‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 114 sur 332 · LIBERTÉS GALLICANES · texte numérisé non relu

LIBERTÉS GALLICANES

se dérouler plus complètement les événements préparés depuis longtemps. Louis XIV (1) tourna contre l'Église, et le pape surtout, son système de violence politique. Nous avons parlé dans la vie d'Innocent XI des prétentions du roi de France relatives à la régale. A la suite de ce différend arriva la fameuse déclaration du clergé de France [1682], renfermant les quatre articles, dont on regarde Bossuet comme le rédacteur (2) :

I. « Saint Pierre et ses successeurs, vicaires de Jésus- » Christ, et toute l'Église même, n'ont reçu de puissance » de Dieu que sur les choses spirituelles et qui concernent » le salut, et non point sur les choses temporelles et ci- » viles. Les rois et les souverains ne sont donc soumis à » aucune puissance ecclésiastique, par l'ordre de Dieu, » dans les choses temporelles. Ils ne peuvent être déposés » ni directement ni indirectement par l'autorité des chefs » de l'Église; leurs sujets ne peuvent être dispensés de la » soumission et de l'obéissance qu'ils leur doivent, ni » absous du serment de fidélité.

II. » La plénitude de puissance que le Saint-Siège apos- » tolique et les successeurs de saint Pierre, vicaires de « Jésus-Christ, ont sur les choses spirituelles est telle, que » néanmoins les décrets du saint concile œcuménique de » Constance, contenus dans les sessions IV et V, demeu- » rent dans toute leur force et vertu, et l'Église de France » n'approuve pas l'opinion de ceux qui donnent atteinte à » ces décrets, ou qui les affaiblissent en disant que leur » autorité n'est pas bien établie, qu'ils ne sont point » approuvés, ou qu'ils ne regardent que le temps du » schisme.

III. » Ainsi, l'usage de la puissance apostolique doit » être réglé suivant les canons faits par l'esprit de Dieu, et » consacrés par le respect général ; les règles, les coutu- » mes et les constitutions reçues dans le royaume et dans » l'Église gallicane doivent avoir leur force et leur vertu, » et les usages de nos pères demeurer inébranlables; il est » même de la grandeur du Saint-Siège apostolique que les

(1) Lacretelle, Hist. de France au XVIIIe siècle.

(2) Litta (cardinal), Lettres sur les soi-disant quatre arides du clergé de Fiance, avec une introduction par Martin de Noirlieu.

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