‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 146 sur 332 · SUITE DE L'INFLUENCE DE LA PHILOSOPHIE MODERNE. 3G · texte numérisé non relu

SUITE DE L'INFLUENCE DE LA PHILOSOPHIE MODERNE. 3G

protestants, et sa philosophie, amoindrie par Wolf (1), devint le partage des esprits médiocres. Wolf prétendit d'abord démontrer mathématiquement la doctrine de l'Église ; mais bientôt après il sembla vouloir substituer à cette doctrine positive l'enseignement d'une religion naturelle. Il le fit avec d'autant plus de succès que, comme Leibnitz, il anéantissait par là les absurdes prétentions des réformateurs, en rétablissant la raison et la liberté humaines dans leurs droits impfscriptibles. Et l'on adhéra avec d'autant plus de force aux vérités démontrées par cette religion, prétendue naturelle, qu'elles étaient toutes empruntées au Christianisme, malgré les efforts qu'on faisait pour en cacher la source réelle. Cette école produisit la philosophie dite populaire, que formulèrent principalement Jérusalem, Garve, Reimarus, Eberhardt et Mendelssohn, qui ôtèrentà la philosophie wolfienne sa forme scolastique, pour ne consulter et suivre, comme ils disaient, que la saine raison. Dès lors il ne pouvait plus être question du dogme chrétien : la base même de la théologie ntiurelle devenait chancelante. Tout reposait désormais sur des raisonnements hypothétiques, si bien que Garve, dans un traité de l'existence de Dieu, ne donne le théisme que comme la meilleure des hypothèses soutenues à ce sujet. Tout en prétendant au titre de philosophes, ces auteurs n'étaient, à vrai dire, que de subtils sophistes : aussi restèrent-ils sans haleine lorsque Kant apparut, et que le protestantisme, qui n'avait plus ni foi ni dogme, eut du moins sa philosophie dans le kantisme. L'influence de la philosophie wolfienne sur la théologie se manifesta dans la traduction de la Bible, publiée à Wertheim (Wertheimer Bibelübersetzung) (2), qui porte le cachet de cette école, et dans la-

2 vol. Ejusdem Quaestiones crit. ad Leibnitzii opéra philos, pertinentes. Vratisl., 1842 ; Staudenmaier, Leibnitz sur la révélation (Revue trimest. de Tubing., 1836, p. 226-56). Cf. Ancillon, l'Esprit; de Leibnitz (Dissert, de la classe de philosophie de Berlin, 1816, n°l); Thuluck, Mélanges, t. I , p. 311-37.

(1) Wolf, Theol. natur. Lipsiœ, 1736, 2 vol. in-4; Ludovici, Esquisse d'une histoire complète de la philosophie de "Wolf ; 2° édit. Leipzig, 1737, 3 vol.

(2) Les saintes Écritures avant le Messie, P. I, renfermant l'hist. des Israélites. Wertheim, 1733. Cf. Walcli, Disputes religieuses, t. V.

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