PROPAGATION
quisition était une institution de l'État. Il en fut de même plus tard en Portugal [1826], sous Jean "VI, en Espagne [1820], de telle sorte qu'elle n'existe plus aujourd'hui qu'à Rome, sous la forme modifiée par Pie V et Sixte V et sous le nom de Sacrum officium, congregatio inquisitionis hœreticœ pravitatis ; une congrégation formée de douze cardinaux auxquels sont adjoints des consulteurs et des qualificateurs, juge, sous la présidence du pape, les paroles, les écrits et les actes contraires à la religion (1).
§ 375. — Propagation du Christianisme.
Voyez les sources générales. Lettres édifiantes, et Wittmann, la Beauté de l'Eglise manifestée dans les missions, etc.
L'Église catholique en Chine s'affermit principalement par îes travaux du séminaire des Missions étrangères à Paris [depuis 1663]. Malheureusement, les tristes discussions qui s'élevèrent entre les missionnaires sur les usages chinois, troublèrent et compromirent les heureux progrès delà mission. Il s'agissait d'abord d'un antique et religieux usage d'après lequel les Chinois honoraient leurs ancêtres, comme Confucius ; les nouveaux convertis tenaient avec opiniâtreté à ce culte. Les Jésuites y consentirent, pour ne pas scandaliser la piété filiale de leurs néophytes : les Dominicains les en blâmèrent vivement. Un second point faisait difficulté. Au défaut d'un terme chinois, pour exprimer le nom de Dieu, les Jésuites se servaient des mots Tin-Tschu, seigneur du ciel, Tien et Schangti, souverain empereur, et en en permettant l'usage, ils avaient soin de prévenir contre toute fausse interprétation, toute notion idolâtrique. Cette discussion entre les Jésuites et les Dominicains avait déjà été portée à Rome, et les papes Innocent X et Alexandre VII avaient donné des décisions contraires. Ce fâcheux état de choses décida Clément XI à faire étudier la question sur les lieux mêmes par le légat Tournon, qui,
(l) Bangen, la Cour romaine, sa constitution actuelle. Munster, 1854, p. 92-124.