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à 1650 de l'ère
Seigneur luiest-elle repré mier, et les & parer la docti eaux) au filel Piere qui le:
saini Pierre q que l'Église s tête, Aimez-v porte les clefs d'un bercail d le pasteur gén De Maistre « un instant ce ces observatio:
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à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 171
Seigneur lui-même qui me l'enseigne. La réunion opérée per l'Église est-elle représentée par une péche? saint Pierre s’y montre le premier, et les autres disciples ne pêchent qu'après lui. Veut-on comparer la doctrine qui nous est prêchée (pour nous tirer des grandes eau) au filet d'un pêcheur ? c’est saint Pierre qui le jette, c’est saint Pietre qui le retire : les autres disciples ne sont que ses aides; c’est saini Pierre qui présente les poissons à Notre-Seigneur. Voulez-vous que l'Église soit représentée par une ambassade? saint Pierre est à la tête. Aimez-vous mieux que ce soit un royaume? saint Pierre en porte les clefs. Voulez-vous enfin vous la représenter sous l'image d'un bercai! d’agneaux et de brebis? saint Pierre en est le berger et le pasteur général sous Jésus-Christ 1. »
De Maistre conclut : « Je n’ai pu me refuser le plaisir de faire parler un instant ce grand et aimable saint, parce qu’il me fournit une de ces observations générales, si précieuses dans les ouvrages où les détails ne sont point permis. Examinez l’un après l’autre les grands docteurs de l'Église catholique ; à mesure que le principe de sainteté a dominé chez eux, vous les trouverez toujours plus fervents envers le Saint-Siége, plus pénétrés de ses droits, plus attentifs à les défendre, C’est que le Saint-Siége n’a contre lui que l’orgueil, qui est immolé par la sainteté 2, »
Nous venons de voir comme l’ensemble des moyens qu'employait
… le saint évêque de Genève pour ramener les hérétiques au sein de
l'Église, tant dans son diocèse qu’à Paris. En cette capitale, il ne fit
À) pas moins de conversions parmi les catholiques mêmes, dont il
amena une multitude innombrable à une vie plus chrétienne et plus fervente. Tous lui donnaient leur affection et leur confiance; Henri IV
«lui-même le consultait souvent, et sur les affaires les plus délicaies ; D. il disait de lui : Je l’aime, parce qu’il ne m’a jamais flatté, Il mit tout Len œuvre pour le fixer en France, et lui offrit le premier évêché va-
cant, avec une abbaye. François répondit que, Dieu l’ayant appelé à l'évêché de Genève, il croyait le devoir garder toute sa vie. Un ami Commun du roi et du saint fut le sieur Deshayes. Un jour Henri IV le pressa de lui dire franchement lequel des deux il aimait le plus, de lui ou de l'évêque. Deshayes répondit : J'ai pour votre majesté toute
= la vénération et toute la tendresse dont je suis capable, mais j'aime D. bien l'évêque de Genève. Le roi reprit : Je ne trouve point à redire à D, vos sentiments, mais je vous prie tous deux qu’au moins je fasse le D. tiers dans votre amitié, — On sent que si, dans sa jeunesse, ce prince
avait eu pour précepteur un François de Sales qui eût tourné son
1 Discours 42, — 2 Dy Pape, c. 10.
cœur à l'amour de Dieu, il eût été un fils ressemblant de saint Louis, — Cependant, ce même François de Sales fut accusé de conspirer contre la vie de ce même roi, lequel y crut assez pour le faire observer de près par ses accufateurs mêmes. Le saint homme y mit plus de franchise. Sitôt qu'il en eut avis, il s’en expliqua nettement avec le roi, qui finit par l’embrasser et lui dit : Monsieur de Genève, je suis persuadé de ce que vous m'avez dit : soyons meilleurs amis que jamais. — Quelque temps après, ayant su que le revenu de l'évêché de Genève était fort médiocre, il lui fit offrir par leur ami commun, Deshayes, une pension de mille écus. François, qui en avait déjà refusé une plus considérable, répondit à Deshayes : Je vous prie, mon cher ami, de remercier pour moi sa majesté, et de lui dire que ses présents me font trop d'honneur pour les refuser, maï que, comme je n’ai pas besoin d’argent à celle heure, et que je ne sais pas le garder, je supplie sa majesté de trouver bon que cet argent demeure entre les mains du trésorier de l'épargne, et que je le demande quand j'en aurai besoin. Le roi vit bien que c'était un honnête refus; mais il le trouva si adroit, qu’il ne put s'empêcher de dire qu'il n'avait jamais donné de pension dont il eût été mieux remercié que de celle qu'il avait offerte à l'évêque de Genève. — A Paris, on lui donnait ce titre, quoiqu'il ne fût encore que coadjuteur.
A peine s’était-il mis en chemin pour revenir en Savoie, qu'il apprit la mort de Claude de Granier, évêque réel de Genève, auquel il succédait dès ce moment. Il se rendit au château de Sales, y fitsi retraite pour son sacre, lequel eut lieu le huit décembre 1602, dans l'église de Thorens, par les mains du métropolitain de Genève, l'a chevêque de Vienne, assisté des évêques de Damas et de Saint-Paul Trois-Châteaux. Dans cette retraite, qu'il fit sous la direction d'un Jésuite de Thonon, ilse preserivit un règlement de vie qui pe servir de modèle à d’autres prélats. Lui-même se proposait d'imiter saint Charles. Ce qu'il y eut de mieux dans son règlement, c'est qu'il le mit constamment en pratique. Il en fit de semblables pour son diocèse, dont il eut soin de faire la visite générale. Statuts synodaux en 1603 et 4606. On y intime et publie derechef les canons des alciens conciles, qui défendent aux ecclésiastiques de tenir dans leur Igis aucune femme dont la demeure et le séjour avec eux puissent être justement suspects. Tous les curés enseigneront le catéchisme de Bellarmin, les dimanches et les fêtes de commandement, à l'heure
qui sera jugée la plus propre selon l'exigence des lieux. Les curés feront vider les églises, et particulièrement les chœurs, des meubles profanes qui pendant la guerre y avaient été mis en assurance, GE
{Liv. LXXXVIL. — De 1605
à 1650 de l'ère €
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sans une évid tout et partout palement en ce Les tavernes et résidence, san:
… soit, même d’a 22 sinon dans le c L 1 porteront avec
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| chemins et aut foires et les ma souvent; et en : tres, etnonen 1 } qui ont charge } mes, des maria synode des cop Parmi les op | procession de I: | s'appliquer à le | vérité qu'il n'y ; quoique l’ignor : n'offense pas se pris de l’état ec : conjure de vaqt ! c'est le huitième : grand malheur mains que celle:
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! OEuvres compi «676 et seqq,
.— De1605 à 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 173
nt Louis, permettront pas dans la suite que pareilles choses y soient déposées cons pirer sans une évidente nécessité. Tous les ecclésiastiques suivront en faire ob- tout et partout les décrets du très-saint concile de Trente, et princine y mit palement en ce qui est de l’office divin et la célébration de la messe. rettement Les tavernes et les cabarets leur sont interdits dans les lieux de leur > Genève, résidence, sans aucune exception et sous quelque prétexte que ce rs amis js soit, même d’accommoder des différends, et encore partout ailleurs, Qu del'é EN non dans le cas d’une évidente nécessité; auquel cas ils s'y comleur ami porteront avec toute sorte de modestie et de sobriété. “es jeux illis, qui en cites leur sont défendus en tous lieux, et pour les récréations perrayes : Je mises, ils ne les pourront prendre dans les places, carrefours, rues, , et de lui chemins et autres lieux publics. Leur sont également défendus les isCr, Mais foires et les marchés, sinon en cas de nécessité, ce qui arrive peu que je ne souvent; et en ce cas ils se comporteront selon leur qualité de préne cet ar- tres, et non en marchands et en négociants. Il est enjoint à tous ceux que je le qui ont charge d’âmes d’avoir eu bon état des registres des baptéit un hon- mes, des mariages et des enterrements, et d'en rapporter à chaque pêcher de synode des copies signées dans notre greffe 1, été mieux Parmi les opuscules du saint évêque, se voit un édit touchant la 3CNÈVE. — procession de la Fête-Dieu ; une exhortation aux ecclésiastiques pour que coad: s'appliquer à l’étude, où on lit ces paroles : « Je puis vous dire avec vérité qu'il n'y a pas grande différence entre l'ignorance et la mslice, > qu'il ap- quoique l'ignorance soit plus à craindre, si vous considérez qu’elle auquêl 1 EN ;'oftense pas seulement soi-même, mais qu’elle passe jusqu’au mé- 8, y ts EN ris de l’état ecclésiastique. Pour cela, mes très-chers frères, je vous 602, dus BA conjure de vaquer sérieusement à l'étude ; car la science du prêtre nève, l'a c'est le huitième sacrement de la hiérarchie de l'Église, et son plus aint-Paul grand malheur est arrivé de ce que l'arche s’est trouvée en d’autres ction d'un mains que celles des Lévites. — C'est par là que notre misérable Ge- > qui peul nève nous a surpris, lorsque s’apercevant de notre oisiveté, que nous uit d'imier n’étions pas sur nos gardes , et que nous nous contentions simplec'est qu'l ment de dire notre bréviaire, sans penser à nous rendre plus savants, ur son dio- ils trompèrent la simplicité de nos pères et de ceux qui nous ont | synodaux précédés, leur faisant croire que jusqu’alors on n’avait rien entendu ns des at à l'Écriture sainte, — Ainsi, tandis que nous dormions, l'homme * dans EU ES ennemi sema l'ivraie dans le champ de l'Église, et fit glisser l'erreur 1x puisse! qui nous a divisés, et mit le feu par toute cette contrée ; feu duquel catéchisme =. vous et moi eussions été consumés avec beaucoup d’autres, si la t, à l'heure 24 bonté de notre Dieu n’eût miséricordieusement suscité ces puissants , Les curés En es meubles 1 OEuvres compiètes de S. Franc. de Sales. Paris, 1845, grand in-@o 1,9 ance, Cru P. 676 et sega,
174 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVII. — De1605
esprits, je veux dire les révérends Pères Jésuites, qui s’opposèrent aux hérétiques, et nous font chanter glorieusement en notre siècle : Misericordia Domini, quia non sumus consumpti 1, »
Le saint évêque faisait lui-même le catéchisme, et donna par écrit la manière de le faire, avec plusieurs instructions et avertissements pour la confession, la communion, la sainte messe, pour bien employer son temps, bien sanctifier la journée. Rien n'échanpait à ça vigilance et à son zèle.
Les peuples du Chablais étaient obligés d’avoir recours aux villes de Genève et de Lausanne, soit pour le commerce des choses nécessaires à la vie, soit pour faire apprendre des métiers à leurs enfants ou leur procurer des établissements, soit enfin pour les faire élever dans les études des sciences. François, encore prévôt de la cathédrale, observa bien vite que cela portait un grand préjudice à leurs âmes et les éloignait de leur salut et de leur conversion. Le meilleur moyen, pour empêcher ce désordre, lui parut d'établir une université ou maison dans laquelle on enseignât tous les arts et toutes les sciences principalement la théologie scholastique, la controverse, les cas de conscience, les traditions des saints Pères et les saintes Écritures; cet établissement augmenterait la population et le commerce de la ville, qui n'aurait plus besoin de recourir aux hérétiques. Le projet ayant été mürement examiné par l’évêque et un grand nombre de personnes de mérite, le pape Ciément VIIT érigea la sainte maison de Thonon, le treize septembre 1599, avec tous les priviléges d'université, pour être gouvernée par un préfet et sept prêtres séculiers, qui seraient tenus d’observer la vie et l'institut de la congrégation de l’Oratoire de Rome. François de Sales en fut nommé le premier préfet, et Baronius le premier cardinal protecteur. François dressa les constitutions pour la nouvelle communauté 2. N’étant encore que sous-diacre , il avait établi dans Annecy même , avec des statuts convenables, une confrérie des Pénitents de la Sainte-Croix, pour les personnes de l’un et de l'autre sexe 3.
Pendant son épiscopat, il donna des constitutions aux ermites de Ja moniagne de Voiro, des règlements de réforme à plusieurs monastères d'hommes et de femmes. Voici les avis du saint évêque l’abbesse d’une de ces maisons réformées :
« Voulez-vous que je vous dise ce qu’il m’en semble, madame’ L’humilité, la simplicité de cœur et d'affection, et la soumission d'es
prit sont les solides fondements de la vie religieuse. J'aimerais mieux À
1 OEuvres complètes de S. Fr, de Sales. t. 9, n. 104. — 3 ]bid., p. 66?
— 1 Hbid., . 667 et set.
à 1650 de l’ère
que les cloîtr gueil et de v repentir et ol cipes de tous état et mépr faire d’un esf … nià soi ni au " nement, que lesagneaux, le prochain ; | mène à la mer océan des me ; vous devez av L patissant, sim parfaite est cel nous, qui est | en sa grande & toutes choses.
« De plus, médier aux pl les grands ora … religions, les F Rinaussinef à examiner les est de bonne nm se soumettra q Avant que de 1 cation et la so figurer si avan tout ainsi que’!
en bas de son p à son service se dra d'elle, D’ai d’avoir un cour naire bien plus eux À, »
Outre son dio
à ! OEuvres coma.
np
— De1605
posèrent e siècle :
par écrit ssements bien empait à ça
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es néces-
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ce à leurs > meilleur je univertoutes les verse, les ates Écri- >0mmerce tiques. Le and nom- | la sainte priviléges rêtres séla congrénommé le . François Pétant en- , avec des nte-Croix,
ermites de sieurs mO0t évêque à
madame?
ssion d'esrais mieux
667 et saqd:
| est de bonne maison, c’est un grand es
figurer si avantageusement tant de consolations spirituelles.
) dra d’elle. D'ailleurs, ceux qui prennent ce 2: d'avoir un courage haut avec une basse for
eux 1, »
Déécrivit plusieurs lettres.
à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 175
que les cloîtres fussent remplis de tous les vices que du péché d’orgueil et de vanité, parce que, avec les autres offenses , on peut se repentir et obtenir pardon; mais l'âme superbe a dans soi les principes de tous les vices et ne fait jamais pénitence, s estimant en bon état et méprisant tous les avis qu'on lui donne. On ne saurait rien faire d’un esprit vain et plein de l'esprit de soi-même ; il n’est bon ni à soi ni aux autres. — I] faut encore, pour faire un bon gouvernement, que les supérieure ressemblent aux pasteurs qui paissent les agneaux, et qu'ils ne négligent le moindre exemple pour édifier le prochain ; parce que, tout ainsi qu'il n’y a si petit ruisseau gui ne mène à la mer, aussi n’y a-t-il trait qui ne conduise l'ame en ce grand océan des merveilles de la bonté de Dieu. — Madame, le soin que vous devez avoir de ce saint ouvrage doit être doux, gracieux, com-
patissant, simple et débonnaire. Et, croyez-moi, la conduite la plus
parfaite est celle qui approche le plus près de l’ordre de Dieu sur
nous, qui est plein de tranquillité, de quiétude et de repos, et qui,
en sa grande activité, n’a pourtant aucune émotion et se fait tout à
toutes choses.
« De plus, la diligence des supérieurs doit être grande pour remédier aux plus petits murmures de la communauté. Car, comme les grands orages se forment des Vapeurs invisibles, de même > AUX religions, les plus grands troubles viennent de causes fort légères, Rien aussi ne perd tant les ordres que le peu de soins qu’on apporte à examiner les esprits de ceux qui se jettent aux c'oîtres. On dit :Il prit; mais on oublie qu’il ne se soumettra qu'avec grande difliculté à la discipline religieuse, — Avant que de les admettre, on doit leur représenter la vraie mortification et la soumission que la religion demande » €t ne leur point
Car, tout ainsi que‘la’pierre, encore que vous la jetiez en haut, retombe en bas de son propre mouvement, aussi plus une âme que Dieu veut à son service sera repoussée, plus elle s'élancera à ce que Dieu vouparti comme par dépit tune, apportent d’ordi-
maire bien plus de désordre dans les cloîtres que de bon ordre en
.Dutre son diocèse et des com nautés religieuses, le saint évêque dirigeait plusieurs personnes du monde. Parmi elles était une dame de ses! parents. Ne pouvant toujours l’entretenir de vive Voix, il lui Elle en fit une collection et les montra au
1 OQEun MINS Re é © OEuvres complètes de S, Fr. te Saies, À, 2, p. 695.
176 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVII. — De 1605 : à 1650 de l’èl
père Jésuite qui la dirigeait, le même qui avait dirigé François dans M l'appelle di sa retraite pour son sacre. Le père Fourier (c'étaitson nom)enfut M ca Philoth
émerveillé, et pressa l’auteur de revoir son travail et de le rendre K « Regard public, pour la plus grande gloire de Dieu et l'utilité de tant d'âmes I votion, asp qui voudraient pratiquer la dévotion au milieu du monde, maisne [MN parties, en savaient comment. François hésitait encore, quand il reçut une lettre ERy trances et e de son ami Deshayes, qui lui demandait la même chose de la part du N entière réso roi HenriIV. Ce prince déplorait un jour devant cet ami le libertinage 1 rale, par ur qui régnait à la cour, et dont il trouvait deux causes: parmi les gens Me en laquelle
reusement €
du monde, les uns se persuadaient que Dieu ne faisait nulle attention aux actions des hommes; les autres, que le service de Dieu était trop difficile et la piété impossible. Il lui sembla que, pour remédier à un si grand mal, il faudrait faire peur aux premiers, mais rassurer les seconés, en leur montrant le service de Dieu facile et la piété aimable, et que l’évêque de Genève était l’homme pour faire ce livret, Sur quoi le saint n'hésita plus, et fit l'Introduction à la vie dévote Voici comme il en parle lui-même dans la préface :
« La bouquetière Glycera savait si proprement diversifier la disposition et le mélange des fleurs, qu'avec les mêmes fleurs elle faisait une grande variété de bouquets ; de sorte que le peintre Pausias demeura court, voulant contrefaire à l’envi cette diversité d'ouvrages ; car il ne sut changer sa peinture en tant de peintures, comme Glycera faisait ses bouquets. Ainsi le Saint-Esprit dispose et arrange avec tant de variété les enseignements de dévotion qu'il donne par les langues et les plumes de ses serviteurs, que la doctrine étant toujours une même, les discours néanmoins qui s’en font sont bien différents selon les diverses façons desquelles ils sont con: posés. Je ne puis certes, ni veux, ni dois écrire en cette introduction, que ce qui a déjà été publié par nos prédecesseurs sur ce sujet, (e sont les mêmes fleurs que je te présente, mon lecteur ; mais le bouquet que j'en ai fait sera différent des leurs, à raison de la diversité de l’agencement dont il est façonné.
« Ceux qui ont traité de la dévotion ont presque tous regardé l'instruction des personnes fort retirées du commerce du monde, 01 au moins ont enseigné une sorte de dévotion qui conduit à cetle el: tidre retraite. Mon intention est d’instruire ceux qui vivent ès villes, ès ménages, à la cour, et qui par leur condition sont obligés de faire une vie commune, quant à l'extérieur. J'adresse mes paroles À Philothée, parce que, voulant réduire à l'utilité commune de pli-
sieurs âmes ce que j'avais premièrement écrit pour une seule, je
je lui montr vine majesti à nous, et le J'enploie la se doit exer m'amusait | aisément pr fais découvr comme elle cinquième p chir, repren après plus h Au comm questions pr l'excellence ?
es, sur lesq pas toujours « La vraie présuppose 1 de Dieu, mai l'amour divi agréable à s:
bien faire, il degré de per!
mais nous fai alors il s’apj qu'une agilite charité fait se affectionnéme généralement de Dieu, il a] Promptement
1 Vie de S. Fr. de Sales, 1. 6. Auguste de Sales, Ï. 7.
— De1605
ois dans n) en fut e rendre t d'âmes mais ne ine lettre a part du bertinage | les gens Ile atten- Dieu était remédier s rassurer | piété aice livret, ie dévote,
er la dis- 's elle faintre Pau-
diversité peintures, dispose et tion qu'il ue la docï s’en font sont con:
roduction, > sujet, (e ais le boua diversité
xs regarde monde, où à cetie el it ès villes, és de faire
paroles i ne de plue seule, je
l'appelle du nom commun à toutes celles qui veulent être dévotes : car Philothée veut dire amatrice ou amoureuse de Dieu.
« Regardant donc en tout ceci une âme qui, par le désir de la dévotion, aspire à l'amour de Dieu, j'ai fait cette introduction de cinq parties, en la première desquelles, je m'essaye, par quelques remontrances et exercices, de convertir le simple désir de Philothée en une entière résolution, qu’elle fait à la parfin, après sa confession générale, par une solide protestation suivie de la très-sainte communion, en laqueile se donnant à son Sauveur et le recevant, elle entre heureusement en son saint amour, Cela fait, pour la conduire plus avant, je lui montre deux grands moyens de s’unir de plus en plus à sa divine majesté : l'usage des sacrements, par lesquels ce bon Dieu vient à nous, et la sainte oraison, par laquelle il nous tire à soi. Et en ceci J'emploie la seconde partie. En la troisième, je lui fais voir commeelle se doit exercer en plusieurs vertus propres à son avancement, ne m'amusant pas, sinon à certains avis particuliers, qu’elle n’eût pas su aisément prendre ailleurs ni d'elle-même. En la quatrième, je lui fais découvrir quelques embüches de ses ennemis, et lui montre comme elle doit s’en déméler et passer otre. Et finalement, en la cinquième partie, je la fais retirer un peu à part soi, pour se rafratchir, reprendre haleine et réparer ses forces, afin qu’elle puisse par après plus heureusement gagner pays et s’avancer en la vie dévote. »
Au commencement de la première partie, le saint évêque traite ces questions principales : Qu'est-ce que la dévotion ? Quelle en est l'excellence ? A quelle profession convient-elle ? Questions importantes, sur lesquelles aujourd'hui même les Chrétiens du monde n’ont pas toujours des idées nettes.
« La vraie et vivante dévotion, répond le saint évêque de Genève, présuppose l'amour : même elle n’est autre chose qu'un vrai amour de Dieu, mais non pas toutefois un amour tel quel. Car en tant que l'amour divin embellit notre âme, il s'appelle grâce, nous rendant agréable à sa divine majesté ; en tant qu'il nous donne Ja force de bien faire, il s'appelle charité ; mais quand il est parvenu jusqu'au degré de perfection, auquel il ne nous fait pas seulement bien “ire, Mais nous fait opérer soigneusement, fréquemment et promptement alors il s'appelle dévotion. Bref, la dévotion n'est autre ohèse qu'une agilité et vivacité spirituelle, par le moyen de laquelle Ja charité fait ses actions en nous, Où nous par elle, promptement et affectionnément ; €t coimme il appartient à la charité de nous faire généralement et universellement pratiquer tous les commandements de Dieu, il appartient aussi à la dévotion de nous les faire faire Promptemen tat dili
rom Ses HiST
niment, C'est pourquoi celui qui n'observe tous
XXVY. 12
les commandements de Dieu ne peut être estimé ni bon ni dévot, puisque, pour être bon, il faut avoir la charité, et, pour être dévot, il faut avoir, outre la charité, une grande vivacité et promptitude aux actions charitables.
« Croyez-moi, chère Philothée, la dévotion est la douceur des douccurs et la reine des vertus, c’est la perfection de la charité. Si la charité est un lait, la dévotion en est la crème ; si elle est une plante, la dévotion en est la fleur ; si elle est une pierre précieuse, la dévo-
. tion en est l’éclat ; si elle est un baume précieux, la dévotion en est
l'odeur, et l'odeur de suavité qui conforte les hommes et réjouit les anges.
« Dieu commanda en la création aux plantes de porter leurs fruits chacun selon son genre ; ainsi commande-t-il aux Chrétiens, qui sont les plantes vivantes de son Église, qu'ils produisent des fruits de dévotion, un chacun selon sa qualité et sa vocation. La dévotion doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l'artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée : etnonseulement cela, mais il faut accommoder la pratique de la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chaque particulier.
« C’est une erreur, même une hérésie, de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la boutique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés. Il est vrai quel dévotion pürement contemplative, monastique et religieuse, ne peut être exercée en ces vocations-là ; mais aussi, outre ces trois sortes de dévotion, il y en a plusieurs autres, propres à perfectionner ceux qui vivent ès états séculiers. Abraham, Isc ,c et Jacob, David, Job, Tobie, Sara, Rebecca et Judith en font foi par l'Ancien Testament; et quant au Nouveau, saint Joseph, Lydia et saint Crépin furent parfaitement dévots en leurs boutiques ; sainte Anne, sainte Marthe, sainte Monique, Aquila, Priscilla, en leurs ménages; Cornélius, saint Sébastien, saint Maurice, parmi les armes ; Constantin, Hélène, saint Louis, le bienheureux Amé, saint Édouard, en leurs trônes. »
Dès le premier moment de sa publication, en 1608, l’/néroduction à la vie dévote fat reçue avec un applaudissement universel ; on traduisit dans toutes les langues de l'Europe. Henri IV avouait que l'auteur avait surpassé son attente. Son épouse, Marie de Médicis en envoya un exemplaire magnifiquement relié et enrichi de piemeries à Jacques Stuart, roi d'Angleterre. Ce prince, tout ennemi qu'il était de l’Église romaine, éprouvait en le lisant une grande satishetion ; il ne s’en cachait pas, jusque-là qu’il demandait aux évêque protestants pourquoi ils n’écrivaient pas avec la même onction. « Votre livre m’enchante, mandait à notre saint l'archevêque de
(Liv. LXXXVIL. — De 1605
à 1650 de l'ère c
Vienne, Pierre enflammé et r:
encorenonce à encore une fois vres de monsie sant et son imi guide que l'on vertu, que je mes MŒurs ; el } en ai l'obligatic passer de la rel veauté, et toute à qu'elle me dit :
vait dit auparav
& cependant une
vère, déclama | vant son audito:
} le livre. Le sai } plainte. « Je su censeur, que s’il En général, saient de lui et
| douceur : Ne di à tout. [ls me flatt à plus de pitié qu s suis. Eh bien! I ; d'être repris en à Miséricorde que à défense et que l’c à Un avertissement : Pas une grâce qu:
BGcueil? — Quan
DHélas, disait-il, Apour moi? Laisse Dulation de vent, Adélicat pour ne | oui nous à dit q:
As mieux mes d appelons souvent
Danous plaisent pas.
“éutres complète
| ni dévot, être dévot, omptitude
ir des dourité. Si la ane plante, e, la dévotion en est réjouit les
leurs fruits 18, qui sont s fruits de votion doit san, par le ée : etnonla dévotion ier.
annir la vie artisans, de vrai que là se, he peut trois sortes onner ceux David, Job, l'estament ; furent parnte Marthe, Cornélius, lin, Hélène, rs trônes. »
ntroduction rsel ; on la avoualt que de Médicis, | de pierre:
nnemi qu'l de satisfacux évêques 1e onction.
revêque de
& d'être repris en cela, je le mér
Bicueil? — Quand il voyait qu’on s’indign
D Qui nous à dit
POUS plaisent p
à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
Vienne, Pierre de Villars ; toutes les enflammé et ravi hors de moi-même.
encorenonce à Cologne, écrivait à encore une fois de faire vos délic vres de monsieur de Sales, sant et son imitateur fidèle.
fois que je l’ouvre, je me sens » Le pape Alexandre VII étant
passer de la relire ; elle ne perd jamais veauté, et toutes les fois qu’ È qu'elle me dit toujours
vait dit auparavant 1, » Au milieu de ce concert d'éloges, il y eut
n prédicateur, d’un ordre séouvrage et même le brûla deerdit le prédicateur, mais non 8€ Sans proférer un mot de
suis bien plus Surpris, disait-il, de n’avoir eu qu'un
censeur, que s’il s’en fût trouvé un plus grand nombre. » En général, quand on venait lui dire que quelques-uns médisaint de lui et en disaient des choses étranges, il répondait avec | douceur : Ne disent-ils que cela? Oh! vraiment ils ne savent pas Ë tout. Ils me flattent, ils m'épargnent ; je vois bien qu'ils ont de moi à plus de pitié que d'envie, et qu'ils me souhaitent meilleur que je ne Lsuis. Eh bien ! Dieu soit béni : il se faut corriger ; si je ne mérite ite d’une autre façon ; c’est toujours à miséricorde que je le sois si bénignement. — Quand on prenait sa à défense et que l’on disait que cela était faux : Eh bien ! disait-il, c’est D Un avertissement, afin que je me garde de le rendre vrai. N'est-ce Pas une grâce que l'on me fait de m'avertir que je me détourne de cet ait contre les médisants :
-je passé procuration de vous Courroucer Apour moi ? Laissez-les dire, ce n’est qu’une croix de parole, une tri- Dulation de vent, Ja mémoire en périt avec le son, Il faut être bien Adélicat pour ne pouvoir souffrir le bourdonnement d'une mouche, ! que nous soyons irrépréhensibles ? Peut-être volent- DS mieux mes défauts que moi ni que ceux qui m'aiment. Nous appelons Souvent des vérités du nom de médisance, quand elles ne | as. — Quel tort nous fait-on quand on a mauvaise
2 Hélas, disait-il, vous ai
rés complètes de S, Fr. de Sales, t, 1, p. 527.