XVII. — De
tes ensemble deste et unie. Tel fut le ur l'instruc- ; une maison à l'éducation ‘adressa aux Deux d’entre t gracieuse-
petite commois de juilit à Poussey scopale, leur Supérieure, à des obsta.
e et s'étend,
encore elle à servir Dieu
hanoines réine, évêque en bloc, en res des trois cer les abus, tpas mieux.
ICCeSseUr au même comqu'il ne se ourt, Ils s'y le menu, en aient à em- >. L'évêque, s canoniales sés à la récanonial de ‘uré de Matierremont y rir à l’abbé , qui voulut nastère les ir et maitre :u après, le
41650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 215
duc Charles de Lorraine, abbé commendataire de Saint-Remi de Lunéville, obligea les chanoines de cette abbaye à recevoir les novices de la réforme, qui y arrivèrent le 10 février de la rnême année : un de la maison se joignit à eux. Plusieurs autres vinrent de différents côtés augmenter leur nombre. Ils firent leur profession le vingt-cin mars 1624, fête de l’Annonciation de la sainte Vierge. Aussitôt l’abbé et tous ses confrères se retirèrent où ils jugèrent à propos, moyennant une pension viagère qui leur fut assignée. La réforme des chanoines réguliers de Lorraine, sous le nom de congrégation de Notre- Sauveur, commença ainsi dans la maison de Lunéville, dont la demeure abbatiale forme actuellement la maison de cure. La même année, sur le refus du bienheureux père de Mattaincourt, on y choisit pour prieur le père Maretz. La réforme ayant été établie dans huit maisons, et confirmée à Rome, on assembla le chapitre général en 1629, à Lunéville, où, sur le refus du bienheureux Pierre Fourier, on élut pour supérieur général son ami et son disciple le père Guinet. Celui-ci étant mort dès l'an 1632, encore fort jeune, le bienheureux père fut contraint d’accepter la charge de supérieur général, à la suite de deux élections unanimes.
Il resta toute sa vie curé de Mattaincourt. Outre qu'il y avait toujours un vicaire, il s’y trouvait en personne aux principales époques de l’année, et toutes les fois que les besoins de la paroisse l’exigeaient. Ainsi, l'an 1631, par suite des guerres entre la France et la Lorraine, l peste et la famine s'étant fait sentir à Mattaincourt comme ailleurs, le bon pasteur demeura constamment au milieu de ses ouailles, pour leur procurer tous les secours spirituels et temporels en son pouvoir, et mourir avec elles et pour elles. Plusieurs de ses religieuses établies en France, notamment celles de Châlons, le priaient de venir les voir, 11 leur répondit entre autres le 31 mars 1631 : « Nos paroissiens meurent à moitié de faim ; je n’ai rien cependant pour les aider du mien ; mais ma présence, s’il faut que je me vante devant vous, y fait bien quelque chose. Et je vous prie, ayant la crainte de Dieu et son amour si fort empreint au profond de vos bénites âmes, et étant filles très-chères de la mère de miséricorde, pourriez-vous jamais me conseiller, curé que je suis, d'abandonner mon peuple, et ne pas vouloir mourir de faim avec eux, s'ils en meurent, et me tenir comme eux au milieu des craintes et des dangers de peste qui tourent maintenant, pour les consoler, pour les repaître des saints sacrements et de la parole de Dieu, pour les exhorter à la patience, pour demander l’aumône pour eux auprès de ceux qui ont quelques moyens? Mes bonnes sœurs, si vous saviez ce que c'est que d'être curé, c'est-à-dire pasteur des peuples, père, mère, capitaine, guide,
216 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXVIL. — De 1605
garde, sentinelle, médecin, avocat, procureur, entremetteur, nourricier, exemple, miroir, tout à tous, vous vous garderiez bien d'approuver ou de désirer ou de demander que je m’absentasse de ma paroisse durant cette saison. »
Le bon Père ne s'absentait dans d’autres circonstances que pour un plus grand bien de l'Église, établir ses deux congrégations, faire des missions apostoliques dans les Vosges et ailleurs, toujours avec l'approbation ou même par les ordres de l'autorité ecclésiastique, C'est ainsi qu'il fit en 1625 la mission de Badonviller, chef-lieu du comté de Salm. L’hérésie y dominait. Le duc François de Lorraine, comte de Salm et de Vaudémont, désirant y rétablir la religion catholique, y avait envoyé cette année plusieurs missionnaires Jésui. tes, qui préchèrent la controverse avec beaucoup de succès. Mais, comme ils n’y allaient que de temps à autre, eux-mêmes représentèrent au prince que, pour consolider et achever le bien, il y fallait un homme apostolique à demeure, et luiiudiquèrent le bon Père de Mattaincourt. Le prince eût bien voulu qu'il en acceptât la cure: tout ce qu’il put obtenir fut qu'il irait y passer quelques mois, Y étant arrivé, le saint homme trouva le presbytère en ruine, l’église déserte, l'ignorance chez les catholiques, la richesse chez les Calvi. nistes, et leur temple regorgeant de monde. Cet état de choses si déplorable ne le décourage pas, mais anime son zèle. Dès le lendemain il est à l’œuvre. Il visite les malades, console les affligés, fait du bien aux pauvres, leur procure des maisons de ses deux congrégations ce qu'il y a de meilleur. Ayant ramassé les revenus de la cure, il y rebâtit le presbytère. Il fortifie les catholiques par des sermons et des exhortations fréquentes : aux Calvinistes, il donne ses prières, ses larmes et l’exemple d’une .sainte vie. Ils ont beau l’examiner de près, de loin, en secret, en public, ils n’y trouvent rien à reprendre, rien qui justifie la peinture que leurs prédicants leur faisaient du prêtre catholique. Malgré qu’ils en aient, ils le reconnaissent pour un des justes dont parle l'Écriture, ils le vénèrent, ils l’aiment cordialement. Aussi, de son côté, les ménageait-il avec une maternelle tendresse ; jamais, dans ses instructions, un seul mot qui pôt les désobliger : il ne les appelait pas même hérétiques, mais étrangers. Un jour les voyant sortir du prêche en grand nombre, il s'arrêta tout court et se mit à pleurer si fort, qu’un des principaux de la ville accourut pour lui demander s’il n’était pas malade ou s'il lui manquait quelque chose, et lui offrir sa maison. Le bon Père le remercia, et dit : Je pleure en voyant ces pauvres étrangers si malheureusement trompés, et des bourgeois de votre ville qui cherchent l'enfer avec tant de soin. Dieu bénit les prières et les larmes du boi
DM spi di
à 1650 de l’è
Père. À la la consolat foi de leurs Vierge !. A Père dans pierre, la fc d'un village fils et à leu eux.
La guerre raine, mais lieu, ne per:
* sa paroisse, : poursuites « : comme d'u
| France ?, il
» 1636, à Gra » passa deux a » mais surtout
D deMattaincor
| fort géné da > bon Père, lu
j'ai comman
| misère pour :
} pas trop bier de la pauvret
À quelques harc } que de vous
} comme du pa:
} assister, Si vo } moins permet : pendant il ner D nous avons pl É I ny faut rier | de Dieu, et pl : démêlé, et en : pelet. J'espère 2 merez, étant « E ami. Charles d
Cependant le
Bédel,— 2 Bail
NVIL. — De 1605
teur, nour- 2 bien d'aptasse de ma
es que pour ations, faire >ujours avec clésiastique, hef.lieu du le Lorraine, religion caaires Jésuiaccès. Mais, s représen- 1, il y fallait bon Père de ât la cure:
1es mois, Ÿ ine, l’église 2 les Calvi.
e choses si s le lendeafiligés, fait ux congréenus de la par des ser- | donne ses beau l'exavent rien à icants leur ; le reconénèrent, ils il avec une ul mot qui ques, mais nombre, il principaux ade ou s'il nm Père le ers si malcherchent es du bof
FR PU ST I Re OT
à 1650 dé l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 217
Père. À la fin des six mois qu’il demeura dans cette paroisse, il eut l consolation de voir tous les hommes de Badonviller revenus à la foi de leurs pères, et le temple huguenot converti en église de la sainte Vierge !. Aujourd'hui encore on se souvient avec amour du bon Père dans la contrée : on montre avec nne religieuse vénération la pierre, la fontaine où il s’arrêtait en allant porter la parole divine d'un village à un autre ; le père, la mère racontent encore à leurs fils et à leurs filles les moindres circonstances de son séjour parmi eux.
La guerre, la peste et la famine qui ravageaient la pauvre Lorraine, mais surtout les persécutions politiques du cardinal de Riche-
À lieu, ne permirent point au bon Père de Mattaincourt de mourir dans
» sa paroisse, ni même dans son pays natal. Pour se soustraire aux
À poursuites du cardinal-ministre, qui prétendait se servir de lui
> comme d’un instrument , Pour annexer dès lors la Lorraine à la
France ?, il se cacha d’abord en divers lieux, et enfin se retira, l’an
: 1696, à Gray, en Bourgogne, sous la domination de l'Espagne. Il y
} passa deux ans à souffrir de la vieilless
e, de la maladie, de la disette,
| mais surtout des souffrances de la Lorraine et de sa chère paroisse
D deMattaincourt. Le duc Charles IV de L
orraine, qui était lui-même
| fort gêné dans ses affaires, ayant su la détresse où était réduit le } bon Père, lui écrivit familièrement la lettre suivante : « Mon Père,
j'ai commandé à Gérard, mon maitre d'hôtel, de vous donner une
| misère pour vous ou Pour vos religieuses, que l’on me mande n'être
Pas trop bien, dans le peu d'assistance que vous recevez, à cause
: de la pauvreté qui commence d’être par delà. Il me reste par delà
} quelques hardes, que j'ordonne audit Gérard de faire vendre plutôt
} que de vous laisser dans la nécessité, Ja vous prie de ne pas faire } comme du passé, et de l'avertir de ce qu’il pourra faire pour vous } assister. Si votre gloire ordinaire vous empêche d’en demander, du
R moins permettez au père Terrel ou à vos religieuses de le faire. Ce- & pendant il ne me faut pas oublier,
D nous avons plus à faire de votre s à Iln’y faut rien oublier,
| de Dieu, et plus rien du L démêlé, et en lieu où il n° E pelet. J'espère que vous direz le vôtre pour moi, + Merez, étant de tout mon cœ » ami. Charles de Lorraine, Ce 17 décembre 1639 3, »
car nous sommes en une saison où Ouvenir en vos prières que jamais.
étant certain que nous devons attendre tout monde. Bienheureux est celui qui en est y ait plus rien à faire que de dire son chaet que vous m'aiur, mon Père, votre plus affectionné
Cependant le bienheureux Père mettait la dernière main aux con-
i Bédel, — 2 Baillard, c 41. — s Esprit du bienheureux P. Fourier, p. 313.
218 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVII, — De 1605
stitutions de sa congrégation de Notre-Dame. Il allait les finir un soir, lorsqu'il s'endormit sur sa table, Le feu y prit. A son réveil il trouve papiers, livres, plumes réduits en cendres ; le livre Des Constitutions seul était intact. Entin, attaqué de la maladie qui devait l'enlever de ce monde, il fit son testament, par lequel il laissa aux religieuses leurs constitutions, et aux chanoines réguliers des avis salutaires pour entretenir parmi eux l'esprit de la réforme qu'ils avaient embrassée, Il mourut saintement, dans la nuit du neuf au dix décembre 1640, en la soixante-seizième année de son âge. Les chanoines de sa réforme vinrent à Gray pour transporter son corps à Pont-à-Mousson, en la maison de leur séminaire, qu'il y avait fondée. Mais les habitants de Gray ne voulurent pas se dessaisir de ce précieux trésor. Il fallut recourir à la cour d’Espagne et à celle de Bruxelles, La décision, qui était favorable aux chanoines réguliers, n'arriva que vers Pâques de l’année suivante 4641, Encore les habitants de Gray firent-ils de si vives instances, qu’on leur laissa le cœur du bienheureux Père, qui fut déposé dans l’église paroissiale, La translation de Gray en Lorraine fut comme un-triomphe continuel, Chaque paroisse, le pasteur en tête, se porte à la rencontre du cortége; on le suit de bourgade en bourgade; plus d’une fois, au lieu de l'office funèbre, le peuple se met à chanter l'hymne d’un confesseur. Les chanoines ne comptaient pas s’arrêter à Mattaincourt : ils y sont forcés par la nuit, et déposent le saint corps à l’église, Le lendemain, quand ils viennent pour l'enlever, ils trouvent les portes remplies d'hommes et de femmes, qui s’y opposent et qui protestent qu'ils perdront la vie plutôt que leur Père, et qu’on ne l'emporter qu’en les foulant aux pieds et les mettant à mort. Les chanoines, n'ayant pu rien gagner par la persuasion, ont recours à l'autorité du duc de Lorraine, qui ordonne de leur remettre le corps de leur supérieur général. Les hommes de Mattaincourt répondent que, par respect pour les ordres du souverain, ils ne s’y opposeront plus; et de fait, ils restent les bras croisés sur le cimetière. Mais, quand les chanoïnes veulent entrer dans l’église, ils la trouvent remplie de femmes et d'enfants, qui leur résistent de paroles et de fait, sans qu'il y ait moyen de les adoucir. Ces ferventes Chrétiennes invoquent même contre eux les vues manifestes de la Providence. Vous ne pensiez pas venir ici, leur disaient-elles, c'est Dieu qui vous y a contraints, pour nous faire ce présent; et ne serions-nous pas bien malheureuses de le perdre par notre faute? Sur cette opposition inattendue, les chenoines recourent de nouveau au duc de Lorraine, qui, par un arrêté du quatre juin 1641, met à leur disposition la maréchaussée
{tain-
n n A Q > M, et la garnison de Mirecourt, pour leur prêter main-forte, A Mattai
à 1650 de
court, ce] clocher. .
l'église es mes l’entc armes ; el volontiers Les homn terres, leu:
un beau n serfs, poui de ces plet s'il donner les pieux } Père, et af Il a été] jours, on a où il repose Un autre de Dieu et Le vue à l'œuv moins activ et extérieur n'est pas r craintes au « n'éprouvait insurrection influent de Mariana, de:
} changement général Aqu obtinrent, ps général fût devant l’asse | vée, et les cor : sermes d’es] | C'est ce qui | tries pour qu À 1616, où il d > sinuant dans Société une n
À Bédel, — 2:
(XVIL, — De 105
it les finir un A son réveil, 3 le livre Des iladie qui dequel il laissa réguliers des 'éforme qu'ils t du neuf x son âge.
ansporter son >, qu'il y avait lessaisir de ce et à celle de es réguliers, ore les habilaissa le cœur roissiale, La he continuel, ntre du cor- » fois, au lieu d’un confesncourt : ils y lise. Le lennt les portes jui protestent > l’emportera es chanoines, l'autorité du de leur supént que, par ront plus; et is, quand les t remplie de ait, sans qu'il es invoquent Vous ne pena contraints, nalheureuses ittendue, les qui, par ( naréchaussee
attain- >, À Mattain
à 1650 de l'ère chr.] DE L'EGLISE CATHOLIQUE, 219
court, cependant, une sentinelle veillait nuit et jour sur le haut du clocher. Dès qu'elle aperçoit venir ja troupe, on sonne le tocsin, l'église est barricadée de chaînes et se remplit de femmes ; les hommes l'entourent. Les femmes crient vengeance contre l'emploi des armes ; elles invoquent à leur secours leur bon Père; elles perdront volontiers la vie, dans l'espoir de conserver son corps à leurs enfants. Les hommes, de leur côté, offrent aux chanoines leurs biens, leurs terres, leurs maisons, leurs Personnes, pour leur bâtir dans la paroisse un beau monastère; ils consentent à dépendre d’eux, à être leurs serfs, pourvu qu'on leur laisse leur bon Père. Au milieu de ces cris, de ces pleurs, de ces prières, le commandant de la troupe demanda s'il donnerait dans ce peuple. Mais qui l'aurait permis ? On céda; et les pieux habitants de Mattaincourt conservèrent chez eux leur bon Père, et après deux siècles il y est encore !.
Il a été béatifié par Benoît XIII le virgt-neuf janvier 1730. De nos jours, on a repris le procès de sa canonisation et on agrandit l'église où il repose. En Lorraine, on célèbre sa fête au sept de juillet,
Un autre instrument que le Saint-Esprit employait pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, était la Compagnie de Jésus. Nous l'avons vue à l'œuvre à la Chine, au Japon et en Amérique. Elle n’était pas moins active pour le bien en Europe, malgré ses épreuves intérieures et extérieures. Car, si bonne que cette compagnie puisse être, elle n'est pas meilleure que les apôtres : Des combats au dehors, des craintes au dedans ?, Ainsi, vers la fin du seizième siècle, 1599, elle n'éprouvait en Espagne aucune persécution du dehors, mais une insurrection sérieuse au dedans. Un nombre considérable et trèsinfluent de Jésuites espagnols et portugais, parmi eux le célèbre Mariana, demandaient une section espagnole dans la compagnie, un
} changement dans les constitutions, la mise en jugement du supérieur
Sénéral Aquaviva, une assemblée générale pour le juger en effet. Ils obtinrent, par leur crédit auprès du roi d'Espagne, que le supérieur général fût momentanément éloigné de Rome, ensuite qu’il parût devant l'assemblée générale. La conduite du supérieur y fut approu-
| vée, et les constitutions maintenues. Mais cela montre toujours quels
srmes d'esprit séculier fermentaient dans la société des Jésuites.
| Cest ce qui fit écrire au même général Claude Aquaviva ses /ndus-
| {ries pour guérir les maladies de la société, imprimées à Rome en 2 1616, où il dit entre autres :
> Sinuant dans la familiarité et la faveur des étrangers, c’est dans la } Société une maladie dangereuse pour le dedans et pour le dehors;
« La sécularité et la courtisanerie s’in-
i Bédel, — ? 2 Cor., Tr 5.
220 HISTOIRE UNI, 4RSELLE [Liv. LXXXVII. - De 1605
elle se glisse peu à peu, et presque sans qu'on s’en aperçoive, dans ceux qui l'éprouvent et dans nous (supérieurs). C'est en apparence pour gagner les princes, les prélats, les grands, concilier ces sortes de personnes à notre société pour le service de Dieu, aider le prochain, mais, en réalité, nous nous cherchons quelquefois nous-mémes, et nous dévions vers les choses du siècle 1, » Par ces paroles et ces faits, l'on voit que dans l'institut des Jésuites, comme dans tous les ordres religieux, la règle est bonne, sainte, que l'esprit en est excellent, mais que les individus, étant hommes, ne l'observent pas toujours avec la même fidélité, qu'ils ont la pente commune au relâchement, et que tous et chacun, principalement les supérieurs, doivent veiller les uns sur les autres, particulièrement sur euxmêmes, afin de se maintenir dans la ferveur de l'esprit de Dieu, et fermer la portede leur cœur et de leur institut à l'esprit du monde.
En France, où la compagnie de Jésus éprouvait quelquefois des persécutions de dehors, beaucoup plus à cause du bien qu’elle y faisait que pour d’autres motifs, deux de ses enfants renouvelaient les merveilles des apôtres, l'un dans la France méridionale, l’autre dans la Bretagne.
Saint Jean-François Régis, né le trente-un janvier 4597, d'une famille noble, au village de Foncouverte, diocèse de Narbonne, entra chez les Jésuites le huit décembre 1616. Avant et pendant son noviciat, ce fut un autre Stanislas Kostka, un autre Louis de Gonzague, Devenu prêtre l'an 1630, il fut pour le Vivarais, le Velay et les Cévennes, ce que saint François Xavier avait été pour l'Inde et le Japon: un vénérable apôtre, convertissant des milliers d’hérétiques et de pécheurs par ses prédications et ses miracles, mais surtout par la sainte austérité de sa vie. Il ne donnait chaque nuit que trois heures au sommeil, et souvent qu'une seule ; le reste était employé à la prière. Une simple planche, ou la terre nue, lui servait de lit. Il s'était interdit l'usage de la viande, du poisson , des œufs et du vin. Sa nourriture consistait en des légumes cuits à l’eau, sans assaisonnement. Aussi, étant mort à Louvesc, en 1640, au milieu des travaux apostoliques, Dieu honora son tombeau par des miracles sans nombre. Ving:-deux prélats du Languedoc écrivaient à Clément XI: «Nous sommes témoins que devant le tombeau du père Jean-François Régis, les aveugles voient, les boiteux marchent, les sourds entendent , les muets parlent, et le bruit de ces étonnantes merveilles est répandu chez toutes les nations. » Voici quelques traits de cette vie admirable,
‘ Menzel.,t. 4, D. 58.
à 1650 de
Penda ministère vérités d ville, qui Les dim tour, Il 1 pliquait | premiers d'Andace rements € nion fut dressa lu s’est répa stituteur, zèle et sa moder les rité que |:
Chargé Puy, il n° cation à |’ aime ses €
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l'amour de sait partou Pour intér quelque ter il implorai afin que, P inutiles. Te l'union con
VIE. -- De 1605
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597, d’une onne, entra int son no- > Gonzague, y et les Céet le Japon:
liques et de tout par la rois heures nployé à la e lit. Il s'ét du vin. Sa assaisonne= des travaux sans nomément XI:
Jean-Fransourds enmerveilles its de cetle
à 1650 de l'ère chr.]) DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 291
Pendant son cours de a és ae à Tournon, il s'essayait déjà au ministère évangélique, 1Lbbtint, comme une grâce, d'apprendre jes vérités du salut aux domestiques de la maison et aux pauvres de la ville, qui, à certains jours, venaient recevoir les aumônes du collége, Les dimanches et les fêtes, il allait prècher dans les villages d'alentour. Il rassemblait les enfants avec une clochette, puis il leur expliquait les premiers principes de la doctrine chrétienne, Après ces premiers essais de son zèle, il entreprit la sanctification du bourg d'Andace; il en eut bientôt renouvelé la face. L'ivrognerie, les jurements et l'impureté disparurent; le fréquent usage de la communion fut rétabli, Il y institua la confrérie du Saint-Sacrement, et dressa lui-même les règlements de cette sainte pratique, qui depuis s’est répandue partout, mais dont il doit être regardé comme l'instituteur, Il n'avait alors que vingt-deux ou vingt-trois ans. Par son zèle et sa prudence, il vint à bout de régler les familles, d’accommoder les différends, de réformer les divers abus. Telle était l’autorité que lui donnait dès lors sa sainteté.
Chargé d'enseigner les humanités à Billom, à Auch, et enfin au Puy, il n'épargna aucune peine pour inspirer à ses écoliers l'application à l'étude et l'amour de la vertu. Il les aimait comme une mère aime ses enfants, et eux » de leur côté, l’écoutaient et le révéraient
-Comme un saint. Dans leurs maladies, il leur procurait tous les se-
cours qui dépendaient de lui , et il obtint par ses prières la gnérison de l’un d’entre eux dont la vie était désespérée ; mais il était surtout extrêmement sensible à leurs infirmités spirituelles, Ayant appris qu'üi de ses écoliers avait commis un péché grief, il en fut si vivement consterné, qu’il versa un torrent de larmes. Il se recueillit ensuite quelque temps, et il leur fit un discours si pathétique sur la sévérité des jugements de Dieu, qu'ils en furent saisis d’effroi ; et plusieurs ont avoué depuis qu’ils éprouvaient encore les mêmes sentiments lorsqu'ils se rappelaient ce qu’il leur avait dit en cette occasion. Il se fit toujours un devoir Capital de les édifier par sa conduite, Un profond recueillement , un extérieur humble et modeste , un certain air de pénitence peint sur son visage inspiraient l'amour de la vertu aux âmes les plus insensibles, et l’on reconnaissait partout les jeunes gens qui avaient été formés par ses mains. Pour intéresser le ciel au succès de ses travaux, il passait toujours quelque temps au pied des autels avant que d'aller faire sa classe ; il implorait aussi l'assistance des anges tutélaires de ses disciples, afin que, par leur secours, ses peines et ses soins ne fussent pas inutiles. Tant de vertus avaient principalement leur principe dans l'union continuelle que Régis avait avec Dieu.
222 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXX VIT. — De 1605
L'an 1631, il fut obligé d'aller à Foncouverte pour y régler quelques affaires de famille. En arrivant dans sa patrie, son premier soin fut de visiter les pauvres et les malades. Voici le genre de vie qu’il y mena. Le matin, il faisait le catéchisme aux enfants et il prêchait au peuple deux fois par jour. Il recueillait les aumônes des riches, qu’il distribuait ensuite à ceux qui étaient dans le besoin, Dans les rues, il était toujours environné d’une troupe d'enfants et de pauvres. Il rendait à ces derniers les services les plus humiliants, te qui lui attira une fois les insultes des soldats qui étaient en gar. nison à Foncouverte. Ses proches et ses amis lui firent à ce sujet de sévères réprimandes ; mais Régis leur répondit que c'était par les humiliations de la croix qu’on devenait véritablement un ministre de l'Évangile, puisque Dir s'était servi de ce moyen pour l'établir. Le mépris qu'on avait d’abord conçu pour sa personne se changea en admiration. Il vivait au milieu de ses proches dans un parfait détachement de toutes les choses sensibles, et il n’avait aucune ressemblance avec ces religieux qui, faute d’avoir l'esprit de leur vocation , cherchent des consolations terrestres dans le sein de leur famille.
Ses supérieurs, voyant en lui une vocation marquée pour la vie apostolique, résolurent de l'appliquer uniqueinent aux missions, et il y consacra les dix dernières années de sa vie. Il les commença dans le Languedoc; il les continua dans le Vivarais, et les termina dans le Velay, dont le Puy est la capitale. Il passait l'été dans les villes, parce que les habitants des campagnes sont alors occupés de leurs travaux. Pendant l'hiver, il préchait dans les villages.
La ville de Montpellier fut le premier théâtre de son zèle, C'était au commencement de l'été 1631. Il s’attacha d'abord à l'instruction des enfants, et il préchait au peuple les dimanches et les fêtes dans l'église du collége. Ses discours étaient simples et familiers. Après l'exposition claire et précise d’une vérité chrétienne qu’il avait prise pour son sujet, il en tirait des conséquences morales et pratiques sur lesquelles il insistait fortement. Il finissait par des mouvements vifs et tendres, toujours proportionnés à la portée de ses auditeurs et appropriés à la qualité du sujet qu'il avait entrepris de traiter. Il parlait avec tant de véhémence, que souvent la voix lui manquait avec les forces ; et avec tant d'onction, que d'ordinaire le prédicateur et les auditeurs fondaient en larmes. Les personnes les plus qualifiées couraient à ses sermons, ainsi que les pauvres, et les pécheurs les plus endurcis en sortaient tout pénétrés des sentiments d'une vive componction.
Quoique le saint missionnaire ne refusât pas son ministère aux
à 1650 de 1
personnes les pauvre Les gens les pauvre:
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