LXXXVIL. — De 1605 rent théologique
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bid, ,t. 10, p. 281, -
à 1660 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 371
prêter le serment d'allégeance et de suprématie, et de recevoir |la communion selon les rites de l'église anglicane, était déclaré inhabile à occuper aucune charge, civile ou militaire: On exigea que toutes les personnes en place, non-seulement fissent-les serments:et reçussent le sacrement à l'anglicane, mais en outre qu'elles signassent une déclaration contre la transsubstantiation, sous peine d’une amende de cinq cents livres Sterling et d’être déclarées incapables de poursuivre dans aucune cour de justice ou d'équité, d’étretuteurs d'un enfant ou exécuteurs testamentaires de qui que ce soit, de reœævoir aucun legs ou acte de donation, et de remplir aucune'charge publique 1. NF Les Anglais protestants, après avoir coupé la têie à Charles Ier. accusèrent les catholiques de vouloir couper la tête à Charles II. Tout ie monde convient aujourd’hui que c'est la plus grossière imposture qui se rencontre dans l’histoire. Cependant cette imposture si grossière échauffa tellement l'Angleterre protestante, qu'elle en perdit, pendant cent cinquante ans, toute lueur de raison, de justice et d'humanité à l'égard de la {vieille Angleterre, l'Angleterre catholique; et ce n’est que de nos jours que ce délire séculaire commence à se calmer. Frs tas Le premier auteur ou instrument de cette longue mystification fut Titus Oates, faiseur de rubans, puis ministre anabaptiste sous Cromwell, puis ministre anglican sous} Charles IT, mais chassé de tous: cs emplois pour son inconduite, pour ses inclinations contre nature, pour deux faux témoignages dont il fut convaincu en justice. Sans feu ni lieu, il se mit aux Sages d’un ministre anglican nommé Tonge, pour faire l’espion parmi les catholiques, et lui fournir matière à des déclamations périodiques contre eux. Oates feignit donc de se convertir au catholicisme, et obtint une place dans un collége sous l’administration de jésuites anglais, à Valladolid en Espagne. Il en fut chassé, pour indiscipline, au bout de cinq mois. Par l'avis de Tonge, il s'adressa de nouveau aux Jésuites, et obtint, par ses larmes et ses’ Promesses, d’être reçu au collége de Saint-Omer. Comme il ne put dompter son humeur déréglée, ni cacher tout à fait son hypocrisie, ilfut encore chassé. Il revint auprès de Tonge, sans pouvoir lui rap+ Porter quelque chose qui en valüt la peine. Seulement il avait appris que, le 4 avril 1678, quelques Jésuites s'étaient réunis à Londres pour leur chapitre triennal. D'un fait aussi simple, les deux imposteurs en font une conspiration épouvantable, où ils font entrer tous ls Jésuites dont Oates avait retenu les noms, bien ou mal, entre au-
! Lingard, t, 12, p. 836.
372 HISTOIRE "’NIVERSELLE [Liv. LXXXVIL. — De 1606
tres le père Lachaise, confesseur de Loris XIV, qu'il appelait Leshée, Ils fabriquent des lettres, des correspondances : le roi Charles II devait être assassiné, son frère, le duc d’York, mis à sa place, la reli. gion protestante abolie; ils avaient nommé de nouveaux ministres, de nouveaux généraux, de nouveaux gouverneurs, dont plusieurs, par leur âge et leurs infirmités, étaient notoirement incapables de remplir les emplois assignés. Aux deux premiers imposteurs s'en joignit un troisième, Bedloe, puni en divers pays pour escroquerie et inconduite, condamné à mort pour vol en Normandie, sorti récemment de prison à Londres. La déclaration de Bedloe et d'Oates était tellement absurde, qu'il est impossible d'imaginer aujourd'hui comment des hommes sensés y ajoutèrent la moindre confiance.
Nous avons vu que sous Charles II l'Angleterre était déchirée en deux factions, celle de la cour et celle des révolutionnaires, l'une et l’autre soudoyées par le roi de France, Louis XIV. Les révolutionnaires, ayant à leur tête le comte de Shaflesbury, ministre du roi, travaillaient à exclure du trône le duc d'York, frère du roi, et porté pour l’ancienne religion, et à lui substituer le duc de Monmouth, un des bâtards de Charles I}. L’imposture d'Oates et compagnie leur vint fort à propos. Shaflesbury aida les imposteurs à mettre un peu plus de vraisemblance dans leurs mensonges ; il ameuta la partie révolutionnaire du parlement et du peuple; l'Angleterre protestante devint folle ; cinquante mille hommes étaient continuellement sous les armes à Londres, ei les chaînes prêtes à être tendues, pour arrêter les papistes qui venaient égorger le roi et la nation : en attendant, les catholiques étaient mis hors la loi, traqués, emprisonnés, pendus pour une conspiration imaginaire; ils ne purent siéger dans aucune des chambres ni de législature ni de justice sans faire le serment d'apostasie, sans abjurer ls suprématie spirituelle du Pape pour la reconnaître au roi, sans déclarer que la religion catholique était une idolâtrie : en un mot, les fidèles héritiers de la vieille Angleterre furent traités par les Anglais renégats et novateurs comme des parias, des ilotes, des esclaves ; et ce n’est que de nos jours que les noms si catholiques et si anglais de Norfolk, de Talbot, d'Arundel, de Clifford ont pu rentrer à la chambre des pairs !.
Et pendant que les catholiques d'Écosse, d'Irlande et d'Angleterre se voyaient ainsi délaissés, dépouillés, expatriés, emprisonnés, pendus, décapités, éventrés, sous les rois, sous la république, sous Cromwell, quelqu’un venait-il à leur secours ? — Un homme, principalement, saint Vincent de Paul.
4 Lingard, t. 13.
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