‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme]Chapitre 79 sur 121 · XXXVIL. — De · texte numérisé non relu

XXXVIL. — De

appelait Leshée, oi Charles II desa place, la reli.

eaux ministres, dont plusieurs, t incapables de imposteurs s'en jour escroquerie andie, sorti réedloe et d'Oates ner aujourd'hui ‘e confiance.

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En 1646, le pape Innocent X lui ayant témoigné le désir de voir quelques-uns de ses missionnaires en Irlande, Vincent y en envoya huit, auxquels il dit : Soyez unis ensemble, et Dieu vous bénira ; mais que ce soit par la charité de Jésus-Christ, car toute autre union qui n’est point cimentée par le sang de ce divin Sauveur ne peut subsister. Il les exhorta aussi grandement de se comporter comme véritables enfants d’obéissance envers le souverain Pontife, qui est le vicaire de Jésus-Christ, parce qu'ils allaient dans uv pays où il se trouvait plusieurs du clergé qui manquaient en ce point et qui ne donnaient pas bon exemple aux autres catholique. Le voyage même de ces huit prêtres fut une mission. Arrivés en Irlande, les uns allèrent dans le diocèse de Limerik, les autres dans celui de Cassel. [ls commencèrent par les catéchismes, puis ajoutèent les exhortations simples, claires et pathétiques, parce que Vincent leur avait recommandé de s'attacher particulièrement à œs instructions familières , pour bien informer les peuples des vérités de la foi et des obligations du christianisme, et ensuite les porter à vivre selon ces connaissances, en renonçant au péché par la pinitence, et embrassant la pratique des vertus propres à leur condition. Cette manière d'instruire et de précher attirait le peuple de tous côtés. La foule était si grande pour faire es confessions générales, que plusieurs attendirent des semaines entières pour pouvoir approcher. Les ecclésiastiques du pays donnaient eux-mêmes l'exemple de cette pratique salutaire ; ils apprirent surtout la méthode de catéchiser et de précher, et s’en servirent pour maintenir le fruit des missions dans leurs paroisses. Sous la persécution de Cromwell, pas un de ces curés ne quitta ses ouailles ; tous demeurèrent constamment pour les assister et les défendre, jusqu’à ce qu'ils furent mis à mort ou bannis pour la foi. La mission de Limerik fut des plus merveilleuses : les nobles, les riches n'en profitèrent pas moins que le pauvre peuple. Il y avait près de vingt mille communiants dans la ville, tous firent leur confession générale : lé bon évêque y travaillait avec les autres missionnaires. Le maire de Limerik, nommé Thomas Strik, souffrit plus tard le martyre avec trois des plus notables habitants. Le jour qu’il fut élu maire et reçut ls clefs de la ville, il aila solennellement à l’église, les remettre aux mains de la sainte Vierge; puis, au retour, encouragea toute l'assmblée à une fidélité inviolable envers Dieu, envers l'Église: et

envers le roi, offrant de donner sa propre vie pour une cause si Juste 1,

à 1650 de l’ère chr.]

Abelly, 1. 4, c. 8.

374 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXX VII. — De 1605

Au nord de l'Écosse, sous un climat froid, qui les rend fort stériles, il y a de petites îles en grand nombre, qu’on appelle Hébrides, Les habitants y sont si pauvres, que ceux qui passent pour nobles et pour les mieux accommodés sont réduits au pain d'avoine, et que la plupart n'ont pour tout meuble que de la paille, qui leur sert de lit et de:table, et à quelques-uns de nappes et de serviettes. Les prêtres catholiques ayant été chassés, les ministres de l’hérésie vinrent prendre leur place, mais ne purent y durer à cause de la misère, Ce pauvre peuple était donc abandonné sans aucune instruction religieuse : des vieillards de quatre-vingts ans n’avaient pas reçu le bapiême; ils ne savaient s'ils étaient catholiques ou autre chose. Vincent de Paul eut pitié d’eux ; il leur envoya trois missionnaires, A peine arrivés en Écosse, ils sont reconnus par un:prêtre apostat, qui s'était fait ministre de l'hérésie, et qui les signale aussitôt à tont le royaume. Mais Dieu frappe ce malheureux de douleurs si extraordinaires, qu'il finit par rentrer en lui-même et par venir se jeter aux pieds d’un des missionnaires, pour lui demander la pénitence et la réconciliation avec l’Église. L'un des prêtres de Vincent de Paul resta dans les montagnes de l'Écosse; l’autre, nommé Duiguin, parcourut les Hébrides pendant plusieurs années. Ses travaux, ses fatigues furent extrêmes; mais les bénédictions du ciel et la bonne volonté de ces pauvres insulaires l'en dédommagèrent amplement, Parmi les plus fervents d’entre les néophytes, on admirait le fils d’un ministre puritain. Dieu opéra plusieurs choses merveilleuses, les unes par l'eau bénite, les antres par la sainte communion. Trois fidèles ayant communié sans les dispositions nécessaires, ne purent retirer la langue, jusqu’à ce qu’ils eussent réparé leur faute; ce qui inspira une crainte salutaire pour cet adorable sacrement. C’est ce que manda Duiguin à saint Vincent de Paul, dans une lettre du mois d'avril 1654.

L'autre missionnaire, Lunsden, écrivait d'Écosse au saint la même année : « Quant à la mission que nous faisons ici dans le plat pas, Dieu y donne une très-grande bénédiction, et je puis dire que tous les habitants, tant riches que pauvres, n’ont jamais été, depuis le temps qu'ils sont tombés dans l’hérésie, si bien disposés à reconnaître la vérité pour se convertir à notre sainte foi. Nous en recevons tous les jours plusieurs qui viennent abjurer leurs erreurs, et quelques-uns même de très-grande qualité ; et avec cela nous {ravaillons à confirmer les catholiques par la parole de Dieuet par l'administration des sacrements. Le jour de Pâques, j'étais dans la maison d’un seigneur, où il y eut plus de cinquante personnes qui communièrent, parmi lesquelles il y en avait de nouvellement converties.

41650 de

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XXX VII. — De 1605

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11650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 375

Le troisième missionnaire, nommé Leblanc, évangélisait les montagnes d'Écosse, lorsqu'il fut pris par les Anglais hérétiques, et jeté dans les prisons d'Aberdeen, sous Cromwell. Vincent de Paul, ayant appris cette nouvelle, félicita sa compagnie de l’honneur que Dieu lui faisait de souffrir les chaînes pour le nom de Jésus-Christ dans un de ses membres. « Considérons, disait-il, comment Dieu le traite, après avoir fait quantité de bonnes choses en sa mission. En voici une merveilleuse, à laquelle quelques-uns voulaient donner le nom de miracle. C’est qu’une certaine intempérie de l'air étant arrivée il ya quelque temps, qui rendait la pêche fort stérile et réduisait le peuple dans une très-grande nécessité, il fut sollicité de faire quelques prières et de jeter de l’eau bénite sur la mer, parce qu’on s’imaginait que cette malignité de l’air était causée par quelques maléfices ; il le fit donc, et Dieu voulut qu’aussitôt la sérénité revint et que la pêche fût abondante; c’est lui-même qui me l’a ainsi écrit. D'autres m'ont aussi mandé les grands travaux qu’il souffrait dans cs montagnes pour affermir les catholiques et convertir les hérétiques, les dangers continuels où il s'exposait et la disette qu'il y souffrait, ne mangeant que du pain d'avoine. » — Le zélé mission maire étant sorti de prison au bout de six mois, Vincent en fit part à sa communauté en ces termes : « Nous remercions Dieu d'avoir ainsi délivré l’innocent, et de ce que, parmi nous, il s’est trouvé une personne qui a souffert tout cela pour l'amour de son Sauveur. Ce bon prêtre n’a pas laissé, pour la crainte de la mort, de s’en retourner aux montagnes d'Écosse, et d'y travailler comme auparavant. Oh! quel sujet n'avons-nous point de rendre grâces à Notre-Seigneur d'avoir donné à cette compagnie l’esprit du martyre ! cette lumière, dis-je, et cette grâce qui lui fait voir quelque chose de grand, de lumineux, d’éclatant et de divin à mourir pour le prochain, à limitation de Notre-Seigneur. Nous en remercierons Dieu, et nous le rierons qu’il donne à chacun de nous cette même grâce de souffrir et de donner sa vie pour le salut des âmes 1. »

Les persécutions de l'Angleterre protestante contre l'Angleterre catholique, notamment sous Cromwell , firent refluer en France beaucoup de nobles anglais. C'était dans le temps que la noblesse lorraine, fuyant une patrie dévastée par les armées protestantes d’Allemagne, se réfugiait à Paris. Les uns et les autres se trouvaient dans une misère d'autant plus poignante, qu'ils y étaient moins habitués. Une personne en informa Vincent de Paul, et lui proposa de les as- Sister, O monsieur ! s’écria le saint homme, 4 monsieur, que vous me

Abelly, L. 4, c. 11.

de saint Louis et de Charlemagne, la règle souveraine des souverains,

376 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXX VII. — De1ç0s

faites plaisir ! Oui, il est juste d'assister et de soulager cette Pauvre noblesse, pour honorer Notre-Seigneur, qui était très-noble et tris. pauvre tout ensemble. Et aussitôt, à l'instar des dames de charité, il forma une association de seigneurs français, dont le baron de Renti était l'âme et le mobile. Et nobles anglais et nobles lorrains furent assistés, avec tous les égards imaginables, pendant vingt-trois ans, par un pauvre prêtre !.

Dieu et l'humanité, unis en Jésus-Christ et dans son Église, voilà l'esprit, le cœur, la politique, l'âme, la vie entière de Vincent de Paul. C’est dans cet ensemble qu'il considère tous les événements : les calamités, pour y compatir et y porter remède, mais surtout pour en ôter les causes ; les guerres, avec les crimes qui les amènent et qu’elles amènent. Dans ce dessein, il alla un jour trouver le car. dinal de Richelieu, et, après lui avoir exposé avec toute sorte de respect la souffrance extrême du pauvre peuple et tous les autres désordres et péchés causés par la guerre, il se jeta à ses pieds en hi disant : Monseigneur, donnez-nous la paix; ayez pitié de nous: donnez la paix à la France ! Ce qu'il dit avec tant de sentiment, que ce formidable ministre en fut touché. Il prit en bonne part la remontance, lui assura qu'il travaillait à la paix, mais qu'elle ne dépendaït pas de lui seul. Le saint homme fit une démarche semblable en faveur de l'Irlande. Voici comme lui-même en parle : « Je fus un jour chargé de prier monsieur le cardinal de Richelieu d'assister l

“pauvre Hibernie; c'était du temps que l'Angleterre avait la guerre

avec son roi; ce qu'ayant fait : Ah ! monsieur Vincent, me ditil, le roi a trop d’affaires pour le pouvoir faire. Je lui dis que le Pape le

‘seconderait, et qu’il offrait cent mille écus. Cent mille écus, répl-

qua-t-il, ce ne sont rien pour une armée; il faut tant de soldats, tant d’équipages, tant d'armes et tant de convois partout! c'est une grande machine qu’une armée, qui ne se remue que malaisé-

ment 2.»

Si Vincent de Paul avait eu affaire à saint Louis, le sergent de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ou à Charlemagne, l'humble défenseur de l'Eglise de Dieu et le dévot auxiliaire du Siége apostolique en touts

choses. Vincent de Paul eût été compris et écouté; mais sous les des- |

cendants dégénérés de saint Louis et de Charlemagne, la règle sou: veraine de la politique n’est plus Dieu et l'humanité, unis en Jésus- Christ et dans son Église, et unissant les rois et les peuples, le cie et la terre dans une même famille : sous les descendants dégénérés

1 Collet, 1, 4. — 2? Abelly, I. 2, c. 10.

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Nous [ la défen compent royaume royaume d'Armér stantino Français Philippe comme ( empereu quement prême ; :

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1 Sap., 2

. LXXXVIL. — De 1ços

lager cette pauvre très-noble et très.

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té, unis en Jésuses peuples, le ciel ndants dégénérés ne des souverains,

à 1659 de l’êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 377

c'est l'intérêt ou le plaisir momentané de chacun, c’est-à-dire le principe même des révolutions et de l'anarchie. L'histoire moderte consiste principalement à voir et à signaler, d’une part, les progrès naturels de cette anarchie princière dans les idées et les faits vers la destruction des sociétés humaines ; de l’autre, les soins continuels de l'Église de Dieu pour conserver et propager la vérité, la justice, la charité, l'union, la société chrétienne, à travers les chutes et les débris des royaumes et des empires.

Nous avons vu les Francs et les Français, dévoués à l'Église et à

| la défense de la chrétienté contre les Mahométans, recevoir en ré-

compense l'empire d’Occident, en la personne de Charlemagne ; le royaume de Jérusalem, en la personne de Godefroi de Bouillon ; le royaume de Chypre, en la personne de Guy de Lusignan ; le royaume d'Arménie, dans un membre de la même famille; l'empire de Conslantinople, dans Baudouin de Flandre. Nous avons vu aussi les Français, devenus infidèles à cette vocation dans la personne de Philippe le Bel, au lieu de se mettre au service de l'Église de Dieu, comme Charlemagne, vouloir la réduire à leur service, comme les empereurs byzantins ou tudesques ; au lieu de se soumettre politiquement à la loi divine, faire de leur politique séculière la loi suprême; au lieu d’avoir principalement en vue, comme leur saint roi Louis, la gloire de Dieu et le salut de la chrétienté, ne regarder en tout, non plus que le Juif, l’Arabe ou le Sauvage, que leur intérêt du moment.

Nous avons vu que cette politique si moderne est plus vieille qu'elle ne pense. Nous avons entendu les impies se disant au temps de Salomon : Que notre force soit la loi de justice ; car ce qui est faible est inutile. Ainsi donc, circonvenons le juste, parce qu’il nous est inutile, contraire à nos œuvres, qu'il nous reproche les péchés de la loi et signale contre nous les péchés de notre conduite. Nous ‘ons vu, en conséquence de cette loi, les hommes politiques et le gouvernement du peuple juif condamner à mort le juste par excellence, Nous avons vu, en vertu de cette loi, les césars de Rome paenne, à la fois empereurs, souverains pontifes et dieux, condamer le christianisme à mort pendant trois siècles. Nous avons vu ,en vertu de cette loi, les césars de Byzance vexer, persécuter, et enfin déchirer l'Église de Dieu. Nous avons vu, en vertu de cette loi, les ésars de Germanie se proclamer la loi vivante et suprême, les seuls propriétaires et arbitres du monde, et persécuter les Pontifes romains qui ne voulaient point sanctionner cètte politique athée, Et

! Sap., 2, 11 et 12.

378 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXX VII. — De 1ç9s

nous avons vu cette politique du siècle finalement aboutir à la ruine de Jérusalem, de son temple et de son peuple, à la ruine et au dé. membrement de l'empire romain, à la ruine de l'empire grec, à l ruine des dynasties persécutantes d'Allemagne.

Philippe le Bel adopta cette politique comme une prérogative de la couronne de France ; elle porta bien vite ses fruits naturels, Si le roi, comme roi, est au-dessus de la loi de Dieu interprétée par l'É. glise de Dieu; si le roi, comme roi, est au-dessus de la conscience; si le roi, comme roi, n’a de règle que son intérêt du moment, il ser des princes comme du roi, des seigneurs comme des princes, des pères de famille comme des seigneurs, de la nation entière comme de son chef, de tous et de r“acun comme d’un seul. Nous en verrons les conséquences se développer avec le temps par des révolutions souvent terribles, jusqu’à ce que les sociétés temporelles s'é. croulent, ou peu s’en faut. Les princes commenceront dans les palais, les goujats finiront dans les rues. Quelque temps après Phi. lippe le Bel, nous avons vu les princes français se dispensant d’avoir ni foi ni loi, se tuer, se trahir les uns les autres et réduire la France à deux doigts de sa perte. Une jeune fille, suscitée de la Providence, la sauve des mains de l'étranger. Mais ses princes ne sont pas encore revenus de leur politique nouvelle, que, comme princes, ils ne

sont pas soumis à la loi de Dieu interprétée par son Église. Au mé.

pris de la subordination féodale, au mépris de leurs serments, ils conspirent les uns contre les autres, ils conspirent les uns et les autres contre le roi et plus encore contre le royaume, soit pour le démembrer, soit pour le vendre à l'étranger, soit pour s’en emparer eux-mêmes. Quelle confusion tout cela ne dut-il pas produire dans les idées, et par suite dans les choses?

Pour augmenter encore cette anarchie de principes, les enfants dégénérés de saint Louis, les rois très-chrétiens font alliance avec les Mahométans contre les Chrétiens, avec les protestants d’Allemsgne contre les catholiques, tandis qu'ils punissent suivant les lois les huguenots ou protestants de France. La dégénération croissant toujours, il faudra que le peuple français se ligue saintement pour con server l'unité de la France avec elle-même, contre l’apostasie des enfants de saint Louis, Bourbons et Condés, qui renient la France catholique, la France de saint Louis, de Charlemagne et de Clovis, pour en faire une colonie huguenote de Genève, de Berne ou de Wittemberg. Il faudra que le peuple catholique de France, pour demeurer toujours un avec soi-même, le premier des peuples chrétiens, contraigne le fils renégat de saint Louis, Henri IV, de reve nir à la foi de ses pères, à la foi originelle de la France, de l'Europe

11660 de l’

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e du monde. Cependant le peuple catholique de France ne triomphera pas complétement de l'anarchie priucière. Les Français renégs, connus sous le nom suisse de huguenots, obtiendront le privilége de rompre l'unité de la France et d'y établir un gouvernement autre que le sien. Les Français équivoques, connus sous le nom de politiques, conspirent encore sous Henri IV, pour démembrer la France ets'en partager les lambeaux : le duc de Biron, leur chéf, wtconvaincu et décapité l'an 1602. Les catholiques ont toujours demandé la publication civilement légale du concile de Trente, œomme règle fondamentale pour réformer les abus dans le clergé et dns le peuple : cette publication n'a lieu que dans le dernier parlement de la ligue ; ailleurs elle rencontre l'opposition des politiques, qui vivent des abus. La ligue même ne fut pas complétement ce qu'elle devait être; formée pour conserver la France dans la foi et dos l'unité de l'Église catholique, elle devait naturellement reconmitre pour son chef le chef même de l’Église, et lui réserver la désion des affaires majeures, comme faisaient les ligues catholiques d'Allemagne sous les empereurs schismatiques ou excommuniés. La lgre française reconnut bien le Pape pour alliés mais non pour ef, et laissa la décision des questions les plus importantes errer à lenture, au jugement variable de quelques docteurs ou de quelques mauvaises têtes : ainsi le meurtre des rois Henri III et Henri IV lt-il successivement provoqué, loué, blâmé, justifié par la même kculté de Sorbonne ; chose qu’on ne vit jamais dans les ligues calholiques d'Allemagne, lors des grandes luttes entre les empereurs etles Pontifes romains.

Quant à Henri IV, il revint à la foi de saint Louis, mais il n’en

1 1650 de l’ère chr.]

Dpt ni les mœurs ni la politique. « Henri IV, dit Sismondi, ne don-

mit pas plus de deux heures chaque jour aux affaires; accoutumé ila vie active, comme aussi à la grossièreté, souvent à la débauche ds corps de garde, il avait besoin d'être fortement excité. Il passait ue partie de ses journées à la chasse, et, comme il était jaloux de “exercice, ses ordonnances pour la conservation du gibier étaient an-seulement vexatoires, mais cruelles. Les délinquants devaient tre mis à l'amende, et de plus battus de verges jusqu'à effusion de

Dons; et les récidives les exposaient aux galères, ou même à la

mort. » Quant aux marchands, artisans, laboureurs, paysans et autres telles sortes de gens roturiers, « non-seulement la chasse leur tait interdite, ils ne pouvaient point posséder des arquebuses et autres armes, et les officiers des chasses coupaient les jarrets de derrière de leurs chiens. — A son retour de la chasse, le roi passait les soirées au jeu ; il s’y livrait avec passion, en homme qui avait éprouvé

380 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv LXXXVII, — Des

les émotions fortes de la guerre, et qui aimait à tenter la fortune, ] y perdait des sommes très-considérables, et l'exemple qu'il donnait était plus fâcheux encore, outre qu’il le mettait en relation avec de gens indignes de l’approcher, Mais la passion qui entraînait Hem plus que la chasse et le jeu, c'était son goût pour les femmes : il ou. bliait avec elles toute prudence, toute dignité, tout soin de ses inté. rêts, et même toute loyauté envers ses amis; car il rapportait immé. diatement à ses maîtresses les avis qu'on lui avait donnés sur elle, puis il les servait dans leur ressentiment, Il était cependant arrivé } un âge qui aurait dû lui inspirer de la retenue. Il grisonnait, les rides couvraient son front et ses joues amaigries; le nez et le menton w mélaient l’un à l’autre ; enfin sa peau avait une odeur repoussantet

Le mariage de Henri IV avec Marie de Médicis en 4600, la nai sance du dauphin Louis XIII en 4601, ni n’arrêtèrent ni n’interrom. pirent le scandale de ces adultères qui déshonoraient le trône de saint Louis. « La cour et le plus grand nombre des gentilshomme se plongeaient avec une ardeur nouvelle dans tous les gc ‘res de dé. réglements. La corruption des mœurs était universelle; les exemples dé Henri II n'étaient point oubliés parmi des seigneurs dont k plus orguei!leux ou le plus à la mode Ini devaient leur élévation; le langage était d'un cynisme rebutant; et Henri IV, alors âgé de cirquante ans, et de qui on aurait pu attendre plus de gravité et de sagesse, était celui qui contribuait le plus au désordre ?, »

Une de ces grandes affaires, pour laquelle il sollicita plus d'u fois l'intervention de Sully, son principal ministre, ce fut d'apais les rivalités entre son épouse légitime et une demi-douzaine de femmes adultères, qui se prostituaient à lui par avarice ou ambition, et à d'autres par luxure ?. On dit même qu’un des motifs de la der. nière guerre qu'il entreprit fut d'enlever au prince de Condé a

femme, de la faire divorcer, puis de l'épouser à la place de la rein,

qu’il eût répudiée de son côté. Pour placer tous ses enfants adil térins, l’un fut fait évêque de Metz, une autre abbesse de Fontevraul une autre abbesse de Chelles. Singulière façon deréformer le royaume et l'Église.

Le cardinal de Richelieu nous dépeint Henri IV comme le pr:

testant Sismondi. « Comme roi, dit-il, ce prince avait de grandsk

qualités ; comme père, de grandes faiblesses, et comme sujet au plus grands déréglements des passions illicites de l'amour, un grand aveuglement. Quiconque considérera l'entreprise qu'il fait sur h

1 Sismondi, Hist. des Français, t. 22, p. 22, 26-28. — 2% P. 87 et 88.— #P. il — + P,. 154, 155, 170,174.

à 1650 de

fin de ses qu'il s'en au printe qui est ai

François

! Mémoires

d’un procès avait réduit à l’aumône. Il se fit clerc et valet de cham. à bre d'un juge, travailla chez des procureurs, et devint en même temps praticien, solliciteur de procès et maître d'école. Il fut longtemps détenu pour dettes à Angoulème. 11 eut dans sa prison, comme il témoigné lui-même, des visions comme des sentiments de feu, à | de soufre et d’encens. Dans un de ses voyages à Paris, il prit l'habt à de frère convers chez les Feuillants, et fut renvoyé, six semaine après, comme visionnaire.Un jour, il pria le sieur de la Force de vou. loir le faire parler au roi, « afin de déclarer à sa majesté les inter. tions où il était depuis longtemps de le tuer, n’osant le déclarer) aucun prêtre ni à aucun autre, parce que, l'ayant dit à sa majesté il se serait désisté tout à fait de cette mauvaise volonté. » Il take roi dans son carrosse, arrêté par un embarras de charrettes ; et ill tua de deux coups de couteau, au milieu de sept seigneurs et officiers, qui ne s’en aperçürent pas. Il aurait pu s’esquiver dans le prémie trouble, il se laissa prendre tenant le couteau à la main. Il soutint constamment, dans les quatre interrogatoires qu’il subit, qu'il n« vait été induit par personne à entreprendre cet attentat ; qu'il avait éprouvé des tentations de tuer le roi ; que quelquefois il y cédait,et d’autres non; qu'enfin il n'avait été mû que par sa volonté seule, et qu'il ne l'avait déclaré à personne. Le 27 mai, il fut déclaré par ke R parlement criminel de lèse-majesté divine et humaine au premier R chef; condamné à être tenaillé, avec versement, dans les plaies, de

plomb fondu, d’huile bouillante, etc.; à avoir la main droite, tenant Bi

le couteau parricide, brûlée du feu de soufre ; à être ensuite écartelé, avoir les m nbres réduits en cendres, et les cendres jetées au vent, Il fut ordonné par le même arrêt que ja maison où il était né serait démolie; que son père et sa mère sortiraient, dans quinzaine, du È royaume, avec défense d'y rentrer, sous peine d’être pendus et étranglés ; enfin, que ses frères, sœurs, oncles, etc., quitteraient le nom de Ravaillac pour en prendre un autre, à quoi ils seraient tenus sur les mêmes peines.

Deux célèbres docteurs de Sorbonne, Filesac et Ganaches, l’assir tèrent dans ses derniers moments. Lorsqu'ils eurent commencé haute voix le Salve, regine, la foule s’écria qu’il ne fallait pas prit R pour le méchant damné, et contraignit les docteurs de cesser. Rx vaiilac dit alors : « Si j’eusse pensé de voir ce que je vois, et un peuple si affectionné à son roi, je n’eusse jamais entrepris le coup que j'ü 4 fait, et m'en repens de bon cœur; mais je m'étais fortement per suadé, vu ce que j'en entendais dire, que je ferais un sacrifice agrér ble au public, et que le public m’en aurait de l'obligation, tandis que je vois, au contraire, que c’est lui qui fournit les chevaux pour met

HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXX VIT. — Dep |

41650 de

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