‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme]Chapitre 47 sur 121 · XVIL. — De · texte numérisé non relu

XVIL. — De

our y régler son premier genre de vie enfants et il les aumônes ns le besoin, > d'enfants et s humiliants, ent en gar.

à ce sujet de était par les

un ministre | pour l'étapersonne se hes dans un et il n'avait voir l'esprit

dans le sein

> pour la vie missions, et Imença dans nina dans le villes, parce urs travaux,

zèle. C'était l'instruction S fêtes dans liers. Après l'avait prise t pratiques nouvements >s auditeurs s de traiter, ii manquait prédicateur plus qua- 2s pécheurs ents d’une

nistère aux

Die nec

ed

à 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 223

personnes riches, il avait pourtant une sorte de prédilection pour les pauvres, et son confessionnal était toujours environné de ceux-ci. Les gens de qualité, disait-il, ne Mmanqueront pas de confesseurs F les pauvres, cette portion la plus abandonnée du troupeau de Jésus- Christ, doivent être mon partage. Il croyait ne devoir vivre que pour eux. Le matin, il préchait et entendait les confessions ; ses propres besoins ; et comme on lui demandait un soir Pourquoi il n'avait pris aucune nourriture de tout le jour, il répondit avec simplicité qu’il n’y avait pas pensé. On le voyait aller de porte en porte pour solliciter des aumônes en faveur des pauvres ; il leur Procurait des médecins dans leurs maladies et les assistait en toutes les manières qui dépendaient de lui. Un jour il traversa la rue chargé de bottes de paille qu'il avait mendiées, pour coucher un malade dépourvu de tout. À ce spectacle, les enfants s’attroupèrent autour de lui pour se divertir. Quelqu'un ayant voulu lui représenter qu’il s'était rendu ridicule en agissant de la sorte, il répondit : A la bonne

| heure! on gagne doublement lorsqu'on soulage ses frères au prix de

L vie. Quand on lui disait qu'il élait rare que ces femmes se conver-

L tissent sincèrement, il avait coutu

me de répondre que ses travaux

à lui paraîtraient utilement employés s’il pouvait seulement empêcher : un péché mortel,

En 1633, l’évêque de Viviers appela Régis dans son diocèse, qui,

| depuis cinquante ans, était le centre du calvinisme, le siége de la | suerre et le théâtre des plus cruelles révolutions, Il le reçut avec de

D grandes marques de vénération et voulut qu'il l’

accompagnât dans

» ses visites. Le Père fit partout des missions qui produisirent des fruits

surprenants. Le comte de la Mothe-Brion, qui avait vécu jusque-Ià

> comme les sages du monde, fut singulièrement touché de l’onction

| avec laquelle le saint homme annonçait la parole de Dieu : L dans la carrière de la pénitence et se dévoua tout entier à la | des bonnes œuvres. Par son zèle et ses aumônes, il contrib

3 il'entra pratique ua beau-

Loup à la réussite des pieuses entreprises Cu saint missionnaire, Un } autre gentilhomme, nommé de Ja Suchère , qui autrefois avait été | disciple de Régis, fut aussi d’une grande utilité à l'homme aposto-

lque, qu'il révérait comme un saint. Le père Régis tourna ses prin- Gipaux soins du côté de la réformation des curés qui ne remplissaient

| PAS fidèlement leurs devoirs. L'expérience lui avait appris qu’il ne se

fait jamais de bien dans une paroisse qu’autant que le pasteur se con. duit d'une manière conforme à sa vocation. Il fut amplement dédom. magé de ses peines par le succès qu’eurent ses travaux.

Vers le même temps, le ciel permit qu’il s’élevât un violent orage contre le saint missicnnaire. On l’accusa de troubler le repos des familles par un zèle indiscret, de remplir ses discours de personnalités et d’invectives contraires à la décence. L’évêque de Viviers prit d'abord son parti; mais à la fin il écouta les plaintes réitérées qu'on lui portait. Croyant qu'elles étaient au moins fondées en partie, i écrivit au supérieur des Jésuites, afin qu’il rappelât Régis. En même temps, il envoya chercher celui-ci; puis, après lui avoir fait de sé vères réprimandes, il lui dit qu'il était obligé de le renvoyer. Régis n’eut recours à aucune des raisons qui auraient pu le justifier; il se contenta de répondre qu'il n’était que trop coupable devant Dieu, et que, vu son peu de lumières, il lui était échappé sans doute bien dés fautes. Au reste, ajouta-t-il, Dieu, qui voit le fond de mon cœur, sait que je n’ai eu d’autre fin que sa gloire. Le prélat, charmé d’une réponse si humble et si modeste, soupçonna qu'il pouvait avoir été trompé. Les éclaircissements qu’on lui donna ensuite le firent enti. rement revenir de ses préjugés. Il rendit publiquement hommage à la vertu du père Régis, jusqu’au commencement de l’année 163%, que celui-ci fut rappelé au Puy par ses supérieurs. Le prélat, en renvoyant le missionnaire, écrivit au provincial une lettre où il fai sait de grands éloges de la vertu et de la prudence du digne ouvrier qui avait travaillé dans son diocèse.

Revenu l’année suivante, 1635, dans le diocèse de Viviers, il sy appliqua à la conversion des Calvinistes et à l'instruction des hab: tants de la petite ville de Cheylard, qui étaient plongés dans une ignorance grossière du christianisme. On ne saurait exprimer ce qu'il eut à souffrir dans ces montagnes à demi-sauvag®s. Ayant été arrêté par la neige, qui l'empêchait de regagner Cheylard, il demeura trois semaines logé dans une misérable cabane, dormant sur la terre, ne mangeant que du pain noir et ne buvant que de l’eau. Malgré les fatigues inséparables d’un tel genre de vie, il pratiquait diverses aus térités volontaires, il jeûnait, portait le cilice et prenait la discipline quelquefois jusqu’au sang.

Appelé par l’évêque de Valence dans le bourg de Sainte-Aggrère, situé au milieu des montagnes et rempli de Calvinistes, il eut occasion d'y pratiquer plusieurs vertus héroïques. Ayant appris un di: manche qu'il y avait dans une hôtellerie une troupe de libertins qui échauffés par le vin, tenaient des discours impies et commettaiet

d’autres excès, il s’y transporta sur-le-champ pour essayer d'empt- E

à 1660 de l’èI

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XVII, — De 160

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Viviers, il sy ion des habigés dans une >rimer ce qu'il ant été arrété demeura trois ir la terre, ne u. Malgré le | diverses aus t la discipline

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D à 1650 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

® cher le désordre et le scandale. Ses À eneut même un de la troupe qui lui À homme, sans marquer la moindre émot D en disant : Je vous remercie, mon frèr À faites: si vous me connaissiez, L coup davantage. — Cet exemp À étaient présents, et ils se retirèrent pénétr Be taire. — Le saint homme se rendit à Marlh À la fin de l'année 1633. Une femme à en garda deux morceaux, q E ceusement que des reliques : elle les appli À ses enfants qui étaient malades, l’un d’une à d'une fièvre continue, : succès de Régis à Marlh Les quatre dernières à tiication du Velay.

{ pendant les hivers à la campagne. D l'ordinaire de quatre à cluq mille entendu un jour, ne fit que pleurer pendant t | effet de sa charité envers à quelques dames vertueuses, afin de fo œux qui seraient dans le besoin :

! se dévouer à l'assistance des pri L des sommes considérables qui le mettaie soulagement à tous les genres de malheure à selle, il multiplia trois fois miraculeusement les L'amassées. On dressa des procès-verbaux de ce rent constatés par des informat:

ecclésiastiques et séculiers.

L foi, les contirmèrent dans 1 A avec une ardeur infatigable au secours des malades ; Lextrême du salut de leur âme, par la vertu de ses prières.

} On regarde aussi comme ? pécheurs désespérés.

qui vivait dans le liber

à raccommoder,

IL faisait la mi

les pauvres

ons juridiques faites Quatorzé témoins ocul es actes de sa canonisation. Régis volait

andises; par ce son esprit, Le tr jOCasion qui se présenta de lui P

discours furent méprisés ; il \ donna un soufflet, Le saint ion, lui présenta l’autre joué, e, du traitement que vous me

vous jugeriez que j'en mérite beaule de patience charm

a tous ceux qui

és d’une confusion salues, dans le Vivarais, vers ris Son manteau Pour le w’elle conserva aussi préqua depuis sur deux de hydropisie formée, l'autre et ils recouvrèrent une santé Parfuite. Les aussi prodigieux que ses travaux.

années de sa vie furent employées à la sancssion pendant les étés au Puy et son auditoire était pour Sou provincial l'ayant out le sermon. Par un , il forma une association ae urnir des secours perpétuels à il en forma une seconde qui devaii Il trouva le moyen d’avoir t à portée de procurer du

Dans un temps de diprovisions qu'il avait

S prodiges, et ils fudevant les juges

aires, dignes de

il avait un soin et il en guérit plusieurs tout à coup

miraculeuse la conversion de plusieurs En voici des exemples. Un riche marchand tinage haïssait Régis, sa que parce qu'il faisait la guerre au scandale LS réputation par des calomnies atroces. Le sai jauil était avide de gain, s'appli le débit de ses march peu à peu dans

ns autre raison de le ; ilnoircissait même nt homme, sachant quait à favoriser son commerce et pieux stratagème, il s’insinua Ouvant plus traitable, il saisit une arler de son salut : « Quelle sera,

lui dit-il, la fin de toutes vos peines ? La mort vous ravira en un moment le fruit de vos travaux. Que vous servira d’avoir entassé biens sur biens, si vous perdez votre âme ? » Ces paroles frappèrent le marchand ; il les eut présentes à l'esprit toute la nuit. Saisi d'une vive crainte, il alla trouver Régis dès le lendemain matin, pour lui faire part du trouble qui l'agitait. L'homme de Dieu l'entretint quelque temps de la sévérité du jugement dernier ; puis, faisant succéder aux motifs de la crainte ceux de l'espérance et de l'amour, il lui inspira les sentiments d’une sincère pénitence ; il entendit ensuite sa confession générale. Le marchand s’accusa de ses péchés avec une si grande abondance de larmes et avec de si vifs sentiments de componction, qu’il ne lui imposa qu’une pénitence légère. Celui-ci ayant demandé pourquoi il le traitait avec tant de ménagement, il lui répondit : « J’acquitterai moi-même le reste de vos dettes. » Cette dovceur piqua le marchand d’une sainte émulation et ne servit qu'à exciter sa ferveur. Ho Un jeune homme, irrité de ce que Régis lui avait enlevé l'objet impur de sa passion, forma l’horrible projet de l'assassiner ; il alla donc l’attendre dans un chemin écarté par où il savait qu'il devait passer. Régis connut par une lumière divine le dessein de ce misérable. « Mon frère, lui dit-1l, pourquoi voulez-vous tant de mal à un homme qui vous veut tant de bien, et qui voudrait, au prix de son sang, vous procurer le salut éternel, qui est le plus grand de tous les biens ? » Ce pécheur ne put tenir contre une telle charité; il se jeta aux pieds de Régis, lui demanda pardon, et rentra dans le sentier de la vertu. — Trois autres jeunes débauchés des premières familles du Puy avaient résolu de se venger du saint pour une semblable raison; ils allèrent à l'entrée de la nuit le demander au collège. Régis s’avança verseux sans rien craindre, et leur dit en les abordant: « Vous venez dans le dessein de m'ôter la vie. Ce qui me touche, c n’est pas la mort, elle est l’objet de mes désirs ; c’est l’état de damnation où vous êtes, et qui paraît vous affecter si peu. » Ils resté. rent confus et déconcertés. Régis les embrassa avec la tendresse d’un père, et ies exhorta à se réconcilier avec Dieu. Ils lui firent tous les trois la confession de leurs crimes, et menèrent toujours depuis une vie édifiante.

Plus d'une autre fois le zèle de Régis pensa lui coûter la vie. R fut souvent insulté et accablé de coups. Plusieurs personnes cer surèrent sa conduite avec aigreur, et firent de lui le portrait le plus désavantageux ; il eut même la douleur de voir quelques-uns de ses confrères se joindre à ses ennemis pour le décrier; mai

(Liv. LXXXVIL.— De 1605

Dieu le vengea hautement par le succès extraordinaire dont il cont-

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KVII.— De 1605

ravira en un avoir entassé es frappèrent . Saïsi d’une tin, pour lui itretint quelaisant succéamour, il lui dit ensuite sa 1és avec une ents de comelui-ci ayant nt, il lui ré-

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ter la vie. À °sonnes Cel- > portrait le quelques-uns crier ; Ma dont il com-

à 1650 de l'ère chr.! JE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 297

bla tous ses travaux, tant dans la ville du Puy que dans les campagnes.

Les paysans du Velay, ceux surtout qui demeuraient dans les montagnes, étaient fort grossiers et presque sauvages. Le calvinisme avait pénétré dans plusieurs endroits, et l'hérésie Y avait produit l'ignorance , qu’accompagnent toujours les vices les plus opposés au christianisme. Ce fut à la sanctification de ces pauvres peuples que le père Régis se consacra. II Parcourut, pendant les hivers des quatre dernières années de sa vie, les bourgs et les villages du Puy, de Vienne, de Valence et de Viviers, qui se trouvent dans le Velay.

La première mission fut dans ia petite ville de Fay et dans les lieux voisins, au commencement de 4636. Il rendit la vue à un jeune homme de quatorze ans, aveugle depuis six mois par suite d’une maladie très-douloureuse ; puis à un homme de quarante ans, aveugle depuis huit. Le premier, Claude Sourdon, chez le père duquel le saint homme avait accepté un logement, a rendu de lui ce témoignage juridique : « Tout en lui inspirait la sainteté. On ne pouvait n: le voir ni l'entendre sans se sentir embrasé de l'amour divin. Il célé. brait les saints mystères avec une dévotion si tendre et si ardente, que l'on croyait voir à l'autel, non pas un homme, mais un ange. Je l'ai vu quelquefois, dans les entretiens familiers, se taire tout à coup, & recueillir et s’enflammer, après quoi il parlait des choses divines avec un feu et une véhémence qui marquaient que son cœur était

transporté par une impulsion céleste. II s’exprimait, dans les instructions qu'il faisait au peuple, avec une onction qui pénétrait tous ses auditeurs. Il passait le jour et une partie de la nuit à entendre les confessions, et il fallait lui faire une sorte de violence pour l'obliger à prendre un peu de nourriture. Jamais il ne se plaignit de la fatigne ni des manières dégoûtantes de ceux qui s’adressaient à lui. Après avoir travaillé avec une ardeur infatigable au salut des habitants de Fay, il se donna tout entier à celui des peuples voisins. Il partait tous les jours de grand matin pour aller visiter les paysans dispersés dans les bois ct sur les montagnes. Les pluies, la neige et les autres ri- Sueurs de la saison ne pouvaient le retenir. Pendant tout le jour il allait de chaumière en chaurnière, et cela à pied et à jeun, si ce n’était que ma mère le forçait quelquefois à prendre une pomme qu'il Méltait dans sa poche. Nous ne le revoyions qu’à la nuit, et alors toutes les fatigues du jour ne l’empéchaient pas de reprendre ses fonctions ordinaires ; il ne se délassait du travail que par de nouveaux

travaux, Les calvinistes le suivaient avec autant d'empressement que les catholiques, »

228 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVII. — De 1ç05

Ayant fini la mission à Fay, il retourna au Puy, selon sa coutume, au commencement de l'été 1637. Au mois de novembre de la même année, il alla faire à Marlhes une seconde mission. Il fut attiré en cette paroisse par ‘es vives instances du curé. Les chemins par où il fallait passer auraient effrayé les personnes les plus hardies sil

fallait tantôt grimper sur des rochers couverts de glace, tantôt des-

cendre dans de profondes vallées remplies de neïges, tantôt marcher à travers les ronces et les épines. Comme il grimpait avec beaucoup de peine sur unc des plus hautes montagnes d Velav, n'ayant d'autre appui que des broussailles auxquelles ait, la main etle pied lui manquèrent tout à coup : il tomba ‘. :: cassa une jambe, Cet accident ne l’empêcha point de continuer sa route avec sa tranquillité ordinaire, et de faire encore deux lieues appuyé sur son bâton et soutenu par celui qui l’accompagnait. Arrivé à Marlhes, il ne lui vint pas seulement dans l'esprit d'envoyer chercher un chirurgien. Îl alla droit à j’église, où une grande multitude de peuple l’attendait, et il y entendit les confessions pendant plusieurs heures, Le curé, averti par le compagnon de Régis de l'accident qui lui était arrivé, le pria, mais inutilement, de se retirer. Après que le saint eut satisfait pleinement sa charité, il laissa visiter sa jambe, qui se trouva parfaitement guérie.

Régis, étant à Saint-Bonnet-le-Froid, le curé du lieu, qui s’aperçut que toutes les nuits il sortait secrètement de sa chambre, eut la curiosité d'examiner où il allait et ce qu'il faisait. Après l'avoir inutilement cherché dans la maison, il s’avança vers l’église, qui n'en était pas éloignée ; il le trouva en prières devant la porte, à genoux, les mains jointes et ia tête nue, malgré le froid qui était excessif. Il lui représenta le danger auquel il exposait sa santé : mais, le voyant déterminé à continuer ses entretiens avec Dieu, il lui donna la clef de l'église, afin qu’il y fût à couvert des injures de l'air. Le curé a souvent raconté ce fait, et il assurait que Régis ne cessa de passer les nuits dans l’église, quoique le froid füt intolérable cette année-là.

Ayant passé au Puy l'été 1638, il reprit dans l'hiver ses missions de la campagne : illes commença par le bourg de Montregard. La rigueur de la saison fit qu’il ne put arriver que de nuit en ce lieu, qui est à sept lieues de la ville du Puy. Il alla, selon sa coutume, droit à l’église, qu’il trouva fermée. Il se mit à genoux à la porte ; il y pria si longtemps et avec un recueillement si profond, qu'il ne s'aperçut pas qu’il était tout couvert de la neige qui tombait en abondance. Des paysans, qui le virent en cet état, le pressèrent d'enirer dans une maison voisine pour y prendre un peu de nourriture.

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Sa der sinage pc lumière c au Puy p dans une eût dû m 1640, af qu'il eut encore de lieu des E il se trou:

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IT. — De 1605

a Coutume, le la même fut attiré en nins par où hardies; il

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à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 229

Sa dernière misson fut à la Louvese. Ill'avait annoncée dans le voisinage pour le dernier jour de l'avent; mais, ayant connu par une lumière céleste qu'il approchait de sa fin, il alla faire une retraite au Puy pour se préparer à la mort. Au bout de trois jours, passés dans une entière solitude, il fit sa confession générale, comme s’il eût dû mourir ce jour-là. I partit du Puy le vingt-deux déce mbre 1640, afin de se trouver à la Louvesc pour la veille de Noël. Outre qu'il eut beaucoup à souffrir de Ja difficulté du chemin, il lui arriva encore de s’égarer le second jour. La nuit l'ayant surpris au milieu des bois, il marcha longtemps sans savoir où il allait. Enfin il se trouva près du village de Veirines. Accablé de fatigue, il se retira dans une maison adandonnée, qui était ouverte de tous côtés etqui tombait en ruines ; il y passa la nuit, couché sur la terre et exposé à la violence d’une bise très-piquante. Il y était entré tout baigné de sueur. Le Passage subit du chaud au froid lui donna une pleurésie, qui fut accompagnée d’une fièvre très-violente. Ses douleurs devinrent bientôt très-vives. La vue de la maison où il était couché lui rappelait l'étable de Bethléhem, etil s’estimait heureux de pouvoir imiter, dans la même Saison, la pauvreté de son divin maitre,

Le lendemain matin, il gagna la Louvese avec beaucoup de peine, et y fit l'ouverture de la mission Par un discours qui ne se ressenlait nullement de la faiblesse de son corps. Îl prêcha trois fois le jour de Noël et le jour de Saint-Étienne, et passa le reste du temps au confessionnal, À près le troisième sermon du jour de Saint-Étienne, il lui prit deux défaillances pendant qu'il entendait les confessions. Les médecins jugèrent que son mal était sans remède. Il recommença sa confession générale, puis demanda le Saint vialique et l'extrême-onction, qu'il reçut en homme tout embrasé de l'amour divin, Comme on lui présentait ensuite un bouillon, il le refusa en disant qu’il souhaitait être nourri de la même manière que les pauvres, et qu’on lui ferait plaisir de Jui donner un peu de lait ; il demanda ensuite, comme une grâce, qu’on le laissât seul. Il souffrait des douleurs violentes; mais la vue d’un crucifix, qu'il tenait entre ses mains et qu'il baisait Coutinuellement, adoucissait ses souffrances, Son visage fut toujours t'anquille, et l’on n’entendit sortir de sa bouche que des aspirations tendres et affectueuses, que des oupirs ardents vers la céleste patrie. Il demanda à être porté dans une étable, afin d’avoir la consolation d’expirer dans un état semblable à celui de Jésus-Christ naissant sur la paille. On lui fit entendre que la faiblesse extrême où il était ne permettait pas de le transpor-

ler. Il remerciait Dieu sans cesse du bonheur qu'il avait de mourir &t milieu des pauvres.

230 HISTOIRE UNIVERSELLE {Liv, LXXXVIL, — De 1605 à 1650 de L

IL demeura tout le dernier jour de décembre dans une paix par- apparition faite, les yeux tendrement attachés sur Jésus crucifié, qui seul occu- taient les : pait ses pensées. Sur le soir, il dit à son compagnon avec un trans- appris que port extraordinaire : Ah! mon frère, quel bonheur ! que je meurs rendit ave content! Je vois Jésus et Marie qui daignent venir au-devant de moi consolatio: pour me conduire dans le séjour des saints. Un moment après, il qu'il appe joignit les mains, puis, levant les yeux au ciel, il prononça distincte- cette ville : ment ces paroles : Jésus-Christ, mon sauveur, je vous recommande lettres hur mon âme et la remets entre vos mains! Et en les achevant, il rendit par cœur u doucement l'esprit vers minuit du dernier jour de l'année 1640, Il d'Agen. » avait près de quarante-quatre ans, et il en avait passé vingt-quatre Ses liés

surtout à a

dans la compagnie de Jésus. Il fut enterré le 2 janvier dans l’église de la Louvesc, où ses reliques se trouvent encore. 11 a été béatifié l'an 1716 par Clément XI, et canonisé l'an 1737 par Clément XII. Sa fête a été fixée au 16 juin !.

Dans le temps où François Régis évangélisait les Cévennes, Dieu suscita dans la Bretagne une suite d'hommes apostoliques dont les saintes œuvres durent encore. Le premier fut Michel Le Nobletz, qui se donna pour successeur Julien Maunoir, comme autrefois Êlie

peine à sur guérir, en | le plus sens bien, par la combien l’h prière, et, ] confiance et

Élisée. Michel naquit le 29 septembre 1577, au château de Kerodem, ils'adressait

diocèse de Léon, d’une famille noble et ancienne. Il fut mis entreles il lui POpres

mains d’une sainte nourrice. Ce fut surtout un enfant de prédilection JR Protection. cœur comm

de la sainte Vierge. Elle lui apparaissait visiblement dès sa première enfance, le conduisait à l’église, et lui apprenait avec quelle dévotion il fallait prier Dieu. A l’âge de quatorze ans, Notre-Seigneur lui apparut avec une beauté ravissante et une majesté ineffable, et imprima dans son cœur cette maxime, que, pour lui plaire, il faut haïr

} cher enfant, que je ne m } sance, il mo pour y passe

et mépriser le monde. Ce fut le caractère particulier de Michel, Il JR qu'elle se pr commença dès lors à pratiquer de grandes mortifications, et en lui donnait : et celle du m

même temps à s’essayer aux fonctions apostoliques, en catéchisant les paysans dans le cimetière, à la sortie de l’église, et dans tous les lieux où il les trouvait rassemblés; mais son zèle n'eut souvent d’autre récompense que les railleries, les injures, les menaces et les mauvais traitements. À Bordeaux, où il continuait ses études de droit avec ses frères, il faillit s’oublier. La fureur des duels régnait entre les écoliers : pour secourir un de ses frères, il fut sur le point de plonger son épée dans le corps d’un jeune homme, lorsque la sainte Vierge le retint et lui dit : Arrête ! arrête! obéis aux inspirations de Dieu, et suis mon Fils par le chemin de l'humilité, de la simplicité, de la pauvreté et du mépris du monde. C’est lui-même qui rapporte ces

} phétie, qu'il | lui pendant c Quant à sa } mais sans sa:

à religieux. Il } surtout à sain } en grec; plus sens des divin L neuf ans, son afin d’occupe:

li répondit er ce genre de vi

3 Godescard, 16 juin.

VAL. — De 1605 1e paix pari seul occu- C un transle je meurs vant de moi nt après, il a distinctecommande nt, il rendit iée 1640, Il ingt-quatre dans l’église été béatifié ément XII.

ennes, Dieu les dont les Nobletz, qui trefois Êlie e Kerodern, ais entre les orédilection sa première Ile dévotion ieur lui apble, et imil faut haïr Michel, Il ions, et en catéchisant ans tous les avent d’auet les maule droit avec tre les écode plonger inte Vierge

de Dieu, et icité, de la apporte ces

à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 231

apparitions dans son journal, Ce qui lui manquait à Bordeaux, c'étaient les secours spirituels jour avancer dans la perfection. Ayant D appris que les Jésuites avaient un collége dans la ville d'Agen, il s'y … rendit avec ses frères au mois d'octobre 1597; il y trouva tant de consolation dans l'alliance qu’il fit des lettres humaines avec la piété, qu'il appela toujours depuis son dge d’or le temps qu'il passa dans cette ville sous la conduite des Jésuites. 11 réussit tellement dans les lettres humaines, qu’à l’âge de soixante-deux ans il récitait encore par cœur un poëme grec assez long, qu'il avait composé au collége d'Agen. »

Ses progrès dans la ferveur n'étaient pas moindres. Il commença surtout à aimer et à soulager les pauvres. Ce qu'il avait le plus de peine à surmonter, ce fut la crainte du mépris. Il pria Dieu de l'en guérir, en l'exerçant aux affronts et aux opprobres qui lui seraient le plus sensibles. 11 fut exaucé au delà de ses espérances, et sentit bien, par la douleur que lui causèrent les attaques de la calomnie, combien l’homme a peu de force en lui-même. II eut recours à la prière, et, prosterné un soir devant son lit, il offrait à Dieu, avec confiance et simplicité, la croix dont il lui avait plu de le charger. ils'adressait aussi à la Mère de miséricorde, et, baigné de larmes, il lui représentait son innocence et la suppliait de lui continuer sa

| protection. Dans ce moment, ces paroles s’'imprimèrent dans son

cœur comme si la sainte mère de Dieu les eût prononcées : « Mon

} cher enfant, ne craignez rien, puisque mon Fils vous défendra, et

que je ne manquerai pas de vous assister. » Pénétré de reconnais- | sance, il monta dans son oratoire, qui était au haut de la maison, pour ÿ passer la nuit à remercier sa divine bienfaitrice. Il lui sembla

| qu'elle se présentait visiblement à lui, avec trois couronnes qu'elle

lui donnait : celle de la virginité, ceile de maître de la vie spirituelle, etcelle du mépris du monde ; à quoi l’on doit ajouter le don de prophétie, qu’il reçut en même temps, et qu’il sentit toujours croître en

| lui pendant cinquante-deux ans qu'il vécut depuis.

Quant à sa vocation, il se sentit déterminé à l'état ecclésiastique,

| mais sans savoir d'abord s’il devait demeurer séculier où se rendre

L religieux. [1 étudia quatre ans la théologie à Bordeaux, s’attachant

D Surtout à saint Thomas et aux conciles. Il sut par cœur toute la Bible

} en grec; plus tard il apprit encore l'hébreu, pour mieux pénétrer le

sens des divines Écritures. De retour dans sa famille à l’âge de vingt-

| neuf ans, son père le pressa plus d’une fois de recevoir la prêtrise,

afin d'occuper les bénéfices et les dignités qu’on lui offrait, Le fils lui répondit entre autres : Je n’ai ni la capacité ni la vocation pour œ genre de vie; je ne me sens pas assez fort pour ia charge des

232 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv LXXX VIE. — De 1605 âmes, ni pour conserver quelque vertu dans les dignités eeclésiasti. ques. J'espère que Dieu me fera l'honneur de m'employer plus utilement et plus sûrement au salut des âmes dans les missions que je me propose de faire dans la Basse-Bretagne; enfin, je préfère con. duire des troupeaux à l'obligation de conduire les peuples, et à toutes les dignités ecclésiastiq :.s.

Son père, irrité d’une pareille réponse, lui dit avec emportement : Puisque ta vocation est de conduire des bêtes, tu auras satisfaction: et il donna ordre qu’on le mit à mener un troupeau. Le saint homme se soumit humblement à ce vil emploi, Comme il refusait toujours les bénéfices et les dignités, il eut ordre de quitter la maison pater. nelle. Il se retira chez sa nourrice, femme très-vertueuse, mais aussi très-pauvre, et y vécut six mois dans une extrême disette et danse dernier mépris. Au bout de ce temps, il se sentit inspiré d’allerà Paris consulter quelque habile directeur. Il pria donc son père d'a. gréer qu'il étudiât encore un peu de temps dans la capitale, avant de recevoir la prétrise. Son père, qui au fond l'aimait plus que ses autres enfants, le pourvut avec joie de tout ce qui était nécessaire pour le voyage. Michel consulta le père Coton, Jésuite, confesseur de Henri IV, qui le confirma dans tous ses bons desseins. Il reçut donc le sacerdoce, et revint célébrer sa première messe au sein de sa fa. mille.

Pour se préparer au ministère apostolique, auquel Dieu l’appelait, il fit bâtir sur le bord de la mer une petite cellule couverte de paille, s’y enferma, et y mena pendant un an une vie plus solitaire que celle des anciens ermites du désert. Il ne quitta point le cilice, et n'eut sur lui, durant tout ce temps-là, d'autre linge que le collet attaché à sa soutane. Îl prenait tous les jours la discipline jusqu’au sang, n'a vait point d'autre lit que la terre nue, ni d'autre chevet qu'une pierre. Il ne mangeait qu’une fois le jour, et sa nourriture était un peu de bouillie de farine d'orge, sans sel, sans beurre et sans lait, qu'un personnage du voisinage lui servait, dans un petit plat, par une fenêtre étroite. Il ne buvait que de l’eau, et encore en petite quantité. Pour le vin, il ne s’en servit toute cette année que pour le saint sacrifice de la messe. Dans cette profonde solitude, Michel Le Nobletz médita devant Dieu son plan d'instruction pour les peuples de la Basse-Bretagne, les peuples qui parlent encore le breton, langue des anciens Celtes ou Gaulois, la même qui se parle encore au pays de Galles, en Angleterre.

La Bretagne avait, dans le seizième siècle, résisté à tous les efforts de l’hérésie et conservé la foi ; mais l'ignorance régnait dans les cam

pagnes, et les mœurs y étaient peu réglées. Nulle part il n’y avait

à 1650 de !

de petites réciter le « ces écoles qu'un prêl tant l’œuvi multiplié, struction c Bretagne :

paroissiens tribuait, S néfices de ] partie fran Benoit XIV concours le au Pape. C excita une | une nouvell lents pasteu Dans sa re des cantique liques, appr sons, devaie Il dessina de tait une suit ses conséque liarisés avec vires, dans l'explication «On vous

| gers qu’il doi } au port de la

Vaisseaux fon dans la terre

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KX VII. — De 1605 és ecclésiasti.

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eu l’appelait, rte de paille, aire que celle lice, et n'eut let attaché à au sang, n'a 1evet qu’une Lure était un > et sans lait, etit plat, par re en petite que pour le >, Michel Le les peuples breton, lanc encore al

15 les efforts ans les camil n’y aval

4 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 233

de petites écoles où les enfants pussent apprendre à lire et puis à réciter le catéchisme. Ce n'est même guère que depuis l'an 4820 que ces écoles ont commencé à devenir communés en Bretagne, depuis qu'un prêtre du pays, nommé Jean-Marie de La Mennais, conplétant l’œuvre de Michel Le Nobletz et de Julien Maunoir, y a fondé et multiplié, non sans bien des croix et des traverses, les frères de l'Instruction chrétienne, Il y avait un autre inconvénient pour la Basse- Bretagne : plusieurs curés ne connaissaient pas la langue de leurs paroissiens, ni ceux-ci la langue de leur pasteur, Une chose y contribuait. Suivant l’ancien droit, le Pape avait la nomination aux bénéfices de Bretagne pendant huit mois de l'année. Des prêtres de la partie française obtenaient souvent des cures de la partie bretonne. Benoît XIV fit cesser cet abus, et chargea les évêques de mettre au concours les cures qui viendraient à vaquer dans les mois réservés au Pape. Cette sage mesure, qui a été en vigueur jusqu'en 1794, excita une louable émulation parmi les membres du clergé, donna une nouvelle ardeur pour l'étude, et Procura aux paroisses d’excellents pasteurs.

Dans sa retraite sur le bord de la mer, Michel Le Nobletz composa des cantiques en breton sur les principales vérités de la foi. Ces canliques, appris par cœur et chantés dans les églises et dans les maisons, devaient servir de livre au peuple, qui n’en avait pas d'autre, Il dessina de plus des tableaux allégoriques, dont l'ensemble présenlait une suite de prédications morales sur l'importance du salut et ses conséquences. Les Bretons, presque tous marins, étaient familiarisés avec la navigation. Il figura donc la mer, avec différents navies, dans des situations diverses. Voici le commencement de l'explication qu’il en donne lui-même.

(On vous représente dans ce tableau la vie de l’homme, les dan-

| gers qu'il doit éviter et les vertus qu’il faut pratiquer pour arriver } au port de la vie éternelle, Cette grande mer, sur laquelle tant de

aisseaux font voile, afin d'arriver au port qui doit les introduire dans la terre ce promission, où l’on rencor

* aussi bien que des grands mérites acquis depuis

À Par les bonnes œuvres. Le port et le royaume où ils tendent tous, * Cest le séjour des bienheureux.

«Proche de ces riches vaisseaux. vous en voyez d’autres qui ont ; y

té entièrement Pillés, et il n’y est demeuré qu'un miroir et une

234 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVEI, — De1gos

ancre. Ces frégates ainsi en désordre sont celles des Chrétiens qui ont perdu par le péché mortel la grâce du baptême, ou la grâce sancti. fiante qu’ils avaient récupérée par une véritable contrition et par le sacrement de la pénitence. Du moins leur est-ce un grand bonheur, daris co malheur extrême, de n’avoir pas perdu la foi, qui’est ce mi. roir où ils doivent considérer l'état pitoyable où ils sont réduits par leur faute, non plus que l'espérance, qui est l’ancre du salut,

« Jésus-Christ, notre sauveur, est le pilote qui conduit ce vaisseau, On ne peut, sans lui, ni pattir, nitrouver la véritable route, ni avan. cer, ni même subsister sélon la grâce, ni selon la nature, puisqu'il est, comme il lé dit lui-même, l'unique chemin, la vérité, la vie : « tous les honimes ni toutes les créatures ne peuvent faire aucune chog que par son secours. j

« Hélas ! que les quatre autres misérables navires, que vous Voyez errer çà et là et prendre un chemin contraire aux premiers, sont | plainidre4 L'un est celui des païens, qui ne veulent pas reconnaitre et adorer un seul Dieu. Le suivant est celui des Juifs, qui refusent de croire en Jésus-Christ. Le troisième est celui des hérétiques, qui ont abandonné la foi qu'ils avaient reçue au baptême. Et ces derniers sont les schismatiques, qui ne perdent leur routé que faute de reconnaître le Pape et de vouloir accepter pour pilote celui que Jésus- Christ leur a donné pour tenir sa place au gouvernail du vaisseau, »

Le saint missionnaire continuait son explication, avec un grand détail d'applications morales que chaque partie du navire rappolait naturellement à ses auditeurs, Il connut, par une lumière prophétique, que, de son vivant, les Jésuites seraient établis en Basse-Bretagne, et se serviraient des énigmes spirituelles et des instructions qu'il composait alors. Il fit aussi une revue de toutes ses études, afin de les rendre utiles à la sanctification des autres:

Il n'avait pas encore achevé tout le temps qu’il s'était proposé de passer dans cetté solitude, quand il fut contraint d’en'sortir par les persécütions violentes que lui suscita une personne dévote, mais qui en reconnut bientôt l'injustice. L'innocence du solitaire n’en devint que plus éclatante ; et il a plu à Dieu de rendre son ermitage si cé: lèbre par les œuvres merveilleuses de sa toute-puissance, qu’il ya eu ensuité peu de pèlerinages plus fréquentés que celui-là. Le saint hommé commença le cours de ses prédications par son endroit natal de Plouguerneau. Comme l'ignorance du peuple y. était extrême, i s’attacha non-seulement à prêcher en publie contre les vices et les abus, mais encore à enseigner les premiers éléments de la foi et de la religion dans les é: ‘ises, dans les chemins publics et dans les mal sons particulières. [! convertit à Dieu un bon nombre de personnts;

410660 de 1"

mais la pl D perdu l'es persécuteu la main, sé glise, Le s nue à l'ass laissa tomb fois pour le prêtre mon réciproques duite, mais ilen fut toi parla si bier je fasse ? Sc ment : la m Presque t semées de « abus scanda Cela ne l’em chiser avec 1 condition, Il d'une vertu Nobletz, qui personnes igi Les prêtre:

qui, ayant to de partager & donna pouvo homme s’adj Quintin. Celu ttéchisme et lement dans 1 grands chemi bre dans touts pendant dix-k Le Nobletz dans les dioc tomme les île nière était prit Cest une île fc Mer, et enviro l'Europe. I n

XXVEIL, — De 16os

rétiens qui ont a grâce sancti.

rition et par le rand bonheur, “qui’est ce mi.

ont réduits par u salut,

ait ce vaisseau, 'oute, ni avanture, puisqu'il rité, la vie ; et > aucune chose

ue vous voye emiers, sont | as reconnaitre jui refusent de iques, qui ont L ces derniers e faute de relui que Jésus du vaisseau, »

ivec un grand vire rappolait \ière prophéen Basse-Bres instructions »s études, afin

rit proposé de sortir par les rote, mais qui re n’en devint rmitage si cé nce, qu'il ya i-là. Le saint endroit natal it extrême, il xs vices et les le la foi et de dans les maile personnés;

41660 de l'ère chr,] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 235

mais la plupart des autres le regardèrent comme un homme qui avait perdu l'esprit, et ses parents les plus proches furent ses plus rudes persécuteurs. L'un d'eux, après l'avoir poursuivi deux fois l'épée à la main, se mit en posture de le tuer d'un coup de pistolet dans l’église, Le serviteur de Dieu, se jetant à genoux, présenta sa poitrine nue à l'assassin, qui fut si surpris de cette fermeté héroïque, qu'il laissa tomber l'arme meurtrière, Son propre père le poursuivit une lois pour le maltraiter à coups de bâton. Dès le lendemain, le saint prêtre monte en chaire, et fait un discours pathétique sur les devoirs réciproques des parents et des enfants. Son père, qui blâmait sa conduite, mais qui estimait ses discours, se trouvait parmi les auditeurs : ilen fut touché. Le fils, qui s’en aperçut, alla lui rendre visite et Jui parla si bien, que le bon gentilhomme finit par dire : Que faut-il que je fasse ? Son fils lui conseilla un plan de vie, qu’il suivit exactement : la mère commença également une vie plus parfaite,

Presque toutes les entreprises de Michel Le Nobletz furent ainsi semées de croix et d’opprobres, A Morlaix, pour avoir réformé un dbus scandaleux, il fut maltraité de la manière la pius humiliante. Cela ne l'empêcha pas d'y revenir peu de jours après, et d'y catéchiser avec un grand concours de personnes de tout âge et de toute condition, Il gagna un grand nombre d'âmes, qui fivent profession d'une vertu rare et constante, entre autres sa sœur Marguerite Le Nobletz, qui se consacra pour le reste de sa vie à l'instruction des personnes ignorantes.

Les prêtres de la ville se plaignirent de lui à l'évêque de Tréguier, qui, ayant tout examiné, bien loin de lui interdire la chaire, le pria de partager avec lui les soins les plus pénibles de l'épiscopat, et lui donna pouvoir de faire des missions dans tout le diocèse, Le saint homme s'adjoignit un bon religieux de Saint-Dominique, le père Quintin. Celui-ci prêchait ordinairement ; Le Nobletz enseignait le Gtéchisme et expliquait les principaux mystères de la foi, non-seulement dans les églises, mais au milieu de la campagne et dans les grands chemins, auprès des croix, qu’on y rencontre en grand nombre dans toute la Basse-Bretagne. Ils évangélisèrent ainsi le diocèse pendant dix-huit ans.

Le Nobletz faisait en même temps des excursions apostoliques dans les diocèses voisins, surtout aux lieux les plus abandonnés, comme les îles d'Ouessant, Molesnes, Le Baz et Sizun, Cette dernière était privée depuis plusieurs années de tout secours spirituel. Cest une île fort basse, menacée chaque jour d’être couverte par la me, et environnée des plus terribles écueils qui soient dans toute l'Europe. I n'y a pas un arbre dans toute l'ile; on ne s'y chauffe

236 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVII. — De160

qu'avec du goémon, dont la puanteur incommode plus que sa faible chaleur ne procure de soulagement. La terre n’y produit que de l'orge, qui suffit à peine pour nourrir les habitants pendant trois mois ; ils ne vivent le reste de l’année que de racines et de Poissons, sans huile et sans aucun autre assaisonnement. Ils n’ont de vin que ce que la mer leur en jette, par les fréquents naufrages de vaisseau qui se brisent contre les écueils dont l'ile est environnée. L'ean même qu'ils boivent est saumâtre, à cause qu'ils ne la tirent que d’un puits trop voisin de la mer. Malgré cette vie misérable, les ha. bitants de Sizun sont plus robustes et vivent plus longtemps que ceux de la terre ferme. Dès l’âge de sept à huit ans, ils passent les jours et les nuits à la pêche, au milieu des tempêtes et des rochers qui occupent cinq lieues de mer. Ils n’ont pour toute nourriture que du pain et de l’eau, et les voiles de leurs barques pour se mettrei couvert du froid. Leurs femmes et leurs filles, de leur côté, labou. rent la terre, moulent à force de bras l’orge qu’elles ont recueillie, et en font du pain qu’elles mettent cuire sous la cendre de goémon, Avant que Michel Le Nobletz eût été dans leur île, leur naturel ré. pondait à la barbarie du lieu, et on les appelait les démons de la mer, parce qu'ils avaient la malice d'allumer des feux sur leurs rorhers, pour tromper les pilotes, faire périr les vaisseaux et profiter de leurs débris.

Cependant ces insulaires grossiers, barbares et terribles, reçurent le saint missionnaire comme un ange du ciel, et apportèrent une assiduité et une docilité merveilleuses à ses instructions. Après les avoir prêchés et catéchisés quelque temps deux fois le jour, il leur fit faire à tous des confessions générales, qui furent suivies d’un er tier changement. Depuis cette heureuse époque, leur île devint aus exempte de vices qu'elle l'est naturellement de bêtes venimeuses cw, sans parler des péchés scandaleux qui n’y sont point souffert, où n’y connut presque plus ni la haine, ni l'envie, ni la médisance, ni les querelles. L'homme qui avait le plus de crédit à Sizun était un pêcheur nommé François Lesu ; le missionnaire l’instruisit avec une attention toute particulière, et lui laissa des livres. Ce pêcheur, qui avait reçu de la nature un esprit discret et un cœur généreux, fut élu dans la suite capitaine de l'île ; il fit les fonctions de pasteur, autant qu'un laïque peut les remplir, quand l’île n’eut point de prêtre ; plus tard, il en fut lui-même ordonné curé.

Les travaux et les succès de l’homme apostolique étaient toujours

entremêlés de croix et de persécutions, souvent de la part des prêtres,

mauvais ou prévenus. Le Nobletz regardait toutes res épreuve comme des moyens pour attirer les miséricordes divines sur son mi

à 1650 de l'è

E nistère. D’u | et de miracle D risons de m À Dieu avec le:

à qui pôt culti } vélation de |:

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| un successeu Lsuite. La mé

Basse-Bretagi Eleurs mains, ide l'an 1620,

Le saint pr heures au col quième, et, sa

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apostolat. Le ] pions, les rang

ent à jouer, lu e la langue Jati

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XXX VIT, — De1ç0

us que sa faible produit que de pendant trois et de poissons, ont de vin que es de vaisseaux ironnée. L'eun e la tirent que sérable, les ha.

longtemps que

ils passent le et des rocher nourriture que ur se mettre ar Côté, labou- Ont recueillie, re de goémon, eur naturel ré 1ons de la mer, leurs rorhers, et profiter de

à1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

à nistère. D'un autre côté, Dieu augmentait en lui le don de À et de miracles. On trouve dans sa vie, non à risons de malades, mais des résurrections À Dieu avec les instances les plus ferventes d

à qui pût cultiver ce qu'il avait si heureusement commenté, il eut ré- : vélation de la naissance de ce successeur. |] fit part de cette nouvelle Là ses disciples, et, quelques années après, il s'arrêta au milieu d’une Pi de ses exhortations, et dit: Remercions Dieu de ce qu’il m'a donné L'un successeur. Il a sept ans ; il est du diocèse de Rennes, et sera Jéjsuite. La même année, c'est-à-dire en 1613, parlant avec beaucoup d'action pour expliquer ses peintures mystiques, il répondit à une il’ 8er, queles pères Jésuites viendraient

qu'ils feraient des missions dans toute la Basse-Bretagne, que les tableaux qu’il expliquait tomberaient entre

[leurs mains, et qu’ils en feraient le même usage que lui. Vers Ja fin jde l'an 4620, une voix lui apprit que le successeur qu'il désirait n’était pas loin, qu'il Je trouverait au collége des Jésuites de Quimper, et qu'il en était le plus jeune 1. ;

Le saint prêtre partit à l'heure même, et se rendit avant sept

heures au collége de Quimper. Il y demanda le maître de la cinquième, et, sans lui parler du dessein que jui, il ne l’entretint que de la vo

prophétie -Seulement plusieurs gué-

de morts. Un jour, priant e lui donner un Successeur

(bientôt s'établir à Quimper,

a Providence avait sur

cation de saint André et de saint Pierre, de la grâce que le Sauveur leur fit de les appeler à son ser-

ice, et de la fidélité avec laquelle ils quittèrent tout pour le suivre. D Ge régent de cinquième était Julien Maunoir, né le premier octore 1606, au bourg de Saint-Georges-de-Raintambault : dans le Hiocèse de Rennes. Son père et sa mère, qui étaient fort pieux et Ort charitables, le vouèrent à Dieu dès sa naissance. Le Seigneur réa l'offrande de leur fils, et le forma lui-même de bonne heure à apostolat. Le petit Maunoir, encore enfa.r', assemblait ses compa- Prons, les rangeait deux à deux, ies conduisait à l'église, et là, monint en chaire, il récitait tout haut l'Oraison dominicale, la Salutaion angélique et le Symbole des apôtres. Son père et sa mère, aninés par de si heureux CoMmmencements, n’oublièrent rien pour lui Homer une éducation chrétienne. Un prêtre de la paroisse, qui , ‘jant souvent observé, avait remarqué avec joie qu'il passait à l’éle tout le temps que les enfants de son âge emploient - ordinaire ent à jouer, lui donna ses soins, lui enseigna les premiers éléments aient toujours Le là langue latine, et le mit en état d'entrer au collége. On l’en-

rt des prêtres, Boya étudier à Rennes, sous les pères Jésuites, auxquels les habi ces épreuves

es sur son

ibles, reçurent pportèrent une ns. Après les e jour, il leur livies d’un en ile devint aussi venimeuses:

oint soufferts, la médisance, Sizun était u instruisit avec s. Ce pêcheur, eur généreux, ns de pasteur, eut point de

L' Vies des saints de Bretagne, t. 4, in. 12, édition de l'abbé Tresvaux.

238 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVIE. — De 1005

tants de cette ville et le parlement avaient depuis peu donné n établissement. Ses succès et sa vertu le firent admettre dans la congrégation des écoliers, où il montrait de plus en plus le zèle et les qualités d’un apôtre. Entendant parler du succès des Jésuites à la conversion des infidèles , et du petit nombre d'ouvriers pour unes grande moisson, il dit : Faites-moi donc Jésuite, et envoyez-moi au secours des infidèles. Lorsqu'il eut achevé ses classes, il demanda effectivement d'entrer dans la compagnie de Jésus, et y fut reçu par le célèbre père Coton, alors provincial de France. Après son nori.

ciat et sa philosophie, ses supérieurs l’envoyèrent, en 1630, ensei. |

gner les basses classes au collége de Quimper. Il y trouva le pèr Bernard, qui depuis longtemps priait Dieu d'envoyer quelqu'un a salut de tant d’âmes qui périssaient dans ces contrées. Soupçonnant que Maunoir était cet homme, il l’engageait à étudier le breton. Mar. noir, ayant plus d’inclination pour les missions du Canada, restait indécis. Ce fut dans ces circonstances que Michel Le Nobletz vint lui rendre visite et lui parler dela vocation de saint André et de saint Pierre, marquant la sienne et celle du père Bernard.

À un quart de lieue de Quimper, il y avait une chapelle dédiée la sainte Vierge, où les professeurs du collége menaient tous les ans leurs écoliers en pèlerinage pour les mettre sous la protection de Marie. Maunoir, allant à cette chapelle, se trouva l'esprit uniquement occupé de tout ce que le père Bernard lui avait dit du besoin qu'avait la Basse-Bretagne d'ouvriers évangéliques. Une vue intérieure lui représenta les diocèses de Quimper, de Tréguier, de Léo et de Saint-Brieuc comme une carrière ouverte à son zèle; et, dan le moment, il sentit se former dans son cœur la résolution d'yprendre la langue L-etonne. Arrivé à la chapelle avec ces mouve ments , qui lui faisaient une douce violence, il s'offrit à Dieu qui l’appelait, et le supplia, puisqu'il le destinait à l'instruction de cn peuples, de lui apprendre à parler leur langue. Il s’adressa ensuite à la sainte Vierge, et lui dit avec confiance : Ma bonne maitres! si vous daigniez m’apprendre vous-même le breton, je le saurais en peu de temps, et je serais bientôt en état de vous gagner des seniteurs! Après cette prière, Maunoir rendit compte de ses dispositions au père Bernard, et l’assura qu’il apprendrait la langue du pays au sitôt qu’il en aurait eu la permission, On la demanda pour Ini; ell lui fat donnée le jour de la Pentecôte, jour auquel les apôtres avaient reçu le don des langues. Après huit jours seulement d'étude, il parla l'une des langues les plus difficiles du monde, assez bien pour pouvoir faire le catéchisme à la campagne, et au bout de quet ques mois il s'exprimait en breton si parfaitement, qu'il prêchait er

à 1650 de l’é

cette langue par faire | } dans le voi l'an 1640, :

viciat, et a } sacrer aux | Quimper.

Michel Le tir de Con Père, et le à lard vénéral } Siméon : Se | puisque mes | avez destiné B plus eu qu'à Père; après de se rassem ment son su, donna, par f tiques dont il } de la religion nouvel emple L présence. II : consolation d il passa ce so des besoins « propres à la s L Il gagna d’:

| de théologie é sentait, où M:

dificulté qui [sonne. Persua Lilse trouva d’a son oracle, et à parmi toutes le ler les cantiqu CŒurs, par les vangile, Il lui :

l'exercice de sa | disciple, puisqu cites aux miss ls persécution:

XXVIE. — De 160;

peu donné un e dans la cons le zèle et les s Jésuites à là rs pour une si nvoyez-moi au >, il demand y fut reçu px près son nori-.

n 4630, ensei.

trouva le père * quelqu'un « Soupçonnant e breton. Ma Canada, restait e Nobletz vint dré et de saint

ipelle dédiée à nt tous les ans protection de esprit unique- : dit du besoin Une vue intéruier, de Léon zèle; et, dans solution d'apec ces mouve:

rit à Dieu qui ruction de ces dressa ensuile ne maîtresse!

e le saurais en mer des servi:

es dispositions e du pays aus pour Ini; elle el les apôtr ment d'étude, le, assez bien

bout de quet lil prêchait en

1 Quimper.

L lard vénérable, voyant son successe | Siméon : Seigneur ! laissez maintenant | puisque mes yeux ont vu celui que vous m'avez

E plus eu qu’à se disposer à la mort,

à de la religion. Il l'obligea sur

| de théologie écrit à la main, et lui d

sonne. Persuadé que le saint homm Lilse trouva d'autant plus porté à le

à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,

cette langue sans préparation. II commen par faire le catéchisme en breton dans cette chapelle même, puis } dans le voisinage; cependant il ne s'y dévoua complétement que À l'an 1640, après avoir fait sa théologie et sa troisième année de noviciat, et avoir reçu du supérieur général la permission de se consacrer aux missions de la Basse-Bretagne. Il revint demeurer à

Ça son ministère apostolique

Michel Le Nobletz, à qui ses infirmi ti de Conquet, port de mer où il Père, et le pria de venir lui faire vi

tés ne permettaient pas de sors'était retiré, envoya saluer le site. Maunoir y alla, et le vieilur, pleura de joie, et dit comme votre serviteur aller en paix, promis et que vous Ensuite, comme s'il n'eût il fit une confession générale au Père; après quoi, la clochette à la main, il aila avertir tout le monde de se rassembler à l’église. Il y mena le Père, le déclara publiquement son successeur dans les missions de la Basse-Bretagne, et lui donna, par forme d’investiture, la clochette et les peintures énigmatiques dont il s'était servi pour expliquer les mystères et les devoirs

l'heure à prendre possession de son

t faire ce jour-là tous les exercices en sa

| avez destiné pour éclairer cette nation !

nouvel emploi, et lui en fi

L présence. Il le conduisit aussi chez les malades, afin qu’ils eussent la j consolation de le voir et de l'entendre ; et, l'ay

ant ramené chez lui, il passa ce soir et une partie du jour suivant à l’instruire à fond et des besoins de cette partie de la province et des moyens les plus propres à la sanctifier.

Il gagna d'abord la confiance de son disciple en ouvrant un livre

Onnant à lire la page qui se présentait, où Maunoir fut bien surpris de trouver la décision d’une dificulté qui l’embarrassait, et sur laquelle il n’avait consulté per- € connaissait toutes ses pensées,

consulter toujours depuis comme Son oracle, et dès lors il l’éconta comme son directeur, Le Nobletz,

parmi toutes les leçons qu’il lui donna, n’oublia pas de lui conseil-

ler les cantiques spirituels et la mélodie, pour insinuer dans les “rs, Par les oreilles, les dogmes de la foi et les maximes de l'Évangile, Il lui mit entre les mains les règles qu'il avait suivies dans l'exercice de son emploi, et qui ne devaient pas être étrangères à son

| disciple, puisqu’elles'étaient tirées de celles que saint Ignace a pres-

c'es aux missionnaires de sa compagnie, Îl fortifia Maunoir contre ls persécutions, en même temps qu'il lui prédit qu'elles ne lui man-

240 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVII. — De 160;

queraient pas. Il lui communique aussi la vertu de faire des miracles, et l'éprouva lui-même sur-le-champ, en se faisant guérir d’un poireau qu'il avait au visage, qui disparut aussitôt que Mauroir l'eut touché.

Le nouvel apôtre remplit son laborieux ministère pendant quarante-trois ans, de 1640 à 1683 ; d’abord avec le père Bernard pour compagnon, puis avec plusieurs prêtres séculiers. Leurs premières missions furent dans les îles d'Ouessant, de Molesnes et de Sizun, dont les habitants les reçurent avec une joie extrême, que Dieu récompensa par la guérison miraculeuse de plusieurs malades.

Dans le cours des missions que l'évêque de Quimper leur fit faire dans son diocèse, il pria Maunoir d’aller consoler une fille extraordinaire , Marie-Amice Picard, née le deux février 4599, de pauvres paysans, dans le diocèse de Léon. Elle n'avait que sept ans lors. qu'elle entendit un sermon sur le mérite de la virginité et du martyre. Elle demanda aussitôt à Dieu trois grâces : la première, de faire en tout sa sainte volonté; la seconde, de vivre et de mourir vierge; la troisième, de souffrir les tourments des martyrs, Elle fut exaucée, et devint un martyrologe vivant les vingt dernières années de sa vie; car la veille des saints martyrs, dont l'Église fait la fête, elle endurait des douleurs conformes aux genres de leurs supplices. Elle eut en mêine temps à souffrir des calomnies atroces. Elle offrait patiemment à Dieu toutes ces peines pour la conversion des âmes, mourut saintement le 25 décembre 4652, et fut enterrée dans la cathédrale de Léon par l'évêque et tout le clergé 1. Michel Le Nobletz, qui avait toujours consolé et fortifié cette vertueuse fille, était mort l’année précédente entre les bras de son successeur Julien Maunoir.

Ces missions apostoliques en Bretagne y firent naître une autre œuvre de sanctification, qui y subsiste encore après deux siècles, et qui contribue singulièrement à y maintenir l'esprit de foi et de piété. Ce sont des maisons de retraite, où chacun peut venir pendant huit jours, à des époques annoncées dans les paroisses, se recueillir devant Dieu, écouter des prédications suivies, faire la revue de sa conscience, pour y mettre ordre ou s’affermir dans le bien. La première fut établie à Vannes, pour les hommes, par Louis Eudes de Kerlivio, vicaire général du diocèse ; une seconde, pour les femmes, par mademoiselle Catherine de Francheville. L : : 3re Huby, compagnon de travaux du père Maunoir, propagea cette institution dans d’autres lieux. Aujourd'hui, 1846, il y a près d’une vingtaine de ces maisons

1 Tresvaux, t. 1, p. 247; t. 5, p. 66.

à 1650 de l’èr

dans les div D Par exempl D retraites pot annoncée de à pendant les | à vingt franc | qu'à sept cer | de religieuse } que nous po À tagne, c’est } Quantau] Ë maisons, il

D le 28 janvier ture, il arrive

D vicaire génér:

| du chapitre, :

| la cathédrale, } calme, et cor trévell, il ape presbytère, et notre bon Pèr Bernard : il n } général eut re Emain-forte. L > paysans breto

Be nressait d’obéi

Lcontraire, Le v sauf à l'enleve Leouverneur, le une grande pie pour garder le Lon transporta

Jhomme apostol d'un nombre ;

Lobienues dans |

l'tercession da

Michel Le No honorèrent alor mœurs, On trot pendant le dix-s

E Pic du P. Jul:

Axv,

VII, — De 1605

des miracles, ir d’un poilauroir l'eut

endant quaernard pour rs premières et de Sizun, que Dieu réilades.

leur fit faire fille extraor- , de pauvres ept ans lors- 6 et du marpremière, de t de mourir yrs. Elle fut ières années > fait la fête, 's supplices.

. Elle offrait 1 des âmes, rrée dans la chel Le Nose fille, était sseur Julien

e une autre IX siècles, et i et de piété.

pendant huit ‘ecueillir dee de sa con- La première les de Kerlifemmes, par compagnon ans d’autres ces maisons

D de religieuses pour le service de la mai

Be vicaire général de Quimper, d’après une délibéra

BE D'essait d’obéir aux ordres de l'évêque,

MO! Mansporta seulement le cœur à Quim

à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

dans les divers diocèses de Bretagne, qui font un bien Ë Par exemple, dans la maison de Rennes, il À retraites pour les femmes, deux pour les ho

annoncée dans les paroisses du voisinage. Cha à pendant les huit jours, pour une pension q | à vingt francs, suivant qu'il veut être traité, | qu'à sept cents personnes. Il s’y est même

incalculable.

y a tous les ans quatre mmes. L'époque en est Cun y est logé et nourri,

On y a vu à la fois jusformé une Congrégation son et des retraites. Tout ce

; que nous pouvons souhaiter à cette salutaire institution de Ja Bre-

| fagne, c’est de la voir imitée ailleurs.

| Quant au père Julien Maunoir, un des fonda à maisons, il mourut dans le bourg de Plevin, diocèse de Quimper, L le 28 janvier 1683, à l'âge de soixante-dix-sept ans

ture, il arriva comme pour celle du bienheureux Pi

tion de l'évêque et

| du chapitre, arrive un soir à Plevin pour transporter le Corps dans

| la cathédrale. IL descend au presbytère, trouve tout le Peuple fort } calme, et compte faire la translation le jour suivant, Mais, à son trévell, il aperçoit les Paysans en armes, faisant la garde devant le

presbytère, et disant tout haut : Non, non, on ne nous enlèvera pas notre bon Père! Si on l’enterrait à Quimper, ce serait comme le père Bernard : il ne ferait point de miracles, et il en fera ici. Le vicaire Egénéral eut recours au 8ouverneur de Carhaix, pour lui demander imain-forte. Le 8ouverneur, jugeant dangereux de violenter des raysans bretons, n’employa que la persuasion. Mais, tandis qu'il les sa femme leur Persuadait le errer le corps dans l'église, était à dîner au château du

[eontraire. Le vicaire général finit par ent &auf à l'enlever la nuit. Mais tandis qu'il Léouverneur, les paysans entrèrent dans l'église, mirent sur la fosse ie grande pierre en forme de tombe, et demeurèrent là, en armes, Brour garder le sépulcre. Le saint Corps demeura donc à Plevin, et per. Le sépulcre de cet

Dhomme apostolique ne tarda guère à devenir glorieux par le concours d'un nombre infini de pèlerins, et par une multitude de guérisons

Dobienues dans Presque toutes les paroisses de la basse Bretagne par lintercession du Père 1,

Michel Le Nobletz et Julien’ Maunoir ne furent pas Fonorèrent alors leur Province par la sainteté de leur vie et de leurs Mœurs, On trouve encore soixante autres Personnages semblables, pendant le dix-septième siècle, dans les Vies des Saints de Bretagne,

les seuls qui

| Vie du p, Julien Maunoir. Tresvaux, t. 8,

Axv,

ui varie de trente sous

collection tellement utile, que chaque province en devrait avoir une pareille. Alors on verrait mieux l'action du Saint-Esprit dans les différentes parties de l'Église. Ce que nous en avons déjà vu pour le

dix-septième siècle est prodigieux; et cependant nous n’avons pas À

tout dit, et peut-être n’avons-nous pas encore vu le plus merveilleux, Par exemple, sait-on beaucoup que l’apôtre qui convertit le plus de protestants à Paris dans le dix-septième siècle fut un modeste

coutelier, Jean Clément, dont la conversion est aussi merveilleuse R

que les conversions. Il était coutelier, ainsi que son père, rue de h Mortellerie. Dans sa jeunesse, les enfants de Casaubon pervertirent son esprit; et lorsqu'ils allèrent se faire calvinistes en Angleterre, il alla lui-même à La Rochelle pour le même sujet. Clément, qui ne connaissait personne dans cette ville hérétique, s’adressa à un homme assez âgé, qui forgeait sur une enclume, et lui exposa ke dessein qui l'avait porté à venir. Ce vieillard, après l'avoir écouté, lui dit fort grayement : Ah ! mon enfant, gardez-vous bien de faire ce que vous dites; peut-être tomberiez-vous dans l’état où je me vois, et qui est tel que je voudrais que la terre s’ouvrit présentement sous mes pieds et m’engloutit en enfer : car je vois ma damnation qui augmente chaque jour pour avoir quitté l'Église romaine, étant prêtre et religieux; et je ne puis quitter celle où vous voulez entrer, parce qu’une femme et quatre enfants m'y attachent. Allez done, sortez d'ici sans boire ni manger, de crainte que Dieu ne vous abandonne. Clément, saisi d'horreur, se résolut à sortir; et ayant de. mandé à ce vieillard où il pourrait aller pour se faire instruire, celui: ci l’adressa au curé d’Estrée, à deux lieues de là. Il s’y rendit, el, après dix jours, il prit congé de ce bon curé qui l’avait traité ave beaucoup d’amitié, et parfaitement guéri de tous ses doutes; puis, dès qu’il fut de retour à Paris, Dieu lui donna la pensée de travalt ler lui-même à la conversion des hérétiques 1,

Jean Jacques Olier, étant devenu, l’an 1642, curé de Saint-Sulpice paroisse alors la plus dépravée de Paris, y appela le père Véron, lé suite, pour prêcher la controverse contre les hérétiques, qui affluaieil dans ce quartier. Le père Véron, par la tournure de son esprit, élai plus propre à les confondre qu’à les convertir. Mais quand il était des cendu de chaire, le coutelier Clément répondait, dans le parterre o dans les charniers de l'église, à ceux qui proposaient des doutes; el il le faisait avec une telle bénédiction, qu’il y avait peu d’hérétiqu qui, après l'avoir entendu, ne restassent persuadés. Sa douceur d son humilité gagnaient ceux que la méthode dure, mais solide, di

1 Vie de M. Olier par l'abbé Faïllon, t. 1, p. 486.

(Liv. LXXXVIL. — De160s

à 1650 de |

père Vér plus de b confonda colère ; le sages, leu prenaient textes clai ne se rend çaise, et i ce que l'É aller ; il co fait sur tou

Le coute dans le me le calvinis:

tante qu'il mariage. L | de lui pen flexions sur affermir sa le persuada L de voir en Beaumais, :

sainte et di | jamais, com férence aux E forme de s:

main, où Di.

Il semblait 1 de l'Universi } comparé po | discours des } les plus infec des conversia Un grand { pos: « Ce siè k vanité, l'im des prêtres d des laïques, « prêtres fainéa:

! Vie de M. 01

XX VIE. — De1605

vrait avoir une Esprit dans les déjà vu pour le

us n’avons px à

us merveilleux, onvertit le plus ut un modeste

si merveilleuse R

père, rue de là on pervertirent | Angleterre, il ément, qui ne s’adressa à un lui exposa ke l'avoir écouté, s bien de faire état où je me t présentement ma damnation romaine, étant ; voulez entrer, nt. Allez donc, ne vous aban- 3 et ayant denstruire, celui

s’y rendit, el, vait traité avec s doutes; puis, isée de travail:

> Saint-Sulpice, ère Véron, Jé:

s, qui affluaient son esprit, étal and il était dess le parterre ol des doutes;el u d’hérétiques Sa douceur mais solide, di

| mariage. Les remords de sa Conscience, | de lui pendant qu'il délibérait, l’obligèrent à faire de sérieuses ré-

[ Pos: « Ce siècle est fort malade,

à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 243

père Véron avait émus ; et on peut dire que jamais homme n'a eù plus de bénédictions que lui pour cet emploi, La méthode de Véron confondait très-bien l’orgueil des ministres, mais elle les mettait en colère; le bon homme Clément, au contraire, expliquait leurs passages, leur faisait voir par ceux qu'il leur apportait qu'ils n’en comprenaient pas le vrai sens, et leur proposait notre doctrine, par des textes clairs et solides, en sorte qu'il n'y en avait presque jamais qui ne se rendissent. Il avait appris par cœur presque toute la Bible française, et il savait, touchant les points essentiels de controverse, ce que l’Église veut que l’on sache là-dessus, et jusqu'où l'on peut aller ; il convertissait en si grand nombre les hérétiques, que, calcul fait sur toute une année, il n’y en avait pas moins de six Par jour.

Le coutelier Clément trouva même un successeur de son apostolat dans le mercier Beaumais. Celui-ci avait d’abord résolu d’embrasser le calvinisme pour se conformer aux désirs d’une femme protestante qu'il voulait épouser, et qui mettait cette condition à son et le trouble qui s'empara

flexions sur les Conséquences d’une telle démarche: et enfin, pour affermir sa foi ébranlée, il s'adressa au coutelier Clément. Celui-ci le persuada si fortement des vérités catholiques, qu'il eut le bonheur

| de voir en lui un digne héritier de ses travaux et de son zèle.

Beaumais, ayant en effet reçu par infusion l'intelligence de l'Écriture sainte et du sens des Pères de l'Église, que pourtant il n’étudia jamais, commença à son tour à détromper les hérétiques. Par déférence aux désirs de M. Olier, qui voulait s’en servir dans la ré-

| forme de sa paroisse, il vint s'établir dans le faubourg Saint-Ger-

main, où Dieu récompensa son zèle par les succès les plus éclatants. I semblait l'emporter pour la dispute sur les plus habiles docteurs de l'Université de Paris : au moins personne ne pouvait lui être

| COMmparé pour la facilité merveilleuse avec laquelle il réfutait les | discours des ministres.

} les plus infectées de l’hérésie de Calvin, et eut le b

Îl parcourut dans la suite les villes de France

onheur d’y opérer des conversions en grand nombre, de quatre à cinq mille1,

Un grand serviteur de Dieu, Adrien Bourdoise, disait à ce promais le clergé ne l’est pas moins;

là vanité, l'impureté et l’inpudence règnent partout... La plupart des prêtres demeurent les bras croisés : et il faut que Dieu suscite des laïques, des couteliers et des merciers, pour faire l'ouvrage des prêtres fainéants. Être de maison, être docte et être à Dieu, cela est

! Vie de M. Olier, partie 2, livre 2. Paroisse.

assez rare de nos jours; car d'où vient que Dieu se sert aujourd'hui de M. Beaumais, mercier, et de M. Clément, coutelier de profession, l'un et l’autre laïques, pour la conversion de tant d’hérétiques et de mauvais catholiques, dans Paris, sinon parce qu’il ne trouve pas de bacheliers, de licenciés et de docteurs, qui soient pleins de son esprit, pour les y employer? Et c’est le plus grand reproche, et l’affront le plus sensible que Dieu puisse faire au clergé de ce siècle, qui a si peu d'humilité. Vivent le coutelier et le mercier! Non multi sapientes, non multi potentes, non multi nobiles. » De 1570 à 1670, pendant tout un siècle, l’évêché et puis archevêché de Paris fut, dans la famille de Gondi ou de Retz, comme une ferme qui se transmettait soigneusement de l'oncle au neveu, Dans cette succession séculaire, ce qu’il y a de plus remarquabk, est cette succession : le neveu ressemble communément à l'oncle, excepté le dernier, qui figura dans la Fronde, révolution d'essai provoquée par la suppression des états généraux. Tandis que le coadjuteur-neveu dominait dans les troubles politiques, année 1650, l’archevèque-oncle se laissait dominer par les Jansénistes, qui ne ruinaient pas moins que les protestants et la foi et les mœurs. «Ils enseignent, disait M. Olier, que jamais ils ne font le mal que parle défaut de la grâce, Dieu la retirant sans sujet à sa créature, et la faisant ainsi trébucher. Ils publient et prêchent que, quand nous tombons, ce n’est que par faute de grâce, et non par l'abus de notre liberté, et qu’ainsi les commandements de Dieu nous sont impossibles. Voyez quelle doctrine, et quel prétexte aux négligents et aux libertins! Ils sont venus, disent-ils, pour humilier les hommes, en apprenant que la grâce est le principe de tout ; comme si le corps de l'Église ne l’enseignait pas à ses enfants. Voyez quelle est cette humilité, qui fait que, le pécheur ne s'accuse jamais d'être la cause entière du mal, mais qu’il en accuse Dieu, comme s’il ne voulait pas que nous fissions le bien, le bien qu’il nous commande, et pour l’accomplissement duquel il est mort sur la croix et a versé tout son sang! » Ce langage impie était devenu si populaire, que pli sieurs le portaient dans le saint tribunal en confessant leurs péchés, et on cite, entre autres exemples, celui d’une personne qui, ayail violé les engagements les plus sacrés, osa bien dire dans son atcusation que la grâce lui avait manqué trois fois. Ces bruits commençaient même à se répandre à Rome; et on y disait que s’aceustr ainsi, c'était s’accuser à la mode 1, L'on conçoit que, sous un archevêque livré aux Jansénistes etui

(Liv. LXXX VIT, — De 1606

1 Viede M. Olier, partie 2, 1, 9, t, 2, p. 160.

coadjuteu en la régi n'y aidaît juridiction nommait Heori IV « deMetz, al de Vauxse de Tiron, presque ta naient pou prières et pas plus q:

de l’état m Et toute de cet abbe durable du l'établissenr Depuis le c trois sémin:

Reims, fonc au concile c | l'archevêqu par l'évêque : destinaient ; | réguliers, ni des écoles d } pratique éta h le monde, c } surveillance, On ne conn:

les conférenc L ves, et sans « nombre de F Paraissaient | | vaient, Une r È y parvenir ? $ | P'ocurer un :

doise, lui aya È pas ses talents

1 Gallia chris

XVII. — De 1605 t aujourd'hui de profession, "hérétiques et lil ne trouve ient pleins de À reproche, et é de ce siècle, er! Non multi

et puis arche- Retz, comme cle au neveu, remarquable, ent à l'oncle, lution d'essai 'andis que le , année 1650, nistes, qui ne mœurs. « Îls al que par le ure, et la faind nous tombus de notre sont imposligents et aux s hommes, en si le corps de est cette hu- ‘être la cause ne voulait pas ande, et pour L a versé tout aire, que plu-

leurs péchés, ne qui, ayant dans son àts bruits comque s’aceusel

asénistes et un

| aient. Une réforme était donc nécessaire | Y Parvenir ? Saint François de Sales lui-même n'avait pu réussir à | Plocurer un séminaire à son diocèse, Un saint prêtre, Adrien Bour-

à1680 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 245

coadjuteur livré aux factions politiques, il n’était point aisé de réussir en la régénération du peuple et du clergé de Paris. Un autre prélat n'y aidaït pas mieux : l'abbé de Saint-Germain-des-Prés, qui avait la juridiction ecclésiastique dans toute cette partie de la capitale. Il se nommait Henri de Bourbon, marquis de Verneuil, fils adultérin de Henri IV et de Catherine de Balsac : sans être prêtre, il était évêque deMetz, abbé commendataire de Saint-Germain de Paris, de Fécamp, de Vauxsernai, d'Orchamps, de Saint-Taurin d'Évreux, de Bonport, de Tiron, de Valasse, et se maria l'an 1678 1, Ces sortes d'abbés, presque toujours cadets ou même bâtards de grandes familles, prenaient pour eux les revenus des abbayes, et laissaient aux moines les prières et les jeûnes de la règle. Bientôt les moines ne se génèrent pas plus que leurs abbés du siècle, De 1à cette dégénération croissante de l’état monastique jusqu’à la grande révolution de 1789.

Et toutefois c'était du temps de cet archevêque, de ce coadjuteur, de cet abbé de Saint-Germain, que devait s'organiser la régénération durable du clergé et du peuple de Paris, ainsi que de la France, par l'établissement général des séminaires. Ce n'était pas chose facile. Depuis le concile de Trente jusqu’en 1600, on ne fait mention que de trois séminaires ou plutôt essais de séminaires en France : celui de Reims, fondé par le cardinal de Lorraine, qui avait assisté en personne au concile œcuménique ; celui de Bordeaux, établi vers l'an 1580 par

| l'archevêque Antoine de Sansac; celui de Carpentras, formé, l’an 1585,

par l'évêque Jacques Sacrati. Jusqu'alors il n'y avait pour ceux qui se destinaient à l’état ecclésiastique ni maison commune, ni exercices

| réguliers, ni études Spécialement appropriées à leur état. Il existait

des écoles de théologie où l'on enseignait le dogme ; mais la morale

| pratique était moins cultivée. Les jeunes théologiens vivaient dans | le monde, chacun selon son gré, sans être | Surveillance, et sans tous les secours qu'o | On ne connaissait ni les examens,

| les conférences. On était admis au

| Y6s, et sans ces secours nécessaires à la faiblesse humaine. Un grand

astreints à une règle, sans ffre la vie de communauté.

ni les retraites pour les ordres, ni Sacerdoce sans toutes ces épreu-

nombre de prêtres ne portaient point le costume ecclésiastique, et Paraissaient Partager les mœurs du monde au milieu duquel ils vi.

et désirée, Mais comment

doise, lui ayant témoigné son étonnement de ce qu'il ne consacrait

Pas ses talents à Ja formation des ecclésiastiques : « J'avoue, répondit

1 Gallia christiana, Metz.

216 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVIL — De 160$

le saint évêque, et je suis très-persuadé qu’il n'y a rien de plus nécessaire dans l’Église; mais après avoir travaillé moi-même pendant dix-se it ans à former seulement trois prêtres, tels que je les.souhai. tais pour m'aider à réformer le clergé de mon diocèse, je n'ai pu en former qu'un et demi ; e: je n'ai pensé aux filles de la Visitation età quelques séculiers que lorsque j'ai eu perdu toute espérance à l'égard des ecciésiastiques. » Cependant, sur la fin de sa vie, il eut quelque pressentiment de ce que la Providence préparait à cet égard.

Comme il venait quelquefois à Lyon, madame Olier, femme de l'intendant de cette ville, le pria de vouloir bien consulter Dieu surla vocation du plus jeune de ses trois fils, Jean-Jacques, né à Paris le 20 septembre 1608, et qui montrait beaucoup de vivacité. Quelques jours après, elle lui présenta ses trois enfants à la fin de la messe. Le saint évêque les accueillit avec une tendresse paternelle, les embrassa l'un après l’autre ; et comme il les louait tous également, la mère lui répondit que Jean-Jacques, le plus jeune, n'était point sage, mais dyscole, et tellement déréglé en ses déportements, qu'il donnait souvent sujet à son père et à elle-même de pester contre lui. Le saint dit ces paroles : Madame, il faut pardonner quelque chose à la jeunesse ; les humeurs gaies ne sont pas les plus malignes : je n'ai qu'à vous dire que j'ai consulté Dieu sur la vocation de votre fils. Soyez consolée : le ciel l’a choisi pour la gloire et le bien de son Église.

Jean-Jacques Olier avait alors douze ans. Dieu l’avait prévenu de ses grâces dès l’enf:nce. Quand sa nourrice voulait mettre fin à ses criset à ses pleurs, elle le portait à l’église voisine, et aussitôt il était tranquille. Dès l’âge de sept ans il eut la plus haute idée du sacrifice de la messe et de la sainteté du prêtre. Sa dévotion envers la sainte Vierge n’était pas moindre. Tout ce qui lui en rappelait le souvenir excitait sa joie ou sa reconnaissance. Quoiqu'il fàt doué d’un esprit vif et d’une grande facilité de mémoire, il comptait beaucoup plus, pour le succès de ses études, sur l'assistance de sa divine Mère que sur ses talents naturels. À huit ans, ses parents le mirent au collége, le destinant à l’état ecclésiastique, et lui obtinrent un bénéfice. Mais sa vivacité extrême, qui mit plus d’une fois ses jours en péril, leur donnait beaucoup d’inquiétudes. Le sa.ut évêque de Genève les rassura. Il fit plus. Le jeune Olier avait reçu la tonsure pour jouir du prieuré de Clisson, mais il ne portait point la soutane. Le saint lui conseilla de la porter. Il pria même la mère de lui donner ce fils pour qu'il le formât lui-même aux vertus et à la science ecclésiastique.

Mais le saint évêque de Genève mourut dès ie 28 janvier de l'année à

à 1650 de l’èr

suivante 16 fants 1,

Le jeunc théologie en Chartreux, p outre le prie | l'abbaye de aux honneur | dication, qu ordres. « Je } beaux sermo D quence et de à savoir l’ave fréquenter le meade, Ses prodiguèrent train, deux c âme priait po

Marie de G jours d’elle-n prisable que :

David Rousse | quoiqu’elle jo son amour po | c'était son exp bits neufs, n’e } se nourrissait } profit, La vue } yeux, la port:

elle-même lui | d'imiter la très celles. dont cet tions. De peu elle évitait tout sonne de piété à baret, servant } par ses paroles qu'elle fût san, utile au bien Sp L elle y converti

LP'obhe pos L'abbé Failio

VIE. — De 1605

de plus néme pendant les-souhaie n'ai pu en isitation età espérance à a vie, il eut parait à cet

,» femme de " Dieu surla 1é à Paris le é, Quelques la messe. Le les embrassa , la mère lui

sage, mais Jonnait souui. Le saint

chose à la nes : je n'ai de votre fils.

bien de son

prévenu de tre fin à ses ssitôt il était du sacrifice ers la sainte t le souvenir : d’un esprit ucoup plus, ne Mère que t au collége, néfice. Mais 1 péril, leur nève les rasur jouir du Le saint hi r ce fils pour elésiastique.

r de l'anncé

à 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 247

suivante 1622, après avoir béni encore une fois la mère et les enfants 1,

Le jeunc Olier étudia la philosophie au collége d'Harcourt et la théologie en Sorbonne. Il eut alors quelque désir d'entrer chez les

| Chartreux, puis chez les religieux de Saint-François. Mais ses parents,

outre le prieuré de Clisson qu'it avait déjà, lui procurèrent encore l'abbaye de Pébrac et le prieuré de Bazainville. Voulant le pousser aux honneurs, ils désirèrent qu'il exerçât déjà son talent pour la pré-

| dication, quoiqu'il ne fût point encore prêtre, ni même dans les saints

ordres. « Je prêchais donc avec gentillesse, dit-il, je composais ces

| beaux sermons à la mode, tout plein de vanité, de pointes d'élo- | quence et de curiosité ; et je ne disais rien contre les mœurs du monde,

à savoir l'avarice et la superbe. » Vers ce temps, il commença donc à fréquenter les grands, et à s'engager dans les divertissements du made. Ses parents, pour lui frayer un chemin aux honneurs, lui prodiguèrent tous les moyens de paraitre avec éclat, Ilavait un grand train, deux carrosses, une maison nombreuse. Cependant une sainte âme priait pour sa conversion, c'était une marchande de vin.

Marie de Gournay, née à la Campagne, de parents obscurs, eut toujours d'elle-même l'opinion la plus basse, ne voyant rien d'aussi méprisable que sa personne dans tous les ouvrages de Dieu. Elle épousa David Rousseau, l’un des vingt et un marchands de vin de Paris ; et

| quoiqu'elle jouit alors d’une honnête aisance elle ne diminua rien de

Son amour pour la pauvreté. Regardant son corps comme un fumier,

} C'était sonexpression, elle ne pouvait souffrir de se voir revêtue d’ha-

bits neufs, n'en portait jamais que de vils et de très-communs, et ne

| S nourrissait presque que de restes, dont on n'avait pu tirer aucun | profit. La vue de son néant et de sa pelitesse, toujours présente à ses } jeux, la portait à se refuser tout; jusqu’à la moindre dépense pour } elle-même lui était inspportable, Sa grande étude fut toujours | d'imiter la très-sainte Vierge, et d’unir ses dispositions intérieures à

celles. dont cette créature incomparable accompagnait toutes ses ac-

tions. De peur d'occuper quelque place dans l'estime des hommes,

elle évitait tout ce qui aurait pu lui donner la réputation d’une personne de piété ; et, durant les vingt ans qu’elle passa dans son ca-

E baret, servant continuellement le public, elle ne témoigna jamais, ni p Par ses paroles, ni autrement, le moindre sentiment de Dieu, quoi-

qu'elle fût sans cesse unie à lui. Toutefois, elle ne laissa pas d’être

| utile au bien spirituel des personnes qui fréquentaient sa maison ; car

elle y convertit, avec les paroles les plus simples et les plus com-

! L'abbé Failion, Vie de M. Olier, Paris, 1841, 1, 1.

248 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVIL — De 1905

à 1650 de | munes, une multitude de pécheurs obstinés jusqu'alors dans le mal, médecine Enfin, son extérieur répondait tout à fait à l'idée qu'elle s’efforcait moment « de donner d'elle-même : elle n’avait rien qui la fit distinguer d'une français, : femme du bas peuple, et montrait en tout une grande simplicité dans d'étrange: ses paroles et dans sa manière d'agir. il y trouv:

Après la mort de son mari, elle voulut prendre pour elle la plus former en

pauvre chambre de sa maison, quoiqu'elle y fût exposée à un gran bruit, dont elle souffrait beaucoup. Cette créature angélique ne pou. vait s'occuper que de Dieu, qui semblait être l'aliment et le soutien de son corps, comme il était l’objet continuel de ses pensées et de toutes les affections de son âme ; elle lui demandait sans cesse, et avec une ardeur incroyable, de la retirer de ce monde, et le matin, à son réveil, elle ressentait une vive affliction de voir son exil encore prolongé. Dévorée d’une faim insatiable de la divine eucharistie, elle passait quelquefois des journées entières sans autre aliment que cette manne céleste ; et, s’il lui arrivait alors de prendre un peu de now. riture, comme deux ou trois cuillerées de bouillon, c'était toujours la hâte et en se faisant à elle-même une sorte de violence. « Dieu montre visiblement par elle son pouvoir absolu, dit M, Olier dans ses mémoires : elle n'a qu’à parler, et d’un mot elle fait ce qu'elle dit, ce qu’elle veut et ce qu’elle demande ; et cela sans extérieur, sans faste, sans geste, sans ces dehors qui persuadent et gagnent ordinairement les cœurs. Elle ne cherche rien et ne dit rien pour elle. même : c'est Dieu qui parle parelle, et qui rend sa parole si efficace, Ainsi d’un seul mot elle a fait bâtir des hôpitaux. Enfin, il faut que tout le bien qui s'opère aujourd'hui passe, en quelque sorte, par ses mains; principalement toutes les grandes entreprises qui se font dans la capitale, comme nous le voyons de nos yeux 1, »

Or, ce que cette sainte cabaretière demandait contin: -Ilementi Dieu, c'était le renouvellement du clergé, spécialement dans le faubourg Saint-Germain, qu’elle habitait. Olier avait alors vingt ans et demi. Il revenait de la foire avec quelques ecclésiastiques de ses amis, lorsqu'une pauvre femme les aborda dans la rue, et leur dit: Hélas, messieurs, que vous me donnez de peine! Il y a longtemps que je prie pour votre conversion. J'espère qu'un jour Dieu m'exacera. C'était la cabaretière Marie, que ces messieurs ne connaissaient pas encore. Ils ressentirent bientôt l'effet de ses prières. Olier éprouv des désirs passagers de rompre entièrement avec le monde et de me ner une vie parfaite. Allé à Rome pour apprendre la langue hébraïque, il est menacé de perdre la vue. N’v t:ouvant point de remède dans

1 Vie de M. Olier,t. 1, p. 355-257.

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