‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 172 sur 332 · ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE [1791-92|. CONV. NAT · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE [1791-92|. CONV. NAT

et le comtat Venaissin annexés à la France [14 septembre]. Les habitants de ces provinces ressentirent aussitôt les bienfaits du régime nouveau : une foule d'hommes, de femmes et d'enfants furent de sang-froid égorgés à Avignon. A Paris, on brûla une figure du pape, qu'on avait d'abord promenée à travers la ville, assise sur un âne et tenant la bulle entre les mains.

Cependant les évêques et les prêtres constitutionnels n'étaient point d'accord entre eux. Les uns ne faisaient aucun cas des brefs pontificaux ; d'autres doutaient de leur existence ; d'autres encore persuadaient à leurs églises que la nouvelle constitution n'avait aucun rapport avec les vérités de la foi et avec la discipline ecclésiastique, qu'elle n'entravait en aucune façon la pratique de la religion, qu'on pouvait être assermenté et chrétien fidèle, prêtre orthodoxe, et qu'ils avaient prêté ce serment, non par haine de la religion ou du Saint-Siège, mais dans des intentions droites et loyales. Ces sophismes restèrent sans effet : les fidèles les reçurent comme de perfides échos des instructions adressées par l'Assemblée nationale au peuple sur la constitution civile [21 janvier 1791]. Dès lors on eut recours aux menaces et à la violence. Les catholiques orthodoxes furent persécutés ; les ecclésiastiques non assermentés, emprisonnés, expulsés de leurs diocèses, bannis de leur patrie.

§389. — Assemblée législative [1791-92]. Convention nationale [21 septembre 1792-26 octobre 1795]. Directoire [1796-99]. Consulat [9 novembre 1799]. Les théophilanthropes.

La Constituante, dissoute le 30 septembre 1791, fut remplacée par l'Assemblée législative. Celle-ci, d'une impiété et d'une logique effrayantes , dirigée par Robespierre, Marat et Danton, acheva l'œuvre révolutionnaire, interdit l'habit ecclésiastique, et condamna à la déportation les insermentés, qui avaient été persécutés, maltraités et emprisonnés depuis longtemps, par suite de leur héroïque résistance. Louis XVI refusa de sanctionner ce décret, et

Page 1