‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 105 sur 332 · AVEC LES ÉGLISES LUTHÉRIENNE, ETC · texte numérisé non relu

AVEC LES ÉGLISES LUTHÉRIENNE, ETC

naires encore. Le premier intermédiaire entre les deux communions fut un certain Cyrille Lucaris , de l'île de Candie, qui, après avoir étudié à Padoue, avait passé à Genève, et, à son retour, s'était étroitement lié avec l'un des plus ardents adversaires de l'Église romaine, le patriarche d'Alexandrie, Mélétius Péga, qui l'avait ordonné prêtre. Placé, plus tard, à la tête de l'école de Wilna, il s'opposa de toute sa force aux tentatives faites alors pour rattacher à l'Église romaine les évêques russo-polonais du rite grec. La corruption l'éleva, après la mort de Mélétius, au siège patriarcal d'Alexandrie [1602]. Il se mit aussitôt en rapport avec l'envoyé de Hollande à Constantinople, Cornélius Van Hagen, zélé calviniste, pour calviniser l'Église grecque, fut activement secondé par les agents diplomatiques de Suède et d'Angleterre, et entra en correspondance avec le prédicateur hollandais, Jean Uytenbogaert, et avec l'archevêque de Cantorbéry, George Abbot. Il envoya même à ce dernier un jeune Grec, Métrophanes Kritopolos, qui devait étudier la théologie protestante en Angleterre , puis parcourir l'Allemagne. Enfin Cyrille, après bien des intrigues infructueuses, parvint au but de ses désirs, et fut transféré au siège patriarcal de Constantinople [1621]. L'avant-dernier archevêque de cette ville, Néophyte II, avait, depuis le commencement du XVIIe siècle, favorisé, disait-on, la réunion de l'Église d'Orient avec Rome, et les Jésuites missionnaires habitant Constantinople y avaient travaillé très- activement. Cyrille, ayant manifesté plus ouvertement ses opinions calvinistes, fut exilé dans l'île de Rhodes. Mais toujours actif, jamais découragé, il sut obtenir son rappel à force d'argent, et continua à employer ce puissant moyen pour arriver à ses fins. Il établit d'abord à Constantinople une imprimerie [1627], qui devait servir à l'exécution de ses plans, et parvint, à force de perfidie, et à l'aide de ses amis, à se débarrasser de la présence gênante des Jésuites. Les Genevois lui envoyèrent, par contre, le prédicateur réformé, Antoine Léger [1628], qui, pendant huit ans, déploya un grand zèle pour calvinisorles Grecs, et obtint peu de succès. En 1621), Cyrille rédigea en latin une confession de foi (Confessio ftdci), qu'il tiudui-

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sit ensuite en grec et répandit dans le public [1631], quoiqu'elle fût tout à fait calviniste. De là de nouvelles persécutions contre Cyrille et un nouveau bannissement [1634], dont son' habileté et ses intrigues surent le tirer encore: car, en 1G37, il fut réintégré, sans renoncer à la doctrine du très saint Calvin. Cette fois, l'irritation du peuple et du clergé ne connut plus de bornes contre un homme qui cherchait à substituer perfidement ses opinions privées à la croyance commune, et à détruire l'ancienne réputation d'orthodoxie de l'Eglise grecque. Un synode de Constantinople jugea le patriarche hérétique, qui, soupçonné d'ailleurs parle Grand-Seigneur d'avoir voulu favoriser une invasion de Cosaques appartenant à l'Eglise grecque, fut décapité et précipité dans la mer. Le synode de Constantinople, réuni peu après [septembre 1638], condamna la confession de foi de Cyrille et l'excommunia. Parmi les condamnés se trouvait aussi ce Métrophanes, alors patriarche d'Alexandrie, que Cyrille avait envoyé en Angleterre. Cependant les semences de désordres répandues par Cyrille continuèrent à se propager; il fallut que ses successeurs et plusieurs synodes, dont celui du patriarchede Jérusalem, Dosithée [1672], est le plus important, condamnassent à diverses reprises l'hérésie calviniste de Cyrille (1). Pierre Mogila, archevêque de Kiew, rédigeajet fit signer une confession de foi à tous les prélats grecs, pour empêcher dans l'avenir toute tentative d'union avec les réformés. Cette confession, qui pose d'une manière très-nette la base immuable de l'Eglise grecque comme celle de l'Église latine, s'éloigne de la tendance toute spéculative qui avait prévalu jusque-là et rapporte toute la doctrine aux trois vertus théologales, la Foi, l'Espérance et la Charit (2).

(1) Synodus Jerosolymitan. adv. Calvlnistas hœreticos, interprète Domino M. F. éd. II. Paris, 1678. Monuments authentiques de la religion des Grecs, par J. Aymon, ou Lettres anecdotes de Cyr. Lucaris et du concile de Jérusalem. La Haye, 1708, in-4. D'autre part, l'abbé Renaudot a écrit: Contre les calomnies et faussetés du livre intitulé: «Mouuments. »'Paris, 1709, Cf. le Sion, année 1839, n° 20; Hefele, B. :,70 sq.

(î) Orthodoxa conf. cath. atque apost. Eccles. Orient., éd. Hoffmann, Vratisl., 1751.

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