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des prédicants, conférence part erreurs et se fit ramener à eux damner à mort le temps de den
Cette violence sions, au lieu di
XXV
— De 1605
dans un sins sorà lui l’éinaire ; il rmnes, va louceur :
Julez pas t de tout | moment les ; puis, tent qu'à posés à le it, et leur erneur de s’ils tom-
e les couà Ou Yerts : Franobtenir à il y avait e inexpries. Fran-
digne de t les jours res et des iation des ions ache-
> NOUVEAU érétiques.
nsensible- , et nous qu'il nous pisme sut ce qu'ila du petit
itorité sur À
servitude, se défaire is en emet ensuite
à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,
celui de plusieurs personnes qui se parlaient bas. Jugeant aussitôt que sa maison était investie, il se cacha. A peine l’eut-il fait, que la porte est enfoncée et que les meurtriers entrent avec de grands cris et le cherchent partout. Ne le trouvant pas, ils s’imaginent qu'il est allé voir quelque malade et se retirent. Ayant su depuis qu’il était à la maison, ils l’accusèrent d'être sorcier, Un caiviniste jura même qu'ill'avait vu au sabbat et qu'il y était fort considéré. François ayant
su ce propos, n’en fit que sourire ; puis, faisant le signe de la croix : Voilà, dit-il, tous les charmes dont je me sers ; c’est par ce signe que
j'espère vaincre l'enfer, bien loin d’être d'intelligence avec lui.
Cependant, sur ces tentatives réitérées d'assassinat, | Faure, l'évêque de Genève même, mais surtout le comte
e président
de Sales,
son père, écrivirent fortement à François pour l'obliger de quitter le
D Chablais et de revenir à Annecy; où son zèle ne manquerait pas d’oc- M} casion. Le père lui répétait ce qu'il avait déjà dit à l’évêque : Je m’es-
timerais fort heureux d’avoir des saints dans ma maison, mais j'aimerais mieux que ce fussent des confesseurs que des martyrs. François avait d’autres pensées : il rassura ses amis et son père.
M. Ces tentatives d’assassinat tournaient contre leurs auteurs ; On disait
partout que si les prédicants de Thonon et de Genève étaient sûrs de leur doctrine, ils n’auraient pas recours à de pareilles violences, mais accepteraient les conférences que François ne cessait de leur propo-
* ser: on les sommait de le faire enfin. Malgré ces provocations, ils gar-
dèrent le silence. Mais François ne le gardait pas : une seule de ses prédications convertit six cents personues. Là-dessus les prédicants huguenots se réunirent en consistoire à Thonon, pour aviser au moyen d'arrêter les progrès de ce nouveau conquérant : on proposa trois ou quatre partis ; la conclusion fut qu’on n’en prit aucun. François ne fit pas de même : il les provoqua, et par plusieurs écrits, à une conférence publique. Ils furont enfin contraints de l’accepter. Mais au jour convenu, ils reculèrent, sous prétexte qu'il leur manquait l’au-
R. torisation du souverain, le duc de Savoie. François eut beau leur re-
présenter que l'autorisation du gouverneur de la province suffisait et qu'il leur garantissait celte du souverain, rien n'y tit. Seulement un des prédicants, honteux de la reculade de ses confrères, accepta une conférence particulière avec François : le résultat fut qu’il abjura ses erreurs et se fit catholique. Les autres mirent tout en œuvre pour le ramener à eux : n’y ayant pu réussir, ils l’accusèrent, le firent condamner à mort et exécuter si promptement, que François n’eut pas
le temps de demander sa grâce au duc de Savoie.
Cette violence fit horreur à tout le monde, et augmenta les conversions, au lieu de les empêcher. L'avocat Poncet, renommé à Genève
ne uit
162 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXVII. — De 1605
et dans toute la province, se déclara catholique, et son exemple fut suivi d’un grand nombre de personnes de tout rang. La conversion du baron d’Avully fut la plus éclatante : il était le chef du parti cal. viniste dans le Chablais. Il avait épousé une femme catholique, qu'il comptait amener au calvinisme ; mais il la trouva aussi instruite que vertueuse. Elle lui ménagea des conférences avec François de Sales: il s’aperçut bien vite que ce n'était pas son épouse, mais lui-même, qui était dans l’erreur. Les conférences qu'il eut avec François de Sales furent mises par écrit et envoyées aux prédicants de Genève et de Berne. Ni les uns ni les autres n’y firent de réponse. Le baron d’Avully voulut qu'on sût dans tout le pays, et à Genève même, le jour qu’il devait faire son abjuration ; il y invita tout autant de monde qu’il put, déclara publiquement les motifs de sa conversion, et fut reçu à la communion catholique, en présence de tout le peuple de Thonon et d’un grand nombre de calvinistes de Genève.
C'était en 1396. François reçut alors des lettres de félicitations de toutes parts : le président Faure lui écrivit de la part du duc de Savoie, le nonce apostolique à Turin, enfin le Pape même, qui était Clément VII. Mais il perdit son ami, le baron d’Hermance, qui mourut entre ses bras, et dont la sagesse l'avait si bien secondé dans toutes ses œuvres. Son successeur, homme de mérite, avait des formes hautes et sévères. François évitait de recourir à son autorité, de peur de s’attirer l’aversion du peuple. Ce fut pour cela que, n'0sant pas encore dire la messe à Thonon, il allait tous les jours la dire dans une chapelle assez éloignée de la ville. L'hiver était des plus rudes, et un torrent qu'il lui fallait passer était extraordinairement enflé par la fonte des neiges, qui avait emporté tous les ponts. Il ne laissait pas de le passer et repasser sur une planche toute couverte de glace, en se glissant sur les mains et les genoux, au grand danger de sa vie.
François reçut à la fois deux lettres : l’une du duc de Savoie, qui le mandait à Turin pour délibérer sur les moyens de rétablir la religion catholique dans tout le Chablais ; l’autre du Pape, qui le chargeait d'une commission particulière, que nous verrons plus loin. Il se rendit d’abord à Turin, à travers les Alpes, par le grand Saint- Bernard, au plus fort de l'hiver. Il exposa au duc que le menu peuple du Chablais n’était attaché à la religion calviniste que parce qu'il n'en connaissait pas d'autre; que ceux d’un état médiocre, comme les marchands et les artisans, y étaient engagés d’assez bonne foi, mais qu'ils avaient bien plus d’aversion pour la religion catholique qu'ils n'avaient d’attachement à la calviniste; que celte aversion venait des peintures aftreuses qu’on leur avait faites de le. doctrine de l'Église
à 1650 de l'ère
et des erreurs les uns et les capables de le les calomnies tholique ; qu’ du parti calvi rement humai à à leur religion N duite. Le duc de résumer da propres au ré et les autres b N substance : P« calvinistes à sc M non, plus em] proscrire les 1 à, cet effet établi
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“ catholiques. E 1 rétablir ce qu à savoir, les anci fisante : outre années, au mo vince : à Thon Hippolyte, et :
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— De 1605
à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 163 mple fut et des erreurs qu’on lui attribuait faussement ; qu’on pouvait gagner ARYFHION les uns et les autres en leur envoyant des pasteurs zélés qui fussent parti cal capables de les retirer de leurs préventions mal fondées et de réfuter UE, qu l les calomnies dont on s’efforçait tous les jours de noircir l'Église ca- FuALe que : tholique ; qu'il n’en était pas de même des ministres et des principaux le Sales : D du parti calviniste : le libertinage, l'indépendance et des intérêts pu- Hem ème, À rement humains étaient les véritables motifs qui les tenaient attachés te de À àleur religion : il en donna des preuves sans nombre par leur con- Fenève é M duite. Le duc l’écouta dans plusieurs audiences ; il lui demanda même # baron À de résumer dans un mémoire les moyens qui lui semblaient les plus même, le Je propres au rétablissement de la religion catholique dans le Chablais le monde 4 et les autres bailliages. François le lut en conseil d'État 3 il portait en ns :et fut D substance : Pour retrancher l'erreur, il fallait obliger les ministres peuple de calvinistes à sortir des États de San oie, principalement celui de Tho-
À non, plus emporté et plus séditieux que les autres; rechercher et ations de M proscrire les livres hérétiques, leur en substituer de bons, et pour Lu due de N cet effet établir un imprimeur catholique à Annecy ; priver les héréquient D tiques des charges, honneurs, emplois et dignités, et les donner à des quoi catholiques. En retranchant ce qui pouvait favoriser l'erreur, il fallait adé dans © rétablir ce qui pouvait maintenir la religion et les bonnes mœurs, avait des L | savoir, les anciennes paroisses et les pasteurs, avec une existence sufautonté DE ante : outre les pasteurs ordinaires, il faudrait, pendant quelques que, RQ -: années, au moins huit prêtres choisis pour prêcher par toute la prors la die D vince : à Thonon, la capitale, rendre aux catholiques l'église de Saint- | des plus Hippolyte, et y rétablir sans délai la sainte messe et l'office divin : aArrernaut ériger dans la même ville, le plus tôt possible, un collége de Jésuites, nts. Ilne D | pour la bonne éducation de la jeunesse et pour soutenir la contro: couverte LE verse vis-à-vis de Genève. François ayant lu son mémoire, le nonce ad danger apostolique l’appuya fortement ; mais plusieurs conseillers d'État \
où D Contredirent. François ayant répliqué, le duc lui accorda sur-le- Re | champ tout ce qu'il avait demandé, à l'exception de deux articles,
ao dont il lui promit que l'exécution ne serait pas retardée pour longi le char-
; « temps. Le nonce promit en particulier au saint homme de l'appuyer lus loi. DE auprès du Pape et du duc. Vous en aurez besoin, ajouta-t-il : le nd Saint D prince a de bonnes intentions, mais il a auprès de lui des conseillers ou peuple .. timides ou gagnés par les hérétiques ; tout leur fait peur, et ils n’équ'il n'en =. pargneront rien pour le détourner de ses bons desseins. Mais il vous omme les La donné sa parole, et je n’épargnerai rien pour l’obliger à la tenir. foi, és … François, revenu à Thonon au fort de l'hiver, alla voir tous les que qu i catholiques et leur communiqua les ordres qu'il avait reçus. Tous venait des En
siraient avec passion céiébrer à Saint-Hippolyte la fête de Noël,
le P'Église Ba ... : :
LA qui était proche. Le gouverneur y donnait les mains; mais les syndics
164 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVII. — De 1605
de la ville n’eurent pas plus tôt reçu les lettres du duc ordonnant de remettre l'église aux catholiques, qu'ils excitèrent eux-mêmes la sédition. Les portes de li ville furent fermées, pour empêcher le gouverneur d’Allinges et les catholiques de la campagne de venir au secours de ceux du dedans ; en même temps les calvinistes coururent aux evmes : une partie investit l’église de Saint-Hippolyte, et l’autre, courant la ville, menace de faire main basse sur tous les catholiques et de brûler vif François de Sales au milieu de la place. Les catholiques prennent les armes de leur côté, déclarent que la tête des syndics leur répondrait de celle de leur pasteur, et s'emparent avec beaucoup d’ordre des postes les plus avantageux. La nuit venue, les calvinistes se retirent de l’égl * Saint-Hippolyte pour prendre quelque repos ; les catholiques l'occupent à l'instant même, et François, qui tenait des ouvriers tout prêts, commence de la faire réparer. À cette nouvelle, les calvinistes reprennent les armes, les deux partis sont sur le point d'en venir aux mains : François les harangue, il rappelle aux calvinistes les ordres du prince, et leur conseille de ne pas en empêcher l'exécution. Les syndics finissent par y acquiescer, mais sans préjudice de leurs protestations et réserves. Ainsi François se mit en possession de l’église, il la fit réparer et orner avec une di: ligence incroyable ; et tout fut prêt pour la fête de Noël.
La nuit de cette grande solennité, 1596, les catholiques y étant accourus, non-seulement de la ville, mais encore des bourgs voisins, il célébra en leur présence les saints mystères, qui en avaient été bannis depuis près d’un siècle ; huit cents personnes y communièrent de sa main, il y précha avec son zèle ordinaire ; et toute la nuitse passa à louer Dieu, qui, après les avoir abandonnés si longtemps aux désirs de leurs cœurs, les avait enfin rappelés à son admirable lumière. Les fêtes suivantes, il continua les mêmes exercices de piété;
et le ciel répandit une bénédiction si abondante sur ses travaux, que Jes habitants de trois bourgs voisins vinrent en corps abjurer publi. quement l’hérésie.
La religion catholique faisant ainsi tous les jours de nouvealx progrès dans le pays, François s'occupa d'exécuter la commission du Pape, qui était de voir secrètement Théodore de Bèze, pour le ramener au sein de l'Église. Il le vit effectivement jusqu’à quatre fois dans la ville même de Genève. Dans une de ces conférences, qui se passèrent avec politesse et modération, Bèze lui fit cette réponst: Vous m'avez demandé si l’on pouvait faire son salut dans l'Église. Nous sommes seuls; je puis vous dire mes véritables sentiments:
oui, je crois qu'on s'y peut sauver. Dans une autre, où assista le à
président Favre, il fut si fort ébranlé, qu’en prenant congé de Fran-
nt
NN
LA FA * Fe
à 1650 de l’ère
çois, dont la levant les yet le bon chemir ricorde, il lu cette bonne œ à temps. Ses à ceux de G de se défaire en plus perme autre mystère encore, prélu rait que dans honteuses pa nève, s'étant caractère, lui d'esprit et d'u aussi triste qu un cabinet, et sirs : Voilà ce quelque temp Sales. Cette ss pentit d’avoir teurs; Mais, ( difficile de sav François fut vait jamais dé gea d’un autre furent reçus à comme à l’en:
des catholique vinistes, le pre catholique : su prier d'en reg rendre en cett n'étaient pas liages; les pa voyait tant de de Genève crut ses soins. Il se savants Jésuite gouvernement Un étrange
ant de s la séle gouenir au arurent l’autre, oliques s catholes synnt avec nue, les re quelrançois, arer. À X partis ngue, il le de ne juiescer, François c une di-
ÿ étant voisins, aient été unièrent la nuit se Mps aux rable lude piété; aux, que ‘er publi:
AOUVEAUX mmission , pour le ’à quatre nces, qui réponse:
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à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 165 ”
çois, dont la douceur l'avait charmé, il lui serra la main, et dit en levant les yeux au ciel avec un grand soupir : Si je ne suis pas dans le bon chemin, je prie Dieu tous les jours que, par son infinie miséricorde, il lui plaise de m’y mettre. François espérait d'achever cette bonne œuvre dans une nouvelle conférence: mais il n’y fut pas à temps. Ses fréquentes visites avaient donné de furieux ombrages à ceux de Genève ; il apprit que, s'il y retournait, on avait résolu de se défaire de lui, et qu’on observait Bèze d’une manière à ne lui en plus permettre l'accès. Au surplus, il y avait encore en ceci un autre mystère d’iniquité. Nous avons vu Théodore de Bèze, jeune encore, préluder à son apostasie par des infamies de Sodome : il parait que dans sa vieillesse même il n’était pas encore guéri de ces honteuses passions. Le sieur Deshayes, envoyé de Henri IV à Genève, s'étant lié d'amitié avec lui, à cause de leur conformité de caractère, lui demanda un jour dans l'intimité comment, homme d'esprit et d’une humeur si joviale, il avait pu s'attacher à un culie aussi triste que celui de Calvin. Bèze, pour toute réponse, ouvrit un cabinet, et dit en montrant une jeune fille qui servait à ses plaisirs : Voilà ce qui me convainc le plus de ma religion. Il mourut quelque temps après, en réclamant la présence de François de Sales. Cette satisfaction lui ayant été refusée, on assure qu’il se repentit d’avoir quitté l’Église catholique , et qu'il rétracta ses erreurs; mais, comme il est mort au pouvoir des calvinistes, il est difficile de savoir au juste ce qu'il en est.
François fut touché d'autant plus de la mort de Bèze, qu'il n’avait jamais désespéré de son retour à l'Église. Dieu l’en dédommagea d’un autre côté. Trois ministres et le premier syndic de Thonon furent reçus à la communion catholique ; leur exemple fut suivi comme à l’envi par les autres habitants; de sorte que le nombre des catholiques étant devenu plus considérable que celui des calvinistes, le premier syndic prétendit que la ville devait passer pour catholique : sur quoi il écrivit au Pape, au nom de la ville, pour le prier d'en regarder les habitants comme ses enfants, et pour lui rendre en cette qualité ce qu'on doit au père commun. Les succès n'étaient pas moindres dans le reste du Chablais et dans les bailliages; les paroisses en corps venaient abjurer l’hérésie, et l’on voyait tant de dispositions à une conversion générale, que l’évêque de Genève crut devoir y contribuer lui-même de sa présence et de ses soins. Il se rendit à Thonon, accompagné d’un bon nombre de savants Jésuites, de Capucins et d’ecclésiastiques destinés pour le é0uvernement des paroisses qu’on ne pouvait plus différer d'établir.
Un étrange auxiliaire vint hâter la conclusion : la peste se mit à
166 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVIL. — De 1605 sévir dans certaines provinces de la Savoie, mais non dans le Chablais. Le cardinal de Médicis, qui venait de conclure la paix de Vervins entre la France et l'Espagne, ayant donc à retourner en Italie, prit son chemin por le Chablais, qui n’était nullement le chemin ordinaire. Le duc 2 Savoie, suivi de toute sa cour, vint à Thonon pour lui faire honneur, ainsi que l’évêque de Genève et d’autres évêques. On fit à Thonon les prières des quarante heures et la procession du Saint-Sacrement avec une pompe et une piété merveiljeuses. Neuf cents calvinistes se convertirent dans l’espace de trois jours ; d’autres également nombreux suivirent leur exemple : le cardinal-légat lui-même en reçut plusieurs.
François de Sales profita habilement de la conjoncture pour déterminer le duc de Savoie, malgré la plupart de ses conseillers, à faire exécuter les articles tenus jusqu'alors en suspens, savoir, que les prédicants huguenots seraient chassés des États de Savoie ; que les calvinistes seraient privés des charges qu'ils possédaient, et qu’elles seraient données aux catholiques; qu'on rendrait aux églises, pour l'entretien des paroisses, tous les bénéfices usurpés pat l’hérésie; qu’on fonderait incessamment un collége de Jésuites À Thonon, et que, dans le Chablais et les bailliages, on ne souffrirait point d'autre exercice public que celui du catholicisme.
Après le départ du .égat, le duc manda tous les calvinistes à l'hôtel de ville : il y alla lui-même, précédé de ses gardes et suivi de sa cour. Là, il rappelle ce qu’il a fait pour ramener tous les habitants, par les voies de la douceur, à la foi de leurs pères : le plus grand nombre a été docile; quant à la minorité rebelle, il lui annonce des mesures de rigueur : elle ne peut les trouver injustes. L'hérésie s'est introduite par une tyrannique violenc;, il est juste qu’elle soit expulsée par l'autorité légitime. C'est le moment de se déclarer : ceux qui veulent revenir à la foi de leurs pères et de leur prince passeront à sa droite, les autres à sa gauche. La plupart se rangèrent à la droite du prince, les autres furent chassés de sa présence; mais, avant la fin du jour, François en eut encore le plus grand nombre. Une portion très-minime passa la frontière ; encore, lorsqu'ils virent que les huguenots de Suisse ne songeaient pasi prendre les armes en leur faveur, ils écrivirent à François pour s déclarer catholiques et rentrer en grâce auprès du duc avant sol départ de Thonon. Ainsi se consomma le retour du Chablais à foi de ses ancêtres. S’imaginer que François de Sales n’y employé que la simplicité sans la prudence, la douceur sans la fermeté, serait se tromper de beaucoup : il sut allier le tout ensemble 1,
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& 1650 de l'ère c
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en puisse boire En 1601, ap Savoie, au sui donna le marqt
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est juste ent de se t de leur lupart se e sa prée le plus ; encore, ent pas pour se vant sol )lais à la employe té, serait
à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 167
En 1599, Claude de Granier, évêque de Genève, nomma François son coadjuteur. Le saint eut tant de peine à y consentir, qu’il en tomba dangereusement malade. Le bon évêque tomba malade, de son côté, de chagrin de lui avoir causé cetts maladie ; mais il persista dans son choix, où il était appuyé par le duc de Savoie et par le Pape même. François se rendit donc à Rome, où Clément VIII voulut l'examiner en personne , non pas que les évêques de Savoie y fussent obligés, mais par distinction et pour sa satisfaction particulière. Le Pape était accompagné de Baronius, de Bellarmin et de plusieurs autres cardinaux, évêques et prélats. François avait demandé à Dieu de le couvrir de confusion en manifestant son igno— rance, s’il ne l'appelait pas à l’épiscopat. 11 répondit si bien , que le … Pape, se levant de son siége et l’embrassant avec tendresse, lui dit ces paroles de l’Écriture : Buvez, mon fils, des eaux de votre citerne À et de la source de votre cœur, et faites que l’abondance de ces eaux D se répande dans toutes les places publiques, afin que tout le monde en puisse boire et s’y désaltérer 1,
} En 1601, après une guerre entre le roi de France et le duc de Savoie, au sujet du marquisat de Saluces, il y eut une paix qui … donna le marquisat au due, en échange des pays de Bresse, Bugey, Véromey, et de la baronnie de Gex. Ce dernier était du diocèse de Genève, et l’un des trois bailliages où la religion catholique avait fait le moins de progrès. Les hérétiques s’y prévalaient de leur union à l France : trente-cinq paroisses risquaient de retomber dans l'erreur. À François se rendit à Paris, pour obtenir du gouvernement français + l'autorisation d'agir dans ce bailliage comme dans les deux autres. La © chose n’était pas sans difficulté : dans la guerre contre le duc de … Savoie, Henri IV avait eu les hérétiques pour auxiliaires. François À séjourna donc à Paris pendant neuf mois; il y fit une mission apo- À stolique, à peu près comme dans le Chablais. À La cour de France était remplie non-seulement de calvinistes : D, mais d'impies et de libertins. François prêcha d’abord sur les vérités générales du salut d’une manière qui attira la foule des catholiques | et des calvinistes ; puis i: entreprit la controverse sur un seul point, en soutenant que le ministère des huguenots était sans autorité, et leurs ministres sans mission légitime. A cet eifet, il prouva, par
Théodore de Bèze, que toutes leurs églises avaient été établies par = des laïques, comme celle de Meaux par des cardeurs et des foulons. L: Or, toujours l'Église a condamné les ordinations de cette nature,
, Janals aucune société chrétienne ne les approuva : reste donc aux
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168 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVIL, — De 1605
huguenots à les justifier par l'Écriture, seule règle de foi, suivant eux. François les défia publiquement de le faire. Ce discours jeta les ministres dans un terrible embarras ; ils se consultèrent longuement, mais ne purent convenir d'une réponse. Ce que voyant, la comtesse de Perdrieuville eut des conférences particulières avec François, et finit par se convertir avec toute sa famille, qui était des plus nom. breuses. Sa conversion fut suivie de celle de l’illustre maison de Raconis, dont un membre entra même chez les Capucins, et y mem une vie exemplaire. D’autres discours de François convertirent un si grand nombre d'hérétiques des plus obstinés, que le cardinal du Perron ne put s'empêcher de dire : Je suis sûr de convaincre les calvinistes, mais pour les convertir, c’est un talent que Dieu a réservé à monsieur de Genève.
Ce que François de Sales ne traita qu’en passant dans les chaires de Paris, la vraie et fausse mission dans les pasteurs de l'Église, les règles de la foi, la prééminence de saint Pierre et des Papes, ille développe dans une suite de quatre-vingts discours de controverse, dédiée à la ville de Thonon et à messieurs de la religion prétendue réformée. Voici comme il procède dans le discours trente-neuf, ayant pour titre : LES ÉLOGES, TITRES ET PRÉROGATIVES QUE LES ANCIEN PÈRES ET LES CONCILES ONT ATTRIBUÉS AUX PAPES DE ROME.
« Or, pour confirmer ce que nous avons allégué des évêques de Rome, vous plait-il, messieurs, ouïr en peu de paroles ce que les anciens pensaient de leur succession, et en quel rang ils tenaient l’évêque romain ? Voici comme ils appellent le siége de saint Pierre, son grade, son église, son évêque, sa dignité ; et tout cela revient enun.
La Chaire de Pierre. S. Cyprian., [. 1, ep. 3.
L'Église principale, S. Cyp., ep. 55 ad Cornel.
L'origine de l’unité sacerdotale, 7. 3, ep. 2.
L'Église où est le lien de l'unité. Cyp., [. 4, ep. 2.
Le sommet sublime du sacerdoce. S. 1rénée, L. 3, ce. 3.
L'Église où réside la plus puissante principauté. Cyp., L. 3, ep.8
L'Église racine et matrice des autres églises. Anaclet. pap. epis ad univ. episcopos.
Le siége sur lequel est établie l'Église universelle. Damas. pap. dl univ. episcopos.
Le gond et le chef de toutes les églises. Marcellin. 4, pap. dl episcopos antiochenæ ecclesiæ.
Le refuge et l’appui des évêques. Synod. Alexand., epist. ad Fe
licem pap.
Le Siége suprême apostolique. S. Athanase.
Le chef de l'honneur pastoral. Prosper, L. De Ingratis.
FA és se ” ane ee. 1
La princip La dignité gent, l, 2, ce.
Le chef d cedon.
Le chef de lentinian.
L'Église p Utic., L. De À L'Église pr Trinit.
Le Siége st In Nat. SS. a Le premier Le port trè Sub Gelasio.
La fontaine Au très-sai episcoporum.
Le très-sain Le patriarc Le chef du Le chef de Le très-het L'évêque é Le Père de Le souvera Le souverai Le prince € Le recteur | gneur. Conc.
Le Vicaire tiens. Heron Le grand p Le souverai Theodos. impe L'héritier d Abel en pri Abraham e Melchisédec Aaron en d Moïse en au
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