PROPAGATION
d'accord avec la congrégation de Rome [1704], interdit en 1707 les usages jusqu'alors observés, ainsi que les désignalions de Dieu sous les noms de Tien et Schangti, fut retenu prisonnier par suite de la colère de l'empereur, et mourut à Macao eu 1710. Néanmoins Clément XI enjoignit plus expressément encore, par la bulle Ex Ma die [17 S 5], de ne plus mêler les pratiques chinoises aux rites chrétiens, et Benoît XIV, par la bulle Ex quo singulari [ i 746], reproduisit la même défense avec une nouvelle sévérité. Il en résulta une persécution générale, à laquelle cependant un grand nombre de fidèles parvinrent à échapper. Mais la prospérité des communautés chrétiennes en Chine fut*singulièrement ébranlée par la suppression des Jésuites et par la destruction du séminaire des Missions étrangères de Paris, qui suivit la Révolution française (1).
Le Christianisme ne pouvait se propager et s'affermir dans les Indes qu'autant qu'il s'associerait, à certains égards, aux mœurs nationales. Une première persécution avait éclaté à Pondichéry, à l'occasion d'un de ces drames sacrés dont les Jésuites aimaient à faire usage, et dans lequel ils avaient représenté saint Gçorge détruisant les dieux indiens [1701]. La situation s'empira lorsque Tournon, ayant abordé à Pondichéry pendant son voyage en Chine, proscrivit par un décret les costumes dites malabares [1704], et qu'une bulle de Benoît XIV confirma plus tard cette interdiction. Il fallut dès ce moment renoncer au succès de l'Évangile dans les Indes. La domination croissante des Anglais et des Hollandais, qui ne voulurent pas même y tolérer des missionnaires protestants, acheva la ruine de l'Église dans ces contrées.
L'Évangile fut prêché d'abord av,ec succès dans l'Inde au delà du Gange, qui comprend le ci-devant royaume d'Assam, l'empire Birman, le royaume de Siam et l'empire d'Annam et de Malacca (l'Annam divisé en six provinces : Tonquin, Cochinchine, Chiampo, Camboge, Laos et Laï-
(l) Cf. Platd (Norbert) Mémoires sur les affaires des Jésuites, etc. Lisb., 1766, 2 vol. in-4. Leibnitz même défendit les Jésuites dans Kovi^sima Sinica. 1697, in-8. Comparaison des ouvrages de controverses, clans Mamarld, Orig. et antiq. chr. t. II, p. 407. Voyez aussi Dœllinger, 1. cit., p. 3S0-92.