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l'oppression, et les presbytériens voyaient le fruit d’une révolution qu'ils avaient semée recueilli par les indépendants, les agitateurs et ls niveleurs.
Ces niveleurs étaient de plusieurs espèces : les uns, les fouilleurs et déracineurs, s'emparaient des bruyères et des champs en friche: les autres, les guerriers et les turbulents, soulevaient les soldats ou devenaient voleurs de grand chemin : tous demandaient la dissolution du long parlement et la convocation d’un parlement nouveau. Dans cette désorganisation complète de la société, au milieu de la potence et des échafauds qui s’élevaient Pour punir le crime et la vertu, On n'avait aucun parti arrêté; par une sorte de bonne foi que l'anarchie laissait libre, il était très-commun d'entendre des républicains parler de mettre Charles II à la tête de la république, et des royalistes déclarer qu’une république était peut-être ce qu'il y avait de mieux.
L restait cependant à Londres deux principes de gouvernement et d administration : lecroupion et le conseil des officiers qui avaient déjà subjugué le croupion. On examina d’abord si la chambre des pairs faisait partie intégrante du pouvoir législatif; malgré l'opinion de Cromwell, qui, dans ses intérêts, voulait garder la pairie, il fut décidé que la chambre héréditaire était inutile et dangereuse : on en décréta la suppression. La monarchie éprouva le même sort : le maire de Londres refusa de proclamer l’acte d’abolition de la royauté. Le royaume d'Angleterre se trouvant transformé en république, un nouveau grand sceau fut gravé; il représentait d'un côté la chambre des communes, avec cette inscription : Le grand sceau de la république d'Angleterre ; sur le revers on voyait une croix et une a ni . l'Angleterre et de l'Irlande, avec ces mots : Dieu
nous; dans l’exergu isait : Z’ ] 'berté M où spl ch e on lisait : L'an premier de la liberté, par la
Cependant l'Irlande s'était soulevée en faveur du roi. Cromwell fut nommé au gouvernement civil et militaire d'Irlande. Il partit accompagné d'Ireton, son gendre, après avoir cherché le Seigneur, devant Harrison, et expliqué les Écritures. Il aborde à l'ile dévouée avec dix-sept mille vétérans et une garde particulière de quatrevingts hommes, tous officiers. Trédall est emporté d'assaut ; Crom- He lui-même à la brèche : tout périt du côté des Irlandais. be ir Saccagé, Goran rendu par les soldats ; les officiers sont Mi * D'autres places se soumettent. Cromwell et Ireton portent
lande, comme ils l'avaient annoncé, l’extermination et l'enfer.
1 Châteaubriand, Les Quatre Stuarts.
caidité las
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Cromwell, au milieu de ses victoires, est rappelé pour repousser les Écossais : ceux-ci s'étaient décidés à reconnaître les droits de Charles If, mais à la charge pour lui de publier cette déclaration déshonorante : « Que son père avait péché en prenant femme dans une famille idolâtre ; que le sang versé dans les dernières guerres devait être imputé à son père; qu'il avait une profonde douleur de la mauvaise éducation qu’on lui avait donnée, et des préjugés qu'on lui avait inspirés contre la cause de Dieu, et dont il reconnaissait à présent l'injustice; que toute sa vie précédente n'avait été qu’un cours suivi d’inimitié contre l’œuvre de Dieu ; qu’il se repentait de la commission donnée à Montrose (officier royaliste pendu par les Écossais), et de toutes ses actions qui avaient pu scandaliser; qu'il protestait devant Dieu qu’il était à présent sincère dans sa déclaration, et qu’il s'y tiendrait jusqu’à son dernier soupir, tant en Écosse qu’en Angleterre et en Irlande. »
Cromwell marcha contre les Écossais à la tête de dix-huit mille hommes. 11 les attaqua à Dunbar, et les défit le 3 septembre 1650. L'année suivante, après avoir conquis une partie de l'Écosse, il s'attacha aux pas de Charles II, qui s'était avancé en Angleterre avec une armée ; il l’atteignit à Worcester, Le combat se livre le 3 septembre 1651, jour anniversaire de la bataille de Dunbar : deux mille royalistes sont tués; huit mille prisonniers sont encore vendus comme esclaves. On trouve cette habitude de trafiquer des hommes jusque sous Jacques II.
Le jeune roi fuit seul, et, à travers mille déguisements et aventures, débarque sain et sauf en Normandie. Cromwell revint triompher à Londres. Le parlement envoya une députation au-devant de lui. Le général fit présent à chaque :ommissaire d’un cheval et de deux prisonniers : toujours même 1..épris des hommes parmi ces républicains. Les historiens n’ont pas remarqué ce trait de mœurs qui distingue les Anglais d’alors de tous les peuples chrétiens de l’Europe civilisée, et les rapproche des peuples d'Orient. Monck, laissé en Écosse par Cromwell, l’acheva de soumettre. Le royaume de Marie Stuart fut réuni, par acte du croupion, à l'Angleterre : ce que n'a vaient pu faire les plus puissants monarques de la Grande-Bretagne.
Toutes les puissances de l’Europe, et l'Espagne la première, avaient reconnu la république. L’Irlande était domptée, l'Écosse soumise et réunie à l'Angleterre; une flotte, commandée par Robert Blake, gardait les mers autour des îles Britanniques ; une autre croi-
sait sur les côtes du Portugal. Les Indes occidentales, les Barbades
et la Virginie, soulevées d’abord, furent réduites à l’obéissance. Le
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à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 343
ment en 1651, rendu exécutoire le 4er décembre de cette même: année, n'est point, comme on l’a écrit mille fois, l'ouvrage de l'administration de Cromwell, mais de la république avant l'établissement du protectorat.
Cromwell s’aperçut que ce reste d'assemblée, nommé le croupion, soumis d'abord et humilié, commençait à être jaloux du pouvoir que lui, Cromwell, avait acquis. Le futur usurpateur de l’autorité légale avait manœuvré longtemps entre les divers partis, tour à tour presbytérien, niveleur et même royaliste, mais s'appuyant toujours sur l'armée, qù l'esprit républicain dominait, autant que cet esprit peut exister au milieu des armes. Ayant donc repris son siége au parlement (16 septembre 1651), il passa la rédaction d’un bill pour mettre fin à ce parlement interminable : il ne le put obtenir qu'à la majorité de deux voix, quarante-neuf contre quarante-sept; encore l’exécution du bill fut-elle remise au 3 novembre 1654.
Le rusé général avait eu l'adresse de remplir toutes les places de ses créatures : les soldats lui étaient dévoués. Depuis la bataille de Worcester, qu’il appelle, dans sa lettre au parlement, la victoire couronnante, il dissimulait à peine ses projets. La modération, besoin de tout homme qui, près d'arriver au pouvoir, s’y veut maintenir, était devenue l'arme de Cromwell : il avait fait publier une amnistie générale, et se montrait favorable aux royalistes. Il présidait à des assemblées, à des colloques, à des traités entre les partis, et trompait tout ie monde. Le colonel Harrison, franc républicain, mais aveugle d'esprit, prétendait toujours que le général, loin de se vouloir faire roi, ne songeait qu’à préparer le règne de Jésus. « Que Jésus vienne donc vite, répondit le major Streater, ou il arrivera trop tard. » Cromwell, de son côté, déclarait que le psaume cent dix l'encourageait à mettre la nation en république ; et, à cette fin, il engageait le comité d'officiers à présenter des pétitions qui devaient amener, par l'opposition des parlementaires, la destruction de la république. Une de ces pétitions demandait le payement des arrérages de l’armée et la réforme des abus ; une autre sollicitait la dissolution immédiate du parlement et la nomination d'un conseil pour gouverner l'État jusqu’à la prochaine convocation du parlement nou- Veau, Emportées par leur ressentiment, les communes déclarèrent que quiconque présenterait à l'avenir de pareilles doléances serait coupable de haute trahison. On vint apprendre cettenouvelleà Crom- Well, qui s’y attendait. Il s’écria, animé d’une feinte colère, au milieu des officiers : « Major général Vermont! je me vois forcé de faire une chose qui me fait dresser les cheveux sur la tête. » Il prend irois cents soldats, marche à Westminster, laisse les trois cents sol-
dats, en dehors et pénètre seul dans la chambre : il était député,
Il écoute un moment en silence la délibération ; Puis, appelant Harrison, membre comme lui de l'assemblée, il lui dit à l'oreille : « ÎL est temps de dissoudre le parlement. » Harrison répondit : « C'est une dangereuse affaire, songez-y bien, » — Cromwell attend en. core; puis, se levant tout à coup, il accable les communes d’outrages, les accuse de servitude, de cruauté, d’injustice : « Cédez la place, s’écrie-t-il en fureur; le Seigneur en a fini avec vous! ila choisi d’autres instruments de ses œuvres. » Un membre veut répondre ; Cromwell l'interrompt : « Je ferai cesser ce bavardage, Vous n'êtes pas un parlement ; je vous dis que vous n'êtes pas un park. ment. » — Le général frappe du pied : les portes s'ouvrent; deux files de mousquetaires entrent dans la chambre et se placent à droite et à gauche de leur chef. Le député Vane veut élever la Voix : « sir Henry Vane ! sir Henry Vane ! dit Cromwell ; le Seigneur me délivre de sir Henry Vane ! » Désignant alors tour à tour quelques-uns des membres présents : « Toi, dit-il, tu es un ivrogne ; toi, un débauché (c'était Martyn, ce régicide dont il avait barbouillé le visage dencre); toi, un adultère; toi, un voleur. » Ce qui était vrai, Harrison fait descendre le président de son fauteuil en lui tendant la main. Le troupean épouvanté sort pêle-mêle; tous ces hommes s’enfuient sans oser tirer l’‘pée, que la plupart portaient au côté. « Vous m'avez forcé à cela, disait Cromwell ; j'avais prié le Seigneur nuit et jour de me faire mourir plutôt que de me charger de cette commission. » — Alors, montrant du doigt aux soldats la masse d’arme : « Emportez cette marotte. » Il sort le dernier, fait fermer les portes, met les clefs dans sa poche, et se retire au palais de Whitehall. Le lendemain, On trouva suspendu à la porte de la chambre des communes un écriteau ainsi conçu : Chambre à louer, non meublée !, Cromwell était Henri VIII sous une autre forme.
Il lui était facile de convoquer un parlement libre ; il ne le voulut pas : il cherchait ie pouvoir, non la liberté. L’Angleterre, d’ailleurs, était lasse de parlements ; après l'anarchie, on respirait pour le despotisme. Le conseil des officiers qui avait présenté la pétition décisive s’arroges le droit d'élection ; il choisit (toujours à la suggestion de Cromwell) dans le parti millénaire les hommes les plus obscurs, les plus ignorants, les plus fanatiques : cent quarante-quatre personnsges, ainsi triés, furent revêtus du pouvoir souverain. Harrison, sectaire de la cinguième monarchie, prêtait les mains à toutes ces violences ; il demandait seulement que le nouveau conseil fût composé de
! Châteaubriand, les Quatre Stuarts.
[Liv. LXXX VII, — De 1605
à1650 de
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LXXXVIL.— De 1605 : : il était député, 3 Puis, appelant ii dit à l'oreille :
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