ET DE LA THÉOLOGIE EN FRANCE. 32Ö
Labat [f 1803], de la congrégation de Saint-Maur, Neuville, le célèbre prédicateur, faisaient entendre de tristes et éloquentes prédictions sur les dangers qui menaçaient à la fois le trône et l'autel, la religion et la royauté. L'assemblée du clergé [1765 et 1770] dénonça au roi Louis XV les écrits les plus dangereux dés libres penseurs (1), et proposa des moyens d'arrêter les progrès de cette impie conjuration. Un mémoire qui parut peu de temps après fit valoir des considérations plus sérieuses encore. Le Parlement rendit un arrêt, sur le réquisitoire de l'avocat général Sérier (2), par lequel, faisant droit aux réclamations du îlergé, on condamnait sept ouvrages scandaleux à être ietés au feu. Mais ce fut tout ce que le Parlement fit pour la iause de la vérité et de la religion. Les ennemis du Chris- ;ianisme voyaient de jour en jour leur influence s'acroître, itéraient dans leur parti, gagnaient en leur faveur des srinces étrangers, des ministres, des magistrats, mettaient a main sur les institutions de la jeunesse, à l'aide de miîistres tout-puissants, tels que le duc de Ghoiseul et M. de Malesherbes. Celui-ci, directeur de la librairie, et présidant par conséquent la censure, laissa imprimer et circuler ibrementles livres antireligieux. Rien ne pouvait plus rearder le triomphe du mal. Et cependant, précisément en ace de cet esprit léger et frivole qui désolait l'Église et la ociété, on vit se fortifier et se répandre l'ordre religieux je plus austère qui eût jamais existé. Le Bouthillier de ijtancé (3), prélat riche et instruit, était entré, après une
(l) Avertissement du clergé de France, assemblé à Paris, sur les angers de l'incrédulité.
I (2) Réquisitoire sur lequel est intervenu l'arrêt du Parlement, anee 1770, imprimé par ordre exprès du roi. Cf. Walch, Nouv. hist phgieuse, P. I, p. 471-86; P. II, p. 3 et suiv. Robiano, 1. cit., t. II,
II (3)Holstenius-Brockie, t. VI, p. 569. Rancé, Traité de la sainteté et tes devoirs de la vie monastique. 1683, 2 vol. in-4. Mabillon, Traité
Ips études monastiques, 1691. Marsollier, Vie de l'abbé de la Trappe '!a"s' 1703> 2 vol. in-12. L. D. B., Hist. civile, relig. et Jittér. de*
abbaye de la Trappe. Paris, 1824. D'Exauvillez. Vie de J abbé
!î Rancé. Paris, 1842. Chateaubriand, Vie de Rancé. Paris, Sarlit.
■aillardin, les Trappistes ou l'ordre de Gîteaux au XIX« siècle, hist.
î la Trappe depuis sa fondation jusqu'à nos jours. Paris, 1844, t. I. Iir. 19
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jeunesse brillante et dissipée, et à la suite de profonds chagrins, dans le couvent de l'ordre de Cîteaux de la Trappe [1662] dont il avait été, dès son enfance, nommé abbé. Il y avait rétabli la règle dans sa rigueur primitive, et imposé aux Trappistes une mortification telle, qu'il leur avait même refusé la consolation de se parler entre eux et de cultiver la science [f 1700], Cet ordre obtint, malgré son excessive austérité, de nombreux disciples, venus surtout d'Angleterre et d'Allemagne, et subsista au milieu des fureurs de la révolution française et des gloires de l'empire.