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; il ne le voulut terre, d’ailleurs, ait pour le despétition décisive a suggestion de lus obscurs, les uatre personna- . Harrison, secputes ces violenfüt composé de
à1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 345
soixante-dix membres, pour mieux ressembler au sanhédrin des Juifs. Dans le club législatif des cent quarante-quatre saints, il fallait avoir de longs noms composés et tirés de l'Écriture. Des deux frères Barebone, l'un, le corroyeur, s'appelait Loue-Dieu ; l'autre, Si Christ n'était pas mort pour vous, vous seriez damné, Barebone. Ce Barebone, dont le nom signifie en français décharné, donna son nom aux cent quarante-quatre ; au parlément croupion succéda le parlement damné Barebone, ou le damné décharné.
Lorsque ces saints entraient en séance à Westminster, ils récitaient des prières, cherchaient le Seigneur des journées entières, et expliquaient l'Écriture ; cela fait, ils s’occupaient des affaires dont ils se croyaient saisis. Cromwell ouvrit la session des décharnés par un discours qu'il accompagna de pieuses larmes, remerciant le ciel d’avoir assez vÉCU pour assister au commencement du règne des saints sur la terre, — Cinq mois s’étaient à peine écoulés, lorsque ces cent quarante-quatre saënis, ne pouvant plus gouverner au milieu de la risée publique, chargèrent leur président, créature de Cromwell, de remettre l'autorité entre les mains de celui qui les en avait revétus. Cromwell l'avait prévu ; il accepta en gémissant le poids de l'autorité souveraine. Quelques pauvres d'esprit, qui n'étaient pas de la faction militaire, s'obstinèrent à siéger, malgré la désertion du président et du sergent, qui avait emporté la masse. Le capitaine White entra dans la chambre, et demanda à ces saintsentêtés ce qu'ils faisaient Ià (12 décembre 1633). — Nous cherchons Seigneur, répondirentils, — Allez donc ailleurs, s’écria White; le Seigneur n’a pas fréquenté ce lieu depuis longues années 1.
Le conseil des officiers militaires brocha une nouvelle constitution, qui plaçait la puissance législative dans un parlement et un protecteur. On supplia Cromwell d'accepter le protectorat de la république : il Syrésigna, le 26 décembre 1653, non sans un air convenable de
| répugnance. Il assembla plusieurs parlements, les cassa quand ils
n'étaient point assez dociles, rétablit les deux chambres au lieu d’une, Souverna l'Angleterre avec intelligence, fermeté et gloire au dedans ttau dehors, se vit recherché de toutes Îles puissances étrangères, notamment de Louis XIV, et mourut tranquillement de la fièvre, dans son lit, le 13 septembre 1658, à l’âge de cinquante-huit ans.
Sa tranquillité était fondée sur les premiers principes du calvi-
| nisme, — Dites-moi, demanda-t:il à Sterry, un de ses chapelains,
t-il possible de déchoir de l'état de grâce ? — Cela n’est pas possible, Kpondit le ministre, — Alors, s’écria le mourant, je suis en sûreté,
! Châteaubriand, les Quatre Stuarts.
DO EE PET EEE SRE AO LES USS
346 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXX VII. — Deos
car je sais que j'ai été une fois en état de grâce. — Dans cette con. viction, il pria, non pour lui-même, mais pour le peuple de Dieu: « Seigneur, dit-il, quoique je ne sois qu’une misérable créature, je suis en relation avec toi par le moyen de ta grâce, et je puis et je dois approcher de toi pour ton peuple. Tu as fait de moi un humbk instrument pour leur faire quelque bien et travailler à ton servie, Beaucoup d’entre eux m’ont estimé plus que je ne valais, quoiqu'il y en ait d'autres qui se réjouiraient de ma mort. Seigneur, de quel que manière que tu disposes de moi, continue et ne cesse de ler faire du bien. Enseigne à ceux qui considèrent trop tes instrument à compter davantage sur toi; et pardonne à ceux qui désirent foule aux pieds la poussière d’un pauvre ver de terre, car ils sont aux ton peuple. » Quand il eut rendu le dernier soupir, le chapelan Sterry s’écria : Cessez de pleurer, vous devez plutôt vous réjouir. || était votre protecteur ici-bas, il sera un protecteur encore plus puis. sant, à présent qu’il est avec le Christ, à la droite du Père. —Un autre personnage plus grave annonça cet événement au gouverneur d'Irlande, avec la même confiance dans la sainteté de Cromwell : 1 est monté au ciel embaumé dans les larmes de son peuple, et porté sur les ailes des prières des saints 1,
Le lendemain, 14 septembre, Richard Cromwell, fils aîné du défunt, est proclamé protecteur. C'était un homme commun; il ne sit que faire de la gloire et des crimes de son père. L'armée, depui longtemps domptée par son chef, reprit l'empire. L’oncle dei chard et son beau-frère se mirent, avec le général Lambert, à latéte des officiers, et forcèrent le faible protecteur de dissoudre le park: ment, qui seul le soutenait. Chaque jour amenait un nouvel embarra, une nouvelle peine; Richard, qui s’oubliait et qu’on oubliait, qu détestait le joug militaire et qui n’avait pas la force de le rompre, qu n'était ni républicain ni royaliste, qui ne se souciait de rien, qu laissait les gardes lui dérober son diner et l'Angleterre aller tout seule, Richard abdiqua le protectorat le 22 avril 4659. De tous le soucis du trône, le plus grand pour lui fut de sortir de Whitehal, non qu'il tint au palais, mais parce qu’il fallait faire un mouvemeit pour en sortir. [l n’emporta que deux grandes malles remplies de adresses et des congratulations qu’on lui avait présentées pendant su petit règne; on lui disait dans ces félicitations que Dieu lui ui donné, à lui Richard, l'autorité pour le bonheur des trois royaues Quelques amis lui demandèrent ce que ces malles renfermaient des précieux : « Le bonheur du peuple anglais, » répondit-il en riant.
1 Lingard, t. 11, p, 400-402.
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11650 del’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 347
Le conseil des officiers, demeuré maître, rappela le parlement croupion ; et dans le jargon des partis, les principes de ce parlement snommèrent la vieille bonne cause. Il ne se trouva qu’une quarantaine de députés à la première réunion, encore fallut-il aller chercher en prison deux de ces législateurs enfermés pour dettes. Cette momie estropiée, arrachée. de son tombeau, crut un moment qu’elle était
We puissante, parce qu’elle se souvenait d’avoir fait juger un roi. A peine ressuscitée, elle attaqua l'autorité militaire, qui lui avait rendu l vie; mais le croupion était sans force, car il était placé entre les royalistes unis aux presbytériens, qui voulaient le retour de la monarchie légitime, et les officiers indociles au joug de l’autorité civile.
A la suite d’autres incidents, où le général Monck parut en première ligne, le long parlement, après avoir ordonné des élections générales, prononça sa propre dissolution. Le peuple brûla en réjouissance, sur les places publiques, des monceaux de croupions de divers animaux. Le nouveau parlement, divisé, selon l’ancienne forme, en deux chambres, s’assembla ie 28 avril 1660. Monck s’était déclaré républicain et l'ennemi des Stuarts, mais, en secret, il se concertait avec Charles IL pour le faire monter sur le trône. Sur les isinuations de Monck, les deux chambres rappelèrent le roi, qui élait en Hollande. Deux députés, dont un royaliste, demandèrent que, de part et d'autre, on fixât les prérogatives de la couronne et les droits du parlement, afin d'éviter les collisions qui avaient eu lieu et qui pouvaient se renouveler encore. Monck s'opposa à cette mesure de conciliation, tout resta dans le vague : ce fut un malheur. Car, comme l'observe Châteaubriand, la déclaration royale de Charles ne promettait rien ; ce n’était pas une charte, Charles ne faisait ni la part aux conquêtes du temps, ni les concessions nécessaires aux mœurs, aux idées, à la possession et aux droits acquis ; dès lors une seconde révolution devenait inévitable, et le prince légataire du trône déshéritait sa famille 1,
Charles II fit son entrée dans Londres le 29 mai 4660, trentième anniversaire de sa naissance, et mourut le 16 février 1685, dans la ünquante-cinquième année de son âge. Sa grande affaire pendant tout son règne furent ses plaisirs. Il ne laissa pas un enfant légitime, Mais une foule de bâtards adultérins, qu’il honora de grands titres. L'exemple du roi fut imité par la cour |: l'immoralité devint publique. Les cavaliers ou anciens royalistes, dit Lingard, pour célébrer leur triomphe, se livrèrent à la débauche et à l'ivrognerie; et les luuveaux royalistes, pour prouver la sincérité de leur conversion,
1, fils aîné du déommun ; il ne sut L'armée, depuis >. L'oncle dei Lambert, à la tête issoudre le parknouvel embarras, u’on oubliait, qu de le rompre, qu ciait de rien, qu eterre aller toute 1659. De tous ls rtir de Wbitehall re un mouvement alles remplies des ntées pendant so ue Dieu lui ai os Érois r'OYAUTE, renfermaient des ndit-il en riant.
Les Stuarts, Le Protectorat,
348 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVIL —De1ts
s’efforcèrent de surpasser les cavaliers en licence 1. — La débauche était le plus sûr moyen de parvenir, ditla Biographie universelle, ( dit que Charles II dit un jour à un de ses ministres, Shaftesbury, dans un moment de gaieté : Je crois que tu es le plus mauvais suj de mes États. — Votre Majesté a raison, répliqua le ministre, si els entend parler seulement de ses sujets 2, — Enfin, Châteaubriand con clut : S'il était possible de supposer que la corruption des mœu répandue par Charles Il en Angleterre fût un calcul de sa politique
il faudrait ranger ce prince au nombre des plus abominables mou
ques ; mais il est probable qu'il ne suivit que le penchant de ses. clinations et la légèreté de son caractère 3.
Dans les premiers jours de la restauration, on cherchait comme on pourrait jamais être assez esclave pour expier le crime d’indépen. dance : c'était une émulation domestique qui débarrassait le mal des actes de rigueur; le clergé et le parlement se chargeaient de tout. Les communes passèrent un acte atin d'établir ou de rétabir la doctrine de l'obéissance passive. Le bill des convocations trienn les fut aboli ; une espèce de long parlement royal dura dix-sept an. nées pour la corruption, l’impiété et la servitude, comme le long parlement républicain en avait existé vingt pour le rigorisme, le fanatisme et la liberté. Tout prit le caractère d’une monarchie abx lue dans une monarchie représentative ; les intérêts publics furen traités comme des intérêts privés; ce ne furent plus les révolutions, mais les intrigues, qui élevèrent les échafauds #,
Un des premiers actes de Charles IT fut de punir les meurtrier de son père. Tous les régicides furent déclarés coupables, et condamnés à mort. Dix furent exécutés aussitôt. Le langage de «x hommes devant la cour et après leur condamnation, dit Lingard, offrit des traits du fanatisme le plus exalté. Pour prouver la jusiit de leur cause, ils en appelèrent aux victoires que le Seigneur aui} données à leurs épées; à leurs Bibles, où il était enjoint de répand® le sang de qui a versé celui de ses semblables; à l'Esprit de Dies
qui avait témoigné à leur esprit que le supplice de Charles Sub
était un acte nécessaire de justice, une action glorieuse, dont le bu s'était répandu parmi la plupart des nations, et une reconnaissant solennelle de la haute suprématie que le Roi du ciel exerce sur ls rois de la terre. Des sentiments semblables les animèrent et les sou tinrent sur l'échafaud. Lorsqu'on leur dit de se repentir, ils répotdirent qu'ils s'étaient déjà repentis de leurs péchés, et qu’ils étaiel
? Lingard, £. 12, p. 95. — 3 Biogr. univ., t. 42, Shaftesbury. — $ Les Stuart fi Charles Il, — # Ibid.
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1 ârs du pardon ; mais qu'ils n'osaient pas se repentir de la part qu'ils, + — Le débat int eue à la mort du feu roi, car se repentir d’une bonne action De er val offenser Dieu; qu'ils étaient fiers de mourir Pour une aussi ds. Shaflesbur, . cause; que leur martyre serait le spectacle le plus glorieux plus mauvais sujé ue le monde eût jamais vu depuis la mort du Christ; mais que AL rs persécuteurs devaient trembler : que la main du Seigneur était ar LL " pe pour venger leur sang innocent, et que, dans peu de PORN IE ë s, la cause de la royauté serait abattue devant celle de l'indé- SUPRE Pot se Ils prononcèrent cette prédiction avec la confiance des bominables mon rophètes, et se soumirent à leur sort avec la constance des martyrs1, ph eine) aux yeux de tout catholique, comme aux yeux de : Historien Lingard, ce langage respire le fanatisme le plus exalté. cherchait comme ais il n’en est pas de même des protestants de toute espèce, qui ae vent ce qu'ils sont et ce qu'ils disent. Ceux-là, au lieu d’un fana- APPARUE Sd Le exalté, ne verront dans le langage des régicides anglais que ape ‘ application calme et raisonnée des premiers principes du protes- Le . LE Ge antisme, des premiers principes de Luther, Calvin et Wiclef. Calvin SE ee gsoutient:il pas, contre l’Église catholique, que la grâce de Dieu, SHARE ne fois reçue, ne eut jamais se perdre? De là, le régicide Cromde) A el n’avait-il pas raison de conclure : Or, je suis sûr d’avoir été is Abe : nefois en état degrâce ; donc j'y suis encore? — Et ses admirateurs 1 HR Paraient.its pas suivant Calvin raison de l'appeler un saint ? — Et les OR” RIDE 1e yalistes, qui, sous Charles I, déterrèrent son cadavre et l'attachè- DPI ent kune potence, n'ont-ils pas commis une profanation sacrilége ? ni Luther et Calvin ne soutiennent-ils pas, contre l'Église catholique, alt le Dieu opère en nous le mal comme le bien; que la trahison de AIRES" Ldas n'est pas moins l’œuvre de Dieu que le repentir de sant . IARUEES GU ire? De là, Cromwell et ses collègues n’avaient-ils pas suivant AL Ling Balvin raison de conclure que leurs trahisons, leur régicide étaient Lies k Les és actions divines et adorables ? Luther, Calvin, tous les protestants Los Li Ne esoutiennent-ils pas, contre l'Église catholique, que ce n’est pas à ii . sie lk que l'Esprit de Dieu atieste le vrai sens des Écritures, mais à à cs a Ds'it de chacun? De là, Cromwell et ses collègues n'ont-ils pas eu ue GRAN j icon de conclure que, d'après le témoignage de l'Esprit de Dieu à bc AE M. ur esprit, le supplice de Charles Stuart était un acte nécessaire de ie + lice, une action glorieuse ?
Le ae 1 Si les disciples de Luther et de Calvin n'ont pas toujours parlé et La ee ee &ide même, il n'y a pas de quoi s'en étonner. — Penser ce que l'on epentir, : : jentMeut et agir en conséquence, voilà le fond du protestantisme. — Ce jee DU protestant dit aujourd’hui ne l’engage pas pour demain, — Il ury. — $ Les Stuaflh 1 Lingard, t, 1 9, p« 21 et 22,
même à l’échafaud ; octroyer à Henri VIIT le privilége d’être un ty. ran, et couper la tête à Charles Ier parce qu’il ne l’est pas. Ses va. riations sur ce point ne sont que les conséquences naturelles d'un principe invariable. — Quoi qu'il dise, en quelque forme qu'il pr. teste, toujours est-il qu'en vertu du principe fondamental du pr. testantisme, le souverain temporel est nécessairement sujet au libre examen, à la juridiction spirituelle, inaliénable, imprescriptible, su. prême de chaque individu.
Ce qui est vrai du souverain. l’est également de la loi et de toute autorité quelconque. En effet, si chaque individu est à lui-même s règle souveraine, personne n’a rien à lui dire, de quelque manière qu'il pense, qu'il raisonne, qu'il conclue, et que, par suite, il agisse, Lors donc qu’un individu conclut qu'il est dégagé de son serment de fidélité, qu'il ne doit plus obéir à son prince, qu'il peut ôter à son prochain ses biens et sa vie même, et qu’il exécute son jugement privé, il est absurde de le blâmer, tyrannique de le punir. — Del diverses conséquences.
I. Tout gouvernement protestant est, de sa nature, une absurdité et une tyrannie. D'un côté, il proclame chacun juge souverain de ce qui est vrai, de ce qui est juste, de ce qui est droit, de ce quies devoir; chacun maître souverain de réformer aujourd’hui ce qu'il décidé hier, et demain ce qu'il décide aujourd’hui. C’est même là si loi fondamentale. Mais, après cela, n'est-il pas absurde de vouloir im. poser à ce juge souverain des lois qu’il n’a pas faites? absurde d vouicir qu'il les approuve deux jours de suite? absurde de vouloir qu'ils les observe quand il ne le juge plus à propos? tyrannique de le punir de quoi qu’il fasse? car n’est-ce pas violer à son égard là li fondamentale du protestantisme, le droit inviolable, imprescriptibl du libre examen ?
II. Tout souverain, par là seul qu’il est protestant, se dépose li même de la souveraineté, délie lui-même ses sujets de tout devoir. En effet, par là seul qu'il est protestant, il déclare chacun de ses sijets maître de penser comme il veut, et d'agir comme il pense. Lo donc que ses sujets lui obéissent encore, il doit le prendre comnt une pure complaisance de leur part; et quand is jugent à propà de ne plus lui obéir, il ne peut y voir qu'un légitime usage de leur droits. Bref, ce que dit l’Apôtre de l’homme hérétique est vral du souverain hérétique : Z! s’est renversé lui-même par un crime, el cu dasnné par son propre jugement i.
1 Tit, 3
HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVIL, — De 1605
peut, sans inconséquence, reconnaître un jour l'indépendance ab. solue des rois, et le lendemain les déclarer déchus, les envoyer
41650 de
IE, Nu blâmer sc du protes juge supr croit oblig non-seule comme le damné pa