Û2 § 364. — ' ÉGLISE DE FRANCE
fallait d'abord consulter son conseil, et empêchait le pape de traiter l'affaire par écrit. Kaunitz, au lieu de baiser la main que lui tendit le pape, la secoua rudement, ne fit point de visite au pontife, et lorsque, sous prétexte de visiter sa galerie de tableaux, Pie VI vint voir le ministre, Kaunitz le reçut en déshabillé du matin (1). Après un inutile séjour de quatre semaines, au bout duquel il obtint la simple promesse que les réformes ne renfermeraient rien de contraire à la doctrine de l'Église et à la dignité de son chef suprême, le pape reprit le chemin de ses États. Cependant l'impression produite par la présence du pape sur le clergé et le peuple, que n'avaient pu empêcher ni amoindrir les pamphlets du canoniste Valentin Eybel et d'autres, fut durable et utile pour l'avenir. L'empereur accompagna Pie VI jusqu'à Mariabrunn, abolit ce couvent quelques heures après le départ du pape, pour prouver combien peu cette auguste visite avait modifié ses sentimeuts... Mais toutes ces tentatives dirigées contre la puissance pontificale, qui semblaient de tristes imitations de la conduite des princes protestants, furent bientôt outre-passées par les audacieuses entreprise« de la Révolution française, dont Pie VI fut une des plus illustres victimes. Dès 1789 les biens ecclér siastiques avaient été déclarés en France biens nationaux, et ce fut le commencement de la seconde partie de cette époque triste et mémorable.
§ 364. — Églises de France. Libertés gallicanes.
(Picot), Essai historique sur l'influence de la religion en France pendant le XVIIe siècle. Paris, 1824, 2 vol. Mémoire pour servir à l'Histoire ecclésiastique en France pendant le XVIIe siècle. Francf., 1829, 2 vol. Rœss et Weis, Mém. de l'hist. de l'Eglise de France au XVII' siècle. Francf., 1829. — Œuvres du comte J. de Maistre. Paris, Migne, 1841, 1 vol. in-4.
L'Église de France avait été, plus que toute autre, agissante et agitée durant la dernière moitié de la précédente époque : aussi, sous ce point de vue, tient-elle encore le premier rang au temps où nous sommes arrivés et où vont
(1) Cf. Wolfg. Menzel, Hist. des Allemands, en. 548 et 549.