‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 154 sur 332 · LES MÉTHODISTES. 3S · texte numérisé non relu

LES MÉTHODISTES. 3S

(frère de John) et de Whitefield [depuis 1732], dont l'éloquence était persuasive et entraînante, la secte des méthodistes s'était peu à peu propagée, et avait pris, au milieu des nombreuses sectes qui divisaient l'Angleterre, un caractère tout particulier. Les sectaires avaient d'abord jeté les yeux sur l'Amérique septentrionale, et Charles Wesley avait fait en y allant la connaissance de quelques herrnhuters qui surent gagner son estime. John Wesley s'était plus tard mis en rapport avec Spangenberg, et avait visité des communautés de herrnhuters, en Hollande et en Allemagne [1738], afin d'en mieux connaître l'organisation. C'est de cette époque que date sa doctrine de la conversion subite qu'engendre la contrition et de la vraie foi. Car, assistant, peu de temps après [29 mai 1739, à huit heures un quart], à Londres, à la lecture de la préface de Luther sur l'épître aux Romains, il se sentit tout à coup, ainsi qu'il le raconta, touché, converti et croyant. Cet état est tel, disaitil, que quiconque l'éprouve est, par là même, élevé audessus de tous les mouvements désordonnés de la chair et des sens, et jouit d'une complète impeccabilité.

La communauté fondée par Wesley, tout en conservant la forme, l'organisation, la liturgie et le symbole de l'Église anglicane, s'en distingua par un caractère ascétique rigoureux, par des jeûnes nombreux, des heures de prières particulières, la lecture assidue de la Bible, et l'usage fréquent de la communion. Elle se répandit rapidement en Angleterre et dans l'Amérique du Nord, grâce au véritable enthousiasme de ses prédicateurs tels que Withefield. Les méthodistes ne se séparèrent de l'Église établie que lorsqu'ils y furent poussés par la jalousie inquiète du clergé orthodoxe. Wesley s'érigea alors en évêque de sa communauté, et ordonna des prêtres. Dès lors la secte des méthodistes entra en lutte, d'une part avec l'Église établie, de l'autre, avec les herrnuters. Outre la rivalité personnelle de Zinzendorf et de Wesley, les deux sectes n'étaient point d'accord sur la doctrine de la régénération et de la grâce; Wesley et Withefield même se séparèrent en 1740, le premier ayant adopté les idées des arminiens sur la prédestination, le second, celles de Calvin; les méthodistes de Wesley furent les plus nombreux. Bientôt les

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