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à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 321
moins, parce qu'elles sont beaucoup plus exposées que les religieuses cloitrées et grillées, n'ayant pour monastère que les maisons des malades; pour cellule, quelque pauvre chambre, et bien souvent de louage ; pour chapelle, l'église paroissiale ; pour cloître, les rues de la ville; pour clôture, l'obéissance; pour grille, la crainte de Dieu ; et pour voile, la sainte modestie : pour toutes ces considérations, elles doivent avoir autant et plus de vertu que si elles étaient professes dans un ordre religieux.
«En servant les malades, elles ne doivent considérer que Dieu, et 2 partant ne prendre non plus garde aux louanges qu’ils leur donnent qu'aux injures qu'ils leur disent, si ce n’est pour en faire un bon usage, rejetant intérieurement celles-là en se confondant dans leur néant, et agréant celles-ci pour honorer les mépris faits au Fils de Dieu en la croix par ceux mêmes qui avaient reçu de lui tant de faveurs et de grâces.
«Elles ne recevront aucun présent, tant petit soit-il, des pauvres qu'elles assistent, se gardant bien de penser qu'ils leur soient obligés pour les services qu’elles leur rendent, vu qu'au contraire elles leur en doivent de reste ; puisque, pour une petite aumône qu’elles font, non de leurs biens propres, mais seulement d’un peu de leurs soins, elles se font des amis dans le ciel, qui ont droit de jes recevoir un jour dans les tabernacles éternels, et, même dès cette vie, elles reçoi-vent, au sujet des pauvres qu'elles assistent, plus d'honneur et de vai contentement qu’elles n’en eussent jamais osé espérer dans le monde; de quoi elles ne doivent pas abuser, mais plutôt entrer en
| confusion, dans la vue qu'elles en sont si indignes!1, »
Entre la charité de Châtillon-les-Dombes et celle de Mâcon, Vin-
BR cent en établit une autre à Paris, celle des galériens. Monsieur de E Gondi, chez lequel il rentra l’année 4618, était commandant général | des galères de France. Vincent de Paul se délassait de ses missions champêtres en visitant les prisons de la capitale. Il s’attachait aux plus malheureux, les criminels condamnés aux galères. Il les trouva dans un état bien déplorable. Ils étaient renfermés dans des cachots, | où ils croupissaient quelquefois longtemps, mangés de vermine, at- D lénués de langueur et de pauvreté, et entièrement négligés nour le Corps et pour l'âme, Vincent en donna avis au général des galères, | lüireprésenta que ces pauvres gens lui appartenaient, et proposa un Moyen de les assister corporellement et spirituellement. Monsieur de Gondi lui ayant donné plein pouvoir, il loua une maison convenable au faubourg Saint-Honoré, et dès la même année 1618, les forçats, 1 Abelly, 1, 2, c. 3.
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jusqu’alors dispersés dans les prisons de la ville, y furent tous réunis, Vincent de Paul les y visitait souvent; il les instruisait, il les disposait à faire de bonnes confessions générales ; il leur administrait les sa. crements, et, non content du soin qu’il prenait de leurs âmes, i pourvoyait encore au soulagement de leurs corps. Quelquefcis il se retirait avec eux et y demeurait, pour leur rendre plus de services et leur donner plus de consolation : ce qu’il a fait même en des temps suspects de maladies contagieuses, l'amour qu'il portait ainsi à ces pauvres afiligés lui faisant oublier sa propre conservation pour s donner entièrement * ::. Qusnd 11 était obligé de s’absenter pour d’autres affaires, il =; : it le soin à deux vertueux ecclésiastiques de ses amis particulie::
Monsieur de Gandi, voyant avec quelle bénédiction Vincent tra. vaillait au salut des âmes les plus abandonnées, voulut lui fournir une occasion d’étendre sa charité à tous les forçats du royaume. Il en parla au roi Louis XIIL, qui, sur sa proposition, nomma Vincent de Paul aumônier général de toutes les galères de France. Le brevet est du huit février 4619. Le saint accepta une charge qui li donnait une ressemblance de plus avec le Sauveur du monde, Le monde entier était un immense bagne rempli de criminels enchaînés et condamnés à des galères vraiment perpétuelles. Le Fik de Dieu y vint, se fit comme l’un d’entre eux, prit sur lui la peine de leur crir°e, et, en subissant la peine, les délivra du crime et dela peine. Vincent, père des pauvres, désirait ardemment imiter le Sauveur. En 1629, il alla visiter les forçats de Marseille, afin de voir s'il ne pourrait pas faire pour ceux-là ce qu'il avait fait pour ceux de la capitale. Il arriva sans faire connaître son titre d’aumônier général, tant pour éviter les honneurs que pour mieux voir certaines choses par lui-même. Allant de côté et d’autre sur les galères, il aperçut un forçat, plus malheureux que coupable, qui se désespérait de sa condition, et qui surtout était inconsolable de ce que son absence réduisait sa femme et ses enfants à la dernière misère, Vincent de Paul fut si ému de compassion, qu’il fit pour ce malheureux ce que fit saint Paulin de Nole pour racheter de l'esclavage le fl d’une pauvre veuve. Il s'offrit pour subir à sa place le reste de si peine. L'offre fut acceptée, et Vincent porta quelques semaines le fers de galérien, jusqu’à ce qu’on eût découvert que c'était l'auminier général des galères.
Certains critiques ont voulu révoquer ce fait en doute. Mais il tal si connu dans toute la ville de Marseille, que le supérieur des piétres de la mission, qui y furent établis en 1643, témoigne l'avoï appris de p'usieurs personnes, On le trouve encure attesté, dans
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