XXXVII. — De
aire de Saint pauvre prêtre, auvres écoliers:
la congrégation , fondateur de ; Jacques-Béni.
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entretiens, guidés par les conseils, soutenus par les prières du saint homme 1, »
Vincent de Paul employait les ecclésiastiques de sa conférence à faire des missions, et à Paris, et dans les provinces. Celle de Metz eut lieu en 1658. Voici en quels termes Bossuet, alors grand archidiacre de Metz, offre ses services au saint homme, dans une lettre du douze janvier : « Pour ce qui me regarde, monsieur, je me reconnais fort incapable d'y rendre le service que je voudrais bien; mais j'espère de la bonté de Dieu que l'exemple de tant de saints ecclésiastiques et les leçons que j'ai autrefois apprises en la compagnie, me donneront de la force pour agir avec de si bons ouvriers, si je ne puis rien de moi-même, Je vous demande la grâce d'en assurer la compagnie, que je salue de tout mon cœur en Notre-Seigneur, et la prie de me faire part de ses oraisons et saints sacrifices. » Dans une autre lettre du vingt-trois mai, où il parle au même saint des merveilleux fruits de la mission de Metz et du mérite des ouvriers qui y avaient travaillé, Bossuet ajoute : «Il a plu à Notre-Seigneur d'établir ici, par leur moyen, une compagnie à peu près sur le modèle de la vôtre; Dieu ayant permis, par sa bonté, que les règlements s'en soient trouvés hier parmi les papiers de cet excellent serviteur de Dieu, M. de Blampignon. Elle se promet l'honneur de vous avoir pour supérieur, puisqu'on nous a fait espérer la grâce qu’elle sera associée à celle de Saint-Lazare, et que vous et ces messieurs l’aurez agréable. J'ai charge, monsieur, de vous en prier, et je le fais de tout mon cœur, Dieu veuille, par sa miséricorde, nous donner à tous k persévérance dans les choses qui ont été si bien établies par la charité de ces messieurs 2! »
Le cardinal de Richelieu ayant entendu parler de ces conférences de Saint-Lazare et du bien qu'elles produisaient, fit appeler Vincent pour s'en entretenir, Entre autres choses, il lui demanda les noms de œux qui les fréquentaient, ceux que le saint prêtre croyait plus propres à l'épiscopat, et les écrivit lui-même. Il le pria de venir le voir de temps en temps. Lorsque le serviteur de Dieu se fut retiré, le cardinal dit à la duchesse d’Aiguillon, se nièce : J'avais déjà une grande idée de monsieur Vincent, mais je le regarde comme un tout autre homme depuis le dernier entretien que j'ai eu avec lui. Après la Mort du cardinal, Louis XIII en usa de même pour connaître les hommes les plus capables des grandes charges dans l’Église. Vincent sut engager au secret et le ministre et le roi. Il le garda lui-
1 Lettre de Bossuet à Clément ÆT, 2 août 1702, — 2 Lebel, OEuvres complètes de Bossuet, t, 37, p. 19.
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même si inviolablement, qu'aucun de ces messieurs n’a jamais rien su des desseins que la cour avait sur eux. Dans le temps même que Vincent prévoyait qu’on les verrait bientôt à la tête des diocèses, il ne leur parlait que du bonheur de vivre et de mourir dans l'obseu. rité ; il les exhortait sans cesse à fuir tout ce qui est éclatant, tout ce qui peut attirer les regards et l'estime des hommes. Ii les appli. quait souvent à faire le catéchisme, à prêcher dans les hôpitaux, dans les prisons, dans les missions de la campagne et à d'autres œuvres semblables, que des prêtres moins vertueux eussent dédai. gnées 1,
Par les retraites des ordinands et les conférences, Vincent de Paul avait beaucoup fait pour la réformation du clergé; mais cela ne sut: fisait point encore. Un de ses amis, Adrien Bourdoise, déplorait depuis longtemps que l’on dressât des académies pour la noblesse, où les jeunes gentilshommes apprennent les exercices qui leur sont convenables; que chaque métier, si chétif qu'il puisse être, obligeit ceux qui en veulent faire profession à demeurer plusieurs années en apprentissage avant que d’être passés maîtres; et qu’il n’y eût que l'état ecclésiastique, destiné pour des fonctions très-importantes et pour des ministères tout divins, dans lequel on entrât sans y apporter presque aucune préparation. Vincent pensait absolument de même. Pour remédier à ce mal, il institua d’abord à Saint- Lazare un séminaire ou noviciat ecclésiastique pour les prôtres de sa congrégation; puis, au collége des Bons-Enfants, un autre pour les ecclésiastiques du dehors. Dans celui-ci, pour se conformer plus exactement au concile de Trente, il n'admettait que des enfants d’une douzaine d'années. C'était ce qu’on appelle aujourd'hui un petit séminaire. Mais il voyait bien que les fruits de cette espèce de séminaire seraient fort tardifs, tandis que les besoins de l'Église étaient fort pressants. Se trouvant donc un jour chez le cardinal de Richelieu, il lui représenta que, pour la régénération du clergé, il n'y avait plus à désirer qu’une chose, savoir : l'établissement des séminaires dans les diocèses, non pas tant pour les jeunes clercs, dont les fruits étaient un peu tardifs, que pour ceux qui étaient déjà entrés ou dans la disposition prochaine d’entrer dans les saints ordres, afin d’y être exercés pendant un an ou deux à la vertu, à loraison, au service divin, aux cérémonies, au chant, à l'administration des sacrements, au catéchisme, à la prédication et aux autres fonctions ecclésiastiques, comme aussi pour y apprendre les cas de conscience et les autres parties plus nécessaires de la théologie; en un mot,
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pour être rendus capables non-seulement de travailler à leur perfection particulière, mais aussi de conduire les âmes dans les voies de la justice et du salut. C'était ce qu'on appelle aujourd'hui un grand séminaire. Le cardinal goûta fort cette proposition : il exhorta beaucoup et aida le saint à l’exécuter lui-même. Vincent établit donc au collége des Bons-Enfants le premier grand séminaire, et y reçut des ecclésiastiques pour y passer deux ans. Le nombre en devint bientôt si considérable, que Vincent fut obligé, non pas de supprimer son pelit séminaire, mais de le transporter dans l’enclos de Saint-Lazare. Vincent de Paul fut ainsi le premier en France, peut-être dans le monde entier, qui réalisa complétement toute la pensée du concile de Trente, en instituant à la fois un grand et un petit séminaire, comme la Providence l’a fait comprendre et exécuter généralement de nos jours. La nouvelle œuvre du saint homme se propagea bien vite, comme les autres. On établit des grands séminaires, nonseulement dans la plupart des diocèses de France, mais encore en llalie et dans d’autres pays étrangers. Où les fruits en parurent plus prompts et plus admirables, ce fut à Paris, en Bretagne et dans le Querci.
L'évêque de Cahors, grand ami de Vincent de Paul, lui écrivait en «es termes : Vous seriez ravi de voir mon clergé, et vous béniriez Dieu mille fois, si vous saviez le bien que les vôtres ont fait dans mon séminaire, et qui s’est répandu par toute la province, Cet évêque élait Alain de Solminiac, Né au château de Belet, près de Périgueux, le vingt-cinq novembre 1593, ses pieux et nobles parents le destimaient au monde ; lui-même aspirait à être chevalier de Malte. Il avait vingt-deux ans lorsque son oncle paternel, abbé de Chancelade, des chanoines réguliers de Saint-Augustin, lui résigna son abbaye. Ali, qui jusqu’alors avait pensé à autre chose, accepta néanmoins, ft son noviciat, prononça les trois vœux, conformément au concile de Trente, Le monastère était dans un état déplorable, et quant au matériel, et quant au spirituel; les bâtiments avaient été ruinés en grande partie par les huguenots : il n'y restait que trois chanoines, dont les principales occupations étaient le jeu et la chasse. Alain Conçut la pensée d'y mettre la réforme. Pour s’en rendre capable, il Ît ou recommencça ses études, alla faire sa philosophie et sa théologie à Paris, où il eut pour ami et professeur le docteur Duval, l’ami et k conseil de Vincent de Paul. Il visita tous les monastères de chanoines réguliers où il y avait encore quelques vestiges de l’ancienne discipline. Ayant reçu la bénédiction abbatiale en 1629, il entreprit out de bon d'introduire la réforme à Chancelade, Son oncle fut.le blus ardent à s'y opposer : un seul des religieux s’y soumit volon-