, Son ire, pasur rations; 4

à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 109

l'ordre, à Sarragosse. Mais la ferveur du saint religieux n’était pas encore satisfaite, et il quitta bientôt sa communauté pour embrasser

heureux Jean-Baptiste de la Conception. Il y prononça de nouveau ses vœux à Alcala, l'an 1617, âgé alors de 28 ans; puis il fut envoyé à Baëza et à Salamanque, pour continuer et achever ses études. C'est dans cette dernière ville qu’il fut ordonné prêtre. Dès ce moment, le bienheureux Michel se livra tout entier à l'exercice du saint ministère, sans négliger les devoirs particuliers que lui imposait la règle sévère des Trinitaires déchaussés. Deux fois son mérite et

22 ses vertus le firent élire supérieur du couvent de Valladolid, et son 2 gouvernement s’y fit remarquer par un redoublement de ferveur et à de piété de la part de tous les religieux. Ils l’aimaient comme un

père et le respectaient comme un saint. Plusieurs fois ils furent té-

M} moins des révélations que le Seigneur lui faisait dans la prière et des M miracles qu'il daignait opérer par l'entremise de son pieux serviteur.

A Une vertu si pure et si parfaite devait être bientôt mûre pour le ciel.

conserve, A Le bienheureux Michel des Saints mourut en 1625, âgé de trente-

ses oncla À quatre ans et fut béatifié par Pie VI en 1779 1.

l'est Ià que PA

L'ordre de Notre-Dame de la Merci pour la rédemption des captifs

{eut la gloire de produire vers le même temps, et toujours en Espapouvaiai Ba devoirs d EX Madrid en 1565, de parents distingués par leur noblesse et leur piété. onnait àh Fe it de libre, BA de Guerava, et sa mère Jeanne Romero. Dieu la combla de grâces ex-

Fil récital D traordinaires dès son enfance. Aussi se consacra-t-elle à lui dès l’âge

urrissait si qu’il por Be

gne, une illustre sainte, la bienheureuse Marie-Anne de Jésus, née à

Son père, qui avait une charge à la cour, se nommait Louis Navarre

le plus tendre, et elle ne voulut avoir que lui pour partage. Elle sentit de bonne heure pour la sainte communion un empressement ex-

2 trême, et avant d'y avoir été admise pour la première fois, elle la

désirait ardemment. Son confesseur, pour l’éprouver, lui dit de s’y préparer ; elle le fit par des jeûnes, des disciplines et d’autres actes de mortification dont peu d’enfants sont capables. Lorsqu'elle fut en âge de former un établissement, ses parents la pressèrent de s’engager dans le mariage; mais les instances qu'ils lui firent à ce sujet furent inutiles, et, malgré tous les combats qu’elle eut à soutenir dans

N] cette occasion, malgré les mauvais traitements qu’elle éprouva, tant

de la part de son père que de celle de la femme qu'il avait épousée

=] en secondes noces, elle n’en fut pas moins constante dans son géné- 1 reux dessein,

Ces rigueurs déterminèrent Marie-Anne à embrasser l’état religieux

1 Godescard, 8 juillet.

110 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXX VII. — De 1604

comme le moyen le plus propre à la mettre à l'abri des sollicitations importunes. Elle se présenta dans cette vue à plusieurs monastères de Madrid ; mais on craignait tellement la disposition de ses parents, qu'on ne voulut la recevoir nulle part, et les autres tentatives de ce genre qu'elle fit ailleurs ne furent pas plus heureuses. Obligée done de demeurer dans la maison paternelle, cette sainte fille, qui avai alors dix-neuf ans, y mena une vie retirée et pénitente, méditant chaque jour la passion de Jésus-Christ et pratiquant de grandes aus. térités. Dieu, qui la comblait de faveurs spirituelles, permit que son corps füt accablé d’infirmités et qu’elle fût en butte aux traits les plus envenimés des méchants; mais elle supporta avec une sainte joie ces pénibles épreuves, et c'était pour elle un bonheur d'acquérir ainsi quelque ressemblance avec son divin époux.

Marie-Anne, à l’âge de quarante-deux ans, ayant enfin obtenu de son père la permission d'entrer en religion, voulut embrasser la règle de l’ordre de Notre-Dame de la Merci. Les Pères de la Merci lui procurèrent un petit logement près de leur maison. C’est dans ce lieu qu’elle fit l'essai de la vie régulière, suivant tous les exercices des religieux, dont l’avertissait la cloche du couvent, et continuant de se livrer aux saintes rigueurs de la mortification qu’elle pratiquait depuis sa jeunesse.

Après avoir ainsi passé près de huit ans à se préparer au saint état qu'elle voulait embrasser, elle prit l'habit de Notre-Dame de la Merci avec le nom de Marie-Anne de Jésus, en 1613, et l’année suivante elle fit, entre les mains du Père général de l’ordre, les trois vœux essentiels de religion. A son exemple, une autre sainte fille, qui prit le nom de Marie de Jésus, se consacra au Seigneur par les mêmes vœux, et toutes deux donnèrent ainsi commencement au pieux insti: tut des religieuses déchaussées de Notre-Dame de la Merci, qui s’étendit ensuite dans plusieurs parties d'Espagne.

La reine d’Espagne, Élisabeth de France, lui témoignait une grande confiance. Un jour qu'elle sortait du cabinet de cette princesse, elle fut obligée de passer par un appartement dans lequel se trouvaient le roi et les princes ses fils; elle montra dans cette rencontre une si grande modestie, qu’elle excita leur admiration. Elle ne désirait rien tant que d’être méprisée et regardée comme une grande pécheresse. Les objets les plus particuliers de sa compassion étaient les pécheurs, les âmes du purgatoire et les Chrétiens captifs en Afrique. Elle offrait à Dieu ses mortifications et ses prières pour la conversion des âmes engagées dans les liens du péché, pour la délivrance des fidèles défunts et pour la persévérance de ces pauvres esclaves qui, tombés au pouvoir de maîtres barbares, étaient

Ra 1650 de l’ère ch

à tout moment Une longue e

MA sainte fille, lui

vertus. Au com # mières atteintes

Mavoir donné de:

Met de soumissio:

Aneuf ans. L'opir Æuniversellement

corps et l'honor beau obligèrent

1 cès de sa béatific

née par le pape

Mau nombre des I Les frères Min

Mano, que nous a “gloire de compt dans le royaume Mains déchaussé:

bientôt découver Propagande, pre

es fruits de son

Dans, qui le mirer “Jesseur souffrit à

lades et plusieu

n 1634, le vingt:

om dans le mar

Benoit XIII en 17

Le clergé sécu ienheureux Jean Je Valence. Il na

BPédro de Ribera

rofondément reli ation de son fils.

tfervent. Le jeu:

jueuses intentions

: ptitude et beaucc

t-il envoyé, dès

Puis à celle de Se

ière par le mét

!'Godescerd, 17 avi

Da 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 111

ne à tout moment en danger de perdre le précieux trésor de la foi.

licitations Une longue et douloureuse maladie, en achevant de purifier cette

onastères sainte fille, lui fournit l'occasion de pratiquer les plus héroïques

s parents, vertus. Au commencement de l’année 1693, elle en éprouva les pre-

Fe dec D mières atteintes, et elle y succomba le dix-sept avril 1624, après

par Mavoir donné des exemples admirables de patience, de détachement Ï

édi Met de soumission à la volonté divine : elle était âgée de cinquantemire neuf ans. L'opinion qu'on avait de sa sainteté était si grande et si

ndes kit universellement répandue, que le peuple vint en foule vénérer son se Li corps et l’honora comme une sainte. Des miracles opérés à son tomk . ph Mbeau obligèrent bientôt l'autorité ecclésiastique à commencer le prote joie ces Bi

Mcès de sa béatification. Cette cause, plusieurs fois reprise, fut terminée par le pape Pie VI, qui plaça solennellement Marie-Anne de Jésus Mau nombre des bienheureux, le vingt-cinq mai 17831,

Les frères Mineurs d'Espagne, outre le bienheureux François So-

érir ainsi

btenu de rasser la

la Mere! B2n0, que nous avons vu se sanctifier en Amérique, eurent encore la ; x “&loire de compter parmi eux un martyr, saint Jean de Prado. Né

. dans ® Eians le royaume de Léon, il embrassa la règle austère des Francis- RCE Eains déchaussés de l'étroite observance. L'éclat de ses vertus eut Lu ® bientôt découvert l'obscurité de sa retraite. Il alla, par ordre de la pratiquait à Propagande, prêcher la foi dans les royauines de Fez et de Maroc. : Les fruits de son zèle l'exposèrent à toute la fureur des mahomésaint état Mans, qui le mirent en prison et le chargèrent de fers. Le saint con- : Me Mfesseur souffrit avec une patience inébranlable de cruelles bastonur hades et plusieurs autres tortures. Enfin il consomma son sacrifice Ma 1 1634, le vingt-quatre mai, jour auquel Benoît XIV a inséré son qui pritle ; hom dans le martyrologe romain. Il fut solennellement béatifié pr , mêmes “Benoit XIII en 17282.

eux inst EE Le clergé séculier d'Espagne eut son saint à la même époque, le USE Eienheureux Jean de Ribera, patriarche d'Antioche et archevêque ; de Valence. Il naquit à Séville, le treize mars 1332. Son père, don US PPT Ribera, duc d’Alcala, vice-roi de Naples, était un homme tte prin- rofondément religieux, et il donna les soins les plus assidus à l’édulequel se on de son fils. Il voulait avant tout en faire un Chrétien instruit tee RE tfervent. Le jeune Jean de Ribera répondit parfaitement aux ver- 1. Elle ne Mueuses intentions de son père, et montra de bonne heure une grande e grande Mptitude et beaucoup de zèle pour l'étude et pour les sciences. Aussi n étain EE ; envoyé, dès l’âge le plus tendre, à l'université de Salamanque, ptifs en DDuis à celle de Séville, qui l'emportait momentanément sur la prees ds Mnière par le mérite de quelques professeurs. Il revint cependant pour Ces pau-

se l'Godescard, 17 avril, — © Ibid., 24 mai, , Ctaieni

112 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVIL. — De 160$

achever ses études à Salamanque, où il reçut le bonnet de docteur en présence et au grand applaudissement d’un nombre considérable

de jeunes gentilshommes que la réputation du candidat y avait atti. L :

rés de différentes parties de l'Espagne.

Jean n'était pas moins remarquable par la pureté de ses mœurs et la sincérité de ses sentiments religieux que par les progrès qu'il faisait dans les sciences. Ni l'exemple et les sarcasmes des libertins, toujours nombreux dans les écoles publiques où les jeunes gens sont abandonnés à eux-mêmes, ni la fougue de ses propres passions

et l'inexpérience de son âge ne purent le faire dévier de ses devoirs, En

Aussi son père, étonné et touché d’une vertu si ferme et si solide BM Pierre, applau:

© gnit de la tran:

dans un âge si faible et si inconstant, le vit avec plaisir diriger se vues vers l’état ecclésiastique. Avec sa permission, Jean fit ses études théologiques, et eut le bonheur de recevoir la prêtrise le sepl

mai 14557.

Pénétré de la sainteté des fonctions attachées au saint état qu'l

dont il était capable. Sa foi était si vive, qu’il lui semblait souvent voir Notre-Seigneur Jésus-Christ présent dans le sacrifice de l'Euclu-

et plus vive jusqu’à sa mort.

Déjà la réputation de sa science et de sa piété lui avait mérié

l'estime générale. Philippe II le nomma bientôt au siége épiscop de Badajoz, qui était venu à vaquer. Jean se défendit longtemps d'at cepter un fardeau qui paraissait trop redoutable à son humilité;i fallut que le Pape et son propre père l'y contraignissent en quelque sorte. Il obéit donc, quoique avec répugnance; mais pendant qu s’efforçait, par la retraite et la prière, d'attirer sur son sacre les bé nédictions du ciel, il fut nommé simultanément patriarche d’Antioche in partibus infidelium par le Pape, et archevêque de Valence park roi d'Espagne.

Le diocèse de Valence était alors dans un état bieu propre à exc ter le zèle d’un pasteur aussi plein de foi. Depuis l'exnuisi

les provinces possédées si longtemps par ces infidèles un grand not bre de familles musulmanes auxquelles divers traités garantissaienl le libre exercice de leur culte. Valence surtout en comptait plusieur dans :e murs. C'étaient même les plus riches et les plus puits di cet!

presque entièrement entre leurs mains. On juge aisément que le

villa : les sciences, les arts, l’industrie, le commerce étaieil ni.

présence deva et pour les fa qui existait en On avait bien pisme par les le roi n’osait o

tièrement du r

Ce fut dans

{ de confier le ge

Ribera. Le sair

A peine arri

© abus, et surtou

lraient de la F

leur religion a venait d’embrasser, il s’en acquitta avec tout le zèle et toute la ferveur M] dans laquelle il 2 faire travailler ]

À D parmi les Chré!

ristie, comme autrefois les apôtres l'avaient vu conversant avec eu ES Gificile de ne sur la terre : aussi faisait-il ses délices de la célébration des saint ; | pour les passior

mystères, pour lesquels sa dévotion ne cessa de devenir plus tendre En

Ribera oppos

prudent et écla M jeûnes, macérat “rien ne fut négl qu'il n’en obten Psion de quelqu An'était pas un Meflorts, il crut q sauver la religio Mdèles. Plusieurs pulsion totale de Ls'opposaient à c " Minstances. Mais i entière En

des Maures par Ferdinand le Catholique, l'an 4492, ii était resté dans # oneil de Castil

“janvier 1610 , w Ludes terres d'Esp:

pour les retardat

IL, — De (605

de doctew nsidérable

avait att. à

ses MŒurs ogrès qu'il s libertins, unes gens es passions

es devoirs, B

t si solide diriger ses t ses études se le sept

t état qu'il e la ferveur ait souvent le l'Euchst avec eut \ des saints plus tendre

vait mérité > épiscopil emps d'ac humilité; i en quelqu ndant qu'l acre les bé d’Antioche ence par k

pre à exck sion entière t resté dans rand noû rantissaient it plusieur | puissanté erce étaiell nt que leu

41650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 113

présence devait être pour les Chrétiens fervents un objet de scandale, et pour les faibles une cause de séduction, Souvent même la haine qui existait entre les deux peuples occasionnait de graves désordres. On avait bien tenté, à diverses reprises, de les convertir au christianisme par les voies de persuasion; mais elles n'avaient pas réussi, et le roi n’osait ou ne voulait pas recourir à la force pour les chasser entièrement du royaume.

Ce fut dans ces conjonctures que Philippe IT prit la détermination de confier le gouvernement spirituel du diocèse de Valence à Jean de 2} Ribera. Le saint pontife Pie V, qui occupait alors la chaire de saint Pierre, applaudit au choix du monarque. Jean fut le seul qui se plai-

gnit de la translation.

À peine arrivé dans son diocèse, il s'occupa de la réforme des

M abus, et surtout de la réparation des maux que la foi et la piété souf-

iraient de la présence des infidèles, La pluralité des femmes, que

leur religion autorisait, la dissolution de leurs mœurs, l’opulence ME dans laquelle ils vivaient presque tous, et l'habitude qu'ils avaient de 1 lüire travailler leurs esclaves le dimanche, tout cela avait introduit M4 parmi les Chrétiens beaucoup de relâchement et de désordre, 11 est 7 difiicile de ne pas se laisser entraîner à des exemples si séduisants "2 pour les passions. ; © Ribera opposa d’abord à la corruption générale tout re qu'un zèle M2 prudent et éclairé pouvait lui suggérer de plus efticace. Aumônes, M jcûnes, macérations du corps, prières, instructions, visites pastorales, rien ne fut négligé dans l'intérêt de la cause de Dieu. Mais, voyant qu'il n'en obtenait que de faibles résultats, et croyant que la conver- Psion de quelques sectateurs de Mahomet à la foi de Jésus-Christ An'était pas un dédommagement suffisant de ses peines et de ses Mcllorts, il crut que des mesures rigoureuses étaient nécessaires pour sauver la religion des dangers dont la menaçait la présence des infi- Mdèles. Plusieurs fois il demanda au conseil suprême de Castille l'expulsion totale des Maures, sans pouvoir l'obtenir. Des raisons d'État “is opposaient à ce qu’on entrât dans ses vues et qu’on se rendit à ses instances. Mais il y mit tant de persévérance et d'ardeur, que Phi- iippe III accorda enfin ce que Philippe IL avait toujours refusé ; et le Mconseil de Castille, après une mûre délibération, rendit, au mois de Mjanvier 1610 , un décret qui ordonnait à tous les Maures de sortir des terres d'Espagne dans le délai de trente jours, à peine de mort

pour les retardataires. Cette mesure fit sortir d'Espagne près de trois Mcent mille Musulmans, dont les familles y existaient depuis des Pisiècles. L’archevêque adoucit, autant qu’il était en lui et par tous les Bémoyens que sa charité pouvait lui suggérer, le sort des exilés, Aussi : XXY, 8

eut-il la consolation d’en voir un grand nombre, touché de la géné. rosité de ses procédés et de l’intérêt qu’il leur témoignait, abjure

jusque-là repoussée avec horreur.

Philippe HT lui fit accepter malgré lui la charge de vice-roi de ë province de Valence ; et le saint évêque s’acquitta des devoirs difficiles 4

qu'elle lui imposait avec un rare esprit de justice et de modération, La ville de Valence lui dut l'établissement d’un magnifique collége,

pour ses ouäilles. Sa charité émbrassait, pour ainsi dire, l’humanit B tout entière. Combien de fois on l’entendit s’écrier qu'il voudrai B

et des idolâtres ! Malgré ses nombreuses occupations, il consacrai

mystères. Il n’est pas étonnant que le Seigneur l’eût favorisé du don des miracles et de prophétie. Les historiens lui attribuent pli p sieurs prédictions qu'il fit sur des événements importants, et entr À autres celle du désastre de la fameuse expédition aavale que Phi.

lippe Il avait envoyée contre l'Angleterre, et qui fut, comme on sai, L gation, Calomn

un tribunal de charge de supér icipal persécuter la disgrâce, à {le rétablissemen pment-R. était pr fixée au vingt-s qui a été approt

engloutie par les flots.

Ribera, chargé d’ans et de mérites, fut enlevé à son diocèse età Pa la chrétienté, le six janvier 1611, à l'âge de quatre-vingts ans, aprk È une longue et pénible maladie. Les peuples de toute l'Espagne dé B plorèrent cette perte, et se rendirent en foule à son tombeau pou B

inplorer son assistance. Il fnt béatifié par Pie VI le trente août 17%!

L'Espagne procura même à l'Italie le fondateur d'une congrég:

tion d'écoles chrétiennes, saint Joseph Casalanz. Né le onze sep tembre 1556, à Pétraite, dans le royaume d'Aragon, il était d'un famille noble et riche. Dès ses plus tendres années, il donna de indices de sa charité future pour les enfants, et du soin qu'il prer-

drait un jour de leur éducation ; car, étant encore tout petit, il ls assemblait autour de lui, et leur apprenait les mystères de lai

ainsi que les prières. Devenu prêtre après :le longues et fortes études,

il évangélisa pendant huit ans, avec le zèle et le succès d’un apôt, B

plusieurs provinces d'Espagne. Mais , d'a près une inspiration part

culière, il se rendit à Rome en 1592. Là, non content de macém son corps par les jeûnes, les veilles et d’autres austérités, il s’occupuf

1 Godescard, 6 janvier.

[Liv. LXXX VIT. — Dei6os R

41650 de l'ère cl

à instruire les

leurs opiaiâtres erreurs et embrasser enfin une religion qu’ils avaient BA 122 PAUrRgE

LT Lellis pour le ! la volonté de

Dieu lui ay:

enfants, surto

DE spéciale de la

dit Corpus Christi, dans l'enceinte duquel ont été formés plusieur 4 des Écoles-Pie

personnages distingués. Les pauvres trouvaient toujours en lui Ba père, les malheureux un consolateur, les veuves et les orphelins un EM

. 4 . La lan protecteur, les fidèles de son diocèse un pasteur plein‘de tendres î pa

prendre aux e

«+ les marchands

: Elle se répandi

L À Mais, pour la

ouvoir verser son sang pour la conversion des Juifs, des hérétique 1 tant. da iravau P 8P ‘ { 1 invincible patie : on. * a "BE général, il n plusieurs heures par jour à la prière et à la méditation des saini En LE nUeR

plus pauvres, accompagner « 4 cinquante ans « d du don de prof ans, il fut horr

Ainsi, à la fin

septième, la nat sur les Mahomét jusqu’en Afriqu Monde, avec d':

secondait efficac

r le zèle, la ve

ses missionnaire hoses pour le bi

! Voir cet office ÿ

ist, des Ordres mo:

11. — De qns R | à1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 115 le la géné.

et à instruire les enfants, à visiter et à consoler les malades, à soulager Ma D pauvres les plus abandonnés, et s’associait à saint Camille de ils avaient PA

! Lellis pour le service des pestiférés, Il fut ainsi vingt ans à étudier

e-roi de là È À la volonté de Dieu et à s’y préparer.

edifar. PU Dieu lui ayant fait connaître qu'il était appelé à l'éducation des rs dificiles Je enfants, surtout des enfants pauvres, il établit, sous la protection 1odération | spéciale de la sainte Vierge, une Congrégation de religieux, dite 1e collége, MX des Écoles-Piés ou pieuses. L'objet de cette congrégation est d’ap- S plusieur | prendre aux enfants à lire, à écrire, à calculer, à tenir les livres chez s en lui ME les marchands et dans les bureaux, et d'enseigner les humanités, les phelins un BA

DT langues savantes, la philosophie, les mathématiques et la théologie, e tendresse EN

k Elle se répandit bientôt jusqu’en Espagne, en Autriche et en Pologne.

l'humanit BA Mais, pour la fonder et la propager, le saint instituteur supporta il voudrai { tant de travaux et souffrit tant de contradictions, et avec une si hérétique DD; cible patience, qu'on l’appelait un autre Job. Quoique supérieur COPA EE cénéral, il ne laissait pas d’'instruire les petits enfants, surtout les des saint ME plus pauvres, au point de balayer lui-même leurs salles et de les avorisé (1 PA accompagner dans les rues. Malgré un faible santé, il persévéra buent plu:

| cinquante ans dans cet humble ministère. Aussi Dieu le favorisa-t-il ts, et entr ba du don de prophétie et de miracles, A l'âge de plus de quatre-vingts e que Phi: Le} ans, il fut horriblement persécuté par trois membres de sa congré- Re gation. Calomnié auprès de l'autorité, il fut traduit avec éclat devant un tribunal de Rome. Calomnié de nouveau, il fut déposé de sa

charge de supérieur général, et obligé de subir le joug de son prin-

liocèse età

ans, api cipal persécuteur. Le vingt-cinq août 1648, il mourut à Rome, dans

spagne de EM, disgrâce , à l'âge de quatre-vingt-douze ans » après avoir prédit

nbeau pour : ordre, qui, dans ce mo-

oùt die ment-k. était presque anéanti. La fête de saint Joseph Casalanz a été congrégr-

fixée au vingt-sept août, et il y à dans le bréviaire romain un office qui a été approuvé en 4769 1.

Ainsi, à la fin du seizième siècle et au commencement du dixeptième, la nation espagnole, après avoir reconquis sa vieille patrie ur les Mahométans, après leur avoir fait sentir la force de ses armes üsqu'en Afrique, après avoir découvert et conquis le Nouveaulonde, avec d’autres grandes îles de l'Océan, la nation espagnole econdait efficacement l’Église de Dieu dans la conquête des âmes, ar le zèle, la vertu, le dévouement héroïque de ses religieux et de es missionnaires, Jusqu’alors aucune nation n’a fait de si grandes hoses pour le bien. Ses rois se montraient dignes de cette glorieuse

> onze sep était d'un | donna dé qu'il prerpetit, il le k es de lafi rtes études, ‘un apôtr È ation part:

de macért L s’occupui

0 ! Voir cet office : da: vie du saint, par Alexis de la Conception ; le père Héliot, ist. des Ordres Monast., t, 4, p. 281; et Godescard, 27 août.

à 1650 26 l'ère

destinée. Après Charles-Quint, elle en eut successivement trois du nom de Philippe: Philippe II, de 1556 à 1598; Philippe I, de BA 1598 à 1691 ; Philippe IV, de 1621 à 1663. Tous Xs trois méri. Da Le nom de tèrent le titre que leur a donné l'Église romaine, de rois catholique, BA bien des espri Tandis que la France, l'Angleterre et l’Allemagne se désunissaien À trembler. Et, d'avec elles-mêmes et se déchiraient les entrailles par l'hérésie, La plus noble, p l'Espagne demeurait une et tranquille dans la foi de ses père, È D sous les trois Philippe I aida puissamment la ligue sainte à maintenir l'unité de BR trois auteurs Ja France, en y maintenant la foi de Charlemagne et de saint Loui D Calderon et Ci sur le trône. dès sa plus t

Personne mieux que Philippe II ne sut gouverner les hommes; apprenant à é son caractère convenait parfaitement à celui des Espagnols : fier « Be ecclésiastique, réservé, il s’attira surtout l’admiration des Castillans, qui trouvaient François, et n leurs propres traits réfléchis dans l’imposante gravité de leur souve «] parut donner rain. Le courage et la constance qu'il sut leur inspirer , et dont ik La composé dix firent preuve dans toutes les guerres où il se trouva engagé, atteslen D cents, toutes « l’ascendant qu'il exerça sur ses sujets de la péninsule. Il s’attachal 4 cérémonies de à entretenir parmi eux la paix, tout en soutenant la guerre chez sx BA millions trois © voisins. Quoique sa sévérité inspirât plus de respect que d'amour À calculé qu’il a il fut vivement regretté. A beaucoup de zèle pour la religion il ré: PS feuilles de pap nissait une grande capacité dans les affaires : il se distinguait aux Bu de prose par j par une héroïque fermeté dans l'infortune, et par une grande lié. Bug ‘nauante gros ralité envers les savants et les artistes ; car son règne, de même qi: EN composé. Ce s celui de Charles-Quint, fut remarquable par une foule de granit BA lièrement com} hommes et d’habiles écrivains. 11 fonda le fameux monastère Es sable a répandu l'Escurial, qui sert de sépulture aux rois d'Espagne. Sa derniw Ba elles présenten maladie fut très-douloureuse : il la supporta avec une patient À le charme d’un héroïque. Se sentant près de sa fin, il appela auprès de lui son fi Ps l'art, décrétées et sa fille Isabelle , et leur fit un discours touchant sur la vanité dk n'étaient pas er grandeurs humaines. Il donna ensuite des ordres pour ses funéraills fes La nation es) et fit apporter son cercueil dans sa chambre, le plus près possit En manifestait tou de sa vue. Bientôt après il rendit le dernier soupir, le treize st RS gueillissait d'av tembre 1598, dans la soixante-douzième année de son âge cl k rbain VII, au quarante-troisième de son règne. écrivit une lettr

Philippe Il, son fils, n'eut pas son génie; mais il était humai Ba teur en théolog doux, de mœurs pures et d’une piété sincère ; ainsi ce fut avec juslit . les approbation: qu'il reçut le surnom de Pieux. Aucun prince ne l'a surpassé # |pelait le Phénix zèle pour la foi catholique, n’a montré plus de libéralité pour la fo jroyaume, et mé dation des couvents et les œuvres pies. Philippe IV, s'il ne fut pa plus que son père un grand monarque, fut comme lui un print humain, affable, bienfaisant, généreux même. H para quelqueli rement à la dév avec énergie et avec éloquence, aïma les sciences et les arts ; il CON

posa lui-mêm donnent une |

à 1650 4 l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. tar

posa lui-même une tragédie. Les travaux qu’il fit ajouter à l’Escurial

donnent une haute idée de sa magnificence.

Le nom de Philippe II, avec l'inquisition d'Espagne, réveille dans

} bien des esprits l’idée d’un despotisme sous lequel tout est réduit à trembler. Et, toutefois, jamais nation ne s’est amusée d’une manière

! plus noble, plus spirituelle ni plus variée, que la nation espagnole sous les trois Philippes et leur inquisition. On y vit tout ensemble

| trois auteurs fameux et inépuisables de comédies : Lope de Véga, Calderon et Cervantes. Le premier, né à Madrid en 1562, fit des vers dès sa plus tendre enfance, et manifesta son génie poétique en apprenant à écrire. Il se maria, devint veuf, puis entra dans l’état Le ecclésiastique, devint chapelain et membre de la confrérie de Saint- … François, et même un des familiers du Saint-Office. Sa dévotion 1 parut donner un nouvel essor à sa verve poétique. On assure qu’il 1 a composé dix-huit cents pièces de théâtre, ou même deux mille deux ré, atteste cents, toutes en vers, dont plusieurs pièces de dévotion pour les

Le : BAS cérémonies de la Fête-Dieu et de Noël ; et l’on évalue à vingt-un L's’attachai BA : À a ice-chérre millions trois cent mille le nombre de ses vers imprimés. Enfin ona de d'amon calculé qu’il a dû remplir trente-trois mille deux cent vingt-cinq gion il ré feuilles de papier dans sa vie, et écrire neuf cents lignes de vers ou jguait ausi de prose par jour. Si ses œuvres étaient réunies, elles formeraient rande libi. Be Cnquante gros volumes in-40 ; ei ce n'est que le quart de ce qu'il a À Ah (0 composé. Ce sont plutôt des improvisations que des pièces régurend lièrement compassées; mais, dans toutes, une imagination inépuinur Rue sable a répandu des images et des idées aussi diversifiées que fleuries : onastère de = ; , + ;

Sa dei ES: elles présentent des tableaux d'un sigle riche et poétique, et qui ont ne le charme d’une grande variété. Il n’ignorait pas ce: ” nes règles de

: l'art, décrétées en France, mais il écrivait pour les Espagnols, qui n'étaient pas encore obligés de s'amuser à la française,

La nation espagnole conçut pour son poëte une vénération qui se manifestait toutes les fois qu’il paraissait en public. Le clergé s’enor- “gueillissait d’avoir dans son sein un aussi grand écrivain. Le pape A Urbain VIIT, auquel il dédia son poëme de (a Reine d'Écosse, lui écrivit une lettre de félicitations en lui envoyant le diplôme de docteur en théologie; enfin les théologiens le comblèrent d’éloges dans es approbations mises au-devant de ses pièces de théâtre. On l’appelait le Phénix de l'Espagne; on venait de toutes les provinces du “royaume, et même de l'Italie, pour le voir. Les grands ambition- -naient la faveur d’être ses Mécènes; le roi et le Pape l’accablaient de énéfices et de titres. A la fin de sa vie, son esprit se tourna entièrement à la dévotion : il se soumit à un jeûne rigourex, reprit l'exercice de la discipline, et mourut le 26 août 1638. Cette mort

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