LV. LXXX VII, — De 1606 is fort peu de vrais
esprit et de la foi, igle de Bethsaïda, marchent comme nnes qui sont fort autre vie que celle es de leurs actions gneux et diligent, t par terre, qui se principe de tous t pour acheter, ici ablir sur la terre nes de tous côtés nme n'était autre-
riche marchand, tit arbrisseau , est
t au jugement de s ne se conduisent ntibus... En efet, ites vos actions?
"e COrpPs ; vous ne boire, à manger, Iles. Que font les hez le soir, parce n aise : ainsi fait nne litière. Vous ouvez de bonnes on lui donne de ssez vos enfants, lle, une poule et urs petits, parce
mais néanmoins en parfaits parce nce humaine, la actions... Vous fait, parce que s faibles esprits ;
à 1650 de l'ère chr.|] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 505
vous les estimez indignes de votre colère, comme un lion ou un éléphant méprise les cris des petits chiens qui aboient contre lui. Tout cela c'est être honnête homme, c'est être homme d'honneur, philosophe, bon politique, mais, s’il n’y a rien autre chose, ce n’est pas être Chrétien, disciple de Jésus-Christ, disciple de la foi et de la grâce.
« Mon juste vit de la foi, dit le prophète cité par saint Paul. Voyez. mon juste. Il Y a des j: :tes selon le monde et des justes selon Dieu : les justes selon le monde sont ceux qui sont gens de bien par raison humaine, par maxime d'état et par intérêt temporel; les justes selon Dieu sont ceux qui ont la foi pour principe de leurs actions et pour règle de leur vie. La vie du Chrétien est une vie surnaturelle, c'est-à-dire une vie qui est au-dessus de la nature, qui est au-dessus de l'esprit humain, autant et plus que l'esprit humain est au delà des bêtes brutes. La foi est au-dessus de la raison autant et plus que la raison est au-dessus du corps et des sens; et comme l'homme qui viten tant qu'homme ne se conduit pas par les sens, comme font les animeux, mais par la raison, ainsi celui qui vit en tant que Chrétien ne se conduit pas par la raison, comme font les hommes, mais par la foi et les maximes de l'Évangile 1, »
Ce qui manque dans le père Lejeune, une instruction approfondie sur la nature intime de cette vie surnalurelle, on le trouve dans plusieurs de ses contemporains de la compagnie de Jésus. Le père Jean-Baptiste Saint-Jure, né à Metz en 1588, mort à Paris en 1657, missionnaire en Angleterre sous Charles kr, a formé un grand nombre d’âmes à la plus haute perfection, et laissé plusieurs ouvrages qui leur peuvent servir de guide : De la connaissance et de l'amour de Jésus-Christ ; l'Homme religieux ; Méthode pour bien mourir ; l'Homme spirituel, Dans ce dernier, il distingue et signale, comme le père Lejeune, les différentes vies dont peut vivre l'homme; mais il fait mieux connaître la source de la vie spirituelle dans l’union intime, dans la pénétration réciproque de Jésus-Christ et de l'âme fidèle, par où l'âme participe en lui à la nature divine,
Mais nul ne nous parait avoir résumé l'Écriture, les Pères et la théologie avec une plus profonde intelligence, sur cette vie mystérieuse de l'âme en Dieu et de Dieu an l'âme, que le Jésuite Corneille de la Pierre en son commentaire sur le premier chapitre du prophète Osée.
Au livre quinzième de cette histoire, nous avons vu dans quelles circonstances ce prophète eut deux enfants prophétiques, une fille
1 Sermon 159, t. 6, édit. de Lyon, 1837,
506 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVIT. — De 1605
nommée Lo-ruchama, Sans-miséricorde, et un fils nommé Lo-ammi,
Non-mon-peuple. « Car, dit le Seigneur, vous n'êtes plus mon peuple, et moi je ne serai plus à vous. Cependant le nombre dés enfants d'Israël sera comme le sable de la mer, qui ne peut ni se mésurér ni se compter. Et âu même lieu où on leur aura dit : Vous n'êtes point mon peuple, on leur dira : Enfants du Dieu vivant. » Saint Pierre nous a montré l’accomplissement de cette prophétie en écrivant aux Chrétiens dispersés en Orient : « Vous êtes la race élüë, lé sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple d'acquisition. Qui, autrefois Von-peuple , êtes maintenant le peuple de Dieu ; qui ! autrefois Sans-miséricorde, avez obtenu mi“éricorde mainte: nant 4.» C'est sur le mystère de cette adoption divine que Corneille
de la Pierre résume admirablement la doctrine chrétienne, à com-
mencer Par ces paroles : Enfants du Dieu vivant !
« Là plus grande dignité et élévation de l’homme est celle par ladüellé nous participons de’ la nature divine, comme dit saint Pierre. C’est avec vérité que saint Léon dit, sixième discours de la Nativité : Un don qui surpasse tous les dons, c’est que Dieu appelle l'homine son fils, et que l’homme appelle Dieu son père. »
Aussi le même enseigne-t-il, premier discours de la Nativité, que
l’homme doit imiter Dieu son père, et revêtir ses mœurs, afin qu'il mène une vie divine, et non pas terrestre, ni animale. « O' Chré-
tien! dit-il, reconnais ta dignité, et, devenu participant de la nature! divine, ne va point, par une conduite dégénéréé, retourner à ton ancienne bassesse. » Et, sixième sermon : « Que la race élue et royale :
réponde à la dignité de sa régénération ; qu’elle aime ce qu'aime le Père, et qu’elle ne diffère de sentiment en rien d’avec son auteur, de peur que le Seigneur ne répète ce mot d'Isaïe : J'ai nourri des enfants, et je les ai élevés, et ils m'ont méprisé ; qu'elle suive, au contraire cette parole du Christ : Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. Ceux-ci donc sont nés, non pas du sang, ni de la volonté dé la chair, ni de la volonté de l'homme, mais nés de Dieu même ; semblable au Fils unique de Dieu, à qui le Père a dit de toute éternité : Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd’hui. Quand le prophète dit d’une manière si expresse : Vous êtes les fils du Dieu vivant, c'est pour dire : Vous êtes les fils, non des dieux muets et morts, non des idoles, mais du Dieu vivant et véritable, qui est lui-même la vie divine et incréée, et qui vous l’aspire et la communique.
« Dans cette génération et cette filiation, le père est Dieu ; la sémence, la grâce prévenante ; la mère, la volonté qui acquiesce et
1 1 Petr., ec. 2.
*LXXXVIT. — De 1605
iommé Lo-ammi, n'êtes plus mon nt le nombre dés jui ne peut ni se ur aura dit : Vous du Dieu vivant. »
e cette prophétie Vous êtes la race ple d'acquisition.
peuple de Dieu; «éricorde mainte:
jine que Corneille rétienne, à com-
nme est celle par comme dit saint me discours de la est que Dieu ap- Dieu son père. »
e la Nativité, que
mœurs, afin qu’il imale. « O' Chréipant de la nature:
, retourner à ton race élue et royale me ce qu'aime le vec son auteur, de l'ai nourri des enlle suive, au con- > votre Père céleste 7, ni de la volonté Dieu méme ; Semde toute éternité :
1d le prophète dit Dieu vivant, c'est et morts, non des i-rmême la vie diue.
s est Dieu; la sequi acquiesce et
à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 507
coopère; l'enfant, l'homme juste; l'âme, la chätité. Encore un exemplaire de cette filiation, c'est la filiation
dé même que Dieu le Père a de toute éternité engendré un Fils qui lui est consubstantiel et égal en tout ; de même, à l'instar de celui-
À; il'engendre dans le temps des fils qui soient par'grâce ce que le ‘ Fils de Dieu est par nature. Notre filiation! est donc l’image dela ? filiation divine. C'est ce que l'Apôtre dit aux Romains : « Ceux qu'il ‘
à sus par avance, il les a prédestinés à être conformes à l'image de son Fils, afin qu'il soit lui-même | prenier né parmi beaucoup de
frères 1, » Et encore : « Tous ceux qui sont conduits par l'Esprit dé
Dieu, ceux-là sont enfänts de Dieu ; cdr vous n'avez pas reçu un es- |
prit de servitude pour vivre de nouveau dans la crainte; mais vous
avéz reçu l'esprit d'adoption filiale, dans léquel nous crions : Abba,
Père ?! » Ce qu’il prouve en ajoutant : « Car l'Esprit lui-même réhd' témoignage à notte esprit que nous ‘sômmés enfants de Dieu. Or, sinous sommes ses enfants, nous sommes aussi'ses héritiers : héritiers de Dieu et co-héritiers de Jésus-Christ, si cependant nous souffrons | avec lui, afin d’être glorifiés avec lui. » | «Au resté, pour considérer, embrasser et recevoir plus à fond celte adoption divine, il faut remarquer que par elle est répandu dans l’âme, non-seulement la grâce, la charité et les äütres dons du Saint-Esprit, mais encore l'Esprit-Saint lui-même, qui est le don’ premier et incréé que Dieu donné aux hommes. Dieu aurait pu, dans la justification, nous rendre seulement justes et saints par la grâce et la charité infuses, ‘et c’eût été une grande grâce et un grand bienfait de Dieu, quand même il ne nous aurait pas adoptés pour ses enfants; mais, non content de cela, il a voulu nous rendre justes de manière à nous adopter pour ses enfants en nous rendant justes. Encore aurait-il pu faire cette adoption filiale en nous donnant seulement la charité, la grâce et les dons créés ; car la grâce est une parti- ' cipation à la nature divine au souverain degré, savoir, autant que la Divinité peut être participée par la créature, non-seulement natu-"' réllement, mais encore surnaturellement ; et ce bienfait de Dieu eût été beaucoup plus grand que le premier, Mais l'immense bonté, non côntente de cela, a voulu se donne: elle-même à nous, nous sanctifier et nous adopter par elle-même. C'est pourquoi le Saint-Esprit s’est lui-même annexé à ses dons, à la grâce et à la charité, afin qué, toutes les fois qu'il les répand dans l'âme, il s’y répande en même temps avec eux et par eux, personnellement et substantiellement, selon cvtte parole de l’Apôtre : « La charité de Dieu a été répandue
Rom. 8, 29, — 2 Jbid., 14 et seqq.
du Verbe de Dieu! car, ‘
508 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXX VIT. — De 1605
dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné 1. » C'est pourquoi l’Apôtre l'appelle l’£sprit d'adoption. « Car vous n'avez pas reçu, dit-il un esprit de servitude pour vivre de nouveau dans la crainte, mais l'esprit d'adoption filiale; » et le reste comme plus haut. Et encore : « Tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont enfants de Dieu. » Et enfin : « Parce que vous êtes ses fils, Dieu a envoyé dans vos cœurs l'Esprit de son Fils, qui s’écrie : Abba, Père 2!»
« Telle est donc à la fois et la souveraine munificence de Dieu envers nous et notre souveraine dignité et exaltation, par laquelle, en recevant la grâce et la charité, nous recevons en même temps la personne même du Saint-Esprit, qui s’est unie à la charité et à la grâce, et, par elles, habite en nous, nous vivifie, nous adopte, nous déifie et nous pousse à toute sorte de bien. Voulez-vous de plus grandes choses encore ? Écoutez. Le Saint-Esprit, en descendant personnellement dans l'âme juste, y amène avec lui les autres personnes divines, le Père et le Fils, attendu qu'il ne peut jamais s’en séparer. Toute la Trinité vient donc personnellement etsubstantiellement dans l'âme qui est justifiée et adoptée, demeure et habite en elle comme en son temple, tant qu’elle persévère dans la justice, suivant ce mot de saint Jean : Quiconque demeure en la charité, demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui; et cet autre de saint Paul aux Corinthiens : Qué s'attache au Seigneur, est un seul esprit avec lui3.
« C'est là ce que Jésus-Christ, la veille de sa mort, demanda et obtint dans cette prière toute divine à son Père : « Qu'ils soient tous une même chose, comme vous, ô Père ! êtes en moi et moi en vous, afin qu'eux aussi soient en nous une même chose # : » c’est-à-dire qu’ils participent au seul et même Saint-Esprit, qu’ils soient unis en lui et par lui aux autres personnes divines; ainsi donc, qu'ils soient tous une même chose en lui ; parce que le Saint-Esprit, qui est participé par tous et qui est en tous, est un seul et même Saint-Esprit. D'où il suit que tous sont un dans une chose unique indivisible, savoir, dans l’Esprit-Saint, comme les trois personnes divines sont un dans une seule nature divine, nature singulière et indivisible. Telle est l'explication de saint Cyrille (1. 4, Sur saint Jean, c. 26), de saint Athanase (Disc. 4, Contre les Ariens) et de Tolet, qui les suit.
« Donc, dos la justification et l'adoption, se répandent en l’âme la grâce et la charité, et avec elles l'Esprit-Saint et toute la Divinité, et la très-sainte Trinité, qui s’est comme annexée et incluse substantiellement à ses dons que voilà, afin de nous unir substantiellement
1 Rom, 5, 5.—2 Gal., 46.— 8 4 Joan., 4, 6. - 1 Cor., 6, 17.— * Joan., 17, 21.
LXXX VII. — De 1605
$ donné !. » C'est « Car vous n'avez de nouveau dans reste comme plus r l'Esprit de Dieu, que vous êtes ses Fils, qui s’écrie :
cence de Dieu en- , par laquelle, en ême temps la peririté et à la grâce, dopte, nous déifie s de plus grandes dant personnellepersonnes divines, séparer. Toute la ent dansl’âme qui le comme en son nt ce mot de saint : Dieu, et Dieu denthiens : Qui s'af-
mort, demanda et Qu'ils soient tous oi et moi en vous, > #4: » c’est-à-dire l’ils soient unis en lonc, qu’ils soient sprit, qui est parême Saint-Esprit.
1e indivisible, saes divines sont un , indivisible. Telle nm, ©. 26), de saint qui les suit.
indent en l’âme la ute la Divinité, et t incluse substansubstantiellement
.—#Joan., 17,21.
à 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 509
à elle, nous sanctifier, nous déifier, nous adopter. Adoption par laquelle nous recevons premièrement la souveraine dignité de la filiation divine, afin que réellement nous soyons les enfants de Dieu et comme des dieux, non-seulement accidentellement par grâce, mais aussi comme substantiellement par nature; car Dieu nous communique et nous donne réellement sa nature. Secondement, par cette même adoption, nous acquérons comme fi!s un droit à l'héritage céleste, savoir, à la béatitude et à tous les biens de Dieu, notre Père. Troisièmement, par elle encore, nos œuvres et nos mérites acquièrent une dignité merveilleuse : car, étant les œuvres d'enfants substantiels de Dieu, pour ainsi parler, elles ont une dignité, une valeur, un prix tels, qu’elles sont tout à fait proportionnées à leur récompense et dignes d’elle, à savoir, la vie éternelle et la gloire céleste, attendu qu’elles procèdent, pour ainsi dire, de Dieu lui-même et de PEsprit divin, qui habite en nous, nous les fait faire et y coopère lui-même.
« De là il suit : 40 Que la justice inhérente ou la grâce sanctifiante, par laquelle nous sommes justifiés et adoptés pour enfants de Dieu, n'est pas une simple qualité, comme quelques-uns se l’imaginent, mais qu’elle embrasse beaucoup de choses, savoir : la rémission des péchés, la foi, l’espérance, la charité et les autres dons, le Saint-Esprit lui-même, l’auteur de ces dons (et par conséquent toute la sainte Trinité). Car l’homme reçoit toutes ces grâces infuses dans la justification, comme le dit le concile de Trente, sess. 6, c. 7.
« Il suit : 20 Que ceux-là se trompent qui pensent que, dans la justification et l'adoption, le Saint-Esprit est donné seulement quant à ses dons, et non quant à sa substance et à sa personne ; car saint Bonaventure enseignele contraire (in 4. Sentent. dist. 14, art. 9, q. 1). Là il montre expressément que le Saint-Esprit est donné aux justes, non-seulement dans ses effets, mais encore dans sa propre personne, comme le don incréé, afin qu’ils le possèdent parfaitement. Le Maître des Sentences (/. 1, dist. 14 et 15) enseigne la même chose d’après saint Augustin et d’autres. Scot, Gabriel, Marsilius aussi. Saint Thomas l’établit clairement (1. p. g. 43, art. 3 et 6, et g. 38, art. 8) : il montre que le nom propre du Saint-Esprit est Don, parce qu'il est donné lui-même à tous les justes. Tous les disciples de saint Thomas l'ont suivi, ainsi que nos pères Vasquèz, Valentia et principalement Suarèz (/. 12, De Deo trino et uno, c. 5, n. 11 et 12), qui infère de là que le Saint-Esprit commence à être présent dans l’âme du juste d'une nouvelle manière, dont il ne l'était pas auparavant selon sa substance ; et il cite pour cette doctrine saint Léon, saint Augustin, saint Ambroise, et il la croit si certaine, qu’il regarde le-sentiment contraire comme erroné, Il la fonde aussi sur ces paroles de l'Écri-
D ae, era one rm
510 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVIL. — De 1605 ture : « Vos membres sont le temple du Saint-Esprit, que vous avez
“reçu de Dieu 4, La charité de Dieu est répandue dans nos cœurs par
le Saint-Esprit, qui nous a été donné ?. Celui qui demeure dans la charité, demeure en Dieu, et Dieu en lui #. Celui que mon Père enverra en mon nom demeurera chez vous et sera en vous #, Nous viendrons à lui, et nous ferons une demeure, chez lui. Si je m'en vais, je vous l'enverrai 5, »
« Suarèz en donne pour raison : « Que les dons de la grâce, par leur force et comme par un droit qui leur est connaturel, demandent la présence réel: ‘ “erscnacle de Dieu dans l’âme sanctifiée par ces dons ; car, &.;: : :‘ par impossible que l'Esprit-Seint n'est pas d'ailleurs réelleme. :résent dans une âme, par là même que cette âme est comblée de tels dons, l'Esprit-Saint lui-même viendrait à elle par sa présence personnelle, et demeurerait. en elle tant qu’elle persévérerait dans la grâce. De la même manière, dit-il, que le Verbe est présent à l'humanité du Christ, de sorte que, si par impossible il ne lui eût pas été présent auparavant, il lui deviendrait personnellement et intimement présent par l’union hypostatique. Il donne encore cette raison morale, que par la grâce il s'établit entre Dieu et l'homme une amitié très-parfaite qui exige la présence.de l'arai, c'està-dire de l’Esprit-Saint, qui demeure dans l’âme de son ami, afin qu'il lui soit intimement uni et qu’il réside en elle comme en son temple rour y recevoir un culte, être aimé et adoré,
« De cette communication de la personne même du Saint-Esprit et de la Divinité, il résulte la plus haute union de l'âme avec Dieu, sa plus grande élévation et une sorte de déification, et par conséquent l'adoption la plus parfaite, non-seulement par la grâce, mais encore par la substance divine; parce que par elle nous obtenons, nonseulement un droit à l'héritage de Dieu, notre Père, mais encore une participation à la nature divine, l'Esprit-Saint lui-même, et la filiation de Dieu non pas accidentellement, mais comme substantiellement, dans le sens que nous avons dit plus haut. Car, comme parmi les hommes celui-là est, proprement appelé le père qui communique sa nature à son fils, ainsi Dieu, en nous donnant avec ses dons et par ses dons le Saint-Esprit, nous communique sa nature divine, et de cette manière il nous fait proprement et parfaitement ses enfants, et nous adopte pour tels. De là saint Basile, homélie du Saint-Esprit, dit que les saints sont des dieux, à cause de l'Esprit-Saint qui habite en eux. Caril leur a été dit par Dieu même : « Je l'ai dit, vous êtes des dieux, et tous enfants du Très-Haut ; » d'où il prouve que le
1 Cor., €. -- ? Rom., 5. — 51 Joan., 4. — *1bid., 14, — 5 Jbid., 16.
Av. LXXXVIL. — De 1605
prit, que vous avez dans nos cœurs par ui demeure dans la i que mon Père enra en vous #, Nous hez lui. Sije m'en
ns de la grâce, par naturel, demandent ‘âme sanctifiée par prit-Saint n’est pas là même que cette -même viendrait à en elle tant qu’elle dit-il, que le Verbe si par impossible il lendrait personnelatique. Il donne enablit entre Dieu et ence.de l'ami, c'est- 1e de son ami, afin elle comme en son ré, me du Saint-Esprit l'âme avec Dieu, sa , et par conséquent grâce, mais encore 1s obtenons, none, mais encore une nême, et la filiation substantiellement, comme parmi les ui communique sa ec ses dons et par ature divine, et de lent ses enfants, et ie du Saint-Esprit, it-Saint qui habite > l'ai dit, vous êtes à il prouve que le
Fbid., 16.
à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 511
Saint-Esprit est Dieu, « Car, dit-il, il faut bien que cet Esprit-là soit divin et de Dieu, qui est une cause de divinité pour des dieux. » Comme la cause formelle de la première adoption par la grâce est la grâce même, ainsi la cause formelle de cette secande adoption qui se fait par la communication du Saint-Esprit est Saint-Esprit même, qui habite dans l'âme du juste ; le moyen, c'est la grâce,
I suit : 3° Que notre adoption, bien que une en soi, est pourtant double en sa vertu, La première, par laquelle nous sommes adoptés enfants de Dieu par la charité créée et par la grâce infuse à l'âme, car c'est une souveraine participation à la: nature: divine, La seconde, celle où, par la grâce, nous acquérons l'Esprit-Saint lui-même et sa nature divine, et nous sommes comme déifiés par lui et reçus enfants de Dieu, Or, chacune de ces adoptions se. commence ici-bas par la grâce, mais se consommera et s'affermira au ciel par la gloire éternelle, où nous posséderons réellement l’héritage de Dieu, serons unis à Dieu intimement et en jouirons par la vision béatifique ; vision par où Dieu se communiquera lui-même d'une manière nouvelle et substantiellement à l'âme bienheureuse, descendra en elle et s’y insinuera de la manière la plus intime et la plus suave. C’est de ce bonbeur que l’Apôtre dit aux Romains : « Nous gémissons en nousmêmes, attendant l'adoption des enfants de Dieu 1 ; » c’est-à-dire la possession de cette adoption, c'est-à-dire de cet héritage pour lequel nous avons été adoptés. Et saint Jean dans l'Apocalypse : « Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes, et il habitera avec eux. Et eux seront son peuple, et Dieu lui-même avec eux sera leur Dieu, — Celui qui aura vaincu possédera ces choses, et je lui serai Dieu, et il me sera fils ?, »
« Il suit: 40 Que, comme Jésus-Christ est Fils naturel, (par nature) de Dieu, et en tant que Dieu par la génération éternelle, et en tant que homme par l'union hypostatique, de même nous sommes les fils adoptifs de Dieu, mais d'une manière bien plus noble que ne le sont les fils adoptifs des hommes. Ceux-là, en effet, ne reçoivent rien de physique de leur père adoptant, mais seulement une dénomination morale, par laquelle ils acquièrent un droit à son héritage ; nous, au Cuntraire, nous recevons la grâce de Dieu, et, avec la grâce, la nature même de Dieu, afin que, comme parmi les hommes celui-là est proprement père qui communique à un autre sa nature humaine et engendre un homme, ainsi Dieu soit appelé non-seulement le Père de Jésus-Christ, mais encore le nôtre ; attendu que par sa grâce il nous communique sa nature, qu'il a communiquée à Jésus-Christ par
1 Rom, 8, 29, — 2 Apoc., 21, 3et 7.
519 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVII. — De 1605
l'union hypostatique, et cela pour nous rendre ses frères, selon ces paroles de l'Écriture : « Ceux qu'il a connus d'avance, il les a prédestinés à devenir conformes à l’image de son Fils, afin qu'il fût le premier entre beaucoup de frères !, Il leur a donné puissance de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom ; qui sont nés, non pas du sang, etc., mais de Dieu ?, »
De ce résumé substantiel de l'Écriture, des Pères et de la théologie, le docte et pieux Corneille de la Pierre tire cette conclusion morale : « Apprenez de là combien grand, combien inestimable est le bienfait de la filiation et de l'adoption divine! Peu savent qu'il est d'une aussi haute dignité que nous avons fait voir : moins encore l'apprécient comme il mérite. Chacun devrait l’admirer respectueusement en soi ; les docteurs et les prédicateurs, l'expliquer comme nous avons fait et l'inculquer au peuple, afin que les fidèles et les saints sachent qu'ils sont les temples vivants de Dieu et qu'ils portent Dieu lui-même dans leur cœur ; par conséquent, qu'ils doivent marcher avec Dieu et se conduire d’une manière digne d’un tel hôte, qui les accompagne partout, leur est partout présent et les regarde partout. C'est avec raison que l'Apôtre dit : « Ne savez-vous pas que vos membres sont le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous n'êtes plus à vous-mêmes ? Car vous avez été achetés à un grand prix : glorifiez et portez Dieu dans votre corps 5. »
Cette conclusion morale du bon père Cornélius à Lapide est une des plus graves leçons de l’histoire. Supposez un pays, un siècle où l'onse contente de prêcher au peuple les vérités générales du christianisme, particulièrement en fait de morale, mais sans lui en faire connaître, sentir, goûter l’esprit et l’âme, cette vie de la grâce et de la foi, cette vie surnaturelle et divine : ce pays, ce siècle pourra être fécond en orateurs éloquents ou grammaticalement irrépréhensibles, mais il sera indigent en apôtres et stérile en saints. On ne verra du christianisme que le dehors, la superficie littéraire : on négligera l'esprit et l'âme.
Cornélius à Lapide ou Van den Steen naquit à Bucold, village du
diocèse de Liége. Orateur éloquent, aussi profond dans la philoso- À
phie et la théologie que versé dans l'histoire, il joignait à ces con-
naissances celle du grec et de l’hébreu. Il professa pendant plus de
vingt ans cette dernière langue avec beaucoup de célébrité. Il fit ensuite à Rome, pendant plusieurs années, des leçons sur l’Écriture, dans lesquelles il s’attachait particulièrement au sens littéral. Ce pieux
1 Rom., 8, 29, — 2 Joan., 1, 12, — 3 4 Cor., 6, 19.
peu fair
| tai
vra dan:
fruit jour tion vint tant
me
Liv. LXXXVIL. — De 1606
ses frères, selon ces vance, il les a prédesafin qu'il fût le prepuissance de devenir m ; qui sont nés, non
Pères et de la théolocette conclusion moen inestimable est le Peu savent qu'il est voir : moins encore admirer respectueus, l'expliquer comme que les fidèles et les le Dieu et qu'ils porquent, qu'ils doivent e digne d'un tel hôte, résent et les regarde e savez-vous pas que qui est en vous, que lus à vous-mêmes ?
lorifiez et portez Dieu
s à Lapide est une des ys, un siècle où l’onse ales du christianisme, ui en faire connaître, râce et de la foi, cette pourra être fécond en préhensibles, mais il )n ne verra du chris- : on négligera l'esprit
Là Bucold, village du fond dans la philosoil joignait à ces con-
fessa pendant plus de |
de célébrité. Il fit enleçons sur l’Ecriture, | sens littéral. Ce pieux
à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 513
et dd au mourut à Rome en 1637. Il a laissé, sur tous les ‘res de la Bible, des commentaires fort estimé i dé réuni «b seize, volumes in-fulio, : FAN RE AIRENRRR
Un autre Jésuite, héritier et Propagateur fidèle de cet esprit de foi
n et de vie divine, fut le père Jean-Joseph Surin, né à Bordeaux en 1600 | ’
et mort en la même ville en 1665, Fils d'yn conseiller du parlement il fut élevé dans la piété, et, à l'âge de quinze ans, il obtint de son père, à force d'instancés, d'entrer dans la compagnie de Jésus. Son
goût le, portait vers la solitude et vers la vie contemplative, en même.
temps que sa piété le rendait propre à la direction des consciences Dès l'âge de trente.ans, il fut regardé comme un bon guide dans les voies de la perfection, et l'on apprend par ses lettres que beaucoup de Personnes pleuses recherchaient,ses conseils. 11 se livrait aussi à la prédication. Il fut envoyé à Loudun pour diriger le couvent des Ursulines, où se passaient des choses si extraordinaires, Il; s’attacha principalement à régler la conduite intérieure des religieuses, Lui même eut part à leurs épreuves. De retour à Bordeaux en 1638 Cars sy trouva dans un état presque indéfinissable, jouissant de toute sa raison, et cependant privé de l'exercice extérieur de ses facultés il ne pouvait ni marcher, ni parler, ni écrire, et était, en proie à des tentations violentes. Dans cet état humiliant, on crut, Pour sa pro sûreté, devoir le tenir enfermé. Objet du mépris ds uns et k line quiétude des autres, il eut assez de force pour.offrir à Dieu.ses peines; et ce fut même pendant cette époque de douleurs de tout genre il tomposa son Catéchisme spirituel et les Fondements de la vie pros tuelle, qui furent écrits sous sa dictée, aussitôt qu'il fut en état de parler, Au bout de plus de vingt ans, cette situation violente se calma peu à peu; Surin recouvra, l’an 1658, l'usage de ses facultés, et lenoua ses Correspondances longtemps interrompues, Il reprit l’exerice du ministère, et il aimait surtout à se rendre utile aux gens du peuple, à visiter les pauvres à la ville et dans les campagnes, et à leur lire des instructions à leur portée, Les malades les plus-abandonnés laient ceux auxquels il donnait plus volontiers ses soins: Les oùvrages du père Surin ont été tenus en grande estime par Bossuet
2 dns sa controverse avec Fénelon : ils sont lus avec beaucoup de
fruit par les âmes :pieuses. Une Pauvre servante nous demanda un jour quelque livre à lire : nous lui donnâmes, avec quelque hésitation, les Fondements de la vie spirituelle, par Surin. Dans peu, elle vint nous dire tout émerveillée que jamais livre ne lui avait: aus ant de joie : elle y reconnaissait toutes les choses qui se passaient
pa elle, mais dont elle ne savait pas les noms. — Et nous reconlumes une fois de plus que Dieu cache les mystères de son royaume
er nn RP
5#4° HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXX VII. — De 1605
aux savants et aux prüdents du siècle, et qu'il les révélé aux humbles etaux petits. La vié du père Surin a été écrite par un autre saint personnage, Henri-Marie Boudon, archidiacre d'Évreux, n6 en 1624 et mort en 1702, héritiér, pat sa viélet ses œuvres, dé cet esprit des saints que nous verrons se reriouvelet’et se fixer d’une manière per- Aanénte chez les vrais enfants de saint Bernard, les biens-aimés frères de la Trappe: dr ras
Qüant à la position des Jésüites én France, nous les avons vu, en 4894, éxpulser par le parlement dé Paris,'à l'occasion de l'attentat de Chastël, dont ils étaient fort innocénts! Mais le parlémént et l’univérsité de Paris, au tëmps dé la ligue, avaiént réndu dés déérets con: traîres à Henri IV : il leur'convenait d'en faire amendé honütable sur le dos des Jésuites. Ceux-ci furent done expulsés de Patis : messieurs du parlérent ét dé l’université s'adjugèrent leurs biens et'leurs livres, sanf à les accusér dé morale relâchée!. Les auirés parlements, se sentant moins coupables, étaient moins portés à sévir. Celui de Toulouse maintint les Jésuites. Les familles envoyaïent leurs enfants dans ceux de leurs colléges qui subsistaient encore en France ou même à l'étranger, notamment à l'université de Pont-à-Mousson en Lorraine: ‘Cela déplaisait fort aux parlementaires et' aux universitaires de Paris. Les premiers, poussés par les seconds, rendirent ds nouveaux arrêts de proscription : ils allèrent même, en 1598, jusqu'à défendre aux parents d'envoyer leurs fils aux écoles dé la prétendue compagnie, sous peine aux écoliers d’êtré incapables de degrés et priviléges universitaires. Les autres parleménts protestèrént contre celui de Paris, en maïntenant les Jésuites : leurs protestations, que lé clergé ét la noblesse catholiques appuyaient à la cour, firent une vive impression sur Henri IV. Ce prince, nouvéllement assis sur le trône, avait besoin de ménager {out le monde et n’était pas toujours libre de faire ce qu'il voulait. Au mois de septémbre 1603, il signa un édit qui rétablissait légalement les Jésuites dans ‘le ressort des parlements de Guyenne, de Bourgogne et de Languedoc. De plus, pär affection pour le Pape, il leur permettait de se rétablir à Lyon, } Dijon, et à La Flèche en Anjou. Les conditions étaient que les supérieurs seraient tous Français, et qu’un père séjournerait à la cour en qualité de prédicateur du roi, pour lui répondre des autres.
Le parlement de Paris fit des remontrances contre cet édit, qui lui faisait prévoir le rétablisser nt des Jésuites dans la capitale même. Henri IV y répondit entre autres : « Je vous sais bon gré du soin que vous avez et de ma personne et de mon État ; j'ai toutes vos concep-
1 Crétineau-Joly, Hist. de la Compagnie, t. 2, p. 459.
(Liv. LXXX VII, — De 1605
8 révèle aux humbles ar un autre saint pervreux, né én 1624 et és, dé cet esprit des r d’une manière perard, les biens-aimés
fous les avons vu, en occasion de l'attentat le parlémént et l’uniendu dés décrets conmendé honôrable sur s de Paris : messieurs , leurs biens et'léurs es autrés parlements, tés à sévir. Celui de voyaient leurs enfants encore en France ou e Pont-à-Mousson en ires et'aux universiseconds, réndirent de me, en 1598, jusqu'à écoles dé la prétendue capables de degrés et s protestèrent contre ürs protestations, que à la cour, firent une véllement assis sur le et n’était pas toujours témbre 1603, il signa s dans ‘le ressort des Languedoc. De plus,
dé se rétablir à Lyon, |
étaient que les supéournerait à la cour en e des autres.
s contre cet édit, qui lans la capitale même.
s bon gré du soin que l'ai toutes vos concep-
11650 de l'ère chr.] DÉ L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 515 tions en la mienne, mais vous n’avez pas la mienne en la vôtre, Vous
[m'avez proposé des difficultés qui vous semblent grandes et fortcon- ,
sidérables, et n'avez su considérer que tout ce que vous me‘dites a été pesé et considéré par moi il y'a hit ou‘neuf ans. Vous faites les entendus en matière d'État, et vous n'y:enténdez toutefois non plus qué moi à rapporter un procès... La Sorbonne, dont vous parlez, les a condamnés ; :nais ç'a été, comme vous, avant que de les connaître, et si l’ancienne Sorbonne n’en a pas voulu par jalousie, la nouvelle ÿ a fait ses études et s'en loue. S'ils n'ontété jusques à présent en Francé que par tolérance, Dieu me réservait cette gloire que je tiens à grâce de les y établir s'et s'ils n'y étaient que par: manière de provision, îls y seront désormais ct par édit et par arrêt ; la volonté de mes prédécesseurs Les y reténait, ma volonté est de les y établir.
« Vous dites qu’en votre parlement les plus doctes n'ont rien appris chez eux’; si les plus doctes sont les plus ‘vieux, il est vrai, car is avaient étudié avant que les Jésuites fussent connus en France; mäis j'ai ouf diré que les autres parlements ne parlent pas ainsi, ni même tout le vôtre ; et si l'on n'y apprenait mieux qu'ailleurs, d'où vient que, par leur absence, votre université s’est rendue déserte, et qu'on les va chércher, nonobstant tous vos arrêts, à Douai, à Pont-à-: Mousson et hors le royaume ?.…. Ils attirent, dités-vous, les enfants:
D qui ont l'esprit bon, et choisissent les'meilleurs, et c'es de quoi je:
les estime; ne’ faisons-nous pas choix des meilleurs soldats pour la: guerre? et si les faveurs n'avaient place entre VOUS, en recevriez-vous aucun qui ne fût digne de votre compagnie et de seoir au parlement ?! S'ils vous fournissaient des précepteurs ou des prédicateurs ignares, vous les mépriseriez : ils'ont de: beaux esprits, et vous les en reprenez ! |
« Le vœu qu’ils font au Pape ne les oblige pas'plus à suivre l’6tranger que lé serment de fidélité qu’ils me ‘feront À moi de n'enreprendre rien contre leur prince naturel ; Mais ce vœu-là n’est pas pour toutés choses. Ils ne le font que d’obéir au Pape quand il voudrait les envoyer à la conversion des’ infidèles ; et, de fait, c'est par: eux que Dieu à converti les Indes, et c’est éë que’jé dis souvent : Si l'Espagnol s’en ‘est servi, pourquoi ne $én’sérvirait le Français ? Sommes-nous de pire condition : que les autres ? l'Espagne est-elle plus aimable que la France ? et, si elle l’est aux siens, pourquoi ne le sera la France aux miens ? Vous dites : Ils entrent comme ils peuvent : aussi font bien les autres, et suis moi-même entré comme j'ai Pen mOn royaume ; mais il faut avouer que leur patience est grande, el pour moi je l’adimire, car avec patience et bonne vie ils viennent-à: