‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme]Chapitre 68 sur 121 · XXXVIL. — De · texte numérisé non relu

XXXVIL. — De

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à 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 323

ancien manuscrit, par le sieur Dominique Beyrie, parent de notre saint, lequel s'étant trouvé en Provence quelques années après que Vincent en fut sorti, en fut informé par un ecclésiastique, qui lui parla également de l'esclavage du serviteur de Dieu Barbarie. Enfin, un des prêtres de Vincent de Paul lui ayant une fois demandé s'il était vrai qu'il se fût mis autrefois en la place d’un forçat, et si l'enflure de ses pieds ne venait pas de la chaîne dont il avait été chargé, le serviteur de Dieu détourna ce discours en souriant, sans donner aucune réponse à sa demande 1,

On conçoit, après cela, quelle dut être la charité de Vincent pour consoler et assister ces malheureux. Il écoutait leurs plaintes avec grande patience, il compatissait à leurs peines, il les embrassait, il baisait leurs chaînes, ét s’'employait autant qu’il pouvait, par prières et par remontrances envers les officiers, à ce qu'ils fussent traités plus humainement, s’insinuant ainsi dans leurs cœurs pour les ga gner plus facilement à Dieu. Les galériens de Marseille ayant été amenés à Bordeaux l’année suivante 1623, Vincent de Paul s’y rendit avec plusieurs bons religieux de divers ordres, S'étant partagés et mis à travailler deux dans chaque galère, ils y firent la mission et disposèrent ces pauvres gens à se réconcilier à Dieu par de bonnes confessions générales, et à se soumettre à toutes ses volontés, en acceptant leurs peines avec patience et Pour satisfaction de leurs péchés. Un Turc, que Vincent convertit en cette occasion, et qui fut nommé Louis au baptême, vivait encore, à Paris, quand Abelly pubia la vie du saint 2,

Vincent de Paul avait à peine réuni les premières filles de charité, quand la Providence lui donna une autre bonne œuvre à faire. Une

| dame de haut rang, la présidente Goussault, était demeurée veuve à

k fleur de l’âge, avec beaucoup de fortune et de beauté : elle pou-

| vait prétendre aux plus grands établissements dans le monde. Elle

en fit le sacrifice à Jésus-Christ, pour s'employer uniquement à le srvir en la personne des pauvres, particulièrement des malades. Ceux qu’elle voyait plus souvent étaient les malades de l'Hôtel-Dieu de Paris. Fn 1654, elle vint donc représenter au saint prêtre, avec

à beaucoup de force, que ce grand et vaste hôpital méritait une at-

lention particulière ; qu'il y mille personnes de tout âge, religion; qu’on y fer

passait tous les ans environ vingt-cinq de tout sexe, de tout Pays et de toute ait par conséquent une moisson infinie pour la si les choses y allaient comme elles devaient y aller;

et qu’elle savait, pour

! Collet. 1. 2, an 1622, — 2 Abelly, 1. l, c. 15.

‘321 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXVIT, — De 1605

l'avoir vu, que les pauvres y manquaient de bien des secours spiri. tuels et temporels.

Vincent répondit qu'il ne lui convenait pas de mettre la faux en la moisson d'autrui; que la maison dont on lui parlait était gouvernée au spirituel et au temporel par des directeurs et des administrateurs qu'il estimait très-sages ; que lui-même n'avait ni caractère ni autorité pour empêcher les abus, qui pouvaient se trouver là comme partout ailleurs ; qu'il fallait espérer que ceux qui étaient chargés du gouvernement de cette grande maison y apporteraient les remèdes nécessaires. La vertueuse dame, ayant continué longtemps et inutilement ses sollicitations, s’adressa finalement à l'archevêque de Paris, lequel fit savoir à Vincent qu'il lui ferait plaisir d'écouter k proposition de cette personne : c'était d'établir une compagnie

de dames qui prissent un soin particulier des malades de l'Hôtel. |

Dieu.

Vincent, ayant reçu cet ordre, mit la main à l’œuvre. Il assemble plusieurs dames, leur propose la bonne œuvre, la recommande à leurs prières : toutes prennent la résolution de se donner à Dieu pour cette entreprise. Des premières fut Élisabeth d’Aligre, chancelitre de France; Marie Fouquet, mère du fameux surintendant des finances; madame de Polaillon, qui allait de village en village, déguisée en paysanne, soulager les pauvres, visiter les malaces, instruire les ignorants, consoler les affligés, remettre l'ordre et la paix dans les familles ; qui ensuite fonda un institut pour recueillir les femmes qui voudraient se retirer du désordre. En péü d’années, cette nouvell compagnie, dont la présidente Goussault fut élue première supérieure, compta plus de deux cents dames, parmi lesquelles des duchesses et des princesses, entre autres la duchesse de Mantoue, depuis

reine de Pologne.

Pour assister utilement les malades de l'Hôtel-Dieu, il fallait

gagner la confiance des religieuses qui les servaient. Vincent recon: È

manda donc à ces bonnes dames : 4° d’invoquer tous les jours, en entrant dans l'Hôtel-Dieu, l'assistance de Notre-Seigneur, le vrai père

des pauvres, par l'entremise de la très-sainte Vierge et de saint $

Louis, fondateur de cette maison; 2 de se présenter ensuite aux religieuses qui ont le soin des malades, s'offrant de les servir ave elles pour participer au mérite de leurs bonnes œuvres; 3° d'estimer et de respecter les mêmes religieuses comme des anges visibles, leur parlant avec douceur et humilité, et leur rendant une entière dékrence ; 4e s’il arrivait que ces bonnes filles ne prissent pas toujoufs en bonne part leur bonne volonté, qu’elles leur en fissent des excuses et Lâchassent d'entrer dans leurs sentiments, sans jamais les CO!

à 1650 de

tredire :

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XXX VII, — De 1605 es secours Spiri-

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41650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 325

tredire ai les contrister, ni vouloir l'emporter sur elles. « Nous prétendon, leur disait-il, de contribuer au salut et au soulagement des pauvres, et c'est chose qui ne se peut sans l’aide et l'agrément de ces bonnes religieuses qui les gouvernent. Il est donc juste de les prévenir d'honneur, comme leurs mères, et de les traiter comme les épouses de Notre-Seigneur et les dames de la maison; car c’est le propre de l'esprit de Dieu d'agir suavement, et c'est le moyen le plus assuré de réussir, que de l’imiter en cette manière d'agir. »

Voilà quel était l'esprit avec lequel Vincent entreprit cette sainte œuvre, et la prudente et sage conduite sous laquelle ces vertueuses dames commencèrent d'aller exercer leur charité envers les pauvres de l'Hôtel-Dieu. Elles y trouvèrent un facile accès par cet abord amiable et respectueux envers les religieuses, dont elles gagnèrent incontinent les cœurs par les services et assistances qu'elles rendaient, non-seulement aux malades et aux convalescents, mais aussi aux parents des mêmes religieuses, lorsqu’elles les en sollicitaient pour quelques affaires de famille; et, par ce moyen, elles eurent toute liberté d’aller, de salle en salle et de lit en lit, consoler les pauvres malades, leur parler de Dieu et les porter à faire un bon usage de leurs infirmités,

Pour leur faciliter leur exercice de charité sous un autre rapport, Vincent fit imprimer un petit livre qui contenait les points principaux dont il était plus nécessaire d'instruire les pauvres malades, et recommanda particulièrement quatre choses aux dames lorsqu'elles rempliraient cet office de charité :

1° De tenir ce livre en leurs mains lorsqu'elles parleraient à ces pauvres, afin qu'il ne semblât pas qu’elles voulussent leur faire des prédications, ni aussi leur parler d’elles-mêmes, mais seulement selon ce qui était contenu et qu’elles apprenaient en ce livre. 2° De shabiller le plus simplement qu'elles pourraient aux jours qu’elles iraient à l'Hôtel-Dieu, afin de paraître, sinon pauvres avec les pau vres, au moins fort éloignées de la vanité et du luxe des habits, pour ne pas faire peine à ces pauvres infirmes, lesquels, voyant des excès et superfluités des personnes riches, se contristent ordinairement davantage de ce qu’ils n’ont pas pour eux les choses même nécessaires, 3° De se comporter envers les pauvres malades avec grande humilité, douceur, affabilité, leur parlant d’une manière familière et tordiale, pour les gagner plus facilement à Dieu. 4° Enfin, il leur Marqua de quelle façon elles devaient leur parler de la confession générale, Par exemple :

(Ma bonne sœur, y at-il longtemps que vous ne vous êtes point tonfessée? N'auriez-vous point la dévotion de faire une confession

326 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVII. — De1gos

générale, si l’on vous disait comme il faut la faire? On m’a dit à moi qu’il était important pour mon salut d'en faire une bonne avant que de mourir, tant pour réparer les défauts des confessions ordinaires, que j'ai peut-être mal faites, que pour concevoir un plus grand regret de .es péchés, en me représentant les plus griefs que j'ai commis en ma vie, et la grande miséricorde avec laquelle Dieu m'a supportée, ne m'ayant pas condamnée ni envoyée au feu d'enfer lorsque je l'ai mérité, mais m’ayant attendue à pénitence pour me les pardon. ner, et pour me donner enfin le paradis, si je me convertissais à lui de tout mon cœur, comme j'ai un bon désir de faire avec le secours de sa grâce. Or, vous pouvez avoir les mêmes raisons que moi de faire cette confession générale, et de vous donner à Dieu pour bien vivre à l'avenir. Et si vous voulez savoir ce que vous avez à faire pour vous ressouvenir de vos péchés, et ensuite pour vous bien confesser, on m'a appris à moi-même à m'examiner comme je vais vous le dire, etc. On m'a aussi appris comment il fallait former en mon cœur une vraie contrition de mes péchés, et à en faire des actes en cette manière, etc. On m'a aussi enseigné à faire des actes de foi, d'espérance, d'amour de Dieu en cette manière, etc. »

Enfin, pour ne point faire cette visite des malades les mains vides, ces bonnes dames convinrent avec Vincent qu'il était expédient, outre les paroles de consolation et d’édification qu’on leur disait, de leur porter quelques douceurs par manière de collation entre le dîner et le souper. À cet effet, elles louèrent une chambre près l'Hôtel-Dieu, pour y préparer et garder les confitures, fruits, linges, plats et autres ustensiles convenables. Il fut aussi résolu d’y mettre des filles de la charité, pour acheter et préparer toutes les choses nécessaires, et pour aider les dames à distribuer ces collations aux malades.

On ne saurait dire tout le bien que produisit cette sainte œuvre, Dès la première année, la bénédiction de Dieu y fut si abondante, qu'il y eut plus de sept cent soixante personnes dévoyées de la vraie foi, tant Luthériens, Calvinistes que Turcs, qui se conveitirent et embrassèrent la religion catholique. Et cette grâce extraordinaire, que Dieu répandait sur les emplois et les soins charitables de ces dames, mit l'Hôtel-Dieu en telle estime, qu’une honnête bourgeoise de Paris, étant malade, demanda d'y être reçue en payant sa dépense, et bien au delà, pour y être secourue et assistée spécialement comme les pauvres : ce qui lui fut accordé !.

La charité de ces vertueuses dames ne s’est pas bornée à cette

1 Abelly, 1. 2, c. 4.

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à 1050 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 327

seule bonne œuvre, dit le premier biographe de Vincent de Paul; mais par une grâce toute singulière qu’elles ont reçue de Dieu, par l'entremise de leur sage directeur, elles ont entrepris, sous sa conduite et par ses avis, plusieurs autres choses très-importantes pour la gloire de Dieu, pour le service de son Église et pour le salut des âmes, Car, outre ce qu'elles ont fait à l'Hôtel-Dieu pour le service des malades et le bon ordre de la maison, elles ont encore pris le soin de la nourriture et de l’éducation des pauvres enfants trouvés de la ville et des faubourgs de Paris, qui étaient auparavant dans un étrange abandon, et qui sont obligés à leur charité non-seulement de la vie qu’elles leur ont sauvée, mais aussi des autres assistances spirituelles qui leur sont données pour mener une vie chrétienne et pour faire leur salut. C'est par leur moyen que la maison des Filles de la Providence a été instituée pour y recevoir, instruire, occuper et mettre en assurance plusieurs honnêtes filles, qui, sans ce lieu de retraite, seraient en grand danger, pour n'avoir aucun établissement ni condition ou refuge dans Paris. Dieu s'est aussi voulu servir des mêmes dames pour poser comme les premiers fondements de l'hôpital général ; et celui qui a été établi à Sainte-Reine, où l’on exerce

| tant d'œuvres de miséricorde, est aussi beaucoup redevable à leur

charité.

Elles ont encore notablement contribué à l’entreprise et à l'entretien de plusieurs missions dans les pays étrangers, comme aux îles Hébrides, à Madagascar, etc. ; et leur zèle a fait ressentir son ardeur jusque dans les régions les plus éloignées des Indes, où elles ont, par leurs bienfaits, facilité l'envoi de plusieurs missionnaires, et, outre cela, elles ont encore déployé leurs libéralités pour contribuer aux frais du voyage que les évêques d'Héliopolis, de Béryte et de Métellpolis ont entrepris, avec la permission du Saint-Siége apostolique, au Tonquin et à la Chine, pour aller en ces vastes provinces tra- Vailler à la conversion des infidèles et à l'accroissement du royaume de Jésus-Christ.

Enfin, elles se sont employées avec une charité infatigable , et avec des dépenses incroyables, à secourir et assister, pendant tout le temps des guerres passées, la Lorraine, la Champagne, la Piae et quantité d’autres lieux qui ont été le plus affligés de ce

éau 1,

Pour bien apprécier l'esprit et le cœur de Vincent de Paul, il est bon de connaître l'état de l'Allemagne , de la France et de l’Angleterre, Ces trois pays continuaient à se révolutionner l’un l’autre :

? Abelly, 1, 2, c. 5.

RE De Re DD een ve em

se

328 HISTOIRE F'NIVERSELLE {Liv. LXXX VIT, — De 105

l'Allemagne, par sa guerre de trente ans, entre les catholiques et les protestants, où la France aida les protestants contre les catho. liques : d'où le ravage de la Lorraine par les Français et les Sué. dois. L'Angleterre passait d'une révolution à une autre. Sa révolution ou réforme de Henri VIII, d'Édouard VI et d'Élisabeth, l'Angleterre protestante l'avait consacrée par le régicide, par le meurtre de Marie Stuart. En 1603, à la mort de la régicide Élisabeth, l'Angleterre protestante met sur son trône et dans son lit le propre fils de Marie Stuart, mais fils apostat d'une mère catholique et martyre, mais puritain ou calviniste en Écosse, anglican ou épiscopalien en Angle. terre, Jacques Ier, que Sully, ambassadeur de Henri IV, appelle le plus sage fou de l'Europe, et que, suivant Lingard, la postérité à classé parmi les rois faibles et prodigues, et parmi les pédants vaniteux et bavards 1, Comme il mourut en 1625, l'Angleterre protestante lui reconnut pour successeur son fils Charles Ier, à qui elle coupe la tête le neuf février 1649, pour se constituer en république jusqu’en 1653, se soumettre ensuite à un protecteur, le régicide Olivier Cromwell et son fils Richard, reprendre enfin, lan 1660, sous le nom de roi, Charles II, fils de Charles Ier, lequel étant mort en 1685, elle reconnut Jacques II jusqu’en 1688, où elle l'envoya promener avec son fils, et appela, pour trôner à sa place, son gendre, le Hollandais Guillaume : c'est ce qu’elle appelle sa glorieusé révolution ou troisième réforme. Le dernier des Stuarts est mort de nos jours, dans la capitale de la chrétienté, doyen du sacré collége, sous le nom du cardinal d’York.

Parmi les hommes qui ont contribué à expulser sa famille du trône d'Angleterre, il en est un qu'on n’en soupçonnait guère jusqu'à présent. Châteaubriand, dans ses Quatre Stuarts, article Charles II, s'exprime en ces termes : « La correspondance diplomatique nous apprend le rôle odieux que joua Louis XIV alors, et la funeste influence qu'il exerça sur la destinée de Charles et de Jacques ; en même temps qu'il encourageait le souverain à l'arbitraire, il poussait les sujets à l’indépendance, dans la petite vue de tout brouiller et de rendre l'Angleterre impuissante au dehors. Les ministres de Charles et les membres les plus remarquables de l'opposition du parlement étaient pensionnaires du grand roi 2. » Châteaubriand fait encore cette remarque sur la mort de Cromwell : « La plupart des souverains de l'Europe mirent des crêpes funèbres pour pleurer la

1 Lingard, t, 9, p, 249 ot 253, — * OEuvres complètes de Chéteaubriand. Paris, Firmin Didot, 1843, t. 2, p. 133, col. 2.

mort d’un régicide : Louis XIV porta le deuil de Cromwell auprès

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11650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 329

de la veuve de Charles Ier 4, » Ce même roi de France fit bien d'autres galanteries à Cromwell vivant. Devenu maître de Dunkerque en 1658, par le bras de Turenne, Louis XIV en rernit les clefs, de sa propre main, à l'ambassadeur de Cromwell 2, Dès 1655, pour complaire au régicide anglais, Louis XIV lui promit, et lui tint parole, d'exclure du royaume de France le fils et le frère du roi assassiné, fils qui, par sa mère, était pourtant le petit-fils de Henri IV, comme Louis XIV par son père %. Même avant le protectorat de Cromwell, toutes les puissances de l'Europe avaient reconnu la république anglaise ?, On ne lit pas qu'une seule ait fait mine de tirer l'épée pour venger le meurtre de Charles Ier, mais on connaît le nom de celle qui aida les révolutionnaires d'Écosse à préparer les voies à œ meurtre. Dans l’AÆistoire des Français, par Sismondi, on lit sur l'année 1638 : « Richelieu (principal ministre de Louis XIII) offrit dès lors son assistance aux puritains d'Écosse, qui, à cette époque, æ confédéraient contre l'autorité royale par leur célèbre Covenant. La correspondance du comte d'Estrades, ambassadeur en Angleterre, hit foi que Richelieu fit exciter par lui les puritains, et qu’il leur envoya en Écosse un agent pour leur promettre son affection et sa prolection. Sir William Temple fut informé plus tard que Richelieu leur ft passer dans ce but deux cent mille pistoles 5, »

Comme roi d'Angleterre, Jacques Ier était le pape ou chef spirituel de l'apostasie anglicane; chef absolu, du moins, avec son parlement. Non content de cela, il se prétendait encore, au temporel, k maitre absolu de l'Angleterre, de l'Écosse et de l'Irlande, même sans le parlement et malgré le parlement. A cet effet, il formula par écrit, et soutint, comme auteur, cette doctrine : Que le roi tient son Pouvoir immédiatement de Dieu, et non point médiatement par peuple; que, par conséquent, il n’est tenu à aucune loi ni législa-

| ture humaine, qu’autant qu'il le juge à propos 6. Sa doctrine de

Châteaubriant, le

l'absolutisme royal fut réfutée , de la part des catholiques, par les Jésuites Suarès et Bellarmin, qui firent voir que, d’après l’enseignement commun des Pères, des docteurs , des théologiens et jurisconsultes orthodoxes, le roi tient son pouvoir de Dieu, non pas immédiatement, mais médiatement par le peuple; que, par conséquent, il est tenu à son serment et aux lois fondamentales du royaume,

a s'il les foule aux pieds, il peut être jugé par l’autorité compétente.

! OEuvres complètes de Châteaubriand, p. 127, col. 2. —3 Lingard, t. 11, p. 390. — “Ibid. p. 308. — # Châteaubriand, t. 2, p. 119, col, 2. — 5 Sismondi, t. 28, D: 364, — Bazin, t, 4, p.106. — Le Vassor, t. 5, p. 565. — 6 Lingard, t. 9, p. 134.

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