WEBSTER, N.Y
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avec elle la monarchie, aux insurgés de Bohême. Dans cette extrémité, il se jette en prières au pied d’un crucifix appendu dans sa chambre, et se relève fortifié, avec la résolution de démeurer à son poste, se confiant, au secours de Dieu. Le bruit courüt dans le peuple que le prince, au milieu de sa prière, entendit le crucifix lui adresser ces paroles : Ferdinand, je ne t’abandonnerai pas! Toujours est-il bien merveilleux, observe le protestant Menzel, que Thorn laissât passer en inutile. bavardage le moment fatal qui meltait entre ses mains la destinée dela maison d'Autriche et la destinée des siècles. Au lieu de pénétrer dans la ville, il recevait dans les faubourgs, en son quartier général, les députations des États, d'abord des états catholiqués, ensuite des états protestants, pour conclure une confédération entre l'Autriche et la Bohême. Les dé. putés protestants pressaient le roi:d’y souscrire, sans quoi ils pourvoiraient à leur propre défense. Ferdinand, sans.se déconcerter, leur demanda. ce qu'ils entendaient par cette défense et cette confédération. Le.41me de juin, ils lui portèrent leur réponse par écrit, et le pressèrent, avec importunité et des paroles très-vives, d'y acquiescer, Ondit:même qu'un des députés mit la main sur lui, et le secoua par un:bouton de son habit pour le déterminer à souscrire. Le moment était des plus critiques, des plus dangereux. Tout d’un coup on entend retentir les trompettes, cinq cents cavaliers s’avancent.en armes et serangent sur la place de la citadelle ; ils étaient entrés par une porte que Thorn n'avait pas eu le moyen ou l'attention de fermer : ilsiétaient commandés par un colonel français, Saint-Hilaire, envoyés au:secours du roi par le Lorrain Dampierre, — anges du ciel pour Ferdinand, messagers de terreur pour les députés des états. Ceux-ci sortirent nrécipitamment du château, mais Ferdinand donna des ordres pour une vigoureuse défense. Il fit garnir les remparts de canons, accepta les offres des bourgeois catholiques et dés étudiants, que l'arrivée des troupes avait encouragés à se joindre à elles, en armes, pour la défense de la ville. Les états, au contraire, de qui Thorn avait attendu l'ouverture des portes, demandèrent une escorte au roi pour quitter la ville, et regardèrent comme un bonheur de l'obtenir ; car on leur avait appris que l'ambassadeur d'Espagne avait conseillé leur arrestation.
Thorn cependant se maintenait dans ses positions, et signalait sa présence par des canonades contre la ville et la citadelle. Mais aprés quelques jours, un matin, il avait disparu avec son armée, Ce départ était la suite d'une défaite que le comte Mansfeld avait essuyée le 10me de juin, lorsque, dans le voisinage de Budwois, il fut surpris par le général de Ferdinand, Bucquoi, et battu de telle sorte,
Liv. LXXX VIT, — De 1605
ême. Dans cette extré.
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| Maximilien 2.
à 1650 de l'ère chr.] DK L'ÉGLISE CATHOLIQUE,
que, après avoir perdu toute son armée, militaire et tous
son artillerie, sa caisse à peine put-il se: sauver lui mée vaincue, pour échapper à
N Peaux de l'empereur, Buc uoi réuni à Dampierre, s'étant avancé dans la Bohême, il \ . !
Prague la même terreur que peu auparavant à Vienne, et les chefs des insurgés ordonnèrent à Thorn de revenir Promptement les défendre 1, 1p ,s9fise Ferdinand fit lui-même une démarche qui eut des suites importantes. Il se rendit de $a personne à Francfort, où l'archevêque de Mayence, chancelier de l'empire, avait convoqué les électeurs pour le dix juillet 4619, afin de donner Un successeur à l’empereur Mathias Les conjonctures étaient graves. Des ‘Quatre électeurs sécüliers, trois étaient protestants, l'électeur Palatin,: vicaire de l'empire bodant la vacance, l'électeur de Saxe et celui de Brandebourg : la quatrième voix, celle de Bohême, était réclamée par les insurgés de Prague. Il fut question de plusieurs princes Pour le trône impérial principalement de Maximilien, duc de Bavière; mais i! déclina cet honneur. Le: jour de l'élection, vingt-huit août, toutes les voix se réunirent sur Ferdinand, même celle du palatin. Dans ce moment-là même, la nouvelle se répandit parmi le peuple, réuni à l'église, que les insurgés de Prague avaient prononcé la déchéance de Ferdinand et nommé le palatin roi de Bohême. Arrivée une heure adparavant, celte nouvelle eût peut-être changé le résultat dé l'élection. Lés
€ peuple; ils eurent
de la peine à pénétrer jusqu’au chœur de l'église pour ÿ proclamer
le nouvel empereur. Ferdinand seul était calme et serein comme un jour de fête. Couronné seulement le neuf septembre, il était de retour à Vienne au commencement de novembre, après avoir passé quelques jours à Munich, et renouvelé sa vieille amitié avec le duc
La nouvelle était vraie. Le vingt-six août, les u dire les luthériens, les calvinistes et jes hussite élu roi le palatin Frédéric V,àla place de Ferd le dix-neuf. Frédéric hésita quelque temps seillers, plusieurs des princes, tous les électeurs, sa propre mère le détournaient d'accepter :. il accepta, néanmoins d’après d’autres conseils, en particulier de Scultet, son prédicant de cour, du prince Christian d'Anhalt, son principal ministre, qui le &ouvernait en tout, Mais principalement d’après les insinuations de sa femme Élisa-
traquistes, c’est-às de Bohême, avaient inand, déclaré déchu : plusieurs de ses con-
! Menzel,t, 6, c, 22, — Ibid, t, 6, e. 23,
&60 : HISTOIRE UNIYFP"SELLE [Liv. LXXXVIL. —- De 1605
beth, fille de Jacques Ier, roi d'Angleterre. Frédéric entre à Prague, y est couronné roi, convoque à Nuremberg une diète de l'union protestante ; l'ambassadeur impérial, comte de Hohenzollern, y occupe hardiment le fanteuil de président ; la diète se sépare sans résolution importante. La ligue catholique s’assemble au même temps à Wurtzbourg, et prend des mesures plus efficaces. Grands armements en Bavière : l’âme en est le comte Jean de Tilly, né à Bruxelles, qui, vieilli dans les expéditions d'Espagne et de Hongrie, était entré, l'an 1609, au service du duc Maximilien, qui le mit bientôt à la tête de tout le département de la guerre. Très-habile, et par talent et par expérience, à formcr et à conduire des armées, ce capitaine se distinguait en même temps par une piété de religieux et par des mœurs austères. Ce que les affaires du jour enlevaient à la prière était suppléé la nuit. Jamais il n’avait touché de femme ni goûté de boisson enivrante. C’est le portrait qu’en fait le protestant Menzel 1,
Tout cela contrastait fort avec la jeunesse et l’insouciance de Frédéric, le roi intrus de Bohême. Revenu à Prague, il y passe l'hiver dans lesamusements. Son prédicateur Scultet brise les images dans la cathédrale, et y célèbre la liturgie à la calvinienne : ce qui indispose et les catholiques et les luthériens. Scultet justifie le bri. sement des images; un professeur luthérien de Wittemberg écrit contre sa justitication. Frédéric accorde pleine liberté aux calvinistes de Breslau ; les luthériens en sont irrités : ils emploient contre les calvinistes les mêmes arguments que les catholiques. Mécontentement des citoyens de Prague, à cause des suites pesantes de la révolution : les soldats de Mansfeld, n’étant pas payés, vivent de pillages ; les habitants de plusieurs localités prennent les armes contre eux. Frédéric fait élire son jeune fils pour son successeur au trône; il fait alliance avec les protestants de Hongrie, de Transylvanie et d'Autriche. Pour cimenter cette confédération, Scultet enseigne que tous les Chrétiens sont d'accord dans les articles fondamentaux, et qu'ils ne diffèrent que dans des points accessoires. Les théologiens de Tubingue le traitent d'athée; d’autres concluent de ses principes que la réforme tout entière est une œuvre coupable et funeste,
L'empereur Ferdinand IL, pour se concilier les protestants d’Autriche, obtient du pape Paul V la permission d’accorder la liberté de religion aux luthériens : ceux-ci, néanmoins, refusent de lui préter foi et hommage, et veulent qu'il ratifie lui-même leur confédéra-
1 Menzel, c. 27.
(Liv. LXXXVIL. — De 1605
édéric entre à Prague, une diète de l’union de Hohenzollern, y 1 diète se sépare sans s’assemble au même plus efficaces. Grands le Jean de Tilly, né à spagne et de Hongrie, laximilien, qui le mit a guerre. Très-habile, conduire des armées, une piété de religieux du jour enlevaient à t touché de femme ni qu’en fait le protestant
: l’insouciance de Fréigue, il y passe l'hiver brise les images dans lvinienne : ce qui in- Scultet justifie le bri- 1 de Wittemberg écrit ne liberté aux calvirrités : ils emploient e les catholiques. Mée des suites pesantes tant pas payés, vivent és prennent les armes s pour son successeur de Hongrie, de Tranconfédération, Scultet
dans les articles fones points accessoires.
e; d’autres concluent t une œuvre coupable
les protestants d'’Aud’accorder la liberté s, refusent de lui prémême leur confédéra-
arraiduc Léopold, lieu les déclare-t-i] archirebelles 1,
Bas, de marcher contre les ennemis Le prince de Transylvanie conc retire les troupes qu’il avait promi de Saxe se déclare pour l’emp d'avoir la Lusace. Le trente ja manifeste contre le palatin, com il lui adresse à Ini-même un ave au ban de l'empire. La France même, pontifical Bentivoglio, abandonne le P l'empereur, comme défendant la cause
re la guerre, mais à la con- Le duc de Bavière s'avancé dont la capitale est Linz :
Bucquoi. Frédéric, qui voit son iscipline, propose au duc de Ba-
Pour condition préliminaire de Les deux armées marchent sur d’Anhalt range l’armée bohémienne en la Montagne-Blanche, A leur arrivée, le Tilly furent d'avis d'attaquer aussitôt ;
LA nt. Une discussion s’engagea. Alors le père Dominique, religieux carie d'Espagne, en réputation parti-
ulière de sainteté, qui était accouru d'Italie à la nouvelle de cette guerre, Savança au milieu des généraux avec un bâton croisé et une image de la sainte Vierge sur la poitrine, et les exhorta à la
1 Menzel, t, 6, c. 31,
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concorde et à l’attaque. Regardez, leur dit-il en leur présentant l'image de Marie, à cette image, que j'ai trouvée dans la maison dévastée d’un pieux catholique, les hérétiques lui ont crevé les yeux; c'est à vous de venger cet outrage fait au Seigneur dans sa Mère, Je la porterai devant vous, et elle combattra pour vous, et vous donnera la victoire. Aussitôt les généraux se trouvèrent d'accord et résolurent l'attaque, avec ce cri de guerre : Sainte Marie! C'était à midi, le huit novembre, un dimanche, dont l'Évangile renferme cette sentence : Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.
Après une heure de combat, la victoire était aux catholiques. Le roi intrus Frédéric, après avoir entendu dans la matinée un prêche de Scultet, était à dîner avec sa femme, quand on lui annonça le commencement de la bataille. Aussitôt il monte à cheval, mais trouve la porte de la ville fermée. Du haut des remparts, il voit son armée en déroute, des chevaux errants sans cavaliers, des officiers grimpant le long des murs pour se sauver. S'il avait eu la tête et le cœur que montra Ferdinand à Vienne dans une conjoncture encore plus critique, il aurait pu facilement rétablir ses affaires, en rassemblant son armée dispersée, en appelant auprès de lui une troupe auxiliaire de huit mille Hongrois, qui n'étaient qu’à quelques lieues de Prague; mais il ne donna ordre à rien. Anhalt, son général en chef, qui l’avait poussé à toute cette entreprise, fut le premier à lui conseiller de fuir. Il sortit donc de Prague le lendemain, avec sa femme et ses enfants, y laissant la couronne, les joyaux et les originaux des concessions impériales, dans un fourgon resté au milieu de la place, faute de chevaux pour l'emmener. Le prince d’Anhalt oublia également d’emporter ses papiers les plus secrets, dont la publication dévoila toutes ses intrigues. Le mêine jour, les vainqueurs entrèrent dans la ville : tout se soumit, sans aucune assurance d’amnistie ni confirmation de priviléges. Le dc’ ; novembre, le duc Maximilien de Bavière écrivit au pape Paul V : A la vérité, je suis venu et j'ai vu, mais c’est Dieu qui a vaincu 1.
Dès avant que Frédéric eût perdu sa couronne élective par la bataille devant Prague, il avait perdu son électorat du Rhin. Le général espagnol Spinola, entré en Allemagne à la tête de vingt-cinq mille hommes, s'était emparé de tout le Palatinat, sauf quatre villes. L'armée des Hollandais et celle de l’union protestante le regardèrent faire. Ferdinand acheva la ruine du palatin en le mettant au ban de l'empire, le 23 janvier 1621, comme criminel de lèse-majesté et violateur de la paix publique. L'union protestante en eut si peur,
1 Menzel, t. 6, c. 34.
Liv. LXXX VII, — De 1605
l en leur présentant uvée dans la maison ai ont crevé les yeux; neur dans sa Mère, pour vous, et vous ‘ouvèrent d'accord et inte Marie! C'était à angile renferme cette )ieu ce qui est à Dieu.
| aux catholiques. Le a matinée un prêche d on lui. annonça le onte à cheval, mais remparts, il voit son avaliers, des officiers avait eu la tête et le e conjoncture encore affaires, en rassems de lui une troupe qu'à quelques lieues nhalt, son général en , fut le premier à lui > lendemain, avec sa s joyaux et les origirgon resté au milieu Le prince d’Anhalt plus secrets, dont la nême jour, les vainit, sans aucune assu- Le dc’; novembre, ul V : A la vérité, je u À, 1e élective par la baat du Rhin. Le généa tête de vingt-cinq at, sauf quatre villes.
stante le regardèrent le mettant au ban de ] de lèse-majesté et ante en eut si peur,
à 1650 de l’êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
qu’elle s’enterra d'elle-même : le genéral en chef de cette union écrivit au landgravo de Hesse : Qu'il aimait mieux porter la pique au service de l’empereur que de commander ailleurs. Dès le 18 décembre 1620, les états de Moravie avaient envoyé une députation pour implorer la grâce de l'empereur : il y mit des conditions assez dures, qui furent aussitôt remplies. Les Silésiens réclament la médiation de l'électeur de Saxe, laquelle est agréée par l’empereur et conduit à un accord. A Prague, vers la fin de février 1621, le comte de Tilly ôta les gardes qu’il avait donnés aux chefs de l'insurrection utraquiste, leur fit dire sous main de s’esquiver, pour n’être pas mis en jugement. N'ayant pas profité de cette insinuation bienveillante, is furent arrêtés au nombre de quarante-huit, jugés dans la même salle d’où ils avaient précipité les conseillers de régence : vingt-huit furent condamnés à mort et exécutés, hormis deux à qui l'on fit grâce. L'exécution se fit sans aucune des circonstances atroces que nous avons rencontrées si souvent dans l’histoire d'Angleterre.
Pour extirper l'anarchie politique, Ferdinand crut devoir en extirper la cause, l'anarchie religieuse et intellectuelle, l'hérésie. En 1621 1622, les plus ardents instigateurs de la dernière révolution, les prédicants calvinistes et picards, sont congédiés de Prague, leurs églises rendues aux catholiques ; les Jésuites, en récompense de la persécution qu’ils avaient soufferte, reçoivent l'administration et la surveillance exclusive de l’université de Pra Charles IV. Au mois d'octobre 162
tenait guère ; effectivement il se déclara satisfait quand l’empereur lui eut assuré la possession de la Lusace. Un auteur du temps disait à ce sujet : « Qu'on veuille insister sur la liberté de religion, cela parait aux gens sensés une chose étrange et ridicule. Pourquoi demander aux princes catholiques qu’ils accordent la liberté de la religion dans leurs principautés et leurs domaines, tandis que, des autres côtés, il n’y en a pas un qui le fasse ou le veuille faire? mais tout gentilhomme, n’eût-il que trois paysans, les oblige de danser l'air de son fifre, Est-il luthérien, les paysans sont contraints de l’é-
re; devient-il calviniste, il faut que les paysans je deviennent, comme
ilest arrivé dans le Palatinat, dans la Hesse et dans d’autres princi-
Pautés, où l’on trouve des Paysans qui ont dà changer quatre fois de religion au gré de leurs maîtres 1, »
! Prouesses des Mansfeldiens. Menzel, t. 7, P. 86, note.
564 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXXXVIL — De 1605
La guerre de Bohème paraissait terminée par la victoire de Prague, la fuite de Frédéric, l'occupation du Palatinat par les troupes espagnoles. Le comte de Mansfeld la recommença dans l’est et le nord de l’Allemagne, mais sous une forme nouvelle, qui en fit une guerre d’aventuriers, de barbares, de sauvages, et enfin de cannibales. Son grand principe était que la guerre même nourrit la guerre : il l’avait déjà mis en pratique en Bohême, comme général de Frédéric; il le justifie même dans l'apologie de ses opérations militaires, « C’est une chose incontestable, dit-il, que, si les soldats n’ont pas leur paye, il est impossible de les maintenir dans la discipline. Ni eux ni leurs chevaux ne peuvent vivre de l'air du temps. Tout ce qu’ils portent sur eux, armes et habillements, se consume et se brise. Sont-ils obligés d'en acheter ou d’en faire faire, il faut de l'argent pour cela. Ne leur en donne-t-on point, ils en prennent où ils en trouvent, et non en déduction de ce qu’on leur doit; car ils ne comptent ni ne pèsent. Et quand on leur ouvre ainsi une fois la porte, ils courent toujours plus avant dans la carrière de leur indiscipline. Ils prennent tout, forcent, battent et abattent tout ce qui veut leur faire résistauce. En somme, il n'y a point de désordre imaginable qu’ils ne machinent, lorsque, par les pratiques et le mélange de diverses nations, ils arrivent au comble dans toutes sortes de méchancetés. Allemand, Néerlandais, Français, Italien, Hongrois, chacun y contribue du sien, de sorte qu’on ne peut inventer ni ruse ni artifice, pour s'emparer de quelque chose, qui leur reste inconnu, qu'ils ne mettent en usage. Alors ils n’épargnent aucune personne, de quel état ou dignité qu’elle soit. Pour eux, aucun lieu n’est neutre ni sacré. Les églises, les autels, les tombeaux, même les corps morts, ne sont point à l'abri de leur rapacité et de leur violence. Tout cela, nous le savons, nous l’avouons sans peine, et, à notre grand regret, nous avons été obligés d’en voir bien des exemples {. »
Dans la réplique à son apologie, on lui reprocha que, sous tous les princes et dans tous les pays où il avait servi, toujours ses soldats se distinguaient par l’indiscipline, les excès les plus atroces, le vol, le meurtre et l'incendie. Ils continuèrent donc, l’an 4622, dans le Haut- Palatinat, en Franconie et sur le Rhin. Voici ce qu’on leur vit faire : jeter par tas les pauvres paysans sans défense au milieu des flammes de leurs maisons incendiées, tuer comme des chiens ceux qui voulaient se sauver, forcer et piller les églises, renverser les autels, fouler aux pieds le saint sacrement et graisser leurs souliers sanglants avec les saintes huiles et le saint chrême, violer publiquement toutes les
1 Prouesses des Mansfeldiens, Menzel, t. 7, p. 76.
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ir la victoire de Prainat par les troupes ença dans l’est et le ivelle, qui en fit une 8, et enfin de cannire même nourrit la ime, comme général zie de ses opérations il, que, si les soldats intenir dans la discie de l'air du temps.
ments, se consume et faire faire, il faut de t, ils en prennent où n leur doit; car ils ne insi une fois la porte, de leur indiscipline.
tout ce qui veut leur désordre imaginable et le mélange de dies sortes de méchan- , Hongrois, chacun y ter ni ruse ni artifice, e inconnu, qu'ils ne e personne, de quel eu n’est neutre ni sa- 1e les corps morts, ne ence. Tout cela, nous re grand regret, nous 1,»
cha que, sous tous les oujours ses soldats se lus atroces, le vol, le in 4622, dans le Haute qu’on leur vit faire :
u milieu des flammes chiens ceux qui vouerser les autels, fouler ouliers sanglants avec bliquement toutes les
à 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 565
femmes et les jeter ensuite dans le feu, tourmenter par des débauches abominables de jeunes enfants de neuf à dix ans, jusqu’à les laisser morts le long des grands chemins et dans les granges incendiées 1, D'après un écrit du même lemps, ces armées se composaient de princes, comtes, seigneurs perdus de dettes, d’aventuriers, de pillards, de moines défroqués, de bretteurs, de banqueroutiers, de mendiants, de vagabonds et autres gens de cette espèce 2,
Telle était entre autres l'armée de Mansfeld, On vit s’y joindre inopinément deux princes d'Allemagne, le margrave Georges-Frédéric de Bade, et le duc Christian de Brunswick, évêque luthérien de Halberstadt. "Tilly battit complètement le margrave à Wimphen, le 22 mai 1622, et le duc quelques semaines plus tard. Le 17 septembre, il s'empara de Heidelberg ; le 149 octobre, de Manheim, il fit présent au pape Grégoire XV de la bibliothèque palatine de Heidelberg, qui fut réunie à celle du Vatican. De son côté, l’empereur Ferdinand ayant Ôté la dignité électorale au palatin Frédéric, la conféra au duc Maximilien de Bavière dans la diète de Ratisbonne, 6 mars 1623 3,
De Ratisbonne, Ferdinand se rendit à Prague, résolu d’y employer pour le catholicisme le droit de réformation que depuis un siècle les princes protestants employaient chez eux contre le catholicisme, Donc, sans toucher à l'organisation civile de la Bohême, il abolit successivement tous les restes de hussitisme, entre autres le monument de Zisca; il supprima l'usage du calice, que Pie IV, à la demande de Ferdinand Ier et de Maximilien, avait accordé aux pays héréditaires d'Autriche; on rendit aux églises catholiques et aux monastères toutes les propriétés qui leur avaient été enlevées dans les temps de trouble ; comme il n'y avait point assez d’ecclésiastiques pour remplir les églises vacantes, on fit venir des moines de Pologne. D'autres mesures toujours plus sévères furent ordonnées contre les uraquistes, dans les années 1623 et 1696, et mises à exécution par des commissaires : elles provoquèrent quelques soulèvements partiels, qui furent réprimés par la force armée, Le 31 juillet 1627,
jour de saint Ignace, un édit impérial exhorta tous les habitants du royaume à revenir dans six mois à la religion catholique, sous la dominatioa exclusive de laquelle la Bohême avait joui de la plus haute prospérité dans les temps de Charles IV : les membres de la noblesse qui n’acquiesceraient point à cette exhortation auraient encore six mois pour vendre leurs propriétés et quitter le royaume. En la même année 1627, le clergé catholique est érigé en ordre de l'État, sous la présidence de l'archevêque de Prague, et avec préséance sur les au-
! Menzel, p, 78, note, — ? Ibid., t. 6, p. 500, note 3e, — 3 Ibid, t, 7, c. 5.
tres ordres. Après les délais écoulés, beaucoup de nobles, et même plusieurs bourgeois et paysans, s'expatrièrent. Il en fut de même en Moravie, d'où se retira la petite secte des frères Moraves, qui se rétablit plus tard à Hernhut, dans la Haute-Lusace. Mais en Moravie, comme en Bohême, la masse du peuple demeura et se réunit à l'Église catholique. Les Jésuites y contribuèrent particulièrement, en rendant populaire le culte de saint Jean Népomucène, mort en 1393, martyr du secret de la confession. Il fut proclamé le patron de la Bohême : sa statue se trouva bientôt sur toutes les places publiques, principalement sur les ponts. L'arsour et la dévotion pour ce patron si national et si populaire inspiraient naturellement de l'aversion pour le tyran, Wenceslas, qui l'avait mis à mort, et par contre-coup pour l’hérésie hussite, dont ce tyran avait favorisé la naissance et les progrès 1, Depuis cette expurgation, la Bohême et la Moravie sont restées fidèlement catholiques.
Les protestants de l'Autriche avaient fait cause commune avec ceux de Bohême, dans leur opposition et leur révolte : Ferdinand exerça contre eux le même droit de réformation et avec un succès semblable. Il y eut une guerre de paysans : elle fut étouffée, quelques chefs punis, la multitude amnistiée. On congédia les ministres et les maîtres d'école protestants, la plupart calvinistes ; les membres protestants de la noblesse eurent l'alternative d’embrasser le catholicisme ou de quitter l'Autriche. Un bon nombre de familles cependant furent exemptées de cette mesure, par l’intercession du cardinal Klésel, évêque de Vienne, qui n’approuvait pas ces rigueurs. Presque toutes les familles justifièrent ‘les prévisions du cardinal, et se convertirent spontanément. Un des premiers fut le baron Louis de Kufstein, qui, en 1620, comme député des protestants réunis auprès du comte de Thorn, avait apporté à Ferdinand des conditions si outrageuses, que celui-ci lui fit répondre de quitter la ville avant le coucher du soleil. Ce qui le convertit fut une exhortation de l’université de Wittemberg à persévérer dans la foi évangélique. On disait dans cet écrit que les prêtres catholiques étant ordonnés par les évêques, on ne voulait pas déclarer leur vocation pour tout à fait illégitime, ni révoquer en doute le baptême, l'absolution et choses semblables qu'ils conféraient. Ce passage amena Kufstein à cette conclusion : Si, d’après la propre doctrine des théologiens protestants, on trouve chez les catholiques le plus essentiel de ce que l'Église chrétienne peut administrer, la rémission des péchés, ça ne vaut pas la peine, pour de petits accessoires et au prix de
1 Menzel, t. 7, c. 6.
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p de nobles, et même Îl'en fut de même en xs Moraves, qui se réice. Mais en Moravie, ra et se réunit à l'Éparticulièrement, en ucène, mort en 1393, lamé le patron de la les places publiques, votion pour ce patron lement de l'aversion rt, et par contre-coup risé la naissance et les ne et la Moravie sont
cause commune avec r révolte : Ferdinand ion et avec un succès lle fut étouffée, quelcongédia les ministres vinistes ; les membres d’embrasser le cathore de familles cepentercession du cardinal ces rigueurs. Presque s du cardinal, et se fut le baron Louis de testants réunis auprès and des conditions si quitter la ville avant t une exhortation de la foi évangélique. On es étant ordonnés par vocation pour tout à tême, l’absolution el age amena Kufstein à trine des théologiens le plus essentiel de ce émission des péchés, ssoires et au prix de
l'empereur Ferdinand II.
à 1669 de l'êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 567
grands sacrifices, de demeurer dans la séparation. Il fut depuis fort avant dans les bonnes grâces de l'empereur. A la naissance de son fils aîné, il avait demandé avec gémissement que Dieu voulût secourir l'église protestante, et lui avait donné au baptême le nom de Gotthelf, comme qui dirait que Dieu nous assiste / Vieillard septuagénaire, il servit la première messe que célébra ce même fils comme prêtre et Jésuite 1,
Quant aux vues intimes qui animaient Ferdinand II dans tout ceci, il nous les a fait connaître lui-même, IL disait un jour : « Les non-catholiques se trompent beaucoup s'ils pensent que je leur suis hostile quand je leur interdis leur erreur. Je ne les hais pas du tout, je les aime, au contraire, sincèrement ; Car, si je ne les aimais de la sorte, je serais sans aucune inquiétude à leur égard, et les laisserais errer. Dieu m'est témoin que je voudrais procurer leur salut, même aux dépens de ma vie. Si je savais que, par ma mort, ils pussent être amenés à la vraie foi, à l'heure même je présenterais ma tête à l'exécuteur. » Dix ans après, comme il allait à la diète de Ratisbonne, son séjour à Linz concourut avec la Fête-Dieu. Il assista à la procession du saint-sacrement avec la noblesse et le peuple, et dit ensuite en pleurant à un ecclésiastique de son intimité : Le père imagine-t-il bien quelle grande et cordiale joie j'éprouve? C'est de voir avant ma mort, dans ce même lieu où naguère on prêchait contre le très-saint Sacrement, c’est d’y voir maintenant de mes yeux une si grande foule de peuple assister à cette procession, et la noblesse aussi bien que la bourgeoisie rendre à Dieu, dans le sacrement de l'autel le respect qui lui est dû, En vérité, ce m'est une telle joie au-dessus de toute joie, que je n’ai pu retenir mes larmes ?.
Quant au droit de faire ce qu'il a fait, il usait envers les protestants du droit de réformation, que tous les souverains protestants s’attribuaient envers les catholiques. Nul protestant ne peut donc y trouver à redire. De plus, il y a cette différence. Le souverain protestant usait et use de ce droit pour imposer à ses peuples son opinion individuelle, variable, capricieuse ; pour leur imposer une doctrine qui, par ses principes et ses conséquences, justifie toutes les révoltes, toutes les anarchies, tous les crimes envers Dieu et les hommes. Tandis que Ferdinand IE n'usait de ce droit que pour ramener ses peuples à la foicommune de tous les temps, de tous les lieux et de tous les peuples chrétiens ; au principe divin de tout ordre, de toute paix, de toute subordination, de toute société véritable , à la
1 Menzel, c. 8, p. 138. — 2 Ihid., t. 7, c. 8, p. 136. = Lamormain, Vertus de
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loi ancienne et fondamentale de l'empire germanique, loi écrite à la tête des lois, qui donnait à l'Allemagne son unité nationale, et qui seule peut la lui rendre,
Cette grande unité préoccupait Ferdinand IE. Après avoir rendu à la Bohême, à l'Autriche et à ses autres pays héréditaires, l'union, la paix et le bon ordre qui y règnent encore, il voulait redonner les mêmes biens à l'empire entier, 11 fallait d'abord y réprimer le vol et le brigandage, à commencer par les princes ; car, comment veut-on que le soldat s'abstienne de voler une vache, une chèvre, lorsqu'il voit le prince, le duc, lè margrave voler des évéchés, des églises, des monastères ou même des Lôpitaux ? Après en avoir délibéré avec les états de la diète, il statua, le G mars 1629, que les évèchés etles monastères, et autres établissements eclésiastiques qui avaient été enlevés aux catholiques depuis la pacificationreligieuse de Passau, et contre la teneur de cette pacification, leur seraient restitués. Ce n'était que la justice, et, suivant la parole de la sagesse éternelle : C'est la justice qui élève une nation, et c'est le péché qui fait le malheur des peuples 1, En donnant la justice pour base à l'empire d'Allemagne, Ferdinand voulait aussi le rendre indépendant des peuples du Nord, en lui créant une marine dans les villes anséatiques et en lui assurant le commerce de l'Espagne et du Nouveau-Monde par le Rhin et la mer Baltique. Wallenstein fut nommé amiral de cette mer et de l'Océan,
Albert de Waldstein, plus connu sous le nom de Wallenstein, d'une famille noble de Bohême, allemande d'origine et utraquiste de religion, naquit en 4583. Orphelin à l'âge de dix ans, un oncle maternel, qui était catholique, en prit soin, et confia son éducation aux Jésuites d’Olinutz, qui l'amenèrent à l'Église catholique. Il étudia depuis à Padoue et à Bologne, servit l’empereur Rodolphe en Hongrie, plus tard l'archiduc Ferdinand dans une guerre contre la république de Venise, et se fit un nom pur l'habileté avec laquelle il fit lever le siége de Gradisca aux ennemis. Son mariage avec une riche comtesse de Moravie lui procura des richesses, qu'il employait à gagner, par des présents et des régals, l'affection des soldats sous ses ordres. Membre des états de Moravie, il avait le commandement et la confiance d’un régiment levé par la diète de ce margraviat, Lors de l'insurrection de la Bohème, il se déclara aussitôt et avec une pleine résolution pour la cause de l’empereur; il ne se mit en peine ni des conclusions de la diète morave, ni des ordres des directeurs de Bohême, opposa tous les obstacles qu'il put aux progrès de
1 Justitia elevat gentem : miseros autem facit populos peccatum. Prov. 14, 24,
Liv, LXXXVIL, — De 1606
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Thorn, et fit dire Pour compliment à ses cousins de Waldstein, qui servaient dans l'armée bohémie:. : » Qu'il serait bien aise de les en récompenser à coups de bâton et de verges, E
ompenser ‘n récompense de sa fidélité, Ferdinand lui donna la terre de Fricdland, avec le titre de
duc !, L'an 16925, le roi Christian IV de Danemarck, soutenu de la Hollande et de l'Angleterre, vint au secours de l'Allemagne protestante. Wallenstein en prit occasion d’oftrir à Ferdinand de lever à ses frais une armée de quarante mille hommes pour le service da l'empereur, disant : Qu'il ne pouvait point, à ses dépens, entretenir dix mille hommes, mais bien quarante mille, 1 pensait, comme Mansfeld, que la guerre nourrit la guerre, mais que pour cela il faut une armée nombreuse, Avec ses richesses personnelles, avec le nom et l'autorité de l'empereur, il fit les choses bien plus en grand que Mansfeld, Au mois de juillet 1695, il partit de la Bohême pour la Franconie à la tête de trente-deux mille hommes, et quand il arriva dans la Basse-Suxe, le nombre en montait à trente-huit mille, Le 26 juillet, le roi Christian, faisant la ronde sur les remparts de Hameln, tombe avec son cheval dans une fosse de vingt-deux pieds de profondeur ; son cheval est tué sur le coup, lui-même reste trois jours sans parole et sans Connaissance, Cet accident fait manquer la première campagne. Le duc Georges de Brunswick-Lunebourg quitte le service du roi de Danemark pour celui de l'empereur, Le 27 août 1627, le roi de Danemark est battu par Tilly dans le Brunswick : Mansfeld, battu à Dessau, est poursuivi par Wallenslin jusqu’en Silésie et en Hongrie, et va mourir à Urakowitz, en Turquie, le20 novembre 1626. Le duc de Weimar, avec les troupes de Mansfeld et d'autres, est obligé de se réfugier en Hongrie, et \ meurt le 4 décembre 16927 : ses troupes se dispersent, Le roi de Daneinark est entièrement expulsé de l'Allemagne par Tilly et Wallenstein : il fait sa paix avec l'empereur, le 22 mai 1629. Wallenstein n’admit point aux négociations les envoyés de Suède, dont le jeune roi, Gustave-Adolphe, commençait à se mêler des affaires d'Allemagne 2,
Ce fut dans ces conjonctures que Ferdinand II essaya de réunir les membres disloqués de l'Allemagne en un empire réel, fondé sur la justice, uni à l'Église de Dieu et digne de marcher à la tête de l'humanité chrétienne. L’essai ne réussit pas, et pour plus d’une use. D'abord, et c’est la principale, le mot justice, restitution, offensa l'oreille de plus d'un prince. Le moine Luther les avait habitués à un autre langage. Pour les attirer dans son hérésie, leur faire
1 Menzel, t, 6, C. 22, p. 294. — ? Ibid. t, 7, c. 8 et 13.
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abandonner la société universelle des Chrétiens, leur faire rompre même l'unité nationale de l'Allemagne, il leur avait montré, pour salaire de leur apostasie, non plus les trente écus de Judas, mais des évêchés, des abbayes, des chapitres, avec leurs seigneuries et terres, à prendre d’un coup de main, et à partager entre leurs enfants bâtards et autres. Plus d’un prince mordit à cet appât, et de bon appétit. L'un d’eux, le moine apostat Albert de Brandebourg, vola poyr sa part seule tout le duché de Prusse. D’autres volèrent les archevêchés, évêchés #t abbayes que Charlemagne et ses semblables avaient établis pour procurer la civilisation chrétienne de l'Europe septentrionale, et même de l'Amérique. L'an 1559, après la trahison de Maurice de Saxe envers son bienfaiteur Charles-Quint, on stipula dans le traité de Passau que les princes luthériens garderaient ce qu’ils avaient volé jusqu'alors; mais ils donnèrent leur parole de prince qu'ils ne voleraient plus à l’avenir : cela fut écrit et imprimé. Mais l'appétit vient en mangeant : ils volèrent donc encore. Tout récemment, 1629, l'électeur luthérien de Saxe venait de procurer à son f : l’archevêché de Magdebourg. Or, et c'est un axiome connu du plus mince voleur, ce qui est bon à prendre est bon à garder, Lors donc que l’empereur Ferdirand IL, avec son édit de restitution du dix-huit décembre 1629, prétendit faire rendre aux catholiques tout ce qui leur avait été volé depuis 1552, le bon électeur de Saxe, jusqu'alors son ami, le trouva fort mauvais : les autres princes protestants furent du même avis, et pour la même cause. Qu'on pende
un misérable pour avoir pris une bourrique, à la bonne heure ! mais | qu'on veuille faire reudre à des princes un évêché, une abbaye, une À
seigneurie qui est à leur convenance... ah ! plutôt noyer l'Allemagne
dans le sang et les larmes ! On accepta donc les secours de l'étranger, À
du roi de Suède, Gustave-Adolphe; on acceptera, on sollicitera même les secours de la France, pour garder ce que l'on a pris, pour empêcher l’empereur de rétablir la justice en Allemagne, et avec elle l'unité nationale. Il y aura des calamités eflroyables, des provinces ravagées, des villes ruinées, des peuples égorgés ; mais les princes ei seigneurs protestants garderont ce qu'ils avaient pris. Telle fut la cause principale de ia guerre de trente ans. Elle en avait déjà duré onze; elle avait commencé en 1617, jubilé séculaire du commencement de la révolution luthérienne ; elle reprendra avec une nouvelle fureur en 1630, jubilé séculaire de la confession d'Augsbourg.
Une cause secondaire fut peut-être Wallenstein, que l’empereur chargea d'exécuter l'édit de restauration, et de créer en inème temps
une flotte nationale sur la mer Baltique. Wallenstein n'avait ni R |