LXXX VIT, == D
ane nécessité préur le commence.
l'ils pensaient que ‘ésister, » La precomme fausse, et ce de la seconde
que Jésus-Christ nes, » Janséniu en loin de penser ont regardé cette que; que le sentimort que pour les ir le salut des rénn fut condamnée
nt cupital, savoir, 1e ressort qui reble quand il vient, du ciel ou de la a nature ou de la volonté se trouve i est actuellement sont comme les ue l’autre ne dese volontairement, âce ou par la cutre.
xmas Hobbes, du mer philosophes, iséquent il n'y à élection. ANous aplélibération ; mais æ était nécessaire, gument si connu, ni par conséquent la conséquence.
le notre volonté, as s'élever à une
Maistre, De l'Église
41650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 465
cause plus haute que la volonté du coupable. Quand je dis donc qu'une action est nécessaire, je n’entends pas qu'elle est faite en dépit de la volonté, mais parce que l'acte de la volonté ou la volition qui l'a produite était volontaire. Elle peut donc être volontaire, el par conséquent crime, quoique nécessaire, Dieu, en vertu de sa toute-puissance, a droit de punir, quand même 11 N'y À poInr DE CRIME, »
C'est précisément la doctrine des Jansénistes, dit avec raison le comte de Maistre. Ils soutiennent que l’homme, pour être coupable, na pas besoin de cette liberté qui est opposée à la nécessité, mais seulement de celle qui est opposée à la coaction, de manière que tout homme qui agit vo/ontairement est libre, et par conséquent coupole s'il agit mel, quand même il agit nécessairement. (C’est la proposition de Jansénius.)
Un ecclésiastique anglais nous a donné une superbe définition du alvinisme. « C’est, dit-il, un système de religion qui offre à notrr croyance des hommes esclaves de la nécessité, une doctrine ininteligible, une foi absurde, un Dieu impitoyable. » — Le même portait peut servir pour le jansénisme. Ce sont deux frères dont la ressemblance est si frappante, que nul homme qui veut regarder ne saurait s'y tromper 1,
Thomas Hobbes, né en 1588, mort en 1679, fit plusieurs voyages en France. Voici comme Degérando résume ses doctrines. « Les systèmes de Hobbes sont trop connus pour qu'il soit nécessaire d’en donner aujourd'hui une exposition détaillée. Ils se rapportent à une idée principale : c'est la doctrine de la force. Toute la philosophie de Hobbes est employée à légitimer la force, à la diviniser même, à justifier tout par la force seule. Ce ressort terrible régit seul le monde moral dans les diverses sphères qui le composent. Lui seul estle principe de la morale, l'âme de la conscience. La justice n’est que la puissance ; la loi n’est que la volonté du plus fort, le devoir que l'obéissance du faible. La Divinité elle-même peut justement punir l’innocent; une nécessité de fer gouverne ses ouvrages, et même les déterminations des créatures raisonnables. La société commence par le droit de chacun sur toutes choses, et par conséquent par la guerre, qui est le choc de ces droits : le pouvoir naît de la nécessité de la paix, qui ne peut s’oblenir qu'en soumettant ces droits à un seul arbiire. Cependant Hobbes, en certaines occasions, contredit plutôt qu'il ne modifie ces doctrines, et se trouve forcé d'admettre des pactes et des lois naturelles. Comment n’aurait-il
!'Ubi supra.
466 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVIL. — De 1605
pas matérialisé l'intelligence humaine, puisqu'il matérialise la su. prême intelligence ? Aussi n'a-t-il pas échappé aux reproches d'athéisme.….. Hobhes a été le vrai précurseur de Spinosa. Ce dernier lui a évidemment emprunté le germe de son système, quoique, averti par l'exemple des censures qui avaient pesé sur son prédé. cesseur, il ait cherché à mieux s’environner de précautions, ou à s'envelopper de nuages 1. »
Ainsi donc, Jansénius, Hobbes, Spinosa, Luther, Calvin, Wiclef Manès, Mahomet, c’est tout un : inspirés du même esprit, ils se donnent tous la main pour nier le libre arbitre de l’homme et faire Dieu auteur du péché, ou plutôt pour nier le Dieu véritable, le Dieu essentiellement libre, qui a créé l'homme à son image, et ous faire adorer à sa place, comme notre modèle, le premier des faux dieux, Satan, l’ange déchu, qui n’a plus de libre arbitre que pour le mal : tel est le type de l’homme jansénien.
Pour connaître à fond l’histoire humaine et l'Église de Dieu, i ne faut jamais perdre de vue ce granä complot, cet ensemble des portes, puissances et conseils de l'enfer, qui s'efforcent de prévaloir contre l'Église et sa pierre fondamentale ; de prévaloir par la violence et la ruse, le canon et la sape, ennemis déclarés et faux frères. Mais la Parole même a dit : Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle.
La constitution dogmatique d’Innocent X contre les cinq propositions de Jansénius étant arrivée en France, y fut reçue sans opposition par tout l’épiscopat. Trente évêques, qui se trouvaient à Paris, écrivirent, dès le 15 juillet 4653, une lettre d'acceptation au Pape, dans laquelle ils disent : « Ce qu’il y a particulièrement de remarquable en cette rencontre, c’est de même qu’'Innocent Ie condamna autrefois l’hérésie de Pélage sur la relation qui lui fut envoyée par les évêques d'Afrique, de même Innocent X a condamné maintenant une hérésie tout à fait opposée à celle de Pélage, sur la consultation que les évêques de France lui ont présentée. L'Église catholique de ce temps-là souscrivit, sans user de remise, à la condamnation de l'hérésie de Pélage, sur ce seui fondement, qu'il faut conserver une communion inviolable avec la chaire de saint Pierre, et que l'autorité souveraine y est attachée ; laquelle reluisait dans l’épiître décrétale qu’Innocent Ier écrivit aux évêques d’Afrique, et dans celle que Zosime envoya ensuite à tous les évêques de la chrétienté. Car elle savait bien que les jugements rendus par les souverains Pontifes pour affermir la règle de la foi, sur la consultation des évêques (soit
4 Biogr. unêv., t. 20, art, Hobbes.
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L'Act
Av.LXXXVIL, — De 1605
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er, Calvin, Wiclef, e esprit, ils se donomme et faire Dieu able, le Dieu essen- , et nous faire adoier des faux dieux, e que pour le mal :
l'Église de Dieu, il , Cet ensemble des efforcent de prévade prévaloir parka is déclarés et faux e l'enfer ne prévau-
ve les cinq proposireçue sans Oppositrouvaient à Paris, tation au Pape, dans de remarquable en condamna autrefois )yée par les évêques naintenant une héla consultation que se catholique de idamnation de l'héfaut conserver une rre, et que l'autodans l’épitre décrée, et dans celle que chrétienté. Car elle souverains Pontifes n des évêques (soit
à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 467
que leur avis y soit inséré ou qu’il ne le soit pas, comme ils le‘jugeront plus à propos), sont apr uyés de l'autorité souveraine que Dieu leur a donnée sur-toute l'Église; de cette autorité à laquelle tous les Chrétiens sont obligés, par le devoir queleur impose leur conscience, de soumettre leur raison. Et cette connaissance ne lui venait pas sulement de la promesse que Jésus-Christ a faite à saint Pierre, mais aussi de ce qu'avaient fait les Papes précédents, et des anathèmes que Damase avait fulminés quelque temps auparavant contre Apollinaire et contre Macédonius, quoiqu'ils n’eussent pas encore été condamnés par aucun concile œcuménique. Étant, comme nous sommes, dans les mêmessentiments, et faisant profession de lamême foi que les fidèles de ces premiers siècles, nous prendrons soin de ire publier dans nos églises et dans nos diocèses la constitution que votre Sainteté vient de faire, inspirée par le Saint-Esprit, et qui nous à été mise en main par l’illustrissime archevêque d'Athènes, son nonce.... Cependant, après avoir félicité de cette divine et glorieuse victoire Innocent X, par la bouche duquel Pierre a parlé, comme autrefois le quatrième concile général le disait dans ses acclamations faites à Léon Ier, nous mettrons avec joie cette constitution dans les fastes sacrés de l'Église de même qu'on y mettait anciennement les synodes œcuméniques 1.
La bulle d'Innocent X fut reçue unanimement en Sorbonne le premier août 1653 ; reçue pareïllement par tous les ordres religieux, par toutes les communautés et par toutes les universités du royaume, On eut avis d’Espagne qu’elle y avait trouvé partout une parfaite soumission, Elle fut de même publiée en Flandre et acceptée par le conseil de Brabant, ‘par le clergé et par les universités : ce qui est d'autant plus remarquable, qu'on avait fait durant plusieurs années, dans ce pays-là, de grandes oppositions à la réception de la bulle d'Urbain VIIL, qui ne censurait qu’en général le livre de Jansénius.
Il est surtout un homme à‘qui la France doit une reconnaissance éternelle, pour lui avoir inspiré cette répulsion unanime contre Ja nouvelle hérésie; un homme qui s’est conduit dans ces conjonctures en véritable père de l'Église : cet homme si connu, et qui cependant l'est encore si peu, c’est Vincent de Paul.
Dès 1651, répondant au même missionnaire qui l'avait consulté sur la Fréquente Communion d'Acnauld, il expose ainsi son jugement sur le livre de Jansénius. D'abord, la reine, le cardinal Mazarin, le chancelier de France et le grand pénitencier s’étaient déclarés contre le nouvel Augustin ; garder le silence dans ces occasions, c’est, selon
L'Actes du Clergi de France, t. 1.
468 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXX VII. — De1(05
un grand Pape, saint Célestin, donner des armes à l'erreur ; la doctrine de Baïus, déjà flétrie par plusieurs Papes, est renouvelée par l'évêque d'Ypres ; les desseins de Jansénius et de Saint-Cyran doi. vent rendre naturellement leur doctrine suspecte; le dernier avait avoué à monsieur de Chavigny qu’ils s'étaient proposé de décréditer les Jésuites sur le dogme et sur l'administration des sacrements; pour le croire, Vincent n’avait pas besoin de ce témoignage, puisqu'il lui avait oui tenir quantité de discours, et cela presque tous les jours, qui étaient conformes à cela.
Quant au fond même de la matière, la lecture assidue que Jansénius avait faite de saint Augustin ne prouve pas plus en faveur de ses sectateurs qu’elle ne prouverait en faveur de Calvin : le concile de Trente entendait mieux saint Augustin que Jansénius et ses adhérents; en un mot, saint Augustin doit être expliqué par le concik, et non le concile par saint Augustin, parce que le premier est infaillible, et que le second ne l'est pas. Dans l'affaire présente, il ne s’agit ni de Molina ni de la science moyenne, qui n’est pas article de foi; si cette doctrine est nouvelle, il n’en est pas ainsi de celle qui établit que Jésus-Christ est mort pour tout le monde : celle-ci est de saint Paul, de l’apôtre saint Jean, de saint Léon, du dernier concile général; l'opinion contraire a été condamnée dans le concile de Mayence et en plusieurs autres contre Gotescalc. Vincent raisonne de la même manière sur la possibilité d'observer les commandements de Dieu, et sur la grâce suffisante. Il prouve l’une et l'autre par un grand nombre de textes.
A l'égard de la conduite qu'il veut qu’on tienne dans sa congrégation, par rapport à ces matières, il n’approuve point que ses prêtres disputent, attaquent et défendent à cor et à cri; mais il veut qu'ils parlent quand les circonstances l'exigent, et que la crainte de se faire des ennemis ne les arrête pas } Dieu ne plaise, dit-il, que ces faibles motifs, qui remplissent l'enfer, empêchent les missionnaires de défendre les intérêts de Dieu et de son Église! C’est sur ce principe qu’il rejette bien loin le conseil que le missionnaire consultant lui avait donné, de laisser chacun dans sa compagnie croire sur ces matières ce qu'il jugerait à propos. O mon Jésus! s’écrie-t-il, il n'est pas expédient que cela soit ainsi : il faut que nous soyons tous unius labii, autrement nous nous déchirerions tous les uns les autres. Obéir en ce point, ce n’est point se soumettre à un supérieur, mais à Dieu et au sentiment des Papes, des conciles et des saints ; et si quelqu'un des nôtres n’y voulait pas déférer, il ferait bien de se retirer, et la compagnie de l’en prier.
Quelque rigoureuses que paraissent ces dernières paroles, le saint
à 1650 de n'en ver moyens il faisait avoir CO état de ] gs prél ments :
teurs de chanceli renvoye Des r souhaita qui déjà le vicair.
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iv. LXXX VIT. — De1(05
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e; le dernier avait >posé de décréditer n des sacrements; noignage, puisqu'il sque tous les jours,
assidue que Jansés plus en faveur de > Calvin : le concile sénius et ses adhéiqué par le concile, premier est infaillisente, il ne s’agit ni as article de foi; si celle qui établit que i est de saint Paul, er concile général; icile de Mayence et sonne de la même ndements de Dieu, utre par un grand
> dans sa congrégaint que ses prêtres mais il veut qu'ils a crainte de se faire it-il, que ces faibles issionnaires de déest sur ce principe aire consultant lui > croire sur ces Ma s’écrie-t-il, il n’est s soyons tous unius ns les autres. Obéir rieur, mais à Dieu its ; et si quelqu'un de se retirer, et la
es paroles, le saint
41650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 469
s'en venait aux <ernières extrémités qu'après avoir épuisé tous les moyens que fournissent la charité et la prudence. Il priait beaucoup, i faisait prier par les siens, et il ne prenait son dernier parti qu'après avoir consulté ceux que la capacité et l’expérience mettaient plus en état de lui donner de bons avis. Il le fit surtout par rapport à un de ss prêtres, qu'on n'avait pu faire revenir de ses mauvais sentiments : il ne le renvoya qu'après en avoir conféré avec quatre docturs de Sorbonne, le coadjuteur de Paris, le cardinal Mazarin, le chancelier et le premier président, qui tous lui conseillèrent de le renvoyer.
Des remèdes si violents coûtaient à sa tendresse. Nuit et jouril souhaitait qu’une autorité supérieure réglât ce malheureux différend, qui déjà mettait en feu le clergé séculier et régulier. Son respect pour k vicaire de Jésus-Christ lui faisait croire que sa décision réunirait presque tous les esprits, et que la paix succéderait à un orage qui, presque à chaque instant, devenait plus impétueux. C’est “ans cette vue qu'il mit tout en œuvre pour engager autant d’évêques qu’il lui ærait possible à souscrire la lettre qui devait être envoyée au Pape. Ilcombla de louanges ceux qui s’y étaient prêtés d'eux-mêmes, et il eninvita d’autres à se joindre à eux. Il leur écrivit én février 4651 la kttre suivante :
«Les mauvais effets que produisent les opinions du temps ont fait rsoudre un bon nombre de nos seigneurs les prélats du royaume d'écrire à notre saint père le Pape pour le supplier de prononcer sur œlte dectrine. Les raisons particulières qui les y ont portés sont que par ce remède ils espèrent que plusieurs se rendront aux opinions communes, qui sans cela pourraient s’en écarter, comme il est arivé de ous quand on a vu la censure des deux chefs qui n'en font gun, 2° C'est que le mal pullule, parce qu'il semble être toléré. ÿ On pense à Rome que la plupart de nos seigneurs les évêques de France sont dans ces sentiments nouveaux, et il importe de faire voir quil y en a très-peu. 4° Enfin ceci est conforme au saint concile de Trente, qui veut que, s’il s'élève des opinions contraires aux choses qu'il a déterminées , on ait recours aux souverains Pontifes pour en omdonner. Et c'est ce qu'on veut faire, monseigneur, ainsi que vous verrez dans la même lettre, laquelle je vous envoie, dans la confiance que vous aurez agréable de la signer après une quarantaine d’autres Prélats qui l’ont signée, dont voici la liste, etc. »
Cette lettre du saint homme eut un heureux succès. Cependant l’é- ‘que de Luçon ne fit point de réponse; ceux d’Alet et de Pamiers eù firent une où, pour arriver à la paix, ils proposaient une ouverlire qui ne pouvait que redoubler la guerre. Le saint prêtre ne se
470 HISTOIRE UNIVERSELLE [{Liv.LXXXVIL. — De1605
rebuta point, Le vingt-trois avril 4651, il écrivit une seconde fois à l’évêque de Luçon. Après lui avoir dit qu'il craint ou qu'il n'ait pas reçu sa lettre, ou qu'il n’ait été ébranlé par un mauvais écrit que les Jansénistes avaient envoyé partout pour détourner les évêques de demander un jugement, il le conjure, au nom de Notre-Seigneur, de considérer que ce jugement est nécessaire pour arrêter l'étrange division qui se met dans les familles, dans les villes et dans les universités. C’est, dit-il, un feu qui s’enflamme tous les jours, qui altère les esprits et qui menace l'Église d’une irréparable désolation, s’il n'y est remédié promptement.
Il se propose encuite et il résout les difficultés qu’on pouvait lui faire. Il dit qu'on ne peut raisonnablement s'attendre à un concile: l’état des affaires présentes ne permet pas qu'on l’assemble ; personne n’ignore combien il a fallu de temps pour convoquer celui de Trente. Ainsi, ce remède est trop éloigné pour un mal si pressant. Puisque les autres voies manquent, il faut donc prendre celle de recourir au Saint-Siége : l’Église, toujours conduite par le Saint-Esprit, nous y convie elle-même ; les saints ont écrit aux Papes contre les nouvelles doctrines qui se sont élevées de leur temps, et ils n'ont pas laissé d'assister comme juges aux conciles où elles ont été condamnées. Il ajoute que le Pape est déterminé à s'expliquer, dès qu'il verra une lettre du roi et une autre d’une bonne partie des évêques de France; que déjà le roi a pris la résolution d'écrire; que soixante prélats ont signé la lettre pour Rome, et que le premier président a dit que, pourvu que la bulle ne paraisse pas être émanée de l’inquisition, elle sera reçue et vérifiée au parlement.
« Mais, me dira quelqu'un, que gagnera-t-on quand le Pape aura prononcé, puisque ceux qui soutiennent ces nouveautés ne se soumettront pas ? Cela peut être vrai de quelques-uns qui ont été de la cabale de feu M. de Saint-Cyran, lequel non-seulement n'avait pas disposition de se soumettre aux décisions du Pape, mais même ne croyait pas aux conciles. Je le sais, monseigneur, pour l'avoir fort pratiqué ; et ceux-là se pourront obstiner comme lui, aveuglés de leurs propres sens ; mais pour les autres , qui ne les suivent que par l'attrait qu’ils ont aux choses nouvelles, ou par quelque liaison d'amitié ou de famille, ou parce qu'ils pensent bien faire, il y en aura peu qui ne s’en retirent, plutôt que de se rebeller contre leur propre et légitime père. »
Ce qui autorisait le serviteur de Dieu à penser si favorablement de ses frères, c'est qu’en effet, comme il le dit lui-même, le livre des Deux Chefs et le Catéchisme de la Grâce étaient tombés dans l'oubli aussitôt qu'ils eurent été censurés à Rome. D'ailleurs, la conformité
11650 de
du syst:
jour plu le senti le seize par un | au calvi ministre plupart bientôt croire q hissé p taient p tion. C éteindre religion vager l’ sance ?
temps qui dev Le sa alors. I!
que cer particul mémoil ment q des évé souffrir lence d àse mé momen mis de Paul, le vous, nl les opit de req réprim Calvin.
j'ose di Paris q La v
1 Coll
r. LXXX VE. — De 1605
une seconde fois à
ou qu'il n'ait pas uvais écrit que les er les évêques de [otre-Seigneur, de rêter l'étrange dit dans les univerurs, qui altère les olation, s’il n’y est
qu’on pouvait lui idre à un concile:
semble ; personne er celui de Trente.
pressant. Puisque lle de recourir au int-Esprit, nous y ontre les nouvelles ils n’ont pas laissé té condamnées. Il dès qu'il verra une vêques de France; oixante prélats ont ‘ésident a dit que, le l’inquisition, elle
quand le Pape aura veautés ne se souns qui ont été de la lement n'avait pas Je, mais même ne ir, pour l'avoir fort ne lui, aveuglés de les suivent que par quelque liaison d'are, il y en aura peu re leur propre etlé-
si favorablement de même, le livre des ombés dans loubli leurs, la conformité
11650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 471
du système de Jansénius avec celui des Calvinistes devenait chaque jour plus sensible. Jean Labadie, si estimé de Hauranne et si zélé pour le sentiment de Port-Royal, venait de se faire huguenot à Montauban, le seize octobre 1650; et, pour justifier son apostasie, il avait prouvé par un écrit public que, du jansénisme dont il avait fait profession, au calvinisme qu'il venait d’embrasser, il n’y a qu’un pas à faire. Les ministres huguenots disaient hautement dans leurs prêches que la plupart des catholiques commençaient à se mettre de leur côté, et que bientôt ils auraient le reste. Ces considérations donnaient lieu de croire que, le premier Siége venant à s'expliquer, ceux qui s'étaient laissé prévenir ouvriraient les yeux ; ou du moins que ceux qui n'étient pas encore gagnés à l'erreur seraient en garde contre la séduction. Cela étant, disait le saint prêtre, que ne doit-on pas faire pour éteindre ce feu qui donne de l'avantage aux ennemis jurés de notre religion ? Qui ne se jettera sur ce petit monstre qui commence à ravager l'Église et qui enfin la désolera, si on ne l’étouffe en sa naissance? Quels reproches n’ont point à se faire les évêques, qui, au temps de Calvin, ne s’opposèrent pas avec vigueur à une doctrine qui devait causer tant de guerres et de divisions ?
Le saint exhorte l'évêque de Luçon à profiter de la faute qu’on fit
alors. Il espère que les évêques de son temps, ayant plus de lumière que ceux du temps de Calvin, auront aussi plus de zèle. Il cite en particulier le saint évêque de Cahors, Alain de Solminihac, dont la mémoire est si chère à l'Église. Ce prélat, dit-il, m’écrivit dernièrement qu'on lui avait adressé un libelle diffamatoire contre la lettre des évêques ; qu’il y a reconnu l'esprit de l’hérésie, qui, incapable de souffrir les justes réprimandes qu’on veut lui faire, se jette avec violence dans les calomnies ; que si quelque chose l’obligeait lui-même àse ménager, ce ne serait que pour se trouver au combat, dont le moment approche, et dont il espère qu’avec l’aide de Dieu les ennemis de la nouveauté sortiront victorieux. « Voilà, continue Vincent de Paul, les sentiments de ce bon prélat. On n’en attend pas d’autres de vous, monseigneur, qui annoncez et faites annoncer en votre diocèse les opinions communes de l'Église, et qui sans doute serez bien aise de requérir que notre saint Père fasse faire le même partout, pour réprimer ces opinions nouvelles, qui symbolisent tant avec celles de Calvin, Il y va , certes , de la gloire de Dieu, du repos de l'Église, et j'ose dire de celui de l'État : ce que nous voyons plus clairement à Paris qu’on ne peut se l’imaginer ailleurs, etc.!, »
La veille même du jour où cette lettre partit pour Luçon, les évé-
4 Collet, 1. 5.
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ques d’Alet et de Pamiers en écrivirent une en commun à Vincent de Paul, pour répondre à la sienne, On en voit l'esprit et le. matière par la réponse suivante qu'y fit le saint prêtre :
« Messeigneurs, j'ai reçu, avec le respect que je dois à votre vertu et à votre dignité, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire sur Ja fin du mois de mai, pour réponse aux miennes sur le sujet des questions du temps, où je vois beaucoup de pensées dignes du rang que vous tenez dans l’Église , lesquelles semblent vous faire incliner à tenir le parti du silence dans les contentions présentes ; mais je ne laisserai pas de prendre la liberté de vous représenter quelques raisons qui pourront peut-être vous porter à d'autres sentiments; et je vous supplie, messeigneurs, prosterné en esprit à vos pieds, de l'a voir agréable,
« Et premièrement, sur ce que vous témoignez appréhender que le jugement qu'on désire de sa Sainteté ne soit pas reçu avec la soumission et l'obéissance que tous les Chrétiens doivent à la voix du Souverain Pasteur, et que l'Esprit de Dieu ne trouve pas assez de docilité dans les cœurs pour y opérer une vraie réunion, je vous représenterais volontiers que , quand les hérésies de Luther et de Cal. vin, par exemple, ont commencé à paraître, si on avait attendu à les condamner jusqu’à ce que leurs sectateurs eussent paru disposés à se soumettre et à se réunir, ces hérésies seraient encore du nombre des choses indifférentes à suivre ou à laisser ; et elles auraient infecté plus de personnes qu’elles n'ont fait, Si donc ces opinions, dont nous voyons les effets pernicieux dans les consciences, sont de cette nature, nous attendrons en vain que ceux qui les sèment s'accordent avec les défenseurs de la doctrine de l'Église ; car c’est ce qu'il ne faut point espérer, et ce qui ne sera jamais ; et de différer d'en obtenir la condamnation du Saint-Siége , c’est leur donner le temps de répandre leur venin ; et c’est aussi dérober à plusieurs personnes de condition et de grande piété le mérite de l’obéissance qu'ils ont protesté de rendre aux décrets du Saint-Père , aussitôt qu'ils les verront : ils ne désirent que savoir la vérité, et, en attendant l'effet de ce désir, ils demeurent toujours de bonne foi dans ce parti qu'ils grossissent et fortifient par ce moyen, s’y étant attachés par l’apparence du bien et de la réformation qu'ils prêchent, et qui est la peau de brebis dont les véritables loups se sont toujours couverts pour abuser et séduire les simples.
« Secondement, ce que vous dites, messeigneurs, que la chaleur des deux partis à soutenir chacun son opinion laisse peu d'espérance d'une parfaite réunion, à laquelle néanmoins il faudrait butter, m'oblige de vous remontrer qu'il n’y a point de réunion à faire dans la
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+ LXXXVIL. — De 1605
imun à Vincent de it et le. matière par
dois à votre vertu nneur de m'écrire es sur le sujet des es dignes du rang vous faire incliner sentes ; mais je ne nter quelques raisentiments; et je vos pieds, de l'a.
ppréhender quele ‘eçu avec la souivent à la voix du )UVe pas assez de inion, je vous re- Luther et de Cal.
avait attendu à les paru disposés à se re du nombre des S auraient infecté inions, dont nous it de cette nature, iccordent avec les qu’il ne faut point n obtenir la conmps de répandre nnes de condition s ont protesté de 2s verront : ils ne et de ce désir, ils ils grossissent et arence du bien et de brebis dont les ser et séduire les
s, que la chaleur peu d’espérance rait butter, m'on à faire dans la
41650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 473
diversité et contrariété de sentiments en matière de foi et de religion, qu'en se rapportant à un tiers, qui ne peut être que le Pape au défaut des conciles ; et que celui qui ne se veut point réunir en cétte matière n’est point capable d'aucune réunion, laquelle, hors de là,
| n'est pas même à désirer ; car les lois ne doivent jamais se récon- J
cilier avec les crimes, non plus que le mensonge s’accorder avec la vérité.
«a Troisièmement, cette uniformité que vous désirez entre les prélts serait bien à souhaiter, pourvu que ce fût sans préjudice de la bi; car il ne faut point d'union dans le mal et dans l'erreur. Mais quand cette réunion se devrait faire, ce serait à la moindre partie de revenir à la plus grande, et aux membres de se réunir au chef : qui est ce qu'on propose, y en ayant au moins de six parts cinq qui ont offert de s’en tenir à ce qu’en dira le Pape au défaut du concile, qui ne se peut assembler à cause des guerres ; et quand, après cela, il resterait de la division, et, si vous voulez, du schisme, il s’en faudrait prendre à ceux qui ne veulent pas de juge, ni se rendre à la pluralité des évêques, auxquels ils ne défèrent non plus qu’au Pape.
« Et de là se forme une quatrième raison, qui sert de réponse à œ qu'il vous plaît de me dire, messeigneurs, que l’un et l’autre parti croit que la raison et la vérité sont de son côté ; ce que j'avoue. Mais vous savez bien que tous les hérétiques en ont dit autant, et que «la ne les a pourtant pas garantis de la condamnation et des anathèmes dont ils ont été frappés par les Papes et les conciles : on n’a point trouvé que la réunion avec eux fût un moyen de guérir le mal ; au contraire, on y a appliqué le fer et le feu, et quelquefois trop tard, comme il pourrait arriver ici. Il est vrai qu’un parti accuse l’autre ; mais il y a cette différence, que l’un demande des juges, et que l'autre n’en veut point, ce qui est un mauvais signe. Il ne veut point de remède, dis-je, de la part du Pape, parce qu'il sait qu'il est possible, et fait semblant de demander celui du concile, parce qu'il le croit impossible en l’état présent des choses ; et, s’il pensait qu'il fût possible, il le rejetterait comme il rejette l’autre. Et ce ne sera point,
à mon avis, un sujet de risée aux libertins et aux hérétiques, non’
plus que de scandale aux bons, de voir les évêques divisés; car, outre que le nombre de ceux qui n’aurent pas voulu souscrire aux kttres écrites au Pape sur ce sujet sera très-petit, ce n’est pas chose extraordinaire, dans les anciens conciles, qu'ils n’aient pas été tous d'un même sentiment ; et c’est ce qui montre aussi le besoin qu'il y à que le Pape en connaisse, puisque, comme vicaire de Jésus-Christ, il est le chef de toute l’Église, et par conséquent le supérieur des évêques.
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« Cinquièmement, on ne voit point que la guerre, pour être allumée presque par toute la chrétienté, empêche que le Pape ne juge avec toutes les conditions et formalités nécessaires et prescrites par le concile de Trente, du choix desquelles il se rapporte pleinement à sa Sainteté, laquelle plusieurs saints et anciens prélats ont ordinainairement consultée et réclamée dans les doutes de la foi, même étant assemblés, comme on voit chez les saints Pères et dans les annales ecclésiastiques. Or, de prévoir qu’on n’acquiescera pas à son jugement, tant s’en faut que cela se doive présumer ou craindre, que plutôt c'est un moyen de discerner par là les vrais enfants de l'Église d'avec les opiniâtres.
« Quant au remède que vous proposez, messeigneurs, de défendre à l’un et l'autre parti de dogmatiser, je vous supplie très-humblement de considérer qu'il a déjà été essayé inutilement, et que cela n'a servi qu’à donner pied à l'erreur ; car, voyant qu’elle était traitée de pair avec la vérité, elle a pris ce temps pour se provigner ; et on n'a que trop tardé à la déraciner, vu que cette do ‘rine n’est pas seulement dans la théorie, mais que, consistant aussi dans la pratique, les consciences ne peuvent plus supporter le trouble et l'inquiétude qi naissent de ce doute, lequel se forme dans le cœur de chacun, savoir : si Jésus-Christ est mort pour lui, ou non, et autres semblables. Il s'est trouvé ici des personnes, lesquelles entendant que d’autres disaient à des moribonds, pour les consoler, qu'ils eussent confiance en la bonté de Notre-Seigneur, qui était mort pour eux, disaient aux malades qu’ils ne se fiassent pas à cela, parce que Notre- Seigneur n'était pas mort pour tous.
« Permettez-moi aussi, messeigneurs, d'ajouter à ces considérations que ceux qui font profession de la nouveauté, voyant qu'on craint leurs menaces, les augmentent et se préparent à une forte rébellion ; ils se servent de votre silence pour un puissant argument en leur faveur, et même se vantent, par un imprimé qu’ils publient, que vous êtes de leur opinion; et, au contraire, ceux qui se tiennent dans la simplicité de l’ancienne créance, s’affaiblissent et se découragent, voyant qu'ils ne sont pas universellement soutenus. Et ne seriéz-vous pas un jour bien marris, messeigneurs, que votre nom eût servi, quoique contre vos intentions, qui sont toutes saintes, à confirmer les uns dans leur opiniâtreté, et à ébranler les autres dans leur créance ?
« De remettre la chose à un concile universel : quel moyen d’en convoquer un pendant ces guerres? Il se passa environ quarante ans depuis que Luther et Calvin commencèrent à troubler l'Église, jusqu’à la tenue du concile de Trente. Suivant cela, il n’y a point
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à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. #75
de plus proinnt remède que celui de recourir au Pape, auquel le concile de T vite même nous renvoie en sa dernière session au chapitre dernier, dont je vous envoie un extrait.
« Derechef, messeigneurs, il ne faut point craindre que le Pape ne soit pas obéi, comme il est bien juste, quand il aura prononcé ; car outre que cette raison de craindre la désobéissance aurait lieu en toutes les hérésies, lesquelles, par conséquent, il faudrait laisser régner impunément, nous avons un exemple tout récent dans la fausse doctrine des deux prétendus chefs de l'Église, qui était sortie de là mêmé boutique, laquelle ayant été condamnée par le Pape, on a obéi à son jugement, et il ne se parle plus de cette nouvelle opinion.
« Certes, messeigneurs, toutes ces raisons et plusieurs aytres, que vous savez mieux que moi, qui voudrais les apprendre de vous, que je révère comme mes Pères et les docteurs de l'Église, ont fait qu’il reste peu de prélats en France qui n’aient signé la lettre qui vous a été ci-devant proposée; où bien une autre, qui a été depuis divtée par un de ces mêmes prélats, que l’on a fort goûtée, et dont à cet effet je vous envoie la copie, parce qu'elle vous plaira peut-être davantage 1, »
Ces lettres de Vincent de Paul sont un monument historique de son génie et de son zèle, non plus seulement comme père des orphelins et dès pauvres, mais comme père de l'Église. On voit en lui l'esprit, le cœur et l’âme de la France catholique : c'est de lui que part la première impulsion qui fait agir le roi, la reine, les évêques. On voit maintenant pourquoi la Providence l'avait placé à la cour et à la tête du conseil de conscience : c'était pour être l'ange tutélaire du royaume dans un des moments les plus périlleux.
Les défenseurs de Jansénius ne s’oubliaient pas. Ils ne craignaient rien tant que la décision du Pape. Désespérés de voir qu’un écrit en forme de lettre circulaire, qu'ils avaient envoyé aux évêques de France, n’eût pas empêché le grand nombre de signatures dont nous avons parlé, ils résolurent d’agir à Rome même, d'y multiplier les incidents, et de détourner, à quelque prix que ce fût, la foudre qui les menaçait, Ils avaient déjà dans cette ville un agent qui ne négligeait rièen pour mettre à couvert la doctrine de Jansénius et de ses disciples. Dans la crainte qu'un homme seul ne pût conjurer l’orage, ils lui énvoyèrent du secours. Trois autres docteurs partirent pour se joindre à lui. Gorin de Saint-Amour, muni d’une lettre de dix évêques qui ne pensaient pas comme le reste de leurs collègues,
1 Collet, Vie de S. Vincent de Paul, |. 5.
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était à la tête de la députation. Gorin de Saint-Amour était plein de zèle pour la doctrine de l’évêque d'Ypres; il eût donné sa vie pour soutenir qu’elle était conforme à celle de Saint-Augustin. Cependant lui-même nous apprend qu'il n’avait pas lu le livre de Jansénius 1,
Vincent de Paul n'eut pas plus tôt été informé de la manœuvre des sectaires, qu’il crut qu’on devait faire pour la vérité ce qu'ils faisaient pour l'erreur. Son avis fut donc qu’on envoyât à Rome quelques docteurs orthodoxes, qui y fissent sentir ce qu’on savait mieux à Paris que partout ailleurs, savoir : le danger que courait la foi, et la nécessité d’un jugement qui, soutenu de l'autorité des évêques, fixât les doutes et réunît les esprits. Les docteurs Hallier, Joisel et Lagault s’offrirent à faire le voyage. Tous trois étaient de la maison de Sorbonne, et très-liés avec saint Vincent de Paul. Celui-ci les fortifia dans leurs bons desseins ; il les aide de sa bourse et de ses conseiis ; il leur promit de ne les abandonner ni en France ni en Jialie; et il donna ordre à ses prêtres, L.ablis à Rome, d’avoir pour eux toutes les attentions possibles. Une correspondance très-active s’établit entte le saint homme et les trois députés, jusqu’à la conclusion de l'affaire et la publication de la bulle.
Alors, après avoir rendu grâces à Dieu de la protection qu’il venait de donner à son Église, Vincent de Paul ne pensa plus qu'aux moyens de procurer au rescrit apostolique l’obéissance qui lui était due. Son premier soin fut d'empêcher que ceux qui avaient eu le dessus dans cette espèce de combat ne prissent avec leurs adversaires ces airs de triomphe qui conviennent mal aux défenseurs de la vérité, et qu'un esprit aigri prend aisément pour des insultes, Plein de zèle contre l'erreur, plein de charité pour ceux qui s’y étaient livrés, toute son attention fut de leur aplanir la voie du retour et de l'unité. Dans ce dessein, il rendit visite à des supérieurs de communautés, à des docteurs en théologie, et à différentes personnes de considération, qui n'étaient rien moins que Jansénistes ; il les conjura par les plus pressants motifs de contribuer de tout leur pouvoir à la réunion des esprits. :i leur fit entendre que, pour y réussir, il fallait se contenir dans les bornes de la plus exacte modération; ne rien avancer ni dans les sermons, ni dans les entretiens familiers, qui pût tourner à la confusion de ceux qui jusqu’alers avaient soutenu le dogme proscrit ; les prévenir d'honneur et d'amitié dans une conjecture humiliante pour eux, et gagner, par le plus respectueux ménagement, des personnes qu’on rebuterait par toute autre voie.
1 Journal de Saint-Amour, p. 116 et 418.
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