LES SWEDENBORGIENS
principes antinomistes de ses disciples les entraînèrent, malgré leurs incontestables efforts pour arriver à la perfection morale, à une profonde immoralité. Wesley, surpris de ce résultat, en conclut que la communauté renfermait encore trop d'éléments calvinistes. Son disciple Fletcher (1) s'efforça de marquer plus profondément encore la dissidence entre les wesleyens et les withefieldiens, et une conférence de toutes les sommités de la secte, présidée par John Wesley [1771], définit les principes contestés. Les communautés méthodistes sont divisées en classes, celles-ci en bandes. Plusieurs communautés constituent un cercle dirigé par un surintendant ; plusieurs cercles forment un district. Les méthodistes surent ranimer le sentiment religieux et moral parmi les masses populaires, par l'enseignement de leurs prédicateurs nomades, et fonder des associations de bienfaisance sur une vaste échelle. On compte de nos jours environ un million de méthodistes, en Europe et en Amérique.
§ 383. — Les Swedenborg iens.
Stvedenborg, Arcana cœlestia in verbo Domini détecta una cum mirabilibus quse visa sunt in mundo spirituum. 1749 sq., 8 vol. in-4; ed. Tafel. Tub., 1833 sq., 3 vol. Vera christ, relig. compl. univ. theol. novae ecclesiae. Amstelod., 1771, 3 vol. in-4. Tafel, Révélation divine, trad. du latin. Tub., 1823 etsuiv., 7 vol. Id. Swedenborg et son enseignement, considérés d'après les reproches qu'on leur fait. Stuttg., 1843. Cf. Mœhler, 1. cit., liv. II. 1. Gœrres, Em. Swedenborg et ses relations avec l'Egli3e. Spire, 1828.
Emmanuel Swedenborg, conseiller des mines et fils d'un évêque suédois [f 1772], s'étant beaucoup occupé de magnétisme, s'imagina, dans un de ses accès, être enlevé au ciel, et se crut dès lors appelé [1743] à être le restaurateur du Christianisme, à fonder une ère nouvelle et impérissable pour l'Église. Cette ère nouvelle de perfection commençait juste le 19 juin 1770. C'était le ciel nou-
(1) Vie de Fletcher. avec une préface do Tholuck. Leipzig, 1834.
veau et la nouvelle terre, la Jérusalem céleste annoncée par l'Apocalypse.
La doctrine de Swedenborg a, malgré son apparence purement spéculative et théosophique, une tendance pratique très-marquée.
Après a\oir combattu la doctrine protestante de la justification comme extrêmement dangereuse pour les mœurs, il arriva lui-même à formuler un système tout à fait fantastique, et substitua au dogme de la Trinité et de la Rédemption par la mort du Christ, la triple révélation d'ua Dieu unique par le Christ d'abord, puis par Swedenborg.. Les anges et les diables sont d'origine humaine. La satisfaction par Jésus-Christ, la prédestination, la résurrection de la chair sont niées. Il restreint 1« canon des livres saints d'après la nature de ses idées, et ne conserve ou ne cite, comme authentiques et révélés, que les quatre Evangiles et l'Apocalypse, dont il fait une interprétation aussi arbitraire qu'étrange (1). Il trouva de nombreux adhérents en Suède, en Angleterre, dans l'Amérique du Nord, en France efc dans le Wurtemberg, où Tafel publia ses écrits avec grand succès. Les rêves de Swedenborg répondent aux besoins et aux désordres d'une époque désolée par l'incrédulité, divisée par le schisme, agitée par les besoins de la foi renaissante, exaltée par les excès du protestantisme, dédaigneuse de ce qui est simple et purement logique, et parla même aisément fascinée par tout ce qui parait nouveau,, étrange, prodigieux.
§ 384. — Missions des protestants.
Sieger, les Missions protestantes et leurs heureux résultats; 2* édit. Augsb. 1844. Wiggers, Hist. des miss, évang. Hamb., 1S45.
Jamais les ministres protestants n'ont été animés du dévouement héroïque qu'ont toujours manifesté pour les
(1) Tafel, la Divinité de l'Écriture sainte ou le sens profond de l'Écriture. Tubingen, 1838.