‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 115 sur 332 · ÉGLISE DE FRANCE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE FRANCE

» lois et coutumes établies du consentement de ce siège » respectable et des églises subsistent invariablement.

IV. » Le pape a la principale part dans les questions de » foi ; ses décrets regardent toutes les églises et chacune » en particulier : mais cependant son jugement n'est pas » irréformable, à moins que le consentement de l'Église » n'intervienne. »

Ces quatre articles se nomment d'ordinaire les libertés de l'Église gallicane ; on y ajoute quelques droits auxquels prétend l'Église de France. Cependant les prélats français s'aperçurent bientôt que l'Église gallicane avait, il est vrai, des libertés vis-à-vis du pape, mais que, par contre, elle était dans une servile dépendance de la puissance temporelle, qui lui coûta cher plus tard, et dont le pape seul la délivra. « Ce n'est plus de Rome, dit Fénelon, que » viennent les empiétements et les usurpations ; le roi est, » en réalité, plus le maître de l'Église gallicane que le pape ; » l'autorité du roi sur l'Église a passé aux mains des juges » séculiers ; les laïques dominent les évêques. »

Les prélats français oublièrent les précédents de l'histoire, qui prouvent bien clairement que l'Église se ruine nécessairement en se séparant du chef spirituel de la hiérarchie. Cependant il ne faut pas trop incriminer sous ce rapport les intentions de l'auteur de la Déclaration et de ses adhérents. « J'ai toujours pensé, dit Bossuet dans une » correspondance intime à ce sujet, qu'il fallait expliquer » de telle sorte l'autorité du Saint-Siège, que ce que cer- » tains hommes regardent plutôt avec crainte qu'avec » amour devînt pour chacun d'eux, même pour les héréti- » ques et tous ses adversaires, un objet de tendre respect, » sans lui faire rien perdre de sa sainte autorité. Le Saint- » Siège ne perd absolument rien par les déclarations de la » France ; car les ultramontains eux-mêmes accordent que, » dans le cas où la France met le concile au-dessus du » pape, on pourrait procéder contre lui d'une autre façon, » par exemple en le déposant de la papauté ; il ne s'agit » donc pas ici autant de la chose elle-même que de la ma- » nière de procéder. » C'est en partant de ce point de vue seulement que Bossuet (1) put rédiger une défense de la

(1) Bossuet. Defensio declaraüonis cleri Gallicani. Luxemb. (Gen.),

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