Î2 § 389. — ASSEMBLÉE LEGISLATIVE
ne cessa point de repousser les prêtres constitutionnels de sa chapelle, tant qu'il eut la faculté de choisir son clergé. Le refus du roi excita une émeute populaire. Bientôt après, Louis XVI fut déposé, enfermé dans le Temple, et le décret contre les prêtres exécuté dans toute sa rigueur. La bande de Jourdan avait massacré six cents prêtres à Avignon, et les prêtres n'en continuaient pris moins à refuser le serment. On résolut, par conséquent, le jour même de l'emprisonnement du roi [13 août 1792], d'exterminer à Paris les prêtres catholiques. La municipalité les fit rechercher par toute la ville et enfermer dans diverses localités, sous prétexte de les déporter plus tard. Mais, aux sanglantes journées de septembre, trois cents ecclésiastiques, dont un archevêque et deux évêques, furent lâchement égorgés dans leurs prisons. Il en fut de même à Meaux, Châlons, Rennes et Lyon (1). Ceux qui échappèrent à ces massacres furent obligés de quitter leurs paroisses et de s'exiler de France. Cependant Dieu n'abandonna point ces émigrés : ils furent généreusement accueillis en Italie, en Espagne, en Suisse, sur les bords du Rhin, en Angleterre. Les législateurs de la Convention, après les persécutions ordonnées contre les prêtres, décrétèrent une subvention régulière aux femmes de mauvaise vie enceintes, autorisèrent le divorce, en vertu duquel, en deux ans, cinq mille neuf cents mariages furent dissous dans la seule ville de Paris.
La plupart des princes étrangers avaient d'abord favorisé la révolution française (2). Les uns étaient restés spectateurs indifférents de la violation des droits les plus sacrés; les autres, anciens et ardents rivaux, s'attendaient à prendre leur part dans les partages qu'ils prévoyaient. Cependant l'empereur d'Autriche François Ier, et Frédéric- Guillaume, roi de Prusse, ayant publié un manifeste en faveur de Louis XVI, l'Assemblée législative, hardie jusqu'à l'extravagance et forte par son audace, n'hésita pas à leur déclarer la guerre [20 avril 1792], pour changer en fougue belliqueuse l'ardent mouvement du peuple
(1) Cf. l'écrit de l'abbé Carron sur les Confesseurs de la foi.
(2) Cf. Mazas, t. I, p. 214, et surtout l'appendice, p. 335-80.