‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 106 sur 332 · AVEC LES ÉGLISES LUTHERIENNE, ETC · texte numérisé non relu

AVEC LES ÉGLISES LUTHERIENNE, ETC

Malgré la froideur qui était restée entre les deux Églises latine et grecque, après tant d'essais d'union infructueux, on chercha encore à les réconcilier, au moment où un certain nombre de Grecs passèrent dans l'Eglise latine, et où Grégoire XHIfonda un collège pour l'instruction des jeunes Grecs (1), qui, après leur retour dans leur patrie, devaient travailler à la conversion de leurs compatriotes. Léon Allatius se distingua parmi eux par un zèle qui, comme celui de beaucoup d'autres, n'eut aucun résultat. La séparation des deux Églises est plus profonde qu'elle ne semble, et dépend de la manière toute différente dont elles se sont l'une et l'autre développées (2).

§ 359. — L'Église gréco-russe sous ses patriarches particuliers.

Voyez § 357. Schmitt, 1. cit., sect. X, p. 147-160. Lettres sur les offices divins de l'Église d'Orient, traduites du russe. Pétersb., 1837. Cf. Sion, , année 1S39, n° 23-24.

L'Église russe, fille de l'Église grecque, était, comme sa mère, hostile à l'Église catholique. Mais, en même temps, la situation politique delà Russie, ses intérêts, contraires à ceux de l'empire grec et, plus tard à ceux de l'empire turc, la portèrent bientôt à se créer une Église indépendante de celle de Gonstantinople. Ainsi, dès 1448, Jonas, nommé par le grand prince, fut reconnu par tous les évêques, réunis à Moscou, métropolitain de Russie. L'Église russe demeura bien encore quelque temps sous la dépendance du patriarche de Constantinople; mais un grand pas avait été fait pour son émancipation, que devait hâter d'ailleurs la prise de Constantinople [1453.] Par contre, à mesure que le lien qui l'unissait au patriarche de Constantinople se relâchait, l'influence et l'autorité

(1) Voyez § 344.

(2) Grngler, le Principe de foi de l'Église grecque, comparé avec celui de l'Église romaine et autres doctrines religieuses de notre temps. Bamb., 1829. Cf. Revue trim. de Tubiflg., année 1831, p. 652 et suiv.

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du grand prince augmentaient. Aussi, au XVIe siècle, le czarlwanowicz chercha à rendre l'Église russe complètement indépendante, en revêtant un de ses évêques de la dignité patriarcale. Il obtint facilement ce qu'il désirait du patriarche de Constantinople, Jérémie II, qui avait besoin d'argent, et qui, étant venu en Russie en 1588, consentit, dans un synode, à ce que Job de Rostow fût institué patriarche de Moscou, et qu'en outre toute l'Eglise russe fût administrée par quatre métropolitains, six archevêques ethuit évêques [1589]. Cette organisation fut aussi confirmée par les patriarches d'Alexandrie et de Jérusalem, par soixantecinq métropolitains et onze archevêques grecs. Cependant les patriarches moscovites demandèrent, jusqu'en 1657, la confirmation de leurs charges à Constantinople. Enfin, en 1660, l'envoyé russe à Constantinople obtint du patriarche Denis II, et des autres patriarches grecs, l'autorisation authentique pour l'Église russe de faire élire le patriarche par le clergé russe, sans qu'on eût à recourir aux patriarches grecs, pour leur demander la confirmation de l'élu. Dès lors la position et l'influence des patriarches de Moscou devinrent fort importantes pour la Russie, sous le rapport politique. Leur considération en fut naturellement rehaussée ; à la fin du XVIIe siècle elle atteignit son apogée, et excita même les inquiétudes et l'envie de Pierre le Grand (1).

Les tentatives d'union entre l'Église de Russie et celle de Rome ne manquèrent pas non plus. Léon X, Clément VII et Grégoire XIII y songèrent sérieusement (2). Le czar Iwan IV Wassiliewicz [1533-84], ayant été battu parles Polonais, demanda du secours à l'empereur, réclama l'intervention du pape, et mit en avant, pour l'obtenir, le désir d'une réconciliation avec l'Église romaine [1581]. Grégoire XIII, voulant profiter de l'occasion, envoya en Russie

(1) Voyez plus bas, § 385.

(2) État de l'Église catholique des deux rites en Pologne et en Russie, depuis Catherine II jusqu'à nos jours, suivi d'un oup d'œil rétrospectif sur l'Eglise russe et sa situation par rapport au Saint- Siège, depuis sa séparation jusqu'à Catherine II, par Augustin Theiver, prêtre de l'Oratoire. Augsbourg, 1841, 2 vol. Le second volumo se compose de pièces justificatives.

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