‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme]Chapitre 50 sur 121 · XXVIL. — Deiços À · texte numérisé non relu

XXVIL. — Deiços À

e pour le dis.

de Dieu, de sa Ce qu’il disait ort épouvante hange insensi.

l'établit même cherche à sin.

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la maison 4 ée par le capi.

réception des Augustins. Le nard, qui l’ac- 1e Ja dame dit > colère, lorsieur Bernard,

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ane prince lui NAUVAIS ; Mais geriez bientôt onnaissait pas Saint-Étienne.

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le le tirait de

Il fut exaucé, le avec beau-

aversion par-

à 1650 de l’ère chr.] LE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

faite, profita si bien de ses études, qu’il soutint des thèses de philosophie et de théologie avec un succès merveilleux, Plus tard, il se laissa entraîner par le duc d'Orléans dans son insurrection contre Louis XIIT, son frère. L'an 1634, il fut blessé à la bataille de Castelnaudary, et disparut. Suivant les uns, il mourut de ses blessures, sans que l’on connaisse le lieu de sa sépulture. Suivant les autres, ayant été pansé et guéri secrètement, il passa en Italie, se fit ermite, parcourut divers Pays sans être connu, et se retira enfin dans l'ermitage des Gardelles, à deux lieues de Saumur, où, sous le nom de frère Jean-Baptiste, il mourut en odeur de sainteté, le 24 décembre 1692 1,

Cependant le père Marnat, voyant Bernard si bien converti, lui parla d'entrer dans les saints ordres: fl résista longtemps, alléguant l'indignité de sa vie passée, son ignorance de la théologie, ses défauts sans nombre. Il finit toutefois par obéir à -son directeur, et reçut la prêtrise au noviciat des Jésuites, des mains de l’évêque de Belley, le même qui le premier l'avait sollicité de se donner à Dieu etàson Église. Il célébra sa première messe à l'Hôtel-Dieu, yinvita tous les pauvres de la ville à la place de ses parents, leur distribua tout ce dont il pouvait disposer, leur baisa humblement les pieds, et se consacra pour toujours à leur service. Le nom qui lui répugnait le plus avant sa conversion , il le choisit de préférence, et s’appela toute sa vie Ze pauvre Prêtre.

Sa paroisse, son évêché, furent dès lors les hôpitaux et les prisons de Paris. Il y allait tous les jours, servait les prisonniers et les malades, leur baisait les pieds et les consolait par ses discours. Avant sa Conversion, la seule odeur d’un hôpital lui faisait bondir le cœur, Il sut vaincre cette répugnance naturelle, Un jour, visitant la salle des malades, il en aperçoit un à l'écart, qui avait l'air d’un cadavre pourri. Il le regarue fixement, mais le cœur lui soulève. Il se souvient alors de la glorieuse victoire que sainte Catherine de Sienne ét saint François-Xavier remportèrent en pareille occasion. Poussé d'un ardent désir de les imiter, il s’approche du malheureux, lui baise ses plaies sanglantes et en aspire la pourriture. A l'instant

même il ressent une odeur si Suave, un parfum si doux, que plusieurs

| jours après il en était encore tout embaumé.

Ce qu'il faisait à l'Hôtel-Dieu, il le faisait à l'hôpital de la Charité, où étaient les blessés. Il les pansait de ses propres mains, et les Charmait par de douces paroles. Deux fois par semaine, le mercredi et le samedi, ii leur faisait une exhortation Commune dans la grande

1 Michaud, Biographie universelle, t. 30, Maret.

256 HISTOIRE UNIVERSELLE [(Liv.LXXXVII. — De 1605

salle. Bientôt des personnes de dehors y venaient pour l'entendre. On vit un jour jusqu’à quinze carrosses dans la cour de l'hôpital. Les uns venaient l'entendre par dévotion, les autres par curiosité et pour rire. Plus d’un le traita de fou, disant qu’on devait lui interdire Ja parole. Mais, parmi ceux qui commencèrent par se moquer, la plupart finirent par se convertir tout de bon. De ce nombre fut Thomas Legauffre, son successeur dans ses bonnes œuvres et son premier biographe. « J'y allais, dit-il, pour m'en rire comme les autres; et en deux ou trois de ses prédications je me suis senti plus touché que je n'avais été toute ma vie. » Il ajoute : « Un jour, après avoir entendu son exhortation, je l’allai voir à sa chambre, qui était toujours pleine de monde. Le voyant d’assez belle humeur, je dis tout haut : Ce que j'estime de notre père Bernard, c’est qu’il est autant réjoui que s’il avait bien fait. Cette liberté le contenta si fort, qu'il me répondit sur-le-champ : J'aime mon enfant Legauffre par-dessus tous les autres, car je n’en vois point qui me dise si franchement mes vérités que lui. Et là-dessus il me vint embrasser 1, » Six mois avant sa mort, Bernard lui dit : « Notre enfant, il y a bien des nouvelles. Vous serez mon successeur. Notre bon maître l'a ainsi résolu, J'en ai entretenu le père Marnat, qui s’est bien moqué de moi et m'a dit que c'était de mes imaginations ordinaires, et qu’il n’y avai point d'apparence, pour deux raisons : l'une, que vous étiez trop sage pour succéder à un fou ; l’autre, que vous étiez trop riche pour prendre la place du pauvre Prêtre. Mais, quoique sa réponse m'eit un peu ébranlé et fait concevoir de la difficulté en cette affaire, je lui ai pourtant répondu que je parlais avec assurance.» Thomas Legautfre ressentit une joie inexprimable, et assura Bernard de son entier dévouement par une lettre qu'il a insérée dans le trente-deuxième chapitre de sa Vie.

Un jour que Bernard prêchait à la Charité, il quitta la suite de son discours et dit à ses auditeurs : « Préparez-vous, mes enfants, à voir un grand serviteur de Dieu. C’est un exemple de ce siècle ; après lui, vous n’aurez plus rien à voir. Il n’est pas loin, vous le verrez bientôt, il approche, je le sais de bonne part, il fera plus par son exemple que je ne pourrais faire par mes paroles : sa conversion miraculeuse est capable de convaincre les plus débauchés de ce siècle. Voyez-le hardiment, il est près d’ici. » Ni lui ni ceux qui l'écoutaient ne savaient ce qu’il voulait dire. Un moment après, on vint le

1 La Vie de Claude Berrarû dit le pauvre Prétre. Fait et composé par son sut: cesseur Thomas Legauffre, prêtre, conseiller du roi, et maître ordinaire en « chambre des comptes, Paris, 1642. Ch. 9.

à 1650 de l”

prier d'alle chemin pa voulait dire de plus bel faut plus c lait encore, au parleme Voici de même à un nirà ma rer unesoutane si je saurai le pauvre P D avait à faire } m'a dit qui pris de ce d plus sage qu Oui, c’est n } disant, je st L de vous voi } depuis qu'il | possédait les Bernard p:

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\Vie de Claud,

VIE, — De 1605

r l’entendre, l'hôpital. Les osité et pour | interdire Ja quer, la plubre fut Thoet son pre.

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D avait à faire avec lui, Je viens, dit-il, | m'a dit qu’il était homme de bien et un peu fou. Me trouvant sur-

} Christ, que je sortis du } Turc. J'avais appris qu’un chiaoux du Grand Seigneur était à Vienne | Pour négocier quelques affaires avec l’empereur : je fis diligence afin de l'accompagner à son retour; mais l’infinie miséricorde de Dieu

L ndisposa autrement, quoique ma malice l'eût de nouveau horrible- } ment méprisée,

à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 257

prier d'aller voir un malade près des Chartreux. Il fut rencontré en chemin par des dames en carrosse, qui lui demandèrent ce qu'il leur voulait dire de cet homme qu'il n’avait point nommé. I! recommenca de plus belle : C’est un homme » C’est un homme; après lui il n’en faut plus chercher ; il n'est Pas loin, vous le verrez bientôt1, I] parlait encore, quand arriva un gentilhomme de Bretagne, au parlement de Rennes, mais alors prêtre.

Voici de quelle manière Bernard Conta cette aventure ce jour-Ià même à un ami : « Comme j'allais du côté des Chartreux, j'ai vu venir à ma rencontre un homme à pied, tout couvert de Poussière, avec unesoutane retroussée, d’une assez mauvaise mine, qui m’a demandé si je saurais lui dire où loge un certain M. Bernard, autrement dit le pauvre Prêtre. Je lui ai demandé s'il le connaissait, et ce qu'il

pour le connaître, parce qu'on

conseiller

pris de ce discours : Je ne sais » lui ai-je répondu, si vous êtes guère

D plus sage que lui. Peut-être est-ce Vous, continua-t-il, à qui je parle ? | Oui, c'est moi, dis-je : là-dessus il m'a étroitement embrassé, me

disant, je suis Quériolet ; je viens exprès pour avoir la consolation de vous voir. J'en ai fait de même, le connaissant par sa réputation

| depuis qu’il a été converti à Loudun par le ministère du démon qui | possédait les religieuses 2, »

Bernard présenta M. de Quériolet à saint Vincent de Paul, au père

| de Condren et aux ecclésiastiques de la petite société dont M. Olier | était membre, L'un d'eux, M. du Ferrier, ! Mémoires l’histoire abrégée que M. de Quériolet leur fit de sa vie et } de sa conversion : « Vous resterez d’accord, messieurs | CU Connaissance de mes crimes effroyables, que je suis un exemple à de la plus extraordinaire miséricorde de Dieu, J'ai passé ma vie | jusqu’à l'âge de trente-cinq ans dans la pratique de toutes sortes d'a- | bominations, et dans la profanation des sacrements que je recevais | Pour paraître catholique et vertueux. Après quelques années, je me

rapporte ainsi dans ses

» après avoir

lrouvai saisi d’une haine si étrange contre la personne de Jésus-

royaume pour aller à Constantinople me faire

Comme je vais vous dire, Traversant une forêt d’Al-

lmagne, je tombai la nuit entre les mains de voleurs qui tuèrent d’a-

! Vie de Claude Bernard, ch, 34, = * Faillon, Vie de Olier, t.1, p. 234. XXV. 17

258 HISTOIRE UNIVERSELLE {Liv.LXXX VII. — De 1605

bord deux hommes que je menais ; me voyant moi-même couvert de leurs feux, je fis alors le vœu d'aller à Notre-Dame-de-Liesse, si Dieu me garantissait de ce danger, Il m'a garanti en effet. Mais, hélas! je continuai mca impie résclution, et me hâtai pour joindre k chiaoux, que je ne trouvai plus à Vienne. Dans l'espérance de l'atteindre, car il n’y avait qu'un jour qu'il était parti, je pris un bateau sur le Danube, et le suivis jusqu’à la frontière de Hongrie, où on m'arrêta, ne in'étant point muni de passe-port.

« Je descendis à Venise, à cause des commodités fréquentes qu'on y rencontre pour Constantinople, et je m'enrôlai pour soldat de cette république dans la garnison de Malamoque, d’où partent les vaisseaux. Mais Dieu permit que, durant six semaines, il n’en sortit aucun du port, et, dans l’ennui où j'en étais, je quittai la garnison sans congé pour revenir en France , nc considérant pas le péril que je courais en désertant. Lorsque je fus à Paris, on m’apprit la mort de mon père, que l’affliction de mon malheureux voyage avait sans doute avancée. Alors je me fis huguenot par intérêt; et comme je n'avais aucune religion, et que ma famille m'offrait des avantages pour me ramener à l'Église, je me refis aussi catholique. Je continuai mes communions sacriléges avec une débauche épouvantable, L’excès du vin, quoique je ne m’enivrasse pas, me jetait aussi dans une humeur si fâcheuse que j'eus beaucoup de querelles ; j'avais une soif continuelle du sang humain, et je tuai plusieurs personnes en rencontre et en duel; et, pour me mettre à couvert de la justice, j'achetai une charge de conseiller au parlement de Rennes, quoique je n’eusse aucune connaissance du droit.

« Pendant ces désordres abominables, Dieu me préserva deux fois de la mort; mais je n’en devenais que plus furieux et plus impie Ainsi, dans l’une de ces circonstances, après d'horribles blasphèmes que j'avais vomis contre Dieu, la foudre tomba sur ma chambre pendant que je dormais, et en emporta le couvert et le plancher, et même le ciel de mon lit, en sorte que je me sentis couvert d’une ondée de pluie qui accompagna le tonnerre - je me mis à blasphémer de nouveau, défiant le tonnerre et celui qui l'avait lancé. Il me revint cependant quelques remords, et j’eus la pensée de me convertir; j'al: lai même prier les Chartreux de me recevoir dans leur ordre; mais le troisième jour, je les quittai sans leur dire adieu ; et dès lors je devins absolument athée, étant persuadé qu’il n’y avait ni Dieu, ni paradis, ni enfer, ni démons. »

M. de Quériolet en était venu à cette affreuse extrémité lorsqu'il se rendit à Loudun. Dans le voyage, il avait entendu parler des possessions de cette ville, qu'il regardait, selon son expression, comme des

supercher démons; € comédie. ] et le conve l'exorcism vers lui, le : froyables 1 L près avoir } miséricord } infinité de | mainsce m | Dame-de-] | fût indigne ) Ce reprec | jamais par!

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à afin d'obteni à de son esprit à vint à Renne } rigueur de se } ne jamais res | par jour, et 1 } midi jusqu'a | de qui le pau ' chaine arrivé:

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(X VIT. — De 1605

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Mais, hélas!

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dre; mais le s lors je dei Dieu, ni pa-

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L infinité de bien plus horribles, et de ce qu'il lui ava

| mains ce misérable, ce blasphémateur, cet athée, lorsqu'il fit à Notre- | Dame-de-Liesse ce vœu qu'il n'avait

| fût indigne des bienfaits de cette Vierge.

| la face contre terre » il donna un libre cours à se | naitre la nature de son mal. Après avoir

} le lendemain sa confession générale; et com

| revêtit lui-même de l’habit d'un Pauvre, et fit tout

| Liesse, il alla de la même manière à la S à afin d'obtenir, par l’intercession de sain

& de son esprit de pénitence et de son amour pour Jésus-Christ, Il re-

| 'igueur de sa pénitence et de ses humiliations, E ne jamais regarder que la terre, faisant huit ou

} par jour, et ne prenant Presque aucune nourriture depuis le jeudi à | midi jusqu’au dimanche à Ja même heure 1

à faisait dans les prisons pour les détenus

; "ment pour ceux qui étaient condamnés à mort, Il s’attachait de | D'éférence aux plus désespérés,

à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 250

supercheries de bohémiennes, ne croyant pas même à l'existence des démons; et il y alla, par amusement, comme s’il füt allé à une vraie comédie. Mais la miséricorde divine l'y conduisait pour le terrasser et le convertir. Il s'était approché de très-près, afin d’être témoin de

l'exorcisme , lorsque la possédée, qu’on exorcisait alors, se tournant

» vers lui, le démon, par la bouche de cette fille, se mit à vomir d’ef- | froyables blasphèmes contre Dieu, l’accusant d'injustice, de ce D près avoir réprouvé tant d'anges pour un seul péché,

qu'ail voulait faire it commis une it arraché des

miséricorde au plus méchant des hommes, qui en ava

jamais accompli, et quoiqu'il

Ce reproche d’avoir violé un vœu, dont M. de Quériolet n'avait

| jamais parlé à personne, plus formidable que la foudre, brisa sur- L le-champ la dureté jusqu'alors invincible de ce cœur, Abîmé dans

un océan d'amertume, il &agna une chapelle voisine, et là ; tombant S pleurs. On crut mais ses larmes firent con-

passé la nuit prosterné sur le pavé de sa chambre, en l’arrosant sans cesse de ses larmes, il fit

qu'il était malade, on voulut le relever,

mençant sa nouvelle vie par le pèlerinage voué à Notre-Dame-de-Liesse, il renvoya d’abord

ses domestiques, donna aux Pauvres fout ce qu’il avait avec lui, se le voyage nu-pieds, nu-tête, demandant l’aumône et pleurant sans cesse ses péchés. De ainte-Baume, en Provence, te Madeleine, quelque part

> et demeura jusqu’à la mort dans la s'étant condamné à dix heures d'oraison

.» Tel était cet homme,

de qui le pauvre Prêtre, par inspiration prophétique, annonça la pro-

| chaine arrivée à ses auditeurs de la Charité.

Ce que Bernard faisait dans les hôpitaux pour les malades, il le

et les criminels, particuliè-

On eût dit une mère ui les enfantait

1 Vie de Claude Bernard, p. 234-937.

avec douleur à la vie éternelle. Il leur parlait avec douceur, humi. lité, tendresse ; leur baisait les mains et les pieds : leurs rebuffades, car il en essuya plus d'une, ne faisaient que redoubler sa compassion, Il travaillait surtout à leur inspirer la confiance en la miséricorde di. vine. Sa grande ressource “lait l'intercession de la sainte Vierge. |} lui adressait fréquemment cette 1n vocation de saint Bernard : Memo. rare, 0 piissima Virgo Maria, non esse auditum à sæculo, ete. A enga. geait les criminels à la réciter avec lui. Pour cela, il l'avait fait traduire en beavcoup de langues, et en distribuait des exemplaires partout, En disant cette prière, les cœurs les plus durs s’amollissaient, Une fois cependant, au fond d’un cachot, un br'gand condamné à mort refusa obstinément de la dire. Le pauvre Prêtre, voyant le péril ex. trême de cette âme, lui dit tout à coup : Eh bien, si tu ne veux pas la dire, tu la mangeras! et il la lui mettait dans la bouche. Comme le criminel avait les fers aux mains et aux pieds, il consentit enfin à dire la prière, pour se débarrasser de cette espèce de violence, À peine l’eut-il fait, qu'il fondit en larmes et s’écria : O père Bernard! vous souvenez-vous d'avoir dit à un religieux de tel couvent, que vous rencontrâtes dans le cloître : Mon frère, ayez bonne confiance, la sainte Vierge vous sauvera? C'est moi, malheureux ! Devenu apostat, j'ai commis tous les crimes! — Et il fit sa confession, etil publia les miséricordes de Diet et de la sainte Vierge jusque sur l'échafaud.

Bernard connaissait l'efficacité miraculeuse du Memorare par un grand nombre de guérisons et corporelles et spirituelles, obtenues et pour lui-même et pour d’autres personnes, comme il l’atteste dans une lettre à la reine de France, Anne d'Autriche, à laquelleil avait annoncé qu'elle aurait un fils, qui fut Louis XIV 1, Car, chose remarquable, le pauvre Prêtre, qui passait son temps avec les pauvres, avec les malades, avec les prisonniers, avec les galériens, était souhaité et chéri à la cour et dans le grand monde. Le cardinal de Richelieu l’entretenait volontiers, le consultait même, Un jour, c grand ministre le pressa de lui dire quel service il pourrait lui rendre. Le pauvre Prêtre, après y avoir pensé, pria son Eminence de vouloir bien faire raccommoder la charrette qui conduisaitles criminels à la potence, attendu que deux planches mal aflermies les empêchaient de se préparer tranquillement à la mort. Le même cardinal lui ayant donné une abbaye au diocèse de Soissons, le pauvre Prêtre V'en remercia par une lettre que son premier biographe nous a conservée. Sa principale raison est qu'il voulait rester pauvre €

i Vie de Ciaude Bernard, ch. 29.

(Liv. LXXXVIL, — De 160$

à1650 de l'è

avec ses pi peler cette deson carr la fête de 5.

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} La conver | s'invitaient l } pense, qui é ques, des sei L les charmait amis allaient le 23 mars 4.

D le Séminaire

L que Jésus-Ch proprement « L'œuvre de spéciale de de leur congréga Pierre de } Champagne. | | l'âge de sept » quelle il avait : et leur conser:

: 1596 ces relig : rendit tous les } leur rétablisse:

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D ‘Vie de Claua Pérulle, par Gern

XVIL, — De 1605

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e veux pas /e e. Comme le entit enfin à e violence, À ère Bernard!

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w'are par un es, obtenues e il l’atteste

à laquelle il 1, Car, chose avec les paulériens, était > cardinal de Un jour, œ rrait lui ren- Éminence de sait les crimiuiies les emmême cardins, le pauvre >graphe nous er pauvre el

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D ‘Vie de Claude Bernard, ch. 29, — 2 Ibid. eh 26

41650 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

avec ses pauvres de Paris. La Providence avait eu soin de lui r peler cette vacation, Un jour, ayant hérité d'un oncle, il se de son carrosse et de sa livrée pour aller dire la messe aux la fête de saint François de Paul. Contre l'ordinaire, il fut traité avec indifférence, on ne lui donna que des ornements médiocres, et on ne l'invita point à dîner avec la communauté, II se rendit avec son équipage chez l'archevêque, qui était à table, et qui lui offrait à peine la dernière place, encore vacante. Cette indifférence inaccoutumée fait rentrer Bernard en lui-même. Il quitte la compagnie, renvoie son carrosse, proteste qu'il n’en aura plus jamais, et qu’il mènera toujours la vie d’un pauvre prêtre, Puis, remontant à la salle et reprenant sa gaieté ordinaire, il conte tout haut son aventure, est le premier à en rire, et trouve tout le monde changé à son égard. Car, autant on s’était montré froid, autant on le combla de caresses 1,

La conversation du pauvre Prêtre était Si agréable, que les amis en prenant sur eux la désouvent à ces agapes des évédes ambassadeurs même. Bernard

sa belle humeur, Après le repas, ses amis allaient visiter les prisons 2, Trois ans avant sa mort, qui arriva

le 23 mars 1644, il avait londé, en faveur des Pauvres séminaristes, ommé ‘es trente-trois années re. C'était moins un séminaire Proprement dit qu'une pension gratuite pour de pauvres étudiants. L'œuvre des vrais séminaires paraissait devoir être la vocation spéciale de deux hommes, les pères de Bérulle et de Condren, et de leur congrégation, celle de l'Oratoire.

Pierre de Bérulle naquit, l'an 1575,

apservit Minimes, à

pense, qui était réglée, On vit bi.

ques, des seigneurs, des princes,

d’une ancienne famille de , il fit vœu de virginité à nne, à la-

quelle il avait une dévotion particulière. Il fut élevé chez les Jésuites,

| ct leur conserva toute sa vie un attachement inviolable. Lorsqu'en : 1596 ces religieux furent bannis de la cour et de la France, il leur L rendit tous les services d'un ami di ué à leur rétablissement. Eux, de leur côté L confiance, qu’ils lui envoyèrent un pouvoir d'examiner et de re

» tcontribua puissamment à * avaient en lui une si grande

Voir ceux qui se présenteraient pour entrer dans leur compagnie,

Sans qu'ils fussentsujets à d'autre examen %, Ordonné prêtre l'an 1599, il ft l'année suivante une retraite chez les jésuites de Verdun, pour

BB, 00, == 5 Vie du cardinal de üérulle, par Germain Hubert, Paris, 1646, 1. 1, ch, 6,

262 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVIL. = De 160$

consulter Dieu sur sa vocation spéciale; car il se sentait de l'inclina. tion pour l'état religieux. Le père provincial qu’il avait pris pour directeur de sa retraite lui donna cet avis : Je ne sais pas quel peut être le conseil de Dieu sur votre âme, mais il ne vous appelle pas à la compagnie. Bérulle n'entra donc point chez les Jésuites, mais de. meura prêtre séculier, s'employant avec succès, comme il avait déjà fait avant sa prêtrise, à la conversion des hérétiques. Il écrivit à cette fin, vers l'an 1609, trois traités de controverse : l’un de la Mission des pasteurs, l'autre du Sacrifice de la messe, le troisième de la sainte Eucharistie. Il dirigeait en même temps plusieurs âmes pieuses, entre autres madame Accarie, depuis la bienheureuse Marie de l'Incarnation, qu'il seconda puissamment pour l'établissement des Carmélites en France. Il fit même le voyage d'Espagne pour en amener une colonie, dont quelques-unes avaient été formées par sainte Thérèse.

La bienheureuse Marie de l’Incarnation pressa M. de Bérulle, pendant bien des années, de former une congrégation dont le but principal füt de former aux évêques de bons curés et de bons vicaires, Bérulle ne consentit à se charger de cette œuvre qu'au bout dedix ans et sur l'ordre de l’archevêque de Paris. Il établit donc le 41 novembre 1611 la congrégation de l'Oratoire, qui ne se composa d'a bord que de six personnes, Lui-même en expose ainsi le but, notamment dans un mémoire à l'archevêque : « Comme Dieu a joint au Saint-Siége une société, qui est celle des révérends Pères Jésuites, la congrégation de l'Oratoire sera jointe aux évêques, conformément l'obéissance qu'on leur promet en recevant la prètrise. La fonction principale de cette congrégation sera l'instruction ou l'institution, non pas de la jeunesse, mais des prêtres et de ceux qui sont appelés au sacerdoce : institution non pas dans la science, mais dans les vertus et les fonctions ecclésiastiques 1, »

Ces paroles sont à remarquer; car nous verrons les Oratoriens de France oublier bientôt cette première et principale vocation que Dieu leur avait donnée, et s’en donner eux-mêmes une autre, précisément celle qu'ils avaient d'abord exclue : nous les verrons négliger bientôt l'éducation du clergé dans des séminaires, pour s'adresser principalement à l'instruction de la jeunesse dans des colléges, concurremment avec les Jésuites. Par suite de cette infidélité, nous les verrons devenir une pierre de scandale dans la sainte Église de Dieu: leçon terrible pour toutes les sociétés ecclésiastiques de demeurer fidèles à leur première et principale vocation.

4 Vie du cardinal de Bérulle, 1, 9, ch, 2.

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Bérulle, penit le but prinbons vicaires, 1 bout dedix nc le 41 no- COMmposa d'a si le but, no- Jieu a joint au es Jésuites, la iformément à . La fonction 1 l'institution, | sont appelés nais dans les

Oratoriens de tion que Dieu utre, précisé.

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de demeurer

41650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,

M. de Bérulle ne vi point cette prompte dégénération de son £'ablissement, Employé par la cour dans les affaires politiques et nommé cardinal en 1627, il mourut le 2 octobre 1629, en disant la sainte messe, Son séccesseur, comme supérieur général, fut Charles de Condren, né d'une famille noble, près de Soissons, l’an 1588. C’était un ecclésiastique très-pieux, très-savant, très-humble, digne ami et confident de tous les saints personnages de son temps. Élu unanimement supérieur de l’Oratoire. Il n'accepta que par obéissance et pour un an. L'année expirée, il prit la fuite et envoya sa démission ; mais les chefs de l'institut, réunis en assemblées, refusèrent d'ouvrir sa lettre, et il fut décidé par un statut que, tant que le père de Condren vivrait, on ne procéderait à aucune nouvelle élection. Il fut enfin découvert dans sa retraite, et obligé de reprendre sa place. Il mourut le 7 janvier 4641. En 1643, nous verrons sortir de l'Oratoire le père Eudes, pour former une autre congrégation qui conservât mieux l'esprit de Bérulle et de Condren.

Ces deux vertueux prêtres, sentant peut-être que leur propre congrégation manquerait à l'œuvre des séminaires, y formaient d’autres ecclésiastiques, entre lesquels Vincent de Paul, M. Olier et ses amis. Ce fut à cette fin que le père de Condren empêcha M. Olier d'accepter l'épiscopat. Dieu a d’autres desseins sur vous, lui disait-il quelquefois; ils ne sont pas si éclatants ni si honorables que l'épiscopat, mais ils seront plus utiles à l'Église. Le pieux directeur portait son disciple à une grande dévotion envers le Saint-Sacrement etenvers la sainte Vierge, et résuma l'esprit de ses instructions dans cette prière : Venez, Seigneur Jésus, et vivez en votre serviteur dans la plénitude de votre force, dans la perfection de vos voies, dans la sainteté de votre esprit, et dominez sur toute puissance ennemie dans la vertu de votre esprit, à la gloire de votre Père. En attendant, M. Olier, accompagné de ses amis, faisait des missions en différentes provinces. Le père de Condren ne s’expliqua sur leur vocation spéciale que peu de jours avant sa mort. « Étant donc seuls, dit l’un d'eux, il commença à me parler ; etaprès m'avoir montré que le fruit des missions, quoique excellent, se perd, s’il n’est conservé par de bons ecclésiastiques, parce qu'il n’est que passager, il conclut qu'il fallait nécessairement travailler à en former dans l'Église, sans compter sur ceux qui sont déjà avancés en âge et promus aux ordres sans préparation, parcequ'il n'arrivait presque jamais qu'un mauvais prêtre se convertit. C’est donc, ajouta-t-il, une raison qui doit nous convaincre de la nécessité d’é-

lever les jeunes gens dans l'esprit clérical : ce qui ne peut se faire que dans des séminaires, comme le concile de Trente nous l’a saintement montré, Sur cela, je lui exposai des difiicultés qu’on croyait alors

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ppm cr à À a TT TP D

261 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXVIL. — De 1605

insurmontables, et lui rappelai la persuasion où chacun étaitqu'inu. tilement on travaillerait à établir des séminaires, après qu’on avait vu depuis plus de soixante ans que ceux de Toulouse, de Bordeaux, de Rouen, n'avaient pu réussir, nonobstant les soins des cardinaux de Joyeuse et de Sourdis. 11 me fit voir qu'on se trompait; qu'il n'y avait rien de plus aisé que d’en établir utilement, pourvu qu’on n’y reçût que dés jeunes gens avancés en âge, et dont le jugement, déjà formé, püt faire juger, après les avoir éprouvés quelque temps, s'ils étaient appelés au service de l'autel. Il s'étendit beaucoup làdessus, en donnant courage pour attendre le secours que Dieu donnerait indubitablement à cette œuvre. Il ajouta même qu’il ne fallait point perdre de temps pour commencer, parce que l'esprit malin ne Manquerait pas de faire naître des divisions et des troubles pour empêcher de former d£ bons ecclésiastiques. Nous étions alors dans nne grande tranquillité, et on ne parlait point encore de ces opinions qui ont jeté depuis la division, avec un dommage extrême dans l’Église, Il m'avertit enfin de ne prendre aucun parti que celui du Pape, et d'éviter les combats de paroles et les contentions, selon la recom- Mañdation de saint Paul 1,» Avant de mourir, ce bon prêtre parut affligé des maux que l’hérésie du Jansénisme devait causer à l’Église: « Ce qui me fait gémir, dit-il à ses pères réunis, c’est le schisme que je prévois, et qui paraîtra dans deux ans. » Prédiction que l’événement justifia à la letire 2, Le père de Condren apparut à M. Olier dans une gloire et dans une lumière immenses, lui disant qu’il l'avait laissé héritier de son esprit, avec deux autres qu’il lui nomma à,

M. Olier avait déjà reçu d’autres avertissements extraordinaires sur sa vocation spéciale à l'œuvre des séminaires en France. L'an 1634, comme il faisait des missions en Auvergne, il eut occasion de voir une sainte religieuse du pays, que de nos jours le pape Pie VII a déclarée vénérable, par un décret du 47 mars 1808. C'était la mère Agnès de Jésus, prieure du couvent de Sainte-Catherine de Langeac, ordre de Saint-Dominique, à quatre lieues de Brioude. Dès qu'i l'eut envisagée, M. Olier ni dit sur-le-champ : Ma mère, je vous ai vue ailleurs. Agnès lui répondit : Cela est vrai, vous m'avez vue deux fois à Paris, où je vous ai apparu dans votre retraite à Saint-Lazare, parce que j'avais reçu de la sainte Vierge l'ordre de prier pour votre conversion, Dieu vous ayant destiné à jeter les premiers fondements des séminaires du royaume de France. Effectivement, Olier se rappelait très-bien de l'avoir vue deux fois en en 1631, trois ans aupara-

1 Faillon, Vie de M. Olier, t. 1, p.273 et 274, — ? Jbid., p. 275. — 8 Ibid, P. ‘où.

à 1650 de l’è

» vant. Dans D dans la sec D de quel ord ‘4 dans la mè D Le 19 octob ! dernières a Ë pour l'étab > Ce grand À vier 1649, 1 D deux amis, À ments, le s 1 s'étant bien à démission, « D Caulet quitt:

} vint évêque D jansénisme, à L'abbé du F L trois premier } hérésie. L’al M Vincent de à Jure, les Bé : gèrent puisse E de sa compa D Mais la pe } ment fut san L pris à connaît È que cette pat } d'une conditi D le conseil et 1 } leur extractio A Les princesse dent à ses pri.

D chesse d'Orlé:

| guillon et d’ À dames se tien:

D condition qui } d'âmes saintes D ls voies qu’e } d'hommes ap auprès d'elle ;

? Faillon, Vie c

XVIT. — De 1605

à étaitqu'inu- >s qu’on avait de Bordeaux, les cardinaux ait; qu'il n’y vu qu'on n’y gement, déjà elque temps, beaucoup làue Dieu donu’il ne fallait prit malin ne les pour emors dans nne Opinions qui lans l’Église, du Pape, et nn la recomprêtre parut er à l'Église:

schisme que que l'événet à M. Olier t qu’il l'avait omma à, rdinaires sur . L'an 1634, sion de voir ie VIT a déait la mère de Langeac, >. Dès qu'il >, Je vous ai ez vue deux aint-Lazare, * pour votre fondements lier se rapins aupara-

5, — 8 Ibid,

| à 1650 de l’ère chr.]

} vant. Dans la première apparition, il crut que c'était la sainte Vierge ;

D dans la seconde, il jugea que c'était une religieuse, mais sans savoir

D de quel ordre ni de quel pays. Ce ne fut qu’en 1634 qu’il la reconnut

É! dans la mère Agnès de Langeac, qui mourut D le 19 octobre de la même année 1634, L dernières années de sa vie aux prières,

» pour l'établiss

en odeur de sainteté après avoir consacré les trois aux austérités et aux larmes

ement des séminaires en France 1,

Ce grand œuvre ne commença définitivement qu’au mois de jan-

: vint évêque de Pamiers, D jansénisme, et finit par

À vier 1642, lorsque l'abbé Olier se retira au D deux amis, les abbés de Caulet et du Ferrier. } ments, le supérieur des trois était l'abbé de D s'étant bientôt accru jusqu'à vingt, ce premier supérieur donna sa À démission, et on élut unanimement M. Olier à sa place. L'abbé de | Caulet quitta depuis la société dont il avait été le premier chef, decombattit longtemps avec zèle l’hérésie du s’en laisser infecter jusqu’à la moelle des os. à L'abbé du Ferrier quitta également la société dont il avait été un des

village de Vaugirard avec Dans les premiers mo- Caulet. Leur nombre

L trois premiers membres, et se laissa également infecter de la nouvelle

hérésie. L'abbé Olier eut toujours El Vincent de Paul, Adrien Bourdoise, les Jésuites Hayneuve et saint à Jure, les Bénédictins Tar } gtrent puissamment dans les difficultés Ê de sa compagnie et de son premier séminaire. D Mais la personne du monde

: ment fut sans contredit la saint

madame la pr

isse et Bataille.

Pour amis et pour conseils saint

Ces dignes amis l’encouraqu'éprouva l'établissement

qui contribua le plus à cet établisse-

e cabaretière que déjà nous avons ap-

| pris à connaître, Marie de Gournay, veuve de David Rousseau. « Quoi- È que cette pauvre femme, dit M. Olier, soit d'une basse naissance, et | d'une condition qu’on a presque honte E le conseil et la lumière des personnes L leur extraction, et des âmes A Les princesses elles-mêmes ont D dent à ses prières leurs affaires D chesse d'Orléans, L guillon et d'Elbeuf, la maréch ! dames se tienne

de nommer, elle est toutefois de Paris les plus illustres par

les plus élevées en vertus et en grâce.

recours à ses conseils, et recommanles plus importantes. Madame la duincesse de Condé, les duchesses d’Aiale de la Châtre et plusieurs autres

nt heureuses de la voir; j'ai vu une dame de pareille

D condition qui n'osait même s'approcher d'elle, Je ne connais point | d'âmes saintes qui ne s’estiment heureuses d'apprendre de sa bouche

L les voies qu’elles doivent s à d'hommes apostoliques, auprès d'elle; et je n’en

de mi

uivre pour aller à Dieu: il n'y à point

ssionnaires, qui n’aillent s’instruire

vois pas un qui n’en sorte extrêmement

1! Faillon, Vie de M. Olier, t, 1,1. 2 et 8.

ee

mr ES ER A |

266 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVIL, — Des à 1650 de | édifié. Le père Eudes, ce grand prédicateur, la merveille de notre BA laissé et

siècle, est venu la consulter souvent ; le père de Condren, géné] MN comme u de l'Oratoire, l'avait vue et consultée pour lui-même. Mademoi. soutenait selle Manse, que Dieu a suscitée pour aller aider à la fondation de lé MN j'apparter glise du Canada, n’a entrepris ce dessein qu'après avoir reçu l'a. À rard,et probation de cette sainte femme, et ne l’a exécuté que par ses conseils MN ciens don et par déférence à ses lumières. C’est elle qui conseille et dirige M neui poir M. du Coudray, suscité visiblement de Dieu pour jes missions du MN anciens co Levant et pour la défense de l'Église contre les Turcs ; elle l’avertit A les pria cl de tout ce qu’il doit faire, et tout s’avance par ses avis avec un suce DR surant qu’ merveilleux. C’est elle encore qui sert de guide à l’homme que Dieu M Etce fut e a choisi pour l'établissement de l'église du Canada, M. le Royer de MR de leurs p la Dauversière; quoique ce grand serviteur de Dieu soit très-éclais } prières, se dans les choses qui concernent sa mission, il regarde comme une BR d'autres p grâce signalée de converser avec elle, et de recevoir ses conseils sx À ) élions de } les affaires les plus importantes de ce pays. Ainsi en est-il de dom MR sans paster Jacques, Chartreux, comparable par son zèle à Élie, et qui ose bien DR Clara sa vo attaquer les plus puissants du siècle, pour leur reprocher en face leurs MR offrait 1, vices et leur orgueil ; il se tient heureux de lui exposer ses desseins, M Un soutie et les poursuit avec une nouvelle ardeur, que cette sainte femme a le D leseconder pouvoir d’exciter ou de modérer par ses paroles. Un conseiller d'État | célèbre arc suit en tout ses conseils pour la cause de Dieu, et par ses avisila D autrement « procuré de grands biens à l'Église. C'est à la persuasion de cette M signe ordine sainte femme que M. le chancelier travaille avec tant de zèle à M Leglay, et é l'extirpation de l’hérésie, au soutien de l'Église et à la gloire de h } famine qui : religion. Je passe sous silence non-seulement beaucoup d'ecclésias- } Suédois et c tiques de la condition du père de Condren et du père Eudes, mais un artisan d des personnes de tout état ; je parle des plus considérables de Paris: D Jéa un si gr je les connais et je les vois, mais leur réputation m'empêche de les À personnes d nommer. Quand on voit ces serviteurs de Dieu et ces hommes apo- à lique, pour Stoliques, que lieu donne maintenant à l'église de France, venir con- v} tes et de d sulter cette sainte âme et se faire comme un devoir de suivre ss D toujours une avis, on croirait voir la très-sainte Vierge, qui gouvernait autrefois l'E: À Les hommes glise, et conduisait tous les apôtres après l'ascension du Sauveur !» à suller comm

Dieu avait éprouvé l'abbé Olier de plus d’une manière, jusqu'à je bligea, comn lui retirer l'usage de ses dons naturels et surnaturels, en sorte qu'on M. Legauffre le vit demeurer muet lorsqu'il voulait exhorter les peuples. Ses à 5 Œuvres d propres amis en eurent honte, et le quittèrent. I n’y eat que la sainte 4 plus extraorc cabaretière à se prononcer toujours en sa faveur. Lui-même nous de Dieu, et c l’apprend. Lorsque durant mes peines, dit-il, j'étais abandonné, dé- À âme, que, da

1 Vie deM, Olier, t, 1, 1, 8, D “Viedex, 0

XX VIL, — De 1605

veille de notre ndren, générl me. Mademoi.

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voir reçu l'ap.

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1 Sauveur !,»

nière, jusqu'à n sorte qu'on peuples. Ses que la sainte -méême nous andonné, dé-

D jeta un si grand éclat par

| ses œuvres de Charité, Ce fut

à 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

laissé et bafoué de tout le monde; lorsque chacun me regardait comme un homme qui avait perdu l’esprit et un réprouvé, elle seule soutenait que je n'étais pas ce qu'on prétendait ; elle croyait que j'appartenais à Dieu. Mais après la retraite de l'abbé Olier à Vaugirard, et lorsqu'elle vit que Dieu avait rendu à son serviteur ses anciens dons, et lui en avait même communiqué de nouveaux, elle n'eui point de repos qu’elle n’eût enfin détrompé, à son sujet, les anciens compagnons de ses missions. Elle alla trouver ces messieurs, les pria chacun de venir à Vaugirard pour conférer avec lui, 1rs assurant qu'ils seraient eux-mêmes frappés de le voir et de l'entendre, Et ce fut elle, dit Olier, qui acheva de les désabuser et de les délivrer de leurs préventions contre moi. Cette sainte âme travailla par ses prières, ses veilles, ses mortifications et une multitude de soins et d'autres peines, à nous rassembler enfin à Vaugirard, nous qui élions de pauvres errants, de pauvres aveugles, de pauvres brebis Sans pasteur : et, éclairée du dessein de Peu sur nous, elle nous déclara sa volonté sainte dans les ouvertures que la Providence nous offrait 1,

Un soutien de même genre que Dieu préparait à l'abbé Olier pour le seconder dans ses bonnes œuvres, fut un simple ouvrier, que le

célèbre archidiacre d'Evreux, Henri-Marie Boudon, ne qualifie pas

autrement dans un de sés ouvrages que le bon Lorrain. On le désigne ordinairement sous

le nom de frère Claude. 1 s’ap;-elait Claude Leglay, et était venu à Paris pour éviter la mort, durant la cruelle famine qui ravagea la Lorraine, sa patrie, par suite de la guerre des Suédois et des Français. Pour gagner sa vie, il travaillait à Paris chez Un artisan de sa profession ; et là, quoique occupé de son métier, il Sa vertu, qu’il devint bientôt célèbre, Des aute condition accouraient en foule à sa boulique, pour l'entendre discourir des choses de Dieu ; et les jours de fêtes et de dimanches, où frère Claude ne travaill loujours une longue file de Carrosses devant la maison de son maître. Les hommes, même les plus consultés, allaient à leur tour le consulter comme un oracle ; et enfin, pour le rendre plus utile, on l'obligea, comme malgré lui, de sortir de sa boutique et d’entrer chez M. Legauffre, qui en 1641 venait de succéder au père Bernard dans auprès de M. Legauffre que sa vie parut Quoique d’un naturel fort gai, il était si occupé

personnes de la plus h

ait pas, on voyait

plus extraordinaire.

de Dieu k

» et cette application absorbait tellement les facultés de son âme, que, dans les rues de Paris, une des villes les plus tumultueuses

À Vie de M, Olier, p. 328,

268 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVII. — De1ços

qui soient dans 2 monde, il n’entendait ni bruit, ni fracas, ni carrosses, ni les cris de ceux qui l’avertissaient de se retirer, et ne dis. tinguait, presuve rien de ce qui était sur son passage. Il était heurté, foulé, jeté par terre : on le croyait mort ou brisé, il se relevait à l'in. stant, et, quoiqu'il fût souvent blessé, il se trouvait guéri sans le se. cours de personne.

« C'est un homme d’une sainteté éminente, dit M. Olier : il 4 presque perdu l’usage des yeux, tant il est absorbé par la présenss divine, qui le retire de la vue de toute créature ; car il ne peut se conduire seul dans les rues, ne voyant presque point les lieux par les. quels il marche. C’est un personnage dont l'intérieur est celui d’Élie, au rapport de Marie Rousseau ; et, comme d’ailleurs ses actions, ses sentiments et ses dispositions le font voir, il éprouve une impatience extrême de sortir de ce monde pour alier à Dieu, à peu près comme l’éprouveraient les âmes bienheureuses si elles venaient habiter des corps mortels. Il est semblable à ces flammes, qui, par des mouvements incertains et rapides, se poussent, s’agitent de tous côtés et s'élèvent toujours en haut. Cet homme est un feu brûlant et ardent : il est tout embrasé du désir de voler en Canada, et il di. sait dernièrement, tout ravi en Dieu : Allons, allons, à notre maitre, allons où il nous veut ; allons dans cette nouvelle église : voulant parler de Montréal. » Voici comme M. Olier vit ce saint homme pour la première fois, le 16 juillet 1649, fête de Notre-Damedu Mont-Carmel, où il était allé dire la messe chez les Carmélites. « Plusieurs personnes se rencontrèrent dans ce même lieu : ce sont celles qui se préparent pour aller dans le Canada, et qui s'occupent des affaires de la religion dans ce pays. Frère Claude y vint aussi de son côté, Pendant toute la messe, il ne fit autre chose que demander à Notre. Seigneur ce que je lui avais tant demandé moi-même depuis longtemps, c'est-à-dire, que je fusse tout consommé en lui, et que tout mon vieil homme fût entièrement anéanti. Il demandait encore à Dieu que je fusse le général de ses capitaines, lesquels pourraient former ensuite chacun un grand nombre de soldats. Ces prières, qu'il faisait avec un zèle ardent, étaient produites en lui par le pr mouvement du Saint-Esprit ; car il ne savait rien de ma vocation pour le clergé, et je ne sache point que personne lui en eût jamais rien dit. Dieu lui imprima même une si vive affection pour moi, pendant que j'offrais le saint sacrifice, qu'il n’en pouvait plus supporter la violence. Ayant eu occasion de le voir l'après-midi, il me dit dans les transports de l'amour divin qui le consume : Il y avait si longtemps que je cherchais un frère, sans pouvoir encore le trouver! vous êtes

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