‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 124 sur 332 · ET DE LA. THÉOLOGIE EN FRANCE, ETC · texte numérisé non relu

ET DE LA. THÉOLOGIE EN FRANCE, ETC

Cette haine du Christianisme passa d'Angleterre en France, où elle trouva un terrain depuis longtemps préparé, et s'y envenima d'autant plus que la liberté de la presse ne régnait point en France comme de l'autre côté du détroit, et que le clergé, encore tout-puissant, cherchait à y opprimer ses adversaires. Ceux-ci se mirent d'abord à écrire des descriptions de voyage, dans lesquelles ils attaquèrent et bafouèrent, sous des formes plus 01 moins transparentes, le Christianisme et l'Église, comme des institutions appartenant à des peuples éloignés. Tel:furent l'Histoire des Sévérambes, par Vairesse (1); 1( Voyage et les Aventures de Jacques-Masse, par Simoi Tyssot de Patot ; la description de l'île Bornéo, par Fontenelle ; les Lettres persanes de Montesquieu, et la Vie d( Mahomet, composée par le comte Henri de Bouillon-Villiers [f 1722] dans le but de montrer la supériorité du mahométisme sur le Christianisme. Le sceptique Bayle avaii depuis longtemps répandu son fiel contre la Bible dans sor, Dictionnaire historique et critique, et soutenu que la société peut parfaitement subsister et fleurir sans religion.

A ces attaques isolées succéda une véritable ligue, une conspiration permanente des ennemis du Christianisme, qui avaient juré la complète ruine de l'Église. A sa tête se plaça un jeune poëte plein de talent, Marie-François Arouet, nommé plus tard Voltaire, qui donna à tous les conjurés pour mot d'ordre : Ecrasez l'infâme (la religion chrétienne ou le Christ lui-même) ! Après s'être familiarisé en Angleterre avec les ouvrages des libres penseurs, il y avait fait serment, dit son panégyriste Condorcet, de consacrer sa vie à la ruine du Christianisme et de toute religion positive. Aussi son thème principal, celui qu'il répéta sous mille formes, durant sa longue et mobile carrrière [f 1778], fut que la religion chrétienne était une invention des prêtres (2). Ses principaux complices furent d'Alembert, qui aurait voulu étouffer la religion par des voies détournées ; Diderot, qui se déclara ouvertement en faveur de l'a

(1) Hist. de Sévérambes, Paris, 1G77 et suiv., 3 vol. in-12.

(2) Cf. Stark- Buchf einer, 1. cit., p. 34 sq. Robiano, 1. cit., t. . p. 300. sq. Harel, Voltaire; particularités curieuses de sa vie et de sa mort, etc. Paris, 1817.

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