LXXXVIL. — De
nour était plein :ût donné sa vie t-Augustin. Ce-
le livre de Jan-
de la manœuvre rité ce qu'ils faiit à Rome quelon savait mieux e courait la foi, ité des évêques, Hallier, Joisel et ent de la maison Celui-ci les fore et de ses conice ni en Italie; avoir pour eux très-active s’équ’à la conclu-
tection qu'il ve- 1sa plus qu'aux nce qui lui était ai avaient eu le ec leurs adverx défenseurs de ur des insulles, x qui s’y étaient du retour et de urs de commu- >s personnes de tes ; il les conut leur pouvoir our y réussir, il modération ; ne tiens familiers, ave avaient souarnitié dans une lus respectueux e autre voie.
à 1650 de l'ère chr.] : DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
Le saint prêtre ne manqua pas de garder la conduite qu’il prescrivait aux autres. Ce fut dans ces sentiments qu’il s’en alla à Port- Royal faire une visite de civilité à ceux des disciples de Saint-Cyran qui s'y étaient choisi une retraite. Le bruit s'étant répandu qu'ils se soumettaient sans restriction , il les en félicita. Il passa plusieurs heures avec eux, et leur donna des témoignages particuliers d’estime, d'affection et de confiance. Il alla voir ensuite quelques autres personnes de condition, qui tenaient un rang considérable dans le parti : tous promirent une soumission sincère au Siége apostolique. Les deux évêques d’Alet et de Pamiers reçurent la bulle d’Innocent X et la publièrent dans leurs diocèses, comme tous les évêques du royaume. En un mot, de ce petit nombre d’évêques que le jansénisme avait séduits, il n’y en eut pas un seul qui alors ne lui dît anathème 1,
Dans une occasion semblable, saint Augustin disait : Rome a parlé, la cause est finie; puisse aussi finir l'erreur ! Les Jansénistes se prétendaient disciples de saint Augustin. Ils se montrèrent disciples, non pas précisément de l'Augustin d’Hippone, mais de l’Augustin flamand d'Ypres. Au public, ils disaient tout haut : Rome a parlé, la cause est finie; entre eux, dans leur correspondance, ils disaient tout bas : Rome a parlé, la cause n’est pas finie. Les Pélagiens étaient loin d’avoir, au même degré que les Jansénistes, la finesse, h duplicité cauteleuse de leur père commun, le vieux serpent.
Quelques-uns cependant se montrèrent fidèles à la grande règle d'Augustin d'Hippone : dès que Rome eut parlé, la cause fut finie pour eux, et ils mirent fin à leur erreur. L'abbé Amable de Bourzeis avait été un des plus ardents défenseurs du jansénisme ; il avait publié plusieurs écrits pour soutenir les cinq propositions, comme étant de Jansénius et de saint Augustin. Dès qu'il les vit condamnées par Innocent X, il cessa de les défendre ; la conduite équivoque des autres Jansénistes le détrompa totalement ; il renonça de bonne foi à ses erreurs, et rétracta, le 4 novembre 1661, tout ce qu'il avait écrit ponr les soutenir. Il protesta, en signant le formulaire d'Alexandre V:, qu'il voudrzit pouvoir effacer de son sang tout ce qu’il avait écrit, et qu'il aurait toute sa vie :.n souverain et inviolable respect pour les décisions du Saint-Père, qui est, dit-il, le vicaire de Jésus-Christ sur lh terre, et le maître commun des Chrétiens en la foi 2.
L'autre exemple est du père Thomassin de l'Oratoire, recommandable par sa piété solide et par la candeur de son esprit, autant que par l'étendue de son savoir et par la multitude de ses ouvrages pleins
! Collet, 1, 5,— 2 Biblioth. des auteurs jansén., t. 1, p. 87.
4178 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVII. — De 1605
d’érudition. Ce savant homme étant encore jeune au temps que les disputes du jansénisme s’éle”èrent, et n'ayant d’abord étudié saint Augustin que dans les livres-de Jansénius et de ses disciples, il donna, Sans y penser, dans les erreurs qui ont été condamnées sous lé nom des cinq propositions. Mais comme il était humble et de bonne foi, sitôt qu’il eut reconnu, par la lecture de saint Augustin même, combien Jansénius imposait à ce saint docteur, nul respect humain ne put l’empêcher d’en faire une confession aussi publique qu'il y était obligé. Il alla trouver exprès tous ceux à qui il pouvait avoir communiqué ses premiers sentiments, et leur déclara comme il y avait entièrement renoncé. Et l’on voit par ses ouvrages que depuisila été aussi opposé au jansénisme qu'il y avait été attaché auparavant; car il l’a toujours fortement combattu, tant sur le fait que sur le droit. A la fin du troisième volume de ses Dogmes théolos'iques, il déclare qu'il n’a suivi les opinions de Jansénius qu'avant qu’elles fussent condamnées, et. avant qu’il pût s’instruire par lui-même et former ses sentiments sur ceux des Pères, particulièrement de saint Augustin, des conciles et des scholastiques, en les lisant et les confrontant avec soin : £e qui demande beaucoup plus d'étude et plus de temps qu'un jeune théologien n’en peut avoir eu. Enfin, il croit qu'un théologiea doit faire gloire d'apprendre de l'Église, et de profiter en étudiant : ce qu’il ne peut faire que par un louable changement, en apprenant ce qu'il ignorait et en renonçant à ce qu’il avait mal appris 1.
Le troisième exemple est d’un des consulteurs romains @ans l'affaire de Jansénius, Luc Wadding, né en Irlande l’an 1588, mort à Rome en 1657, avec la réputation d’un bon religieux et d’un savart du premier ordre. Entré dans l’ordre de Saint-François, il en devint l'historien et le biographe, et a laissé un grand nombre d'ouvrages. Nommé consulteur dans l’examen des cinq propositions, il fut d'avis
qu’on pouvait les soutenir. Mais Innocent X ayant prononcé, ilfitla Ê
déclaration suivante : « Si, avant cette décision, quelqu'un en a jugé autrement, sur quelques raisons ou quelque autorité de docteurs que ce puisse être, il est obligé présentement de captiver son esprit sous.le joug de la foi, selon l’avis de l'Apôire. Je déclare que c'est ce que je fais de tout mon cœur, condamnant et anathématisant toutes les propositions susdites, dans tous et chacun des sens dans lesquels sa Sainteté a voulu les condamner, quoique, avant cette décision, j'aie cru qu'on les pouvait soutenir selon certains sens, de la manière que je l’ai expliqué dans les suffrages ?. »
Certainement, si tous les Jansénistes avaient eu cette même droi-
1 Dumas, 1. 1, p. 81, édit. 1702, Trévoux. — ? Ibid., p. 79.
ture, fallut rent f que ll recon A pei nauld où il
donne natiot a été
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déclar appro nues ( le mo dans | suet 2 Janséi tiques cunen qu'en nisme Arnat sent t une r corres d’une d'équ
i Du Yersail
LXXXVIL — De1605
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nent, en apprenant È
al appris 1.
romains dans l'afl'an 1588, mort à ieux et d’un savart ançois, il en devint ombre d'ouvrages, sitions, il fut d'avis
it prononcé, il fitla
quelqu'un en a jugé torité de docteurs captiver son esprit déclare que c'est ce athématisant toutes s sens dans lesquels , cette décision, j'aie , de la manière que
u cette même droi-
à 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 479
ture, la cause était vraiment finie, et l'erreur avec la cause. Il s’en fallut de beaucoup. Le grand nombre, Arnauld à leur tête, ne se firent pas scrupule de mentir et à eux-mêmes et aux autres. Ainsi, tant que les cinq propositions n’eurent pas-été condamnées à Rome, ils y reconnaissaient leur doctrine, la doctrine de Jansénius et d'Augustin. À peine ces propositions furent-elles déférées en Sorbonne, qu’'Arnauld publia ses Considérations sur l’entreprise de monsieur Cornet, où il dit que l'écrit par lequel ses adversaires s'étaient eux-mêmes donné la hardiesse d'informer le Pape, pour le porter à la condamnation des plus saintes et des plus constantes maximes de la grâce, aété réfuté, et que ces propositions, qu’on taxait d'erreur et d’hérésie, ont été soutenues puissamment contre leurs accusations frivoles 1, C’est pour soutenir ces propositions que les Jansénistes envoient des députés à Rome. C’est parce que irois ou quatre consulteurs s montrent favorables à ces propositions janséniennes que les députés jansénicies les comblent d’éloges dans leur correspondance. Et ls députés, et les consulteurs, et le Pape les regardaient comme la substance de Jansénius. Innocent X commence ainsi sa bulle : « Comme, à l’occasion d’un livre intitulé Augustin de Cornélius Jans#nius, évêque d’Ypres, entre autres opinions de cet auteur, il s’est levé une contestation sur cinq d’entre elles:.. » Cette même bulle se termine par ces mots : « Nous n’entendons pas toutefois, par cette déclaration et définition faite touchant les cinq propositions susdites, approuver en façon quelconque les autres opinions qui sont contenues dans le livre ci-dessus nommé, de Cornélius Jansénius. » Tout le monde croyait donc que les cinq propositions sont véritablement dans Jansénius, et qu’elles sont l’âme de son livre, comme le dit Bossuet ?, À peine sont-elles condamnées par le Pape, que la foule des Jansénistes, Arnauld à leur tête, disent tout haut qu’elles sont hérétiques, mais que jamais ils ne les ont soutenues ; qu’elles ne sont aueunement dans Jansénius, que Jansénius dit même tout le contraire ; qu'enfin ce sont des propositions forgées à plaisir, et que le jansénisme n'est qu’un fantôme. Voilà ce qu'ils disent et répètent avec Arnauld dans plusieurs pamphlets et mémoires; voilà ce qu'ils disent tout haut au public, en proclamant la décision du Pape comme une règle de foi, comme un oracle du ciel. Mais tout bas, daus leur correspondance secrète, ils parlent de cette même décision comme d'une censure extorquée, informe, inouïe, faite contre toute sorte d'équité et de règles : ou le Pape, n’entendant pas les termes de la
i Dumas, p. 12, — # Lettre 52, au maréchal de Bellefonds, t, 37, p. 124, édit. Versailles,
480 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVIL — De 1605
matière dont il s’agit, s’est laissé prévenir, ne s’est conduit que par politique, a négligé toutes sortes de formes et les moyens les plus nécessaires pour découvrir la vérité : ou il n’a employé que des per. sonnes ignorantes, suspectes, malintentionnées et ennemies de la saine doctrine ; qu’enfin cette décision attire le mépris des personnes intelligentes, tant ils y voient de partialité, de passion et peu de jus.
tice 1. Telles étaient, dès l’origine, la droiture et la sincérité des Jan. À
sénistes : aussi reprocheront-ils à leurs adversaires la duplicité et les restrictions mentales.
La bulle d’Innocent X eut du moins ce bon effet, que depuis lurs il ne s’est presque trouvé personne, hors les Calvinistes, qui ait ouvertement soutenu les cinq propositions, et que les Jansénistes se retranchèrent à dire qu’elles n'étaient pas dans Jansénius, ou qu’elles n'avaient pas été condamnées dans leur sens naturel. Pour dé. truire ces subterfuges, les évêques de France, assemblés à Paris le 9 mars 1654, au nombre de trente-neuf, nommèrent une commis sion de huit d’entre eux, parmi lesquels Pierre de Marca, archevêque de Toulouse, pour considérer les diverses interprétations et autres évasions que l’on avait inventées afin de rendre inutile la constitution pontificale. Dans dix séances consécutives, on rechercha, on lut et on examina les textes de Jansénius qui se rapportent à chacune des cinq propositions. Les mémoires produits par les Jansénistes furent examinés avec un égal soin. Enfin, l'affaire mise en délibération, il fut arrêté qu’on déclarerait par voie de jugement, donné sur les pièces produites de part et d'autre, que la constitution avait condamné les cing propositions, comme étant de Jansénius et ou sens de Jansénius; et que le Pape serait informé de ce jugement de l'assemblée par la lettre qu’elle écrirait à sa Sainteté, et qu'il serait
aussi écrit sur le même sujet aux autres évêques du royaume. Inno- |
cent X adressa, le 29 septembre 1654, un bref à l'assemblée générale du ciergé de France, par lequel, après avoir donné de grandes louanges au zèle et à la piété de ces évêques, il approuve et confirme ce qu'ils avaient décidé au sujet de sa bulle, déclarant lui-même que, par sa constitution du 31 mai 1653, &l a condamné dans les cinq pro-
positions la doctrine de Cornélius Jansénius, contenue dans son livre À
intitulé AuGusriNus. Dans ce même bref, le Pape leur recommande, outre l'exécution de sa bulle, celle d’un décret qui porte condamnation de plusieurs écrits où l’on soutenait la doctrine de ce livre, entre autres des deux apologies pour Jansénius, composées par Antoine Arnauld ; de l'ouvrage intitulé De /a Grâce victorieuse, par le
1 Dumas, 47-53.
11650 de
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. LXXXVIL. — De 1605
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assemblés à Paris rent une commis de Marca, archeinterprétations et dre inutile la con- , On rechercha, on rapportent à chalits par les Jansé- , l'affaire mise en joie de jugement, que la constitution de Jansénius et au le ce jugement de eté, et qu'il serait
u royaume. Inno-
l'assemblée génédonné de grandes rouve et confirme ant lui-même que, dans les cinq pro-
nue dans son livre À
eur recommande, li porte condanctrine de ce livre, mposées par Anjictorieuse, par le
11650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 481
seur de la Lane, et de l’Écrié à trois colonnes, ou de la distinction des sens.
Ce bref fut lu et reçu avec applaudissement dans une assemblée du 20 mai 1655. La relation du clergé ajoute : « Ce jugement ecclésastique, rendu par l'assemblée de 1634, et confirmé par le bref de sSainteté, a été reçu avec respect dans tout le royaume ; et la faculté de théologie de Paris, dont la réputation est si hautement établie par toute la chrétienté, l’a suivi en la censure qu’elle a donnée le dernier de janvier 4656. »
Cetie censure est celle d’une lettre d'Antoine Arnauld à un due et mir. Le 24 février 1655, il en adressa une première à une persmne de condition, où il rend compte d’une affaire arrivée au duc de Liancourt dans la paroisse de Saint-Sulpice, dont était curé le respctable Olier, fondateur du séminaire et ami de Vincent de Paul. {Le confesseur de ce duc crut ne pouvoir poifit le recevoir au sacrement de pénitence qu’il ne donnât des marques d’une soumission prfaite à la bulle d’Innocent X contre les cinq propositions, et qu'il ju rompit ‘es liaisons qu'il avait avec les Jansénistes, qui, au jugement du confesseur et du curé, n’avaient pas cette soumission.
Dans sa lettre, Arnauld blâme la conduite du curé de Saint-Sulpic et du confesseur ; maïs surtout il cherche à se justifier lui-même, «à soutenir sa cause et celle de ses amis. Il parle au nom: de tous, ddit: « Qu'ils sont bien éloignés d’être tombés dans quelque erreur; puisque, d’une part, ils condamnent sincèrement les cinq propositons censurées par le Pape, en quelque livre qu’on les puisse trouver, sans exception ; et que, de l’autre, ils ne sont attachés à aucun auteur particulier qui forme des opinions nouvelles et qui parle de luimême touchant la matière de la grâce, mais à la seule doctrine de aint Augustin, etc. » ;
On fit divers écrits contre cette lettre, dans lesquels on prétendait que la déclaration faite par le sieur Arnauld de condamner les cinq propositions n’était pas suffisante ; que lui et ses amis ayant soutenu en tant d’écrits la doctrine du livre de Jansénius que le Pape déclarit hérétique par sa bulle, ils étaient obligés, pour donner une preuve isurée de leur soumission : 1° de reconnaître de bonne foi qu'avant k condamnation ils avaient été dans l'erreur; 2 de déclarer le livre de Jansénius bien condamné, et de renoncer à sa doctrine exprimée par les cinq propositicns. Qu'ils ne pouvaient se dispenser de faire ie semblable décl:: à ‘on, après que le clergé de France avait jugé,
dns une assemblée solenneïle, que l'intention du Pape était de con- Banner les cinq propositious comme extraites du livre de Jansénius
d dans le sens enseigné par cet auteur, et après que le Pape lui- X\Y, 31
Pape et des évêques.
Arnauld, pour répliquer à tous ces écrits contre sa première lettre, en fit une autre d un duc et pair, datée de Port-Royal-des-(hamps, le dix juillet 4655. Grand nombre de théologiens voyant que cette seconde lettre justifiait ouvertement le livre de Jansénius, condamné par deux Papes et par les évêques de France, et jugeant qu'elle re. nouvelait la première des cinq propositions, ils en firent leur plainte au docteur Guyart, Oratorien, alors syndic de la faculté de théologie, lequel, suivant l’obligation de sa charge, proposa une commis sion pour examiner la seconde lettre d’Arnauld. Le docteur Cornet et le père Nicolaï, Dominicain, furent des huit commissaires. C'était au commencement de nôvembre 1655. Arnauld appela de la Sorbonne au parlement, qui ordonna de passer outre. Les commissaires réduisirent à deux chefs les points qu’ils trouvaient à censurer dans la lettre d'Arnauld, l’un desquels ils appelèrent question de fait, et l’autre question de droit. La première regarde ce que dit Arnauld que les cinq propositions condamnées dans la bulle du Pape n'ont été soutenues dé personne; qu'elles ont été forgées par les partisans des sentiments contraires à ceux de saint Augustin; qu’en les attribuant à Janséniu:, on impose des hérésies à un évêque catholique qui a été très-éloigné de les enseigner; qu'ayant lu avec soin le livre de Jansénius et n’y ayant point trouvé ces propositions, le sieur Arnauld et ses amis ne peuvent déclarer contre leur conscience qu'elles s’y trouvent.» La question de droit regarde principalement cette proposition de la lettre : « Que la grâce, sans laquelle on ne put rien, a manqué à un juste en la personne de saint Pierre, en uneotcasion où l’on ne peut pas dire qu’il n’ait point péché.» Le vingtneuf janvier 1656, après de longs examens et délibérations, la Sorbonne, à la majorité de cent trente docteurs contre huit, déclan «que la première question ou proposition, qui est de fait, est téméraire, scandaleuse, injurieuse au Pape et aux évêques de France, et même qu'elle donne sujet de renouveler entièrement la doctrine de Jansénius, qui a été ci-devant condamnée. Et que la seconde, quiregarde le droit, est iéméraire, impie, blasphématoire, frappée d’anr thème et hérétique. » Arnauld fut rayé du nombre des docteurs pour n'avoir pas souscrit dans la quinzaine à la censure que tous les dot: teurs et bacheliers furent obligés de signer pour prendre leurs de-
grés. Le dix-huit février suivant, six évêques de la faculté signèrat à
la censure avec le doyen et plus de cent autres docteurs, du nombre
482 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVII. — De 1605 même avait approuvé l'explication des évêques par son bref du vingt. neuf septembre 1654. Qu’on avait droit de tenir pour suspecte là déclaration des Jansénistes, jusqu’à ce qu’elle fût conforme à celle du
Av. LXXXVIL. — De 1605
r son bref du vingt.
ir pour suspecte la conforme à celle du
e sa première lettre, Royal-des-Champs, 1s voyant que cette nsénius, condamné | jugeant qu’elle reà firent leur plainte à faculté de théolo )Jposa une commis Le docteur Cornet ymmissaires. C'était appela de la Sora. Les commissaires nt à censurer dans question de fait, et ce que dit Arnaull ulle du Pape n'ont es par les partisans tin; qu'en les attriévêque catholique lu avec soin le livre sitions, le sieur Arconscience qu'elles rincipalement cette laquelle on ne pet t Pierre, en uneotpéché.» Le vingtlibérations, la Sorontre huit, déclan t de fait, est téméques de France, et ment la doctrine de la seconde, quite:
ire, frappée d'ant e des docteurs pour re que tous les dot:
r prendre leurs de-
a faculté signèrent à
cteurs, du nombre
1 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 483
desquels furent quatre amis du sieur Arnauld, qui l'avaient servi constamment jusqu’à la fin des assemblées, mais qui crurent enfin
D qu'ils devaient moins à l'amitié qu’à la vérité et à la religion.
La société de Sorbonne reçut la censure dans son assemblée du vingt-quatre mars, et il y fut conclu d’un consentement unanime que tous ceux qui ne souscriraient pas celte censure seraient privés
de tous les droits de la société; qu’elle serait souscrite par ceux qui
tient à Paris, avant l'assemblée de Pâques, et par ceux qui demeu-
mient en province, avant j’assemblée de la Pentecôte, au moins,
par procuration expresse : ce qui fut confirmé le onze d'avril, à l’assmblée ordinaire de la semaine sainte, et s’exécuta depuis trèsfidèlement 1.
La cause paraissait finie, elle ne l’était pas. Les Jansénistes invenrent un nouveau subterfuge touchant les questions de fait et les questions de droit. Ils posèrent en thèse générale, que, sauf les faits immédiatement révélés de Dieu dans l'Écriture ou la tradition, l’Église æpeut tromper à l'égard de tous les autres faits, notamment si les cinq propositions condamnées sont dans Jansénius, et qu’ainsi on s'est pas obligé de s’en rapporter là-dessus à elle. Pour retrancher œlte nouvelle chicane, l'assemblée du clergé de France, en 1656, wmposée de quarante évêques et de vingt-sept députés du second dre, déclara que si l'Église est faillible, ce n’est qu'à l'égard des questions de fait particulières et personnelles, sur quoi elle peut quelquefois être surprise, sans préjudice de la foi et de la discipline; mais non pas à l'égard de certaines questions de fait, sur quoi elle e saurait tomber dans l'erreur, que cela ne lui ôtât l’autorité nécesire pour décider souverainement des faits qui concernent la foi ou ksmœurs générales de l'Église; comme, par exemple, que tel et tel vncile soit général et légitime, que tel soit le vrai sens de chacun des Pères sur tel ou tel dogme, ce qui s'appelle un fait dogmatique. Leprincipe de l’assemblée estque, de faire l’Église sujette à se tromper au regard de cette sorte de faits, c'est détruire la tradition qui est le fndement de la foi, parce que la tradition ne consiste que dans l’assmblage des faits dogmatiques, savoir, que tel et tel Père, dans chque siècle, a eu tel sentiment, par exemple, sur la présence réelle.
Dans cette même assemblée, on arrêta encore quelques articles qui kient conçus en ces termes : « L'assemblée reçoit avec respect le bref du Pape, du 29 septembre 1634; qui lui est adressé, et déclare, conformément au bref susdit et à la délibération de l'assemblée de 164, confirmée par ce bref, que, dans les cinq propositions, la doc-
1 Dumas, 1. 2,
A nn LL
484 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVII. — De 1605
trine du livre de Jansénius, intitulé Augustinus, laquello néanmoins n’est pas celle de saint Augustin, est condamnée par la canslitution de sa Sainteté, du 21 mai 1653. Que, pour son exécution, l'assemblée renouvelle et confirme par son décret tout ce qui a été délibéré et résolu par les trois assemblées de 1653, 1654 et 1655, suivant le contenu des lettres'qu’elles ont écrites tant à sa Sainteté qu'aux pré: lats du royaume. Que les livres et les écrits qui ont été composés et publiés pour détendre ou favoriser les opinions condamnées, demeureront prohibés sous les peines portées par la constitution. Que les évêques qui négligeront de faire exécuter les ordres contenus dans la lettre de l’assemblée de 1655 (c'était de faire recevoir et souscrire la bulle d’Innocent X avec le bref par lequel il décidait le fait de Jansénius) ne seront point reçus dans les assemblées générales, provinciales, ni particulières du clergé. »
Gondrin, archevêque de Sens, qui, avant le bref d'Innocent X, n'avait pas voulu souscrire, sur la seule autorité du clergé de France, que le Pape avait condamné les cinq propositions comme étant de Jansénius, révoqua sa restriction dans l’assemblée de 1656, et se déclara complétement d'accord avec ses collègues pour le fait et pour le droit.
Le 2 septembre, l'assemblée écrivit au pape Alexandre VIT pour lui rendre compte de ce qu’ils avaient fait et délibéré pour l'exécution de la constitution et du bref d’innocent X. Le nouveau Pape, qui avai été un des principaux commissaires dans l’examen des cinq propos tions à Rome, fit une nouvelle constitution du 16 octobre 1656, où il
confirme de point en pointcelle d’Innocent X, insérée dans la sienne. R
Il appelle perturbateurs du repos public et enfants d’iniquité, ceux qu ont l'assurance de soutenir, au grand scandale des fidèles, que cs propositions ne se trouvent point dans le livre de Janséaius, inais qu’elles ont été forgées à plaisir, ou qu’elles n’ont pas été condanmnées au sens de cet auteur. Il assure, au contraire, comme témoit de tout ce qui s'était passé dans cette affaire, que le fait de Jansénius y avait été examiné du temps de son prédécesseur avec une telle exactitude, qu'on ne pourrait pas en souhaiter une plus grande
Enfin il définit que les cinq propositions ont été tirées du livre dt E
Jansénius, et condamnées dans le sens auquel cet auteur les a ex pliquées.
Cette constitution d'Alexandre VII ne fut présentée à l'assemblée du clergé que le 14 mars 1657, et la délibération fut remise al A7 mars suivant, afin d'y inviter les prélats qui n'étaient pas dela semblée et qui se trouvaient à Paris. Voici ce que ia délibération dé ce jour porte, de l'avis de tous les prélats : 4° L'assemblée accepte
et reço qu'elle évêque d'Inno celle-c leur de semblé tutions semblé parfait un fort nouvel faire pi ait unil formul pape hi déterm 16 octo béir à dectrin son livi condan Janséni Cette ayant é en 466 nisme, ment l Arna Pape et manière Oar pronon pas tou Or, 1 sénius, paraît € Donc propre Ce sy
Dum
v. LXXXVIL. — De 1605
laquelle néanmoins par la canstitution cution, l'assemblée ni a été délibéré et ot 1655, suivant le ainteté qu'aux pré:
ont été composés et ndamnées, demeunstitution. Que les dres contenus dans ecevoir et sousfrire cidait le fait de Janes générales, pro-
bref d’Innocent X, lu clergé de France, ns comme étant de e de 1656, et se dépour le fait et pour
Alexandre VII pour sré pour l'exécution veau Pape, qui avai en des cinq proposioctobre 1656, où il
sérée dans la sienne. à
d’iniquité, ceux qui des fidèles, que ces de Jansénius, mai nt pas été condamaire, comme témoin ue le fait de Janstesseur avec une telle r une plus grande,
té tirées du livre dB
cet auteur les a ex-
sentée à l'assemblée ation fut remise al n'étaient pas de l'as ae la délibération dé L'assemblée accept
à 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 485
et reçoit avec soumission cette constitution d’Alexandre VIE, et veut qu'elle soit publiée et exécutée dans tous les diocèses par l'ordre des évêques, etc. 20 Et d'autant que la constitution ordonne que celle d'innocent X sera observée suivant l'interprétation qu'en donne celle-ci, qui est que les cinq propositions sont de Jansénius, et que leur doctrine est condamnée aux sens que cet auteur enseigne, lassemblée déclare qu’il sera procédé suivant la rigueur de ces constitutions contre ceux qui contrediront la doctrine condamnée. 3° L'assemblée ayant déjà résolu, dès le 4er de septembre passé, pour une parfaite exécution des constitutions apostoliques, qu’il serait signé un formulaire de foi, il fut conclu que ce formulaire serait ajouté à la nouvelle constitution du Pape, et que les prélats seraient exhortés à ire procéder dans un mois à cette souscription, 4° Qu’afin qu’il y ait uniformité dans ces souscriptions, les prélats se serviraient de la formule suivante : « Je me soumets sincèrement à la constitution du pape Innocent X, du 31 mai 1653, selon son véritable sens, qui a été déterminé par la constitution de notre saint père Alexandre VII, du 16 octobre 1656. Je reconnais que je suis obligé en conscience d’obéir à ces constitutions ; et je condamne de cœur et de bouche la doctrine des cinq propositions de Cornélius Jansénius, contenue en son livre intitulé Augustinus, que ces deux Papes et les évêques ont condamnée, laquelle doctrine n’est point celle de saint Augustin, que Jansénius a mal expliquée, contre le vrai sens de ce saint docteur. »
Cette délibération du clergé n'eut pas sitôt son effet, l'exécution en ayant été différée jusqu’à l'assemblée générale suivante, qui se tint en 1661. Ce fut alors que l’abbé de Bourzeis, un des chefs du jansénisme, fit la rétractation que nous avons vue, et souscrivit sincèrement le formulaire de foi dressé par le clergé de France.
Arnauld et les autres Jansénistes justifiaient leur résistance au Pape et aux évêques par ce syllogisme, qu’ils diversifiaient de mille manières :
On n’est obligé de se soumettre intérieurement à ce que le Pape prononce sur un point de fait que quand le contraire ne nous paraît pas tout évident.
Or, le contraire de ce que le Pape a prononcé sur le fait de Jansénius, et de ce qui a été mis dans le formulaire de l'assemblée, me paraît évident à moi et à mes amis.
Donc nous ne sommes pas obligés de reconnaitre, contre notre propre lumière, ce que le Pape a prononcé sur le fait 1.
Ce syllogisme repose sur cette maxime fondamentale d’Arnauld,
Dumas, 1. 3, p. 222.
486 HISTOIRE UNIVERSELLE [liv.LXXXVIT. — De 1905
que chaque personne, et surtout un docteur, qui a quelque discernement de ce qui se passe dans son esprit, est le premier ou plutit l'unique juge entre les hommes de ce qui lui paraît évident. — C'est sur ce principe que chaque Janséniste résistait effrontément à tonte l'Église de Dieu, avec laquelle Jésus-Christ a promis d'être tous les jours jusqu'à la consommation des siècles, et à laquelle il a promis Y'Esprit de vérité pour demeurer avec elle éternellement, — Les pro. fesseurs catholiques de philosophie feront bien de citer ce syllogisme historique à leurs élèves, pour leur faire voir ce qu'il renferme de faux, d'équivoque et de funeste.
Parmi les souteneurs du syllogisme jansénien se distinguèrent Blaise Pascal et Pierre Nicole : le premier, dans ses Lettres provinciales, sous le nom de Louis de Montalte; le second, dans les notes de Guillaume Wendrok et dans les disquisitions de Paul Irénée, Pour le style, les Provinciales sont un fort élégant libelle, mais d'un plan assez monotone : c'est toujours un Jésuite sot, qui dit des bétises, et qui a lu tout ce que son ordre a écrit. Madame de Grignan, au milieu même de l’effervescence contemporaine, disait déjà en bâillant : C'est {toujours la même chose 1.
Quant au fond même de l'ouvrage, Voltaire a dit sans détour : / est vrai que tout le livre porte sur un fondement faux : ce qui est vi: sible?. Aussi, dès que les Lettres provinciales parurent, Rome les condamna, et Louis XIV, de son côté, nomma pour l'examen de livre treize commissaires, archevêques, évêques, docteurs ou profes seurs de théologie, qui donnèrent l'avis suivant : « Nous, soussignés, après avoir diligemment examiné le livre qui a pour titre Lettres provinciales, etc. (avec les notes de Wendrok), certifions que les hérésies de Jansénius, condamnées par l'Église, y sont soutenues et di. fendues.…. ; certifions de plus que la médisance et l’insolence sonts naturelles à ces deux auteurs, qu’à la réserve des Jansénistes, ils mé pargnent qui que ce soit, ni le Pape, ni les évêques, ni le roi, niss principaux ministres, ni la sacrée faculté de Paris, ni les ordres religieux ; et qu’ainsi ce livre est digne des peines que les lois décerneil
contre les libelles diffamatoires et hérétiques. Fait à Paris le 4 septembre 1660. Signé Henri de Rennes, Hardouin de Rodèz, François d'Amiens, Charles de Soissons, etc. » Sur cet avis des commissaires, le livre fut condamné au feu par arrêt du conseil d'État 8. Certes, lorsque Voltaire s'accorde avec le Pape, le clergé de France etk conseil d'État pour juger qu’un livre est un libelle, il n’est plus per
1 Lettres de madame de Sévigné, lettre 753, du 21 décembre 1685. — ? Sièck
de Louis XIV, c. 317. — 3 Dumas, 1. 3, p. 226.
41650 mis d sont é1 Au !
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peu av témoig instrui se fiait passag vent, s d'imag les Jar Lettre Pas mais t qu'il s mières sur les avec la savent lettre, des Th Les préten un gr que, T r'estp il suffi saint ?
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iv. LXXX VIT, — De 1605
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mis d'en douter, et ceux qui obligent la jeunesse à étudier ce libelle sont évidemment des corrupteurs de la jeunesse.
Au fond, les Jansénistes pensent sur Pascal comme le Pape et Voltaire. Il: eut à la fin les plus grands démélés avec eux. Il prétendit qu'ils avaient varié dans leurs sentiments, ou du moins dans la manière de les exposer. Eux, de leur côté, firent de lui un portrait peu avantageux. Iis dirent « qu’on ne pouvait guère comptér sur son témoignage ; qu'il ne voyait que par les yeux d'autrui ; qu’il était peu instruit des faits qu’il rapporte... ; qu’en écrivant les Provinciales, il se fiait absolument sur la bonne foi de ceux qui lui fournissaient les passages qu'il citait sans les vérifier dans les originaux ; que souvent, sur des fondements faux ou incertains, il se faisait des systèmes d'imagination qui ne subsistaient que dans son esprit. » C'est ce que les Jansénistes nous apprennent eux-mêmes dans un écrit intitulé : Lettre d'un ecclésiastique à un de ses amis 1.
Pascal était un bel esprit, grand mathématicien, bon physicien, mais très-ignorant en matière de théologie, et logicien si pitoyable, qu'il se contredisait sans s’en apercevoir. Par exemple, dans ses premières lettres, il regarde les Thomistes comme ses grands adversaires sur les matières de la grâce. Il dit que « les Thomistes se brouillent avec la raison, les Molinistes avec la foi, et que les seuls Jansénistes savent accorder la foi avec la raison. » Cependant, dans sa dernière lettre, il soutient que les Jansénistes sont, sur la grâce, du sentiment des Thomistes, et par conséquent brouillés avec la raison, comme eux.
Les Jansénistes généralement, Jansénius même par moment, se prétendent d'accord avec saint Thomas. A parler familièrement, c'est un gros mensonge. Le principe fondamental du jansénisme, c’est que, pour mériter et démériter dans l'état de la nature déchue, il n'est pas besoin que l’homme soit libre ou exempt de nécessité, mais il suffit qu’il soit libre ou exempt de contrainte. Or, voici ce que dit saint Thomas en propres termes : « Quelques-uns ont pensé que la volonté de l’homme, pour élire quelque chose, est mue par la nécssité, mais sans contrainte. Cette opinion est hérétique, car elle détruit l'essence du mérite et du démérite dans les actions humaines. En effet, il n’y a ni mérite ni démérite à agir par une telle nécessité, qu'on ne puisse pas ne point agir. Il faut éloigner de la philosophie une telle opinion, parce que non-seulement elle est contraire à la foi, mais parce qu’elle renverse tous les principes de la philosophie morale, Car, s’il n’y a rien de libre en nous, mais que nous soyons nécessités à vouloir, il n’y a plus lieu à délibération, exhortation, com-
1 Dumas, 1. 3, p. 18 et 82.
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mandement, défense, punition, louange ni blâme ?, » Voilà comme saint Thomas s’accorde, plusieurs siècles d'avance, non pas préci. sément avec Jansénius, mais avec les Papes qui condamnent d'hé. résie la proposition jansénienne. Avec qui Jansénius et les Jansénistes s'accordent, c'est avec Baïus, disant dans sa proposition 9 : Ce qui se fait volontairement, quoique nécessairement, se fait librement; et 66: La seule violence répugne à la liberté naturelle de l'homme: et 67 : L'homme pèche d’une manière damnable même dans ce qu'il fait nécessairement. Avec qui Jansénius et Baïus s'accordent, c'est uvec Luther et Calvin, qui l’un et l’autre admettent que l'homme est libre dans ce sens qu'il agit volontairement, quoique nécessairement, mais sans contrainte ?,
Jansénius avance en propres termes, après Baïus, Luther à Calvin, que l'ignorance qui est en nous par nécessité, et non par volonté, c'est-à-dire qui est invincible, ne nous exewipte pas de péché; que c'est même là un dogme de foi, une tradition certaine des anciens, et qu’il n’y a que des Pélagiens qui puissent le nier %. Saint Thomas dit, au contraire, et répète : L'ignorance qui est cause de l'acte, si elle est involontaire, excuse de péché, parce qu’il est de l'essence du péché d'être volontaire #,
Jansénius dit et répète, après Baïus, Luther et Calvin, que l'infdèle, de quelque côté qu'il se tourne, est dans une nécessité de pé. cher, et que penser différemment est une ineptie, un délire, une extravagance, une erreur,! une impiété contraire à la religion chrétienne, à l’Écriture sainte et à la foi 5. Saint Thomas, au contraire, examinant sé {oute action d'un infidèle est péché, conclut et prouve que
toute action d’un infidèle n’est point péché, mais qu’il peut opérer M
quelque chose de bon, quoique ce ne soit pas méritoire de la vie éternelle 6.
Jansénius dit et répète, avec Luther et Calvin, que Dieu ne veut pas le salut de tous les hommes, que Jésus-Christ n’est pas mort pour tous, et qu'il ne donne pas des grâces suffisantes à chacun. Saint Thomas établit tout Je contraire en beaucoup d’endroits, notamment dans son commentaire sur cette parole de l'épitre aux Hébreux : Prenez garde que personne ne manque à la grâce de Dieu,
# Quidam posuerunt quod voluntas hominis ex necessitate movetur ad aliquil eligendum ; nec tamen ponebant quod voluntas cogeretur. Hæc autem opinio ést hæretica : toilit enim rationem meriti et demeriti in actibus humanis, el. Inter q. disput. De Malo, q. 6. De Electione humanä. — ? Luther, de Sert, Arbitrio. Calvin. Instit., 1. 2, ce. 2, 87. — 5 L. 2. De Statunaturæ lapsæ, c. 2.—
#12. Q. 76, art, 2 et 3. — 5 L. 4, De Statu naiuræ lapsæ, c. 17 ct 18. — 6 22,0. 10, à
art, 4.
Car, di grâce 1 qui est quicon lypse :
m'ouvr épitre pourqu muniqu manqu et avec ment J:
Nous une sér quelles ques, [ August livre pi théolog thode s égarés, ni la cu vertu, !
l'homn:
ses effe Nouvea dire éq cles, il et dans August:
tous les et prét tière. E
Nous tout av téral de Calum € est pécl et littér ché. D’
ilace
e !, » Voilà comme ce, non pas précicondamnent d'hé.
us et les Jansénistes oposition 9 : Ce qui , se fait librement; ielle de l'homme; même dans ce qu'il s s'accordent, c'est nt que l'homme est ue nécessairement,
Baïus, Luther et sité, et non par voiipte pas de péché; on certaine des ansent le nier 3, Saint ance qui est cause , parce qu’il est de
t Calvin, que l'infne nécessité de péin délire, une extrareligion chrétienne, 1 contraire, examiclut et prouve que
is qu’il peut opérer B
méritoire de la vie
, que Dieu ne veut rist n’est pas mort iffisantes à chacun.
up d’endroits, noole de l’épître aux à la grâce de Dieu.
late movetur ad aliquil r. Hæc autem opinio actibus humanis, ec - ? Luther, de Serto, nature laps, c.?.— 17 ct 18.— 6 22, Q, 10,
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Car, dit-il, quoiqu’on n'ait pas la grâce par les mérites, autrement la grâce ne serait plus grâce; cependant il faut que l'homme fasse ce qui est en lui. Or Dieu, par sa volonté très-libérale, donne la grâce à quiconque s'y prépare. Il est dit au troisième chapitre de l'Apocalypse : Voici que je me tiens à la porte, et que je frappe; si quelqu'un n'ouvre, j'entrera’ chez lui. Et au deuxième chapitre de la première épitre à Timothée, il dit : Que Dieu veut sauver tous Les hommes, C'est pourquoi la grâce de Dieu ne manque à personne; mais elle se communique à tous, autant qu’il est en elle, de même que le soleil ne manque pas aux yeux aveugles. Voilà ce qu'enseigne saint Thomas, etavec lui tous les docteurs de l'école. Cet accord gêne singulièrement Jansénius. Que fera-t-il pour s’en débarrasser ?
Nous avons vu Luther commencer la guerre contre l'Église par une série de quatre-vingt-dix-neuf thèses ou propositions, dans lesquelles il abaisse la philosophie d’Aristote, la théologie des scholastiques, pour élever uniquement et excessivement l'autorité de saint Augustin. Jansénius suit absolument la marche de Luther. Dans son livre préliminaire, il a un chapitre tout entier pour établir que les théologiens, depuis qu'ils suivent la philosophie d’Aristote et la méthode scholastique, c'est-à-dire depuis cinq siècles, se sont tellement égarés, qu'ils ne connaissent plus ni la foi chrétienne, ni l'espérance, ni la cupidité, ni la charité, ni la nature, ni la grâce, ni le vice, ni la vertu, ni le mérite, ni la récompense, ni le libre ni le serf arbitre de l'homme, ni la crainte, ni l’amour, ni la prédestination, ni aucun de ses effets, ni la justice de Dieu, ni sa miséricorde, ni l'Ancien. ni le Nouveau Testament, ni le péché, ni le supplice qu'il mérite 2, C'était dire équivalemment, avec Hauranne et Luther, que, depuis cinq siècles, il n’y avait plus d'Église. En même temps, et dans ce chapitre, et dans tout le livre préliminaire, et dans tout l'ouvrage intitulé : Augustinus, Jansénius ne cesse d'élever saint Augustin au-dessus de tous les docteurs et de tous les Pères : il ne veut écouter que lui seul, & prétend lui soumettre en quelque sorte les Papes ei l'Église entière. Et pourquoi ?
Nous avons vu que, dans ses discussions avec les Pélagiens, surtout avec Julien d’Éclane, saint Augustin s’est mépris sur le sens litléral de ce mot de saint Paul : Omne autem, quod non est ex fide, peccatum est. Au lieu d'entendre : Tout ce qui n’est pas selon la conscience «sl péché, ce qui est évidemment et incontestablement le sens naturel el littéral, il entendait : Tout ce qui ne procède pas de la foi est péché. D'où la conséquence : Donc toutes les actions des infidèles sont
l Ia cap. 12 Epistolæ ad Hebr., lect. 3. — ? Liber præmialis, c. 28.
490 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVIT. — De1605
des péchés; conséquence qu'il se voyait comme forcé d'admettre, k
par suite de sa méprise, mais qui, cependant, lui répugnait vis. blement.
Au chapitre vingt-sept du livre : De l'Esprit et de la Lettre, il dit en propres termes que les infidèles, qu’il appellé impies, font quel.
quefois des actions qui non-seulement ne peuvent être blâmées, mais À
qui doivent être louées. Il ajoute que, comme le juste commet quel.
quefois des péchés véniels, aussi le plus impie fait quelquefois quel. |
ques bonnes œuvres. Ailleurs, il dit que la charité est l’une divine, l’autre humaine; que la charité humaine est l’une licite, l’autre ill. cite; et que la charité licite peut être dans les impies, c'est-à-dire dans les païens, les juifs et les hérétiques!.
Luther lui-même reconnaît jusqu’à deux fois que l'interprétation des cathoïiques est juste, et que le texte de saint Paul veut dire: Tout ce qui n’est pas selon la bonne foi, selon la conscience, est pé. ché. Baïus\ Jansénius et leurs sectateurs, montrent moins de bonne foi que Luther : nulle part ils ne reconnaissent le vrai sens du texte; toujours ils abusent de la méprise de saint Augustin pour soutenir que toutes les actions des infidèles sont des péchés. Baïus le cite dans l'apologie de sa vingt-cinquième proposition ; Jansénius l’allègue plus d’une fois; Arnauld en fait le fondement d’une de ses apologies. Dans la version française du Nouveau Testament, imprimée, le même Arnauld, au lieu de traduire le passage de saint Paul : Zouf ce qui ne se fait pas selon la conscience est péché, ose bien mettre : Tout « qui ne ce fait point selon la foi ou par la foi est péché, afin de pouvoir dire que toutes les actions des infidèles sont des péchés, et que toutes leurs vertus sont des vices. Ce n’est pas la seule infidélité que les sec: taires ont osé commettre dans cette traduction pour insinuer leurs erreurs. Le Sauveur dit à la Samaritaine : « Si vous connaissiez le
don de Dieu, et que vous sussiez quel est celui qui vous dit : Donner: È
moi à boire, peut-être lui eussiez-vous demandé, et il vous aura donné de l’eau vive?; » et aux Juifs : « Si vous croyiez Moïse, peut: être me croiriez-vous aussi. » Cette expression peut-être, dans l bouche du Sauveur, indique le libre arbitre de l’homme : les Janstnistes l’ont supprimée dans leur traduction. Ailleurs, ils ajoutent at texte. Ainsi, quand saint Paul dit aux Romains : « La loi donne connaissance du péché #, » les Jansénistes lui font dire : « La loi ne nous donne que la connaissance du péché. » C’est la répétition fidèle
1Sermo 52, De Tempore. Voir encore d'autres textes dans un ouvrage très-bien fait, Analyse du jansénisme, 1121, sans nom de lieu ni d'auteur, 1. 8, c. 9,82 —? Joan., 4, 10. — 3 Ibid,, 5, 46. — + Rom., 8.
écriv: presq aux E attrib tous | thèse est te de fo roles:
1Ro
(Liv. LXXXVIL. — De 1605
ne forcé d'admettre, R
, lui répugnait visi.
et de la Lettre, il dit lé impies, font quel.
nt être blâmées, mais | e juste commet quel.
fait quelquefois quel. | arité est l’une divine, ine licite, l’autre ill.
s impies, c’est-à-dire
s que l'interprétation aint Paul veut dire:
a conscience, est pé.
rent moins de bonne le vrai sens du texte; gustin pour soutenir és. Baïus le cite dans Jansénius l’allègue une de ses apologies.
, imprimée, le même nt Paul : Tout ce qui bien mettre : Zoutw péché, afin de pouvoir péchés, et que toutes infidélité que les sec 1 pour insinuer leurs i vous connaissiez le qui vous dit : Donner E dé, et il vous aurai croyiez Moïse, pat:
on peut-être, dans li l'homme : les Janséleurs, ils ajoutent at
s : « La loi donne à
ont dire : « La loine st la répétition fidèle
ans un ouvrage très-bien We
d'auteur, 1, 3, c. 9,82
à 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 491
de ce qu'a fait Luther. Saint Paul ait, dans la même épttre : Vous pensons que l’homme est justifié par La foi ; Luther lui fait dire : Nous pensons que l’homme est justifié par la foi seule.
Les Jansénistes falsifiant ainsi la parole de Dieu, peut-on s'étonner qu'ils falsifient la parole des saints Pères ? Par exemple, saint Chrysostôme dit, sur l’épitre aux Éphésiens : C’est un prodige beaucoup plus étonnant de persuader les esprits que de ressusciter un mort... Jésus-Christ dit à un mort : Lazare, sortez; et aussitôt il obéit. Saint Pierre dit à Takih : Levez-vous; et elle ne fit aucune résistance. Z/ n'en est pas ainsi du consentement qu'on donne à la foi. Car écoutez ce que dit encore Jésus-Christ : Combien de fois ai-je voulu rassembler vos enfants, et vous ne l'avez pas voulu?.…... Saint Chrysostôme condut : Car il est beaucoup plus difficile de persuader le libre arbitre par des raisons humaines que de former la nature. La raison de cela et que Dieu veut que nous devenions bons de notre plein gré. C'est pourquoi l’Apôtre dit que la vertu qui a opéré en nous, qui avons œu, est suréminente?. L'auteur des hexaples janséniennes cite la conclusion du saint Père, mais en supprimant ces paroles : La raison de cela est que Dieu veut que nous devenions bons de notre plein gré, afin de lui faire dire tout l’opposé de ce qu'il dit.
Mais il n’y a pas de saint Père que les Jansénistes aient tant calomnié, au sujet duquel ils aient dit tant de mensonges, que saint Au-
| gustin. Ils se disent ses disciples, parce qu'ils lui attribuent leurs er-
reurs. En quoi ils ne font que copier leurs devanciers en hérésie. Les Prédestinatiens ou Jansénistes du cinquième siècle se couvraient du nom et de l'autorité de saint Augustin. Le moine Gotescalc, Janséniste du neuvième siècle, s'appelait lui-même un autre Augustin. Jean Wiclef, Janséniste anglais du quatorzième siècle, se nommait Jean d’Augustin, pour insinuer l'identité de leur doctrine. Nous avons vu Luther commencer la guerre contre l'Église par ces trois thèses : « Quiconque dit que saint Augustin a dit quelque chose de trop en écrivant contre les hérétiques, celui-là dit que saint Augustin a menti presque partout. Ceci va contre le dire commun. — C’est donner lieu aux Pélagiens et à tous les hérétiques de triompher, et même leur attribuer la victoire, — C’est encore exposer au mépris l'autorité de tous les anciens Pères. » Voilà ce que dit Luther dans ses premières thèses. Calvin dit de même : Nous ne suivons qu'Augustin. Augustin esl tellement nôtre en tout, que, s’il me fallait écrire une confession de foi, j'en produirais facilement une composée de ses propres patoles#, Lors donc que le chef des Prédestinatiens du dix-septième
1Rom.,28,—2 Chrysost. Hom.3, in c. 1, ad Ephes.—3 L. De æternd Prædestinat.
492 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXV:. — De1605 À
siècle intitulera l'arsenal de son hérésie : Augustin de Jansénius, il ne fera que varier un peu le thème de ses devanciers.
Comme nous avons vu au q'arantième livre de cette histoire, l'hé. résie des Prédestinatiens consiste à dire que Dieu ne veut sincèrement sauver que les prédestinés, et que Jésus-Christ n’est mort que pour eux, que les grâces efficaces qui leur sont accordées les mettent dans la nécessité de faire le bien et d'y persévérer, puisque jamais l'homme ne résiste à la grâce intérieure; que, néanmoins, ils sont libres, parce que, pour l'être, il suflit d'agir volontairement et sans contrainte; que les réprouvés sont dans l’impuissance de faire le bien, parce qu'ils sont ou déterminés positivement au mal par la volonté de Dieu, ou privés des grâces nécessaires pour s’en abstenir ; qu’ils sont néanmoins punissables, parce qu’ils ne sont ni contraints ni forcés au mal, mais entraînés invinciblement par leur propre concupiscence,
Les Prédestinatiens de tous les siècles prétendent que ce système d’horrible fatalisme est la pure doctrine de saint Augustin. Cette pré. tention füt-elle bien fondée, le catholique ne s’en inquiéterait pas. Îl dit tous les jours dans son acte de foi : Je crois la sainte Église catholique, et non pas : Je crois saint Augustin. Il approuve dans « Père tout ce que l'Église catholique y approuve, ni plus ni moins. Mais si, dans ses nombreux écrits, il se trouve certaines choses peu claires ou peu exactes, il ne s’en fait pas plus une règle de foi que de ce qui a échappé de peu clair ou de peu exact à d’autres Pères, Nous disons, avec Augustin lui-même : Je ne croirais pas mêmei l'Évangile si l'autorité de l'Église catholique ne m'y déterminait.
Les Jansénistes ne l'eatendent pas ainsi. Ils en savent plus sur saint Augustin que saint Augustin lui-même : ils savent que saint Augus tin, entendu à leur manière, doit être préféré, lui seul, à tous le Pères, à tous les docteurs, à tous les Papes, à toute l'Église catholique. Et pourquoi ? Parce que plusieurs Papes ont loué saint Augustin, et approuvé sa doctrine contre Pélage. Et, de fait, nous avon vu, dans le cinquième siècle, le pape saint Célestin écrire au évêques des Gaules : « Augustin, homme de sainte mémoire, à toujours été dans notre communion pour son mérite, et n'a jamais été flétri du moindre bruit d'aucun mauvais soupçon. Sa science était telle, je m'en souviens, que mes prédécesseurs le comptaiell entreles principaux docteurs ; il était aimé et honoré de tout le monde. C'est pourquoi vous devez résister à ceux qui osent attaquer sa mé: moire, et leur imposer silence. A cette lettre du pape saint Célestin, sont joints neuf articles touchant la grâce, comme renfermant ce que les Papes avaient déjà défini sur cette matière, et cité comme parle de la même lettre, dès le commencement du siècle suivant. Al
suite d fondes qui on mais n à conf nous € nous n traire :
Cette ment re il le ple jamais pas pot La dert pu écri défini,
Av. LXXX V1, — De 1605
n de Jansénius, il ne rs.
> cette histoire, l'hé.
ne veul sincèrement est mort que pour lées les mettent dans que jamais l'homme ils sont libres, parce et sans contrainte; faire le bien, parc r la volonté de Dieu, ir ; qu’ils sont néanitraints ni forcés au opre concupiscence, dent que ce système Augustin. Cette pré.
n inquiéterait pas. Îl la sainte Église ca- Il approuve dans « je, ni plus ni moins.
certaines choses peu une règle de foi que act à d’autres Pères, croirais pas même m'y déterminait.
savent plus sur sait nt que saint Augus- , lui seul, à tous les oute l'Église catholi nt loué saint Augus- , de fait, nous avons Célestin écrire au > sainte mémoire, à mérite, et n’a jamais soupçon. Sa science sseurs le comptaieil oré de tout le monde.
sent attaquer sa mé- | pape saint Célestin, ne renfermant ce que et cité comme par!
| siècle suivant, A
11650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 493
suite de ces articles, on lit ces mots : « Quant aux questions plus profndes et plus difficiles qui ont été traitées amplement par ceux qui ont combattu contre les hérétiques, nous ne les méprisons pas, mais nous n’avons pas besoin de les traiter; car, quant à ce qui est à confesser touchant la grâce de Dieu, nous croyons que ce que nous enseignent les écrits du Siége apostolique suffit, en sorte que nous ne regardons nullement comme catholique ce qui serait contaire aux sentences décrétées plus haut. »
Cette lettre de saint Célestin, avec son appendice, est extrêmementremarquable. Le Pape y venge la mémoire de saint Augustin ; ile place parmi les principaux docteurs de l’Église ; il témoigne que jamais soupçon fâcheux n'a flétri sa renommée. Mais il n’approuve pas pour cela, en détail, tout ce qu'il a pu dire, même sur la grâce. la dernière règle, à cet égard, ce n’est pas ce que les docteurs ont pu écrire sur ces questions ardues, mais ce que le Siége de Pierre a défini, soit directement par lui-même, soit en approuvant les définitons des conciles. Or, comme il a été dit au concile œcuménique d'Éphèse, saint Pierre, jusqu’à présent et toujours, vit et juge dans ss successeurs. Donc, les définitions qu'il donnera sur la grâce au dix-septième et au dix-huitième siècle, n'auront pas moins d’autoté que celle qu’il donnait au cinquième.
Les Janséiistes ne l’entendent pas ainsi. Voici comme ils raisonnent. Le Pape Célestin et quelques autres ont loué saint Augustin approuvé formellement plusieurs points de sa doctrine. Donc, out ce que saint Augustin a dit, et même ce qu'il n’a pas dit, mais que nous lui faisons dire, est article de foi : y contredire, c'est manquer de respect à saint Augustin, de respect aux Papes, de respect à bute l'Église. Telle est la quintessence du gros livre de Jansénius, et des livres innombrables des Jansénistes, réduits à leur plus simple expression.
De là tout le monde conclura : Mais si l'autorité du Pape a tant de force quand il approuve en général les écrits et la doctrine d’Augustin, elle n’en aura pas moins quand il condamne les écrits et la doctrine de Jansénius, quand il déclare expressément que le livre
ide Jansénius ne contient pas la pure doctrine d'Augustin, mais une
doctrine hérétique, résumée dans les cinq propositions. Le Jansétite ne raisonne pas comme tout le monde, mais de cette manièred: Le Pape moderne qui condamne les écrits et la doctrine de notre père Jansénius se trompe, parce que notre père Jansénius ne dit pas autre chose que saint Augustin, approuvé par l’ancien Pape : cela me parait tout évident. Quoi qu'en dise le Pape moderne, les cinq Propositions ne sont pas dans notre père Jansénius, parce que jene
494 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVIE. — De 1605
les y ai pas vues : cela me paraît tout évident. D'ailleurs l'Église, non moins que la lune, éprouve des éclipses, des obscurcissements ; et l’on peut dire, avec notre vénérable patriarche de Saint-Cyran, que, depuis cinq cents ans, il n’y a plus d'Église. Telle est la substance de toutes les argumentations janséniennes sur ce chapitre,
Nous avons vu saint Vincent de Paul combattre le jansénisme dès l’origine et en signaler les funestes conséquences pour la piété et les mœurs. Les Jésuites, pour lesquels il eut toujours grande affection et estime, ne montrèrent ni moins de pénétration ni moins de zèle, Aussi les Jansénistes décochèrent-ils contre eux tous leurs traits, Les fils de Jansénius, petits-fils de Calvin, représentèrent comme des corrupteurs de la morale les fils de saint Ignace, les frères des saints François Xavier, François de Borgia, François Régis, Stanislas Kostka, Louis de Gonzague. Pour cela, ils s’y prirent de cette façon.
On appelle casuistes les théologiens qui s'occupent non-seuement à étudier les principes généraux de la morale, sur quoi tout le monde est d'accord, mais à les appliquer en détail aux cas les plus difficiles qui peuvent se présenter dans la pratique, et qui varient singulièrement selon les pays, les temps et les circonstances ; en sorte que bien souvent une décision qui s'applique à l’un ne s'applique pas à l’autre, quoique sous certains rapports ils paraissent les mêmes. Dans cette multitude et cette. variété de décisions, il y en a qui excèdeni, soit du côté de la rigueur, soit du côté de l’indulgence. Parmi les casuistes de la compagnie de Jésus, quelques-uns excèdent quelquefois de ce dernier côté, mais pas plus que certains casuistes d’autres ordres religieux, ni du clergé séculier. Voici maintenant de quoi s’est avisée l’industrie jansénienne : Ramasser çà et là ces décisions trop indulgentes; pour en augmenter l'effet, faire dire à certains auteurs ce qu'ils ne disent pas, ou autrement et plus qu'ils ne disent; former de ces lambeaux épars un plan régulier de corruption universelle, attribuer ce plan aux Jésuites et à eux seuls: c'est à ourdir élégamment et plaisamment cette calomnie infernal que le Janséniste Pascal a prostitué sa plume et son génie. — Maïs alors, qu'est-ce donc que la morale jansénienne, puisqu'elle permet un pareil procédé ? — La morale jansénienne n'est pas une morale; car quelle morale, quelle règle de mœurs veut-on qu'il y ai pour nous si nous ne sommes que des machines, si nous faisons
nécessairement ce que nous faisons? Quelle morale, quelle religion |
veut-on qu’il y ait sous un Dieu janséniste, sous un Dieu qui not punit, comme celui de Luther et de Calvin, non-seulement du mil
que nous ne pouvons éviter, mais du bien que nous faisons de notre mieux ?
l'une l’em hgiens, n les, leur
LXXXVIE. — De 1605 ailleurs l’Église, pscurcissements ; de Saint-Cyran, Telle est la sub.
ur ce chapitre, e jansénisme dès ur la piété et les grande affection i moins de zèle, s leurs traits, Les rent comme des frères des saints Stanislas Kostka, ette façon.
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11650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 495
Les Jansénistes traitent de Pélagiens leurs adversaires ; mais les lnsénistes et les Pélagiens commencent par la même erreur et agis-
lsnt avec la même politique. Ils commencent les uns et les autres
pr confond:e la nature et la grâce, par poser en principe que Dieu ia pu créer l’une sans l’autre. D'où Pélage conclut : Donc, la naure restant entière après le péché d'Adam, la grâce l'est aussi. Et lnsénius : Donc, la grâce ayant péri par le péché du premier iomme, la nature a péri d'autant, elle n’est plus entière; l’homme
t plus libre, ce n’est plus qu’une balance entraînée invinciblement « nécessairement par la concupiscence ou la grâce, suivant que l'une l'emporte sur l’autre. Quant à la politique astucieuse des Pé-
hgiens, nous l’avous vue à leurs équivoques, leurs restrictions men-
ules, leurs fourberies pour circonvenir les évêques et les Papes, kur obstination à rester dans l'Église malgré elle, à se jouer de ss condamnations sous une feinte d’obéissance. En un mot, nous kur avons vu faire tout ce que nous voyons et verrons faire aux Jansnistes. Ceux-ci ont pour principe fondamental, comme Luther e Calvin, que l’homme déchu ne résiste jamais à la grâce intérieure. eur cite-t-on le contraire de saint Augustin ou d'un autre Père ? is diront avec Arnauld que l’homme résiste quand il veut, mais sousatendront que l’homme ne peut pas le vouloir. Ils diront même que l'homne résiste en effet à la grâce bien des fois ; mais voici dans quel sens : le bassin de la balance qui a un poids de trois livres réste de tout ce poids à l’autre bassin qui a un poid de six. Ainsi, homme qui est tiré d’un côté par trois livres de concupiscence, ré- Site de tout ce poids aux six livres de grâce qui le tirent de l’autre té, ou plutôt ce n’est pas lui qui résiste, mais les deux poids qui se lancent ou se vainquent l’un l’autre.
Les Jansénistes reprochent encore volontiers à leurs adversaires l'être Molinistes : c’est comme si un Anglais reprochait à un Franmis d’être Lorrain ou Breton; car le molinisme est un système ou ne opinion théologique sur la grâce et sur la prédestination, librenent controversé dans l'Église, tandis que le jansénisme est une irésie condamne par l'Église. Le système en question a été imakiné par Louis Molina, Jésuite espagnol, professeur de théologie dans université d'Evora en Portugal. Le livre où il explique ce système, nlitulé Concorde du libre arbitre avec la grâce et la prédestination, jublié à Lisbonne en 1588, fut vivement attaqué par les Dominiins, qui le déférèrent à l’inquisition, accusant l’auteur de renoucler les erreurs des Pélagiens et des semi-Pélagiens. La cause ayant lé portée à Rome et discutée dans les fameuses assemblées qu'on
mme les congrégations de auxiliis, depuis l’an 1598 jusqu’en
406 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVIT. — De 1605
4607, demeura indécise. Le pape Paul V, qui tenait alors lesiége de Rome, ne voulut rien prononcer ; il défendit seulement aux deux parties de se noter mutuellement par des qualifications odieuses Voici le plan du système de Molina et l’ordre que cet auteur imagine entre les décrets de Dieu :
40 Dieu, par la science de simple intelligence, voit tout ce qui est possible, et par conséquent des ordres infinis de choses possibles, 2° Par la science moyenne, Dieu voit certainement ce que, dans chacun de ces ordres, chaque volonté créée, en usant de sa liberté, fera si Dieu lui donne telle ou telle grâce. 3° Il veut, d’une volonté antécédente et sincère, sauver tous les hommes, sous condition qu'ils voudront eux-mêmes se sauver, c’est-à-dire qu’ils correspondront aux grâces qu'il leur fera. 4e Il donne à tous les secours nécessaires et suffisants pour opérer leur salut, quoiqu'il en accorde aux uns plus qu'aux autres, selon son bon plaisir. 5° La grâce accordée aux anges et à l’homme dans l’état d'innocence n’a point été efficace par elle-même, mais versatile : dans une partie des anges, elle est devenue efficace par l'événement ou le bon usage qu'ils en ont fait; dans l’homme, elle a été inefficace, parce qu’il y a résisté. 60 Il en est de même dans l’état de nature tombée; nuls décrets absolus de Dieu, efficaces par eux-mêmes et antécédents à la prévision du consentement libre de la volonté humaine; par conséquent, nulle prédestination à la gloire éternelle avant la prévision des mérites de l'homme, nulle réprobation qui ne suppose h prescience des péchés qu’il commettra. 7o La volonté que Dieu a de sauver tous les hommes, quoique souillés du péché originel, est vraie, sincère et active ; c’est elle qui a destiné Jésus-Christ à être le Sauveur du genre humain; c’est en vertu de cette volonté et des mérites de Jésus-Christ que Dieu accorde à tous plus ou moins de grâces suffisantes pour faire leur salut. 8” Dieu, par la science moyenne, voit avec une certitude entière ce que fera l’homme placé dans telle ou telle circonstance, et secouru par telle ou telle grâce, par conséquent qui sont ceux qui en useront bien ou mal. Quand il veut absolument et eflicacement convertir une âmeou la faire persévérer dans le bien, il forme le décret de lui accorder les grâces auxquelles il prévoit qu’elle consentira et avec lesquelles elle persévérera. 9° Par la science de vision qui suppose @ décret, il voit qui sont ceux qui feront le bien et persévéreront jusqu’à la fin, qui sont ceux qui pécheront ou ne persévéreroi pas. En conséquence de cette prévision de leur conduite absolument future, il prédestine les premiers à la gloire éternelle, et réprouve les autres.
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1v. LXXXVIT. — De 1005
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à 1650 de l'ère chr.]' DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 497
Tel est le système de Molina, sur lequel l’Église ne s'est pas prononcée, et que jusqu'à présent il est libre à tout catholique de soutesir. On ne peut sans injustice l’accuser de pélagianisme ni de semipélagianisme. Molina enseigne formellement que, sans le secours de k grâce, l'homme ne peut faire aucune action surnaturelle et utile pour le salut. Vérité diamétralement opposée à la maxime fondamentale du pélagianisme. Il soutient que la grâce est toujours prévenante, qu’elle est opérante ou coopérante lorsqu'elle est effiace; qu'ainsi elle est cause cfficiente des actes surnaturels, aussi bien que la volonté de l'homme. Autre vérité antipélagienne. Il dit etrépète que la prévision du consentement futur de la volonté à la grâce n’est point la cause ni le motif qui détermine Dieu à donner k grâce; que Dieu donne une grâce efficace ou inefficace uniquement parce qu'il lui plaît; qu’ainsi, à tous égards, la grâce est purement gratuite; il se défend contre ceux qui l’accusaient d’enseigner le contraire.
Ilest donc en soi très-injuste de taxer le système de Molina de pélagianisme ou de semi-pélagianisme : cela est en même temps bien téméraire, puisque le Saint-Siége ayant examiné ce système avec une longue et sévère attention, ne l’a noté d'aucune censure. De la part de l'ennemi, ces accusations étaient une ruse de guerre à laquelle bien des catholiques n’ont pas toujours pris assez garde. Molina était Jésuite; les Jésuites s’attiraient l'estime et l'affection & l'Église entière par leur zèle et leur dévouement pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Cela excitait des sentiments divers dans les autres congrégations religieuses : chez les uns, comme les enfants de saint Vincent de Paul, c'était une louable émulation à kire aussi bien; chez d’autres, c'était une jalousie plus ou moins humaine, car les religieux les plus parfaits sont encore hommes, à plus forte raison les moins parfaits, ceux qui penchent vers la décadence.
La nouvelle hérésie profita de ces dispositions pour diviser les sntinelles de la foi, en gagner quelques-unes, et se glisser ainsi dans ke camp. Parmi les soldats fidèles qui la combattirent, on voit peu de Bénédictins, peu d’Oratoriens français. Ceux contre qui la nouvelle hérésie se fâche le plus, ce sont les Jésuites : honneur à eux ! Les catholiques les aiment, les hérétiques les haïssent : il n’y a pas de gloire plus belle.
Dans les discussions que les docteurs catholiques eurent entre eux el avec les Jansénistes, sur la grâce, tout le monde se réclamait de
! Bergier, Dictionn. de Théologie, art. Molinisme.
498 ° HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXX VII. — De 1604
saint Thomas. Il nous semble toutefois qu'on a négligé en quelqu sorte, et alors et depuis, un point principal que saint Thomas néanmoins traité d’une manière expresse : c'est que la grâce est « sentiellement quelque chose de surnaturel. tt Comme nous avons vu dans le livre soixante-quatorzième de cet histoire, où se trouve résumée la doctrine de l'ange de l'École, not nature même est une grâce, en ce sens que Dieu nous l'a donné sans nous la devoir, puisque nous n’étions point. Cependant on distingue, et avec infiniment de raison, de la grâce proprement dits Par la nature, Dieu nous donne gratuitement nous-mêmes à no mêmes; mais par la grâce, il se donne lui-même gratuitement ! nous. Ainsi, de la nature à la grâce il y a toute la distance qu'il} de nous à Dieu.
D'après la définition de saint Thomas, qui est devenue la défi tion commune de tous les catéchismes et de toutes les théologie la grâce est un don surnaturel que Dieu accorde à l'homme po mériter la vie éternelle. Le mot important est surnaturel, où q est au-dessus de la nature. D’après l'explication du saint docterk quirest l'explication catholique, la grâce est un don surnaturel, non seulement à l'homme déchu de la perfection, de sa nature, mi à l’homme en sa nature entière; surnaturel, non-seulement l'homme, mais à toute créature ; non-seulement à toute créati uctuellement existante, mais encore à toute créature, possible Saint Thomas ne se borne point à l'expliquer ainsi, mais il en dom une raison si claire et si simple, qu'il suffit de l'entendre pour être convaincu. .
La vie éternelle consiste à connaître Dieu, à voir Dieu, non pli à travers le voile des créatures, ce que fait la théologie naturele non plus comme dans un miroir, en énigme et en similitudes, que fait la foi; mais à le voir tel qu'il est, à le connaître tel qu'ils connaît. Vous le verrons comme il est, dit le disciple bien- aimé. saint Paul : Maintenant nous le voyons par un miroir en énign mais alors ce sera face à face. Maintenant je le connais en partit mais alors je le connaîtra comme j'en suis connu 3. Or, tout le mont . sait, tout le monde convient que de Dieu à une créature quelconque y a l'infini de distance. Il est donc naturellement impossible à 1 créature, quelle qu’elle soit, de voir Dieu tel qu'il est, tel que li même il se voit. Ïl lui faudrait pour cela une faculté de voir infink une faculté que naturellement elle n'a pas, et que naturellement 4 ne peut avoir.
4 1650 de
ya nelle, es rait, pa
Confon ent Die Be l'Inde
119, Q. 110, art, 4, C. - Q. 111, art. 1, ad 2.- Q. 112, art. 1, c. - Qi art, 2, CG. — % 1 Joan., 8, 2. — 5 1 Cor., 13, 12.
(Liv. LXXX VIT, — De 160 négligé en quelque que saint Thomas | que la grâce est «
quatorzième de ci nge de l'École, not
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). 112, art. 1, c. - Qi
4 1650 de l'ère chr.]
Due des idées confuses, inexactes, contraires à l’enseignement com-
l'y à plus : la vision intuitive de Dieu, qui constitue la vie éterselle, est tellement au-dessus de toute créature, que nulle ne: saunit, par ses propres farces, en concevoir seulement l’idée. Oui, dit saint Paul après le prophète Isaïe.: Ce que l'œil n'a point vu, «que l'oreille n'a point entendu, ce qui n'est point montéf dans le cœur. de l'homme : voilà ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment 1,
Pour donc que l’homme puisse mériter la vie éternelle, et même æ concevoir la pensée, il lui faut, en tout.état de nature, un seœurs surnaturel, une certaine participation à la nature divine. homme ne pouvant s'élever en cé sens jusqu'à Dieu, il faut que Dieu descende jusqu’à l'homme, pour le déifier en quelque sorte. Dr, cette incffable condescendance de la part de Dieu, cette partiation à la nature divine, cette déification de l'homme, c'est la krâce 2. ( AURA C'est donc une idée fausse, c'est donc une erreur de penser que, ls le premier homme, la nature et la grâce étaient la même
those; que la grâce divine n’est devenue nécessaire à l'homme que
puis sa chute; que. la grâce n'est que la restauration de la na- #;.que la foi n’est que la restauration de la raison, et que la
piélation divine n'est. devenue nécessaire à l’homme que par suite
k l'obscurcissement de son intelligence. Aussi l'Église a-t-elle conhmné, et avec beaucoup de justice, cette proposition du Janséiste, Quesnel : La grâce du premier homme est une suite de Ja tation, et elle était due à la nature saine et entière; et cette autre k Baïus : L’élévation de la nature humaine à la participation de la ture divine était due à l'intégrité de la première création, et par mséquent on doit l'appeler naturelle, et non pas surnaturelle, Confondre ainsi la nature et la grâce, c’est confondre impliciteent Dieu et l’homme, Dieu et la créature, comme les Brahmanes e l'Inde, les Bouddhistes et les anciens idolâtres; c'est s'exposer à omber ou dans le panthéisme ou dans le naturalisme, à conclure le tont est Dieu ou que Dieu n’est rien, et qu’il n’y a de réel que la ature visible.
Ainsi, nous avons un écrit de l'Oratorien Malebranche, Traité de nature et de la grâce, où l’on trouve les agréments dv style; mais à doctrine n’en est pas sûre. Il y parle d’une grâce de son imagina- M, mais non, de la grâce telle que la foi nous l’enseigne. Parlant ms cesse d'idées claires, il n'accumule sur la grâce et la nature
Dior. 2, 9.-Is8.,64, 4. — ? Pars 1, q. 19, art, 4, - Q. 93, art. 4, - Q. 50,