‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme]Chapitre 63 sur 121 · CXXVIL. — Detgos · texte numérisé non relu

CXXVIL. — Detgos

| renouvelaient ’un d'eux avait rétendez, mon- , de Dieu. Mais | voit les catho.

x et ignorants, lupart sachent que, de l’autre, le font rien, — conçut en son uel des peuples par sa propre qu'il était mal 1p de paroisses iastiques et les plusieurs qui l’autres étaient ur et de nuit; "es qu'ils comrements qu'ils utiles et qui ne hommes par.

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rait dans la volonté d’abjurer l’hérésie, il répondit qu'il y persévérait, mais qu'il lui restait encore une difficulté qui venait de se former dans son esprit en regardant une image de pierre, assez mal façonnée, quireprésentait la sainte Vierge : C’est que je ne saurais croire qu'il y ait quelque puissance en cette pierre. A quoi Vincent repartit que l'Église n’enseignait pas qu'il y eût aucune vertu dans ces images matérielles, si ce n’est quand il plaît à Dieu de la leur communiquer, comme il le peut faire, et comme il l'a fait autrefois à la verge de Moïse, qui faisait tant de miracles : co que les enfants mêmes lui pourraient expliquer. Sur quoi, en ayant appelé un des mieux instruits, il lui demanda ce que nous devions croire touchant les saintes images. L'enfant répondit qu'il était bon d'en avoir ct de leur rendre l'honneur qui leur est dû, no à cause de la matière dont elles sont

| faites, mais parce qu’elles nous représentent Notre-Seigneur Jésus-

Christ, sa glorieuse mère et les autres saints du paradis, qui, ayant triomphé, nous exhortent, par ces figures muettes de les suivre en leur foi et en leurs bonnes œuvres. — Cette réponse ayant été trouvée bien faite, l’hérétique avoua qu'il avait eu tort de s'arrêter à cette dificulté, après avoir été instruit sur cet article aussi bien que sur les autres. Il fit sa profession de foi quelques jours après, et y persévéra constamment.

Cette expérience et d’autres firent sentir de plus en plus, et à Vincent de Paul et à la comtesse de Joigni, l'importance.et la nécessité des missions dans les Campagnes. Dès 1617, la pieuse dame

| réserva un fonds de seize mille livres pour qu’on en fit tous les cinq

ans dans ses térres. Elle pria son saint directeur de trouver quelque cougrégation religieuse qui voulüt accepter cette charge. Il s’adressa successivement, mais vainement, aux Jésuites, aux Oratoriens et à d'autres communautés. Alors il vint en pensée à la comtesse que Vincent de Paul lui-même devait accepter cette fondation, avec quelques-uns des vertueux prêtres qui se joignaient à lui dans les missions. L'acte en fut dressé le dix-sept avril 1625. Jean-François de Gondi, beau-frère de la comtesse et premier archevêque de Paris, donna le collége des Bons-Enfants pour loger la nouvelle commu mauté, Vincent en prit possession par Antoine Portail, un de ses

| P'emiers compagnons. Cette maison, connue depuis sous le nom de | séminaire de Saint-Firmin, est devenue celèbre par le massacre de soixante quinze prêtres fidèles, qui y périrent le trois septembre 17992,

Elle sert maintenant à loger les jeunes aveugles que le gouvernement } fait élever, On y montre encore la chambre habitée par saint Vin-

Ë cent de Paul.

La comtesse de Joigni étant morte quelques mois après, Vincent

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de Paul se retira au collége des Bons-Enfants ; il y fut suivi par Antoine Portail, prêtre du diocèse d’Arles ; ils s'en adjoignirent un troisième, et commencèrent à faire ds missions. Voici comme, vingt ans plus tard, Vincent de Paul parlait de ces premiers commencements : « Nous allions tout bonnement et simplement, envoyés par nos seigneurs les évêques, évangéliser les pauvres, ainsi que Notre-Seigneur avait fait : voilà ce que nous faisions, et Dieu faisait de son côté ce qu'il avait prévu de toute éternité. Il donna quelque bénédiction à nos travaux ; ce que voyant d’autres bons ecclésiastiques, ils se joignirent à nous, non pas tous à la fois, mais en divers temps. O Sauveur ! qui eût jamais pensé que cela fût venu en état où il est maintenant ! Qui m’eût dit cela pour lors, j'aurais cru qu'il se serait moqué de moi; et néanmoins c'était par là que Dieu voulait donner commencement à la compagnie. Eh bien ! appellerez-vous humain ce à quoi nul homme n'avait jamais pensé ? car ni moi ni le pauvre monsieur Portail n’y pensions pas. Hélas ! nous en étions bien éloignés ! »

Louis XIII autorisa la nouvelle association par lettres patentes du mois de mai 1627. Le pape Urbain VIII l’érigea en congrégation, le douze janvier 1632, sous le nom de Prétres de la congrégation de la mission. Ils continuèrent à évargéliser le peuple des campagnes, non-seulement en France, mais en Italie. On remédiait ainsi à bien des maux, mais on n’en guérissait pas encore la source.

Le clergé avait plus besoin de régénération que le pauvre peuple. Si le peuple était ignorant et vicieux, le clergé en était cause par sa négligence et son mauvais exemple. Un bon prélat manda un jour à Vincent de Paul qu’il travaillait avec ses grands vicaires, autant qu’il pouvait, pour le bien de son diocèse ; « mais, disait-il, c'est avec peu: de succès pour le grand et inexplicable nombre de prêtres ignorants et vicieux qui composent mon clergé, qui ne peuvent se corriger ni par paroles ni par exemples. J'ai horreur quand je pense que dans mon diocèse il y a presque sept mille prêtres ivrognes ou impudiques qui montent tous les jours à l’autel, et qui n’ont aucune vocation. » Un autre prélat lui écrivit, entre autres choses, ces paroles : «Excepté le chanoine théologal de mon église, je ne sache aucun prêtre, parni tous ceux de mon diocèse, qui puisse s'acquitter d'aucune charge ecclésiastique : vous jugerez par là combien grande est la nécessité en laquelle nous sommes d’avoir des ouvriers. Je vous conjure de me laisser votre missionnaire pour nous aider en notre ordination !. » Ce qui explique l’état déplorable du clergé français, c'est qu'il ny

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avait alors ni grand ni petit séminaire, ni rien qui en approchât : c'est que les nobles jetaient leurs cadets, les princes leurs bâtards, dans le clergé ou dans le cloître, pour en occuper les meilleurs bé-

| néfices. Ainsi un bâtard, un fils adultérin de Henri IV était à la fois

évêque de Metz et abbé de cinq ou six monastères des plus riches, sans qu'il fût prêtre. Au lieu de secourir son diocèse dans l’effroyable calamité que nous verrons, il dépensait ses immenses revenus à la cour, et finit par se marier. Avec de pareils éléments, on conçoit que le clergé fût ce qu'il était.

La restauration commença par le diocèse de Beauvais. Sun évêque, Augustin Potier de Gesvres, qui aimait beaucoup Vincent de Paul, lui demanda un jour qu'est-ce qu’il pourrait faire pour remé-

| dier aux déréglements de son clergé et le remettre en l'état où il

tlevait être. Le saint lui répondit qu'il était presque impossible de redresser les mauvais prêtres qui avaient vieilli dans leurs vices , et les curés mal réglés dans leur vie qui avaient pris un mauvais pli; mais que, pour travailler avec espérance de fruit à la réforme de son clergé, il fallait aller à la source du mal pour y appliquer le remède, etque, puisqu'on ne pouvait que très-difficilement convertir et changer les anciens prêtres, il fallait s’efforcer d’en former de bons pour l'avenir : ce qui se ferait, premièrement, en prenant la résolu-

j tion de n’en plus aümettre aux ordres qui n’eussent la science reà quise et les autres marques d’une véritable vocation; secondement,

en travaillant sur ceux qu'on voudrait admettre, pour les rendre capables de leurs obligations et leur faire prendre l'esprit ecclésiastique. L'évêque de Beauvais goûta fort cette pensée, À quelque temps de là, au mois de juillet 1628, comme ils vo 3eaient ensemble, le bon prélat ferma les yeux, garda le silence et parut s'assoupir. Bientôt,

D onvrant les yeux, il dit qu’il ne dormait pas, mais qu’il venait de | penser quel serait le moyen le plus court et le plus assuré pour bien à dresser et préparer les aspirants aux saints ordres : il lui avait semblé

que ce serait de les faire venir chez lui, et de les y retenir quelques Jours, pendant lesquels on leur ferait faire quelques exercices convembles, pour les instruire des choses qu'ils devaient savoir et des vertus qu'ils devaient pratiquer. Vincent s'écria aussitôt : O monsei-

j sreur ! voilà une pensée qui est de Dieu; voilà un excellent moyen | Pour remettre petit à petit tout le clergé de votre diocèse en bon | ordre, L'évêque le pria de venir lui-même faire ces exercices pour k prochaine ordination de septembre : ce que Vincent ne manqua

pas de faire, étant, disait-il, plus assuré que Dieu demandait ce ser-

se de lui, l'ayant appris de la bouche d’un évique, que s’il lui avait | CL révélé par un ange. L'évêque, après avoir examiné les ordinands,

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