‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 13 sur 332 · NOUVEAUX ÉCRITS DE LUTHER · texte numérisé non relu

NOUVEAUX ÉCRITS DE LUTHER

les précurseurs des prétendus réformateurs (1). Cependant ce système était prôné comme le pur système de la sainte Écriture, source unique de la foi ! Or, voici quelles en étaient les principales propositions : Le péché originel a complètement corrompu la nature humaine; c'est pourquoi l'homme naît absolument serf. Ce qu'il fait en bien ou en mal n'est point son œuvre ; c'est l'œuvre de Dieu. La foi seule justifie ; on est sauvé par la confiance qu'on a au pardon de Dieu (proposition singulièrement féconde et qui accorde à l'homme une indulgence plénière de ses péchés et des peines dues au péché, telle, et si facile à gagner, que jamais pape n'en avait, certes, promis un pareille). La hiérarchie et le sacerdoce ne sont pas nécessaires, le culte extérieur est inutile. Il ne sert à rien à l'âme que le corps s'enveloppe de vêtements sacrés, comme font les prêtres, que le corps soit dans une église, qu'il s'occupe de choses saintes, qu'il prie, qu'il jeûne ou veille, ou accomplisse toute espèce de bonnes œuvres. Le Baptême, la Cène et la Pénitence sont les seuls sacrements conservés ; ils peuvent tous d'ailleurs être retardés, suppléés par la foi. Chaque chrétien est prêtre, conséquence nécessaire du rejet de l'Église extérieure et de la possibilité pour l'homme de se sauver, sans moyen spécial de salut institué de Dieu.

C'est dans ses écrits les plus violents : A la noblesse allemande ; du Perfectionnement du chrétien; de /' Esclavage de Babylone ; de la Liberté chrétienne, que Luther fait valoir surtout cette proposition, si flatteuse pour le peuple, que tout homme est prêtre. Il y provoque en même temps l'empereur à renverser le pape, à s'attribuer les biens ecclésiastiques et les investitures, à abolir les fêtes ecclésiastiques, les messes privées, qui ne sont bonnes qu'à faire boire et manger.

Luther puisait cette hardiesse de doctrine et de langage dans l'appui des chevaliers les plus influents de l'empire, qui,, selon son langage et ses vues fatalistes, étaient des

(1) Luther fut le premier à les signaler comme tels dans sa préface à la Théologie allemande ; après lui vinrent Flavius Tttyricva, Catalog. testium veritatis; G. Arnold, Historia et descriptio theolog. myst. Francof., 1702, p. 30G; Flalke, Hist. des précurseurs des réformateurs.

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