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330 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVIL. — De16os
Quelle est cette autorité, particulièrement pour l'Angleterre, Bel. larmin le montre au roi Jacques par le témoignage de ses prédéces. seurs. L’an 1173, Henri IL écrivait au pape Alexandre III en ces termes : « À son très-saint seigneur Alexandre, par la grâce de Dieu souverain Pontife de l'Église catholique, Henri, roi d'Angleterre, duc de Normandie et d'Aquitaine, comte d'Anjou et du Maine : salut, et obéissance d'une soumission dévouée. — Le royaume d'Angleterre est de votre juridiction; et quant à l'obligation du droit féodal, je ne me reconnais sujet qu'à vous. Que l'Angleterre apprenne ce que peut le Pontife romain ; et puisqu'il n’use pas d'armes matérielles, qu’il défende par le glaive spirituel le patrimoine de saint Pierre 1,» La reine Éléonore, mère de Richard Cœur-de-Lion, écrivait au pape Célestin JIL : « N'est-ce point l'apôtre Pierre, et vous dans sa personne, que Dieu a chargé de régir tout royaume et toute puissance! Béni soit Dieu d’avoir donné une puissance pareille aux hommes! Ni roi, ni empereur, ni duc n’est exempt du joug de votre autorité?, Et dans une autre lettre : « Or, le prince des apôtres règne et commande encore dans le Siége apostolique. Il reste donc que vous, à Père! vous tiriez contre les méchants le glaive de Pierre, qui a été établi pour cela sur les nations et sur les royaumes 5 » Enfin, il existe une ambassade du roi Richard au Pontife romain en ces termes : « Saint Père, notre seigneur le roi Richard d’Angleterre salue votre excellence, et demande justice contre le duc d’Autriche #, »
Jacques Ier et ses successeurs ne s’émurent pas beaucoup de l'ancienne doctrine des catholiques ni du témoignage des anciens rois d'Angleterre. La nouvelle doctrine de l’absolutisme royal, auquel l'apostat Cranmer avait préparé les voies en supprimant la part électorale du peuple dans l'inauguration d'Édouard VI, cette nouvelle doctrine fut solennellement décrétée le vingt-un juillet 1683, sous Charles IT, par l’université protestante d'Oxford. Ce jour-là, elle proscrivit à l’unanimité uae série de vingt-sept propositions, dont voici les trois premières : 4e Toute autorité civile dérive originairement du peuple. 2 Il existe un pacte mutuel, tacite ou exprès, entre un prince et ses sujets ; et si lui ne remplit pas ses obligations, eux sont déchargés des leurs. 3° Si des gouvernants légitimes deviennent tyrans, ou s’ils gouvernent autrement qu'ils ne doivent d’après les lois divines et humaines, ils perdent le droit qu’ils avaient à leur gouvernement. Ces trois propositions, citées entre autres de Bellar-
1 Apud Baron., an. 1173. — ? Petr. ..us., epist. 145, — 9 Epist. 146. — * Matth. Paris, 1195. — Bellarm., Apologiæ, c. 8.
à 1650 de l”
min, cha] d'Oxford ] saintes Éci l primitiv de la sécu la nature :
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Jacques IT, Hollande.
Jacques | spirituel de sais ne rect tres, des n nettement :
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D nistres peuv
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Ministres 4, Jacques Ier
1 Wilkins, t, * Lingard, t, 9, |
(XX VIL. — De 1605
ngleterre, Bel.
à ses prédécesndre III en ces à: grâce de Dieu \ngleterre, due laine : salut, et 1e d'Angleterre droit féodal, je Jprenne ce que es matérielles, aint Pierre !,»
crivait au pape S dans sa per.
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apôtres règne este donc que aive de Pierre,
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itife romain en hard d’Anglee le duc d’Au-
ucoup de l'anes anciens rois royal, auquel int la part éleccette nouvelle Ilet 1683, sous e jour-là, elle positions, dont rive originaire- 1 exprès, entre bligations, eux nes deviennent ent d’après les avaient à leur tres de Bellar-
8 Epist, 146. —
à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 331
min, chapitre des conciles et du pontife , l’université anglicané d'Oxford les déclare fausses, séditieuses et impies , contraires aux saintes Écritures » décrets des conciles, écrits des Pères, à la foi de la primitive Église, et, de plus, destructives du gouvernement royal, de la sécurité de sa royale majesté, de la paix publique, des lois de la nature ét des lièns de la société humaine t, Voilà ce que décrétèrent à l'unanimité les docteurs de l’université protestante d'Oxford, cinq ans juste avant qu’ils envoyassent promener leur roi légitime Jacques IT, pour inaugurer à sa place l’usurpateur Guillaume de Hollande.
Jacques I", comme roi d'Écosse, n'était point le pape ou le chef spirituel de l’apostasie écossaise : le puritanisme ou calvinisme écossais ne reconnaissait ni pape ni évêques, mais simplement des prétes, des ministres ou des anciens. Les apostats écossais disaient nettement : Le gouvernement presbytérien est le sceptre du royaume de Christ, auquel les rois, aussi bien que les autres, sont obligés de s soumettre; et la suprématie du roi dans les affaires ecclésiastiques, soutenue par l’église d'Angleterre, esi injurieuse à Christ, le seul roi et chef de l'Église ?, Les Écossais n’admettaient pas davantage l'inamissibilité et l'inviolabilité de l'absolutisme royal. Ils disaient nettement : Les mauvais rois et les tyrans doivent être mis à mort; et si les juges et les magistrats inférieurs ne veulent pas remplir leur office, la puissance du glaive passe au peuple. Si la ma-
jeure partie du peuple refuse d'exercer cette puissance, alors les mi-
nistres peuvent excommunier un tel roi; après quoi il est loisible à chacun de ses sujets de le tuer, comme le peuple fit Athalie, Jéhu et Jézabel 3, Telle était la doctrine des puritains ou calvinistes d’Écosse, en particulier de Buchanan, précepteur de Jacques Ier dans & jeunesse. Le royal élève avait souvent remercié Dieu d'apparlenir à la plus pur église du monde ; il avait déclaré publiquement qu'il en maintiendrait les principes aussi longtemps qu’il vivrait. Une fois sur le trône d'Angleterre, il se convertit à l'église anglicane, etremercia Dieu de l'avoir conduit à la terre promise et de l'avoir placé dans un pays où la religion était dans toute sa pureté, et où ilsiégeait parmi des hommes graves, resjectables et instruits : il n'était plus, disait-il, un roi sans état, sans dignité, sans subordination, et bravé en face par de jeunes gens imberbes sous l’habit de Ministres 4,
Jacques Ier posa donc pour principe fondamental de sa politique,
Mikins, t. 4, p. 610. — * Ibid, t. 4, p. 611, n.20.—81bid., n, 23, — \Lingard, t. 9, p. 30 et 31.
nt nee AS
332 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVII. — De 1605
que là où il n’y avait point d'évêque (anglican) il n’y aurait bientét plus de roi (absolu). En conséquence, il s’efforça d'introduire en Écosse des évêques de sa fabrique : il y réussit à peu près; pour calmer les murmures des puritains, il leur permit de vexer plus li. brement les catholiques. En même temps, et au parlement d'Écosse et au parlement d'Angleterre, il faisait entendre clairement que, par là seul qu'il était roi, il avait tout pouvoir, et que, s’il consultait les pairs et les députés, c'était pure condescendance. Nonobstant toute l’éloquence du roi, cette doctrine n’entrait guère dans l'oreille de l'Écosse et de l'Angleterre, même protestante. Lui reconnaitre, comme chef de l’église anglicane, le droit de nous faire changer de croyance, de religion, de culte, d’un jour à l’autre, sous peine d'être pendus et éventrés, à la bonne heure; mais lui reconnaître le droit de mettre sa main dans notre poche, pour y prendre ce qu'il hi plaira, ceci est toute autre chose : ainsi raisonnaient les fortes têtes de l’Angleterre.
Quant aux mœurs de ce roi-pape et de sa cour, voici ce que l'histoire en conte. Ses principales vertus étaient l’inapplication aux affaires et l’amour pour la dissipation. Deux fois la semaine, Jacques Ier passait son temps à voir des combats de coqs : le maître de ces coqs recevait un salaire annuel qui égalait celui de deux secrétaire d'État. Tous les jours, la chasse tenait le roi-pape à cheval du matin au soir. Les fatigues de cet exercice étaient remplacées par les plaisirs de la table, où il se livrait avec excès. Les questions les plus importantes pour la nation restaient sans examen ni réponse; nonseulement les ambassadeurs étrangers, mais encore ses propres ministres, ne pouvaient, pendant plusieurs semaines, trouver l'instant de paraître en sa présence. Ils le supplièrent à genoux de donner plus d'attention aux affaires publiques : des lettres anonymes l’avertirent de son devoir, Une fois, son dogue favori Jowler, qui avait été perdu, revint avec la lettre suivante à son cou : « Bon monsieur Jowler, nous vous prions de parler au roi (car il vous écoute tous les jours, et n’en fait pas autant pour nous), afin qu’il plaise à & majesté. de s’en aller à Londres ; car toute la campagne s’est ruinée pour elle ; toutes nos provisions sont mangées, et il ne nous € plus possible de l'entretenir. » Les comédiens ridiculisaient les faiblesses du roi-pape sur le théâtre, l'y représentaient pansant st chiens et ses faucons, battant ses domestiques ou buvant jusqu'à l'ivresse. Le roi-pape ne fut nullement ému de tout cela. Il répotdit qu'il n’entendait pas se rendre esclave ; que sa santé, qui était là santé et le bien-être de tous, demandait de l'exercice et des récré tions, et qu’il retournerait plutôt en Écosse que de consentir à &
à 1650 de
claquemu seil 4,
Sa fem aux masc vresse de le roi de | festin et u « Après ( L'arrivée faire. L:
plus préci les march genoux de sur son servit de x se leva et même et s et on le m de la reine sonnes qui
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Lingard, t
XXVIL, — De 1605
y aurait bientôt d'introduire en Jeu près; pour le vexer plus liment d'Écosse ement que, par il consultait les onobstant toute lans l’oreille de ui reconnaitre, aire changer de us peine d'être nnaître le droit dre ce qu’il lui : les fortes têtes
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à 1680 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 333
claquemurer dans un cabinet ou à s’enchaîner à la table du conseil ,
Sa femme, la papesse Anne de Danemark, présidait aux bals et aux mascarades. Ces spectacles manquèrent plus d’une fois par l'ivresse des seigneurs et des dames qui devaient y figurer. En 1606, le roi de Danemark étant venu voir sa sœur, on lui donna un grand festin et un bal masqué, dont un témoin oculaire parle en ces termes : « Après dîner, on donnait la représentation du Zemple de Salomon. L'arrivée de la reine de Saba se fit, ou, pour mieux dire, devait se faire. La dame qui jouait le rôle de la reine apportait les dons les plus précieux à leurs majestés (danoise et anglaise) ; mais, oubliant les marches qui montaient sous le dais, elle jeta la cassette sur les genoux de sa majesté danoise et tomba à ses pieds, ou bien plutôt sur son visage. [1 y eut beaucoup de bruit et de confusion. On se servit de nappes et de serviettes pour tout nettoyer. Sa majesté alors se leva et voulut danser avec la reine de Saba; mais il tomba luimême et s’humilia devant elie. On l’emporta dans une autre chambre, et on le mit sur un lit de parade qui n’était pas peu gâté des présents de la reine. La fête et la parade continuèrent. Beaucoup de personnes qui portaient les présents allaient de travers et tombaient ; Car le vin leur était monté au cerveau. On vit enfin paraître, dans de riches habillements, l'Espérance, la Foi et la Charité. L'Espérance éssaya de parler ; mais elle avait tant bu, que ses efforts furent inuiles et qu’elle se retira. La Foi était alors toute seule, mais elle quitta la cour tout en chancelant. La Charité vint aux pieds du roi el parut vouloir couvrir la foule des péchés que ses sœurs avaient commis ; elle fit la révérence et des présents. Elle revint alors vers l'Espérance et la Foi, qui étaient malades et vomissaient dans une
| salle basse 2. » Telles étaient les édifiantes cérémonies à la cour
apostolique du pape anglican Jacques Ier.
Cependant la prétention d’être roi absolu au temporel, pape absolu au spirituel, fut une graine de révolution qui coûtera la vie à son successeur et le trône à sa dynastie. Le père soutenait cette doctrine plus en théorie qu’en pratique, plus en auteur pédantesque qu'en souverain, Son fils et successeur, Charles Ier, en fit le premier article de son credo héréditaire, la règle pratique de son gouverne-
E ment. Dès le début de son règne, il essaya d’imposer, de sa seule L autorité, diverses taxes à l'Angleterre. Le parlement fit des plaintes
et des oppositions : Charles [er résolut de gouverner sans parlement. Son favori et principal ministre est assassiné en 1628 3, Le roi im-
‘ Lingard, t, 9, p. 114 et 115. —*Ibid., p. 147, note, —® Ibid., c. 4.
334 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVII. — De 1605
pose une taxe pour la marine : la plupart des juges décident qu'il en a le droit, d’autres pensent le contraire. En 1636, un gentilhomme de la campagne, nommé Hampden, refuse de payer sa vart de l'impôt, par la raison qu’il était illégal : la question est longuement et vivement débattue; la majorité des. juges prononcèrent en favey du roi, mais leurs arguments sont trouvés faibles par le peuple, qui se persuade qu’ils ont prononcé d’après leur intérêt plutôt que selon leur conscience.
Jacques [e' avait rétabli tellement queliement l’épiscopat en Écosse, L'an 1633, Charles [e' proposa au parlement écossais, qu’il ouvrit en personne, de confirmer les statuts concernant la religion, et d'investir la couronne du pouvoir de régler le costume des ecclésiastiques : tous les membres s’y refusèrent avec fermeté, et repoussèrent h juridiction des évêques. Le roi leur ordonna sévèrement de voter, non de contester; et, leur montrant un papier qu'il tenait à la main, il s'écria : Vos noms sont ici! aujourd’hui, je verrai ceux qui veulent me servir. — Le président affirma que la majorité s'était prononcée pour les deux bills; le contraire fut soutenu par les adversaires ?, En vertu de ces lois équivoques, le roi entreprit encore plus qu'elles ne lui accordaient.
Les puritains ou Calvinistes d'Écosse ne suivaient, dans leur service divin, aucune forme réglée d'avance : chaque ministre y préchait, y priait, comme il se sentait inspiré, mêlant à ses prédications et prières enthousiastes toute espèce de sujets d'intérêt local, national ou politique. Le roi s'avisa de leur prescrire une liturgie plus régulière ; elle fut adoptée par les évêques et le clergé épiscopal, mais repoussée avec énergie par les saintes femmes des puritains. Le vingt: trois juillet 4635, l’évêque et le doyen d'Édimbourg, aCCOMpagnés des magistrats, pour inaugurer le nouveau service, se rendirent à la cathédrale. Elle était déjà remplie, principalement de femmes. De l'instant où le doyen commence l'office, on n’entend que des cris, des sifilets, des imprécations. Les femmes de tout rang se mettent à crier : On dit la messe! Baal est dans l’église! Elles apostrophent le ministre sous les noms les plus injurieux. Elles brandissent les tabourets sur lesquels elles avaient coutume de s’asseoir ; quelquesuns même sont lancés dans la direction de la chaire. Le doyen, effrayé du tumulte, cède la place à l’évêque, dont la voix est aussi: tôt étouffée par les : ris de : Renard! loup! ventru ! Il était en eflet d’une corpulence remarquable.Quelques moments après, un tabourel lancé par un bras vigoureux vint sifller à son oreille et l’avertir de
4 Lingard, t. 10, p. 3.
à 1650 de
faire une ir les pl arriva de christ ! la de gagner gnirent, C'étaier avaient all tinuer. Tr dre de li nombre s’ où le gou:
Le roi fut il comptai tes, inforn en avant.
yinces, ave opinions di mars 1634 entre Israë cfiorts pou E dix septen NOUVEAUX ] nait de ren tares, asse qu'en mati condamnèr munièrent {ous ces ac de joie, et Comme ils des armes, moment qu nal de Rich tonmencèr eut un acca remit la dé spirituel; ax
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tosse, qui ci
! Lingard, t
CXXVII. — De 160 > décident qu'il an gentilhomme sa wart de lim.
| longuement et èrent en faveur r le peuple, qui plutôt que selon
copat en Écosse, , qu'il ouvrit en on, et d'investir ecclésiastiques ; repoussèrent la ment de voter, enait à la main, i Ceux qui veurité S’était pro- | par les adverprit encore plus
lans leur service re y préchait, y prédications et local, national rgie plus réguipiscopal, mais tains. Le vingt:
» ACCOMpagnés > rendirent à la de femmes. De d que des cris, ang se mettent s apostrophent brandissent les eoir ; quelquesre. Le doyen, voix est aussi- Il était en efiel ès, un tabouret et l’avertir de
à 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 335
faire une prompte retraite. Cependant les magistrats avaient fait sorir les plus mutins et fermer les portes; mais une gréle de pierres arriva de dehors avec les cris répétés : Au Pape ! au Pape! à l’antechrist! lapidez-le ! jetez-le dehors ! L'office terminé, le prélat se hâta de gagner son logement ; mais une: foule.de dévotes puritaines l’atteigoirent, le renversèrent et le roulèrent dans la boue 1,
C'étaient les prédicants calvinistes qui, du haut de la chaire, avaient allumé cette révolution de femmes. Ils eurent soin de la contnuer. Trois d’entre eux adressèrent au roiune pétition contre l'ordre de lire le nouveau service. Comme on n'y répondait pas, le
nombre s’en augmenta jusqu’à des milliers, accompagnées d’'émeutes
où le gouverneur d’Écosse et deux évêques manquèrent de périr,
Le roi fut obligé de céder, tantôt sur un article, tantôt sur un autre :
il comptait revenir sur ses concessions plus tard. Mais les Cailvinistes, informés de ses intentions les plus secrètes, allaient toujours en avant. Îls s’organisèrent par toute l'Écosse en comités de provinces, avec un comité général à Édimbourg, pour recueillir les opinions des autres et décider en dernier ressort. Enfin, le premier mars 1638, ils jurèrent un nouveau covenant ou acte d'alliance entre Israël et Dieu, suivant leur langage. Le roi, après d'inutiles efforts pour annuler les comités, fit publier une proclamation, le
| dix septembre, qui supprimait la nouvelle liturgie, exemptait les
Touveaux prédicants du serment de suprématie royale, mais ordonait de renoncer à la nouvelle alliance. Au lieu d’obéir, les covenanaires, assemblés à Glascow, maintinrent leur alliance, arrétèrent qu'en matière spirituelle l'église est indépendante du pouvoir civil, condamnèrent la liturgie anglicane, abolirent l'épiscopat, excommunièrent ou destituèrent les évêques et leurs soutiens. Le roi cassa ous ces actes; mais les Écossais les reçurent avec des transports de joie, et consacrèrent un jour de fête pour en remercier le ciel. Comme ils savaient que le roi se disposait à les réduire par la force des armes, ils se préparèrent à la guerre de leur côté. C'est dans ce moment qu'ils reçurent des encouragements et des secours du cardial de Richelieu, principal ministre de Louis XIII 2. Les Écossais tmmencèrent les hostilités; les deux armées se rencontrèrent, il y
ut un accommodement. Le roi céda sur la plupart des articles, et
remit la décision des autres à l'assemblée des prédicants, pour le
spirituel; au parlement, pour le temporel. Il pensait ouvrir en per-
p Sonne l’une et l’autre, mais il eut peur des saintes femmes d'É-
(ose, qui continuaient à insulter les premiers officiers de l'État. Son
! Lingard, t, 10, p. 58. — 2Ibid., p. 71.
336 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVII, — De1ços
lieutenant ouvrit d’abord l'assemblée, qui contirma l'abolition de
l'épiscopat en Écosse. Le parlement demandait, en conséquence, que les évêques fussent exclus de son sein, lorsqu'il fut prorogé. En 164, le parlement écossais s’assembla de lui-même, vota une taxe pour la guerre, nomma un conseil militaire, dont la moitié devait constamment résider à Édimbourg et l’autre moitié suivre les mouve. ments de l'armée. On se rencontra de nouveau, on négocia un nouvel accommodement.
En Angleterre, après plusieurs années d'interruption, le roi convoqua le parlement en 1640, pour avoir de l’argent et des troupes. Au lieu de lui en donner, le parlement se plaignit dela violation de ses priviléges, des innovations en matière de religion, et de l'envahissement des propriétés particulières. Le roi en p:> nonça la dissolution, mais permit à l'assemblée du clergé anglican de continuer ses séances. On y ordonna entre autres que tout ecclé. siastique, une fois tous les trois mois, instruirait ses paroissiens des droits divins du roi et du péché damnable de résister à son autorité, Les circonstances devenant toujours plus difficiles, le roi fut contraint d’assembler d’abord la moitié de son parlement, les pairs, puis enfin le parlement tout entier. Il recommanda trois points à l’attention des deux chambres : la destruction des rebelles, le payement de l’armée et la réforme des abus. Ces rebelles étaient les Écossais en armes; mais les députés des communes fraternisaient avec les Écossais : les puritains, les républicains même commençaient à se multiplier en Angleterre. Le parlement s’occupa donc uniquement de la réforme des abus, surtout de la taxe illégale pour la marine. Le comte de Strafford, principal ministre du roi, passait pour le principal auteur de tous les abus. Il fut accusé par la chambre des communes, condamné par cette même chambre et par celle des pairs, et décapité, l'an 1642, sur un ordre signé du roi. L’archevêque anglican de Cartorbéri, Laud, se voyait menacé d’un pareil sort : en attendant, ilfit jeté en prison; on lui coupa la tête en 1645. L’Angleterre était en pleine révolution : le roi leva une armée, le parlement une autre. On se battait, on négociait ; les secrets de chaque parti étaient vendus à l’autre. Les parlementaires anglais, que seconda jusqu’à sa mort le cardinal de Richelieu ?, se liguent avec les convenantaires d'Écosse, qui envoyèrent une armée à leur secours. Charles convoque un parlement royaliste à Oxford.
Dans l’armée parlementaire se distinguait Olivier Cromwell, té en 1599. Ayant embrassé la secte des puritains, il assista régulière
1 Lingard, t. 10, p.93. — ? Ibid. p. 245.
à 1650 de
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l force du bérantes, 1 desoldats.
comme lier En 1646, 1 Ceux-ci, a:
huit cent m après que 1 ritains se d manière de inclinent à :
parlement a l'armée, Ma Pour princi régler son ct de roi. Les } avec le roi ç | chassent leu:
tourage de toi, pour se 4 l'armée 1,
! Lingard, t, Axv.
XXXVIL, — De1ç0s
a l'abolition de nséquence, que orogé. En 1640, \ une taxe pour tié devait conivre les mourve.
on négocia un
ruption, le roi l'argent et des > plaignit del ère de religion, Le roi en p:> clergé anglican que tout ecclé.
paroissiens des à son autorité!, roi fut contraint pairs, puis enfin à l'attention des ment de l’armée sais en armes; es Écossais : les e multiplier en t de la réforme e. Le comte de principal auteur ommunes, CONrs, et décapité, inglican de Can-
attendant, il fut gleterre était en ment une autre, li étaient vendus jusqu’à sa mor enantaires d'Éiarles convoque
r Cromwell, n ssista régulière
ec le roi captif, et c'était vrai, Dans plus d’un ré chassent leurs officiers : la subordination se rétabli
à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. ment à leurs assemblées, et s’y distingua même laient les dons de la prière et de la prédication ; avons vu, ces Calvinistes d'Écosse n’avaient rien de leur culte, tout y était abandonné à l'enthousiasm
641, Cromwell
entra comme député de l’université de Cambridge, où il avait fait
ses études. Lorsque la guerre éclata entre le roi et ]
pe, il priait et préchait en puritain fnatique, se battait, remportait la victoire en Capitaine expérimenté. armée, sous le commandement lord Fairfax, Le roi, brouillé intervention des officiers mili- Pour attirer aux troupes toute k force du gouvernement : il s’y établit comme deux chambres déligénéraux, l’autre de sous-officiers et desoldats, Cromwell était l'âme de l’une et de l’autre, non-seulement comme lieutenant général, mais comme prédicateur enthousiaste, En 1646, le roi se réfugie au milieu des Écossais, ses compatriotes. Ceux-ci, au commencement de l’année suivante, le revendent pour huit cent mille livres Sterling aux saints ou puritains d'Angleterre, après que le parlement se fut reconnu le droit de le déposer. Les purilains se divisent : les presbytériens ne veulent souffrir que leur manière de culte ; les indépendants, subdivisés en plusieurs sectes,
inclinent à tolérer toute manière quelconque. Les presbytériens du parlement anglais en chassent les indépendants
l'armée, Mais dans l’armée même se forme une
régler son culte comme elle l'entend, sans l'intervention d'évêques ni
d roi. Les niveleurs SOupÇonnent Cromwell de traiter secrètement giment les soldats
t avec peine par le Courage de Cromwell, qui oublie dès lors son engagement avec le
toi, pour se faire à lui-même des amis dans le parlement et dans
| l'armée 1,
‘ Lingard, t, 10, p, 414.
Axv. 22
338 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVII. —De1(0s
Les principes des niveleurs sont embrassés par la majorité des soldats, et trouvent des prosélytes parmi les officiers. Ces fanatiques découvrent dans la Bible que le gouvernement des rois est odieux à Dieu, et ils prétendent que, dans le fait, Charles Stuart n’a plus de droit au sceptre. Cromwell invite les défenseurs de cette doctrine à se réunir dans sa maison, à la chambre haute de l’armée. La question y est débattue ; mais il a grand soin, ainsi que ses collègues, de cacher ses véritables sentiments. Sans contredire ouvertement les principes mis en avant par les niveleurs, ils affectèrent de douter qu’il füt possible de les mettre en pratique. Cromwell partit pour l'Écosse, où il battit les royalistes, Dans l'intervalle; les Calvinistes révolutionnaires découvrirent dans le livre des Nombres que le sang souille la terre et que la terre ne peut être purifiée du sang versé que par le sang de celui qui l'a répandu ; d’où ils infèrent que Dieu leur a imposé le devoir de demander compte au roi de tout le sang versé pendant la guerre civile. Des pétitions militaires sont adressées en ce sens à la chambre des communes, dont la majorité les repousse, Le 39 novembre 1648, le conseil des officiers publie contre la chambre une déclaration menaçante. La majorité est accusée d’avoir abandonné ses anciens principes; les officiers en appellent de son autorité au jugement extraordinaire de Dieu et du bon peuple ; ils invitent les membres fidèles à protester contre la conduite passée de leurs collègues, et à se placer sous la protection de l’armée ; ils soutiennent que, puisque Dieu a donné le pouvoir aux officiers, il leur a aussi fait un devoir de pourvoir à l’organisation du royaume et à la punition des coupables. En conséquence, quelques régiments entrent à Londres et purifient le parlement de telle manière, qu’il n’y reste qu’une cinquantaine de membres, qui furent baptisés du sobriquet de Croupion.
Les indépendants ou la faction militaire obtiennent de ce parkement croupion une ordonnance qui crée une cour de haute justice pour juger si Charles Stuart, roi d'Angleterre, n’est pas coupable de haute trahison envers le parlement et le royaume ; mais la chambre des lords rejette l'ordonnance. Les indépendants obtiennent des communes une déclaration que le peuple est l'origine de tout pouvoir légitime; et de cette vérité théorique, dit Lingard, ils déduisent deux erreurs de pratique. Comme si aucune portion de ce pouvoir n’eût jamais été déléguée au roi et aux lords, ils arrètent que les communes d'Angleterre, assemblées en parlement, étant choisies par le peuple et le représentant, possèdent l’autorité suprême; et de li ils infèrent que tout ce qui est ordonné et déclaré loi par les com-
munes en parlement, a force de loi et engage tout le peuple de lanttion, même quand le roi et la chambre des lords n’y auraient pa
donné parole pour € dans Li rigour la volo Ler Anglai tion m cessait satisfai militais menac ambass un refu pronon Le 2 commu soixant avec un condam ciers m:
Avan!
d'échau chaire q heur du visiblem les Juifs saints ét de plus ; grand B:
John de la par de sauve vier, sor mettre; ] dans des changés, vait pas € porte; OI
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donné leur consentement 1, Quant à Cromwell, lorsqu'il prenait la parole dans la chambre, c'était pour recommander la modération, pour exprimer les doutes dont son esprit était agité, et protester que, dans le cas où il donnerait son assentiment à des mesures sévères et rigoureuses, ce serait avec répugnance, et seulement pour obéir à la volonté du Très-Haut 2,
Le roi Charles Ier, lorsqu'il eut été vendu par les Écossais aux Anglais, se vit prisonnier de la faction parlementaire, puis de la faction militaire, Deux fois il s’échappa, deux fois il fut repris. Il ne cessait de négocier avec ses adversaires : le parlement s'était déclaré satisfait des dernières conditions, lorsqu'il fut épuré par la faction militaire. Aucun roi ne fit de démarches pour sauver ce roi captif et menacé de l'échafaud. Il n’y eut à. intercéder. en sa faveur que les ambassadeurs de la république de Hollande, où son fils avait trouvé un refuge. On ne leur donna audience que lorsque la sentence eut été prononcée 3,
Le 20 janvier 1649, les commissaires nommés par la chambre des communes se réunirent dans la salle de Westminster au nombre de soixante-dix : l'avocat Bradshaw les présidait. Charles y comparut avec une contenance assurée, releva l’incompétence du tribunal, fut condamné le 27 et décapité le 30 janvier (vieux style), par deux officiers masqués en bourreaux.
Avant et pendant le procès, on essaya par toutes sortes de moyens d'échauffer l'esprit du peuple. Un prédicant calviniste annonça en chaire qu’il venait d'avoir une révélation; que, pour assurer le bonheur du peuple, il était urgent d’abolir la monarchie : que le roi était visiblement Barabbas, et l’armée le Christ ; qu'il ne fallait pas imiter les Juifs, délivrer le voleur au lieu du juste; que plus de cinq mille Saints étaient dans l’armée, et des saints tels qu’il n'y en avait pas de plus grands dans le paradis ; qu'ainsi justice devait être faite du grand Barabbas de Windsor.
John Cromwell, alors au service de Hollande, vint en Angleterre de la part du prince de Galles et du prince @’Orange, pour tâcher de sauver le roi. Introduit, avec beaucoup de peine, auprès d’Olivir, son cousin, il chercha à l'effrayer du crime près de se commettre; il lui rappela, à lui Olivier Cromwell, qu’il l'avait vu jadis dans des opinions plus loyales. Olivier répliqua que les temps étaient changés, qu’il avait jeûné et prié pour Charles, mais que le ciel n’aait pas encore donné de réponse. John s’emporta et alla fermer la porte; Olivier crut que son cousin le voulait poignarder. « Retournez
* Lingard, t. 10, 455, — 2 P, 456, — 3 P, 456.