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à 1650 de l'äre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 207
que demande le jeune âge. 11 prenait un soin particulier de conseryer leur innocence. Aussi veilla-t-il scrupuleusement sur lui-même, en sorte qu’il devint leur plus parfait modèle. L'un d'eux, devenu maire de Lunéville, disait un jour : Si à ma mort je trouve grâce devant Dieu, comme je l'espère, j'en attribue le bonheur à ce que j'ai été élevé, en ma première jeunesse, par les soins du bienheureux Pierre Fourier.
Cependant notre saint était en âge de choisir une carrière. fl se décida pour l'état religieux; et entre Jes divers ordres de cet état, pour celui des Chanoines réguliers; et entre les diverses maisons de cet ordre, pour celle de Chaumouzey, à quatre lieues de Mirecourt : ce qui étonna fort tous ceux qui le connaissaient ; car, et cet ordre, et particulièrement cette maison, étaient tombés dans un relâchement déplorable, On ne pouvait comprendre comment:il allait chercher un asile à son innocence dans un lieu d'où elle semblait bannie depuis assez longtemps. Malgré les remontrances de ses amis prit l’habit de religion sur la fin de 1586, y fit sa profession après une année de noviciat, et reçut la prêtrise à Trèves le vingt-cinq fé-
médiatament les saints mystères : ce ne-fut que le vingt-quatrième
messe dans l’église de l’abbaye. Plusieurs entrevoyaient alors quelques desseins de la miséricorde divine sux ce monastère et sur cet ordre,
L'an 1591, Pierre Fourier fut envoyé de nouveau à Pont-à-Mousson, pour y faire un cours régulier de théologie. I s'y lia d'amitié avec deux saints Personnages, Senvais de Layruels ou Laruelle et Didier de Lacour, destinés l’un et l’autre à réformer en Lorraine deux congrégations célèbres, celle de Saint-Norbert et celle de Saint-Benoît1,
Servais de Layruels, né dans le Hainaut en 1580, religieux profès de Saint-Paul de Verdun, puis abbé de Sainte-Marie-aux-Bois, près Pont-à-Mousson, y compléta la réforme; commencée par son prédécesseur Daniel. Picart. Approuvée par Paul V, elle se répandit en France, dans les Pays-Bas, en Allemagne et jusqu’en Autriche. Layruels transféra l'abbaye à Pont-à-Mousson même, y bâtit une église
1 Vie du bienheureux P. Fourier, par Bédel, son confrère et <ontemporain. — Le bon P, de Mattaincourt, par Maurice Baillard. — L'Esprit du bienheureux P, Fourier, Lunéville, 11757. — Conduite de la Providence dans l'établissement de la congrégation de Notre-Dame, Toul, 1782,
208 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXX VII. — De160s
et des lieux réguliers, qui subsistent encore et servent de petit séminaire au diocèse de Nancy. Le pieux réformateur, qui mourut sain. tement le dix-huit octobre 1631, a laissé un catéchisme des novices et une optique pour la règle de Saint-Augustin f,
Didier de Lacour, né à Mouzeville en 1550, était entré à dix-huit ans dans l’abbaye de Saint-Vannes de Verdun, ordre de Saint-Benoît. Le relâchement qui s’y était introduit, loin de refroidir son zèle, ne fit que l’animer davantage. Le jeune religieux, repoussant des mitigations qui semblaient autorisées par l’usage, pratiquait autant qu’il lui était possible la règle de Saint-Benoît dans toute sa sévérité. Seul à lutter contre le torrent des exemples contraires, sa constance et sa ferveur ne se démentirent point. Son zèle, sa douceur, sa patience au milieu des contradictions attirèrent enfin les bénédictions de Dieu sur son projet. Étant devenu prieur de l'ab. baye de Saint-Vannes, en 1598, il commença l’année suivante l'éta blissement de la réforme dans cette maison, et y reçut quelques novices qu’il forma par son exemple à la stricte observance de là règle. L'évêque de Verdun, qui était en même temps abbé de Saint. Vannes, protégea son entreprise, et Clément VIIT autorisa la ré. forme par un bref exprès. Les jeûnes, les veilles, le silence, le travail des mains, la méditation des choses saintes rappelaient les premiers disciples de saint Benoît; mais c'était surtout par les vertus intérieures que Diaier de Lacour et s°s premiers religieux se distinguaient. D’anciens Bénédictins, des jeunes gens, des hommes du monde vinrent se mettre sous sa conduite. Un de ceux qui le secondèrent avec le plus de zèle dans l'établissement de la réforme, füt Claude François, qui mourut, en 1632, victime de sa charité à soigner les malades dans un temps d'énidémie. Cette réforme prit le nom de congrégation de Saint-Vannes et de Saint-Hydulphe, et produisit, avec des écrivains distingués, de grands exemples; elle donna
même naissance à une congrégation plus nombreuse et plus célèbre |
encore.
La réputation de la réforme de Saint-Vannes engagea successive ment plusieurs abbayes de France à embrasser les mêmes observances. La première abbaye qui les adopta fut celle de Saint-Augustin de Limoges, et elle fut suivie des abbayes de Saint-s'aron de Meaux, de Saint-Julien de Noaillé, de Saint-Pierre de Jumiéges et de Bernay. Didier de Lacour envoya quelques-uns de ses religieux dans dit férents monastères pour y introduire la pratique exacte de la règle primitive. Mais, comme il paraissait diflic'ie de réunir toutes le
1 Hélyot, t. 2, et Manuscrits du séminaire de Nancy.
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F VIe siècle, t, 1, P. 106 et 158.
à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 209
maisons réformées sous l'autorité d'un supérieur résidant en pays étranger, en Lorraine, on prit le parti d'ériger en France même une congrégation dans le même esprit et sur le même pied que celle L de Saint-Vannes, mais qui serait distincte et indépendante, Laurent 1 Bénard, prieur du collége de Clugni à Paris, fut un des plus zélés ; pour ce projet. Il fit plusieurs fois le voyage de Lorraine pour \ L prendre l'esprit de la réforme de Saint-Vannes.
La nouvelle congrégation, confirmée l'an 16214 par une bulle du
; | Pape, fut appelée la congrégation de Saint-Maur, du nom d’un des
premiers disciples de saint Benoît. Elle fut adoptée successivement dans cent quatre-vingts abbayes ou prieurés conventuels. Les premiers religieux partageaient leur temps entre la prière et l’é-
» tude; on leur dut la restauration de plusieurs anciennes abbayes D détruites par les guerres, et la construction de belles églises. Ils rendirent encore un autre genre de service : ils embrassèrent les différentes parties des sciences ecclésiastiques, et se livrèrent aux travaux de critique et d'érudition : ils ont enrichi la littérature de bonnes éditions d'un assez grand nombre de Pères de l'Église, et ont fait des recherches immenses sur l’histoire et les antiquités ecclésiastiques 1, Et ces utiles réformes des Prémontrés et des Bénédictins avaient
débits ni oi
D pris leur source à Pont-à-Mousson, dans le pieux triumvirat de D Layruels, Lacour et Fourier. Ce dernier venait d’être nommé ad-
ministrateur de la paroisse de Saint-Martin de Pont-à-Mousson, & lorsqu'il fut rappelé à Chaumouzey vers la fin d'août 1598. Le car- } dinal de Lorraine, légat du Saint-Siége, venait de proposer la réforme aux chanoines réguliers des trois évêchés, Toul, Metz et Ver- } dun. Il en avait convoqué à Nancy les abbés et les prieurs, pour ! essayer de les réunir en un corps de congrégation et de corriger les
doc
D abus qui s'étaient glissés dans leur ordre. Il y a lieu de croire que
D l'abbé de Chaumouzey voulut s'appuyer des exempies du père Fou- | rier pour porter ses religieux à observer les règlements qu’on ve- } nait de dresser à Nancy. Si telle fut son attente, le succès n'y réà pondit guère. Le seul nom de réforme alarma et indisposa les esprits. : La présence du père Fourier, et plus encore les saints exemples D quil leur donnait dans toute sa conduite, ne firent que les aigrir » Contre lui, au lieu de les toucher. Bientôt il trouva dans la plupart } de ses confrères autant d’ennemis et de persécuteurs. Ils l'avaient à déjà vu de très-mauvais œil pendant son noviciat ; ce fut encore bien
E pis lorsqu'ils le virent procureur de la maison et administrateur de
* Picot, Essai historique sur l'influence de la religion en France pendant le
XXV, 44
210 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVII.—De1ços ls
de l la paroisse de Chaumouzey. Leur aversion alla si loin, qu’ils réso- . lurent de s’en défaire par le poison, comme nous avons vu que de On on mauvais moines firent à saint Benoît. ! une sainte Cependant on lui offrit la nomination à trois cures : Nomeny, D ‘Un 5€ Saint-Martin de Pont-à-Mousson, et Mattaincourt. Il choisit la der. Di de sa cond nière, parce qu’elle était plus pauvre et qu’il y avait plus de travail, Mt "° Paix et Il en prit possession l’an 4597. Cette paroisse était dans l’état le plus É PRE : déplorable : l’irréligion ou l’hérésie en avait entièrement banni 4 Di ‘7 à Ca piété. Il y entra le jour du Saint-Sacrement, et fit la procession. De M ge y était retour à l’église, il fit un discours si pathétique, qu'il toucha ls M aimable ave cœurs les plus endurcis et tira de tous les yeux des larmes abon. Mi ‘2 désert dantes. Il annonça à ses paroissiens qu’il venait uniquement pou WA ‘°° P'eux travailler à leur salut, et que, s’il le fallait, il sacrifierait sa propre vi dèles était Ç pour sauver leurs âmes. Et aussitôt il se mit à l’œuvre. D contenir le Pour renouveler sa paroisse, il rétablit les écoles pour les petits AIO garçons et les petites filles, fit assidûment le catéchisme, y organis sanctifiaient des conférences avec des chœurs de chants. Dans l’origine, il visitai nombre d'à ses écoles chaque jour; il composait lui-même les conférences ou M ‘14e enco dialogues, et les faisait réciter aux enfants dans l'église : ce qui inté M plus grand ressait et attirait non-seulement les enfants, mais leurs familles en. Mi PSieurs jor tières. De même les pieux cantiques, chantés d'abord à l'église, M ‘rence perp retentirent bientôt dans les maisons et dans les ateliers, et en ban. D ne nirent les mauvaises chansons, alors fort répandues. Le bon pasteur M. °"" Mair alla de plus visiter chaque famille, afin de mieux connaître toutes M Frs
ses brebis et pouvoir les appeler chacune par son nom. Ce quels instructions, les bons exemples avaient commencé, il l’achevait au tribunal de la pénitence. Plus d’une fois on le vit se prosterner en larmes aux pieds de quelques pécheurs endurcis, et les conjurer par les entrailles de Jésus-Christ d’avoir pitié de leurs âmes; car tousne répondirent pas tout d’abord aux vœux de son zèle. Afin de les gx gner tous, il demanda et obtint un vicaire, et fournit à son entretien, quoique sa paroisse fût peu lucrative. Mais, disait-il, la frugalité est une banque de grand rapport.
Il avait remarqué que les plus opiniâtres profitaient de l'heure des offices divins pour se livrer plus librement aux désordres. Le curé de Mattaincourt était en même temps chef de la haute justice, et avait droit d’infliger des amendes et d’autres peines. Plus d’une fois donc il fit célébrer la messe de paroisse à son vicaire, pour alle lui-même dans les lieux de réunions publiques, en faire sortir cœur sur lesquels il avait juridiction. Au bout de deux ans, avec le commencement du siècle, 1600, la réunion de tous ces moyens avi complétement changé ia paroisse,
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XVII, — De 1605
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à 1650 de l'êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,
On remarquait, avec non moins d’admiration que d'étonnement, une sainte émulation pour le bien chez ceux qui s’excitaient au mal ; chacun s’animait à la vertu, chacun remplissait avec zèle les devoirs de sa condition; on vit alors régner parmi les fidèles de Mattaincourt À une paix et une amitié sincères, bonheur qu'ils n’avaient point goùté à pendant tout le cours de leurs désordres. Les pauvres trouvèrent À dans la charité des riches une ressource contre leur misère; l’étran- D ger y était aussi surpris qu’édifié de la prévenance et de la politesse À aimable avec laquelle on lui accordait l'hospitalité, L'église, aupara- À vant déserte pendant les oflices de la paroisse, était remplie aux exer. À cices pieux de surérogation; dans les solennités, le concours des fi- D dèles était si grand, que l’église, d'ailleurs assez vaste, ne pouvait À contenir la foule qui s'empressait à la suite et aux instructions du À sainthomme. L'assistance à la messe et la visite au Saint-Sacrement D sanctifiaient chaque jour les instants de repos et de loisir d’un grand À nombre d'âmes pieuses ; plusieurs, qu'animait une dévotion plus À tendre encore, s’approchaient de la table sainte tous les jours; un À plus grand nombre encore chaque mois; quelques-uns jeûnaient } plusieurs jours de la semaine ; des époux gardèrent dès lors une con- ! tinence perpétuelle ; la jeunesse s’interdit les divertissements bruyants Let dangereux, qui semblaient auparavant faire toutes ses délices.
! Pour maintenir et perpétuer cette ferveur, le bon père fonda plu- D sieurs associations pieuses dans sa paroisse : une congrégation de } filles en l'honneur de la sainte Vierge, sous le titre de son immaculée À conception ; une congrégation de Saint-Sébastien, pour les hommes D et les 8arçons; enfin la confrérie du Rosaire, pour les dame. , Une à réputation sans tache était la première qualité qu'on exigeait pour } devenir membre-de ces associations; et si quelqu'un devenait en- Ë suite un sujet de Scandale, il cessait aussitôt de faire partie de la conk grégation. Aussi on tint à honneur d’appartenir à ces corps de pieux Bi clients de Marie ; et les jours d'assemblée, plus de cent pères de fa-
E mille, qu'imitaient un nombre plus considérable encore de jeunes
D sens, célébraient avec autant de dignité que d'harmonie les louan-
ges de la mère de Dieu, Les jeunes filles, enrôlées sous les bannières D de cette reine des vierges , lui consacraient leur cœur et leur
Voix, tandis que leurs mères Parcouraient dévotement les grains } d'un chapelet,
# La charité du bon Père n'était p } An de mettre plus d'ordre dans] prendre plus profitables, il avait dr
dents EE
as moins admirable que sa piété.
a répartition de ses aumônes et les essé une liste des plus nécessiteux eux fois par semaine, leur distri-
D buant lui ois jours ; aux vieillards, il ajoutait
-même du pain pour tr
an peu de viande et de vin, et aux principales fêtes il doublait ses aumônes. Sa bonté de cœur ne lui permit jamais de refuser les in.
digents des environs, qui souvent se mêlaient à ceux de Mataincourt, Tout cédait à son exemple; les bourgeois aisés du lieu imitèrent leur charitable pasteur, et, à jour fixe, firent aussi des distributions ax malheureux.
Un jour de Saint-Ëvre, patron de son église, Fourier, sachant que, par un abus des plus déplorables, la fête patronale est moins consa crée à la dévotion qu'aux plaisirs même les plus criminels, s’éler avec force contre les divertissements profanes et dangereux ; puisi s’étendit sur l'excellence de l’aumône, engageant ses paroissiens venir au secours de leurs concitoyens pauvres dans ces jours de fête, Quelle fut sa surprise lorsque, après son action de grâces, il vit ses paroissiens près de l’église, se querellant, pour ainsi dire, sur le nombre des indigents que chaque habitant aisé voulait posséder pendant la durée des fêtes ! Le bon Père dut encore faire ce partage pour le mettre d'accord.
Comme sa charité était universelle, qu’elle embrassait non-seulement le salut, mais encore le bien-être temporel de ses enfants, ellk lui suggéra de créer à Mattaincourt ce que, dans notre siècle, on nomme caisse de prévoyance, en faveur du commerce, qui à celte époque avait une grande extension dans cette bourgade. Il était ar rivé plus d’une fois que des négociants de Mattaincourt avaient w leurs affaires notablement dérangées par suite de revers; et ce fut
pour obvier à ces coups imprévus de la fortune qu'il établit cell B
caisse, qu’il nomma bourse de Saint-Ëvre, et qui, devenue impor tante par les legs et les donations dont on l’enrichit, eut les pl heureux résultats. Cette institution était dirigée par un conseil d'administration composé de notables négociants de la paroisse, et, lors: qu'il était suffisamment informé de la gêne d’un commerçant, il tira de la bourse de Saint-Ëvre une somme d'argent proportionnée au pertes éprouvées, afin de le mettre en situation de continuer son négoce. S'il faisait ensuite des profits considérables, seulement alorsil restituait sa dette à la caisse de l'association.
Pour rendre les procès moins fréquents dans sa paroisse et ailleurs, il rédigea un autre projet d'association qu'il fit revêtir de l’approbr tion du duc de Lorraine. Tout consistait à former une réuni d'hommes francs, éclairés, charitables, judicieux et craignant Diet Deux d’entreeux, accompagnés d'autant d'avocats bénévoles, aurait tenu audience publique et gratuite, à certains jours fixes, pour vide
à l'amiable les différends qui se seraient élevés entre les habitantstil
pays. S'il fût arrivé que l’une des parties se refusât à s’en tenir ah
(Liv. LXXX VII. — De 1805
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à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 213
» décision de ces arbitres désintéressés, on devait puiser dans une D} caisse commune, fondée à cet effet, l'argent nécessaire pour con- À duire l'opiniâtre par-devant les tribunaux ordinaires, sans que l’autre … parties’en mélât dès lors aucunement. Si les malheurs de la Lorraine mirent obstacle à la réalisation d’une pensée si chrétienne et si éminemment sociale, Fourier eut du moins à cœur d’en atieindre le but | pour sa paroisse en interposant ses bons offices. Tant de vertus et p de bonnes œuvres furent cause qu’on ne l'appelait plus que le bon | Père de Mattaincourt. À Un autre projet encore occupait son esprit. Il s'était convaincu de } bonne heure que ni la réformation de sa paroisse ni celle de l'Église À et du monde ne pouvait être solide et durable, si ce n’est par la sainte À éducation de la jeunesse la plus tendre. Ce fut ce qui le porta, dès D son arrivée à Mattaincourt, à en faire l'objet principal de son zèle. à Ses premières vues se bornèrent d’abord à l'enceinte de sa paroisse. : Quatre choses lui déplaisaient extrémement dans la manière ordinaire : de procéder à l'instruction de la jeunvsse, La première était que les D garcons et les filles se trouvassent rassemblés dans la même école. : La seconde, que les filles y fussent instruites et corrigées par des } hommes. La troisième, que quantité d'enfants s’en trouvassent exclus, faute de pouvoir payer leur maître. La quatrième enfin, que ces | maîtres mercenaires se trouvassent ordinairement ou incapables ou | peu soigneux d’inspirer à leurs élèves la religion et la piété chrétien- | nes. Pour remédier à ces inconvénients, il dressa le projet de deux | nouvelles écoles, où la jeunesse de l’un et de l’autre sexe serait dès | l'âge de quatre ou cinq ans instruite, séparément et gratuitement,